Plan
des mesures d'urgence en cas de fermeture de la frontière pour
le secteur du bétail
Résumé de la 1re étape
Tables des matières
1. Objectif du plan
2. Proposition principale
3. Historique et raison d'être
4. 1re étape : conclusions du rapport
5. Recommandations de l'étape 1
Pour la première étape du projet, l'équipe de
planification des mesures d'urgence du MAAARO devait trouver des plans
existants et des renseignements de base, et analyser l'impact potentiel
de la fermeture d'une frontière sur l'économie de l'Ontario
et du Canada, ainsi que sur les industries liées à la
production et à la transformation du bétail.
Objectif du plan
Élaborer un plan d'action officiel qui sera mis en uvre
dans le cas où la frontière entre le Canada et les États-Unis
ou un autre partenaire commercial important venait à fermer
aux exportations de bétail ou de produits de l'élevage
de l'Ontario. Le but du plan définitif sera d'aider à
maintenir l'infrastructure et à maximiser la viabilité
des secteurs de la production et de la transformation du porc et du
buf, lors d'une interruption du commerce frontalier.
Proposition principale
Préparé en deux étapes, le plan contiendra des
analyses particulières à l'industrie du porc et du buf.
On examinera les plans existants et les renseignements de base, avant
d'évaluer l'impact potentiel de la fermeture d'une frontière.
À la seconde étape, on élaborera des stratégies
visant à atténuer cet impact, en collaboration avec
l'industrie. Le présent rapport représente la conclusion
de la première étape.
Historique et raison d'être
À la suite des événements des dernières
années, on a pu constater l'énorme impact de la fermeture
des frontières sur la viabilité de l'industrie de l'élevage
en Ontario. La fermeture des frontières internationales (en particulier
de la frontière américaine) aux ruminants et aux produits
des ruminants canadiens après la découverte d'un cas d'encéphalopathie
spongiforme bovine (ESB) en Alberta a coûté à l'économie
ontarienne au moins 945 millions de dollars . On a ainsi pu constater
la vulnérabilité du secteur de l'élevage dans la
province lors de menaces de fermeture d'une frontière, comme
lors d'une vague de maladie animale exotique.
1re étape : conclusions du rapport
Plusieurs raisons pourraient justifier la fermeture d'une frontière
à l'exportation du bétail et des produits de l'élevage,
entre autres, des problèmes liés à l'innocuité
des aliments, à la politique, au commerce, à des désastres
ou à des pandémies. La plus évidente reste toutefois
la percée d'une maladie animale exotique (MAE) dans la province.
Peu importe la raison, il ressort de la recherche menée dans
le cadre du présent rapport que l'Ontario en subirait les répercussions.
À elles seules, les pertes économiques associées
au marché des exportations atteindraient 23 millions de dollars
par semaine pour le buf et le porc. En cas de restriction totale
des ventes et des déplacements dans la province, on prévoit
des pertes additionnelles de 13,5 millions et de 25 millions de dollars
par semaine pour le porc et le buf, respectivement. Ces chiffres
n'incluent pas les effets engendrés sur les commerces ruraux
faisant directement affaire avec les producteurs ou les 19 000 travailleurs
de la production dans la province, dont les emplois dépendent
de la transformation des produits de la viande. C'est pourquoi il
faut se doter d'un plan visant à réduire ces impacts
potentiels.
Il est ressorti des discussions avec divers partenaires de l'industrie
qu'il s'agit là d'un sujet de préoccupation important.
L'industrie du bétail a constaté l'impact de l'ESB en
2003 et de la fermeture des frontières internationales qui
s'est ensuivie. D'ailleurs, elle en subit encore les conséquences.
L'industrie du porc a soulevé comme principal problème
celui du risque d'effondrement du marché. L'industrie de l'alimentation
animale reconnaît aussi l'impact potentiel de la fermeture d'une
frontière. Dans la situation actuelle, l'industrie du bétail
cherche des moyens d'éradiquer rapidement la maladie si une
vague de MAE survenait. Toutefois, on s'est peu penché sur
la manière de disposer des surplus potentiels de bétail
et de produits de l'élevage provenant de la fermeture d'une
frontière, même si on a déjà tiré
plusieurs leçons du cas de l'ESB dans l'Ouest canadien. En
général, l'industrie voit d'un bon il la participation
du MAAARO à la conception d'un plan d'urgence.
Dans le cas de MAE, l'Agence canadienne d'inspection des aliments
(ACIA), en vertu de la Loi sur la santé des animaux, jouerait
un rôle de premier plan pour ce qui est de mettre un terme à
la maladie. C'est pourquoi l'ACIA, la Gestion des situations d'urgence
Ontario (GSUO) et le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation
et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO) ont créé
ensemble le Plan d'intervention d'urgence en cas de maladie animale
d'origine étrangère pour coordonner les efforts des
différents groupes advenant une vague de MAE.
Le ministère des Transports de l'Ontario (MTO) prépare
actuellement un plan sur le transport de la marchandise par camions
à la frontière américaine à Windsor en
cas de fermeture de la frontière. On sait qu'il faudra porter
une attention spéciale au transport du bétail dans une
telle situation, ce dont on tient compte dans ce plan.
Toutefois, l'Ontario ne s'est encore dotée d'aucun plan détaillé
et coordonné pour répondre aux problèmes de la
continuité des opérations qui résulteraient d'un
surplus de bétail et de produits de l'élevage sains
laissé sans marché à la suite de la fermeture
de la frontière.
D'autres provinces se sont intéressées à divers
degrés à la planification d'urgence dans le cadre d'une
fermeture de frontière au bétail. Le Manitoba se trouve
dans une position similaire à celle de l'Ontario pour l'industrie
du porc, parce qu'un grand nombre de cochons sont exportés
et n'auraient pas de marché dans la province si la frontière
venait à fermer. Cependant, les plans du Manitoba sont axés
sur les sites d'enfouissement des carcasses et n'offrent aucune solution
pour la continuité des opérations. Le plan de l'Alberta
vise le détournement d'urgence immédiat du transport
des animaux après la fermeture d'une frontière, mais
il ne contient rien de précis sur la continuité des
opérations.
La Saskatchewan exige maintenant que toute nouvelle exploitation
d'élevage sujette à l'Agricultural Operations Act soit
dotée d'un plan d'élimination des carcasses. La province
encourage aussi les exploitations existantes à concevoir des
plans similaires lors de leur renouvellement. Même si au premier
abord cela peut sembler une bonne idée, la densité de
population et les opérations d'élevage sur de petits
territoires, particulièrement dans les régions au sud
de la province, pourraient nuire à la mise en uvre d'un
tel projet en Ontario.
À l'échelle nationale, la Table ronde sur la chaîne
de valeur de l'industrie du porc s'est intéressée à
ce sujet et au risque potentiel d'effondrement du marché. Le
rapport du groupe de travail soumis à la Table ronde en septembre
(2006) comprenait de précieuses recommandations réparties
en quatre domaines clés :
- Empêcher l'accumulation de l'approvisionnement
- Maximiser la vente de porc au pays
- Maintenir la présence sur le marché des exportations
- Gérer les porcs sur la ferme
Le personnel du MAAARO a transmis des renseignements à cet
égard aux membres de la Table ronde et maintiendra ses relations
avec eux jusqu'à la fin des travaux. Comme l'Ontario ne serait
pas la seule province affectée par la fermeture d'une frontière,
il faut aussi une voie nationale pour les problèmes touchant
les frontières du pays et les partenaires commerciaux internationaux.
Aux États-Unis, les activités du National Center for
Animal Health Emergency Management visent principalement la surveillance
de la maladie et son éradication, et non le problème
du surplus d'animaux et de produits causé par la fermeture
d'une frontière nationale.
Certains États se sont penchés sur le problème
de la continuation des opérations. L'Iowa a créé
un centre pour la sécurité agricole. Sa responsabilité
première semble la réponse en situation d'urgence, et
ses responsabilités secondaires incluent l'évaluation
des menaces et de la vulnérabilité de l'industrie agricole.
Il faudrait examiner le rôle de cet organisme pour déterminer
si certaines idées pourraient être adaptées en
Ontario.
En Caroline du Nord, on a réalisé que la réponse
à une MAE ne doit pas juste comprendre des moyens d'éradiquer
la maladie, mais aussi des moyens de favoriser la continuité
des opérations. Cette constatation s'est imposée à
la suite d'une fermeture de la frontière entre les États,
causée par un risque de fièvre aphteuse. Les idées
de la Caroline du Nord valent la peine d'être étudiées,
mais pour être efficaces, les partenaires commerciaux doivent
s'entendre sur les normes à adopter avant la percée
d'une maladie ou une nouvelle fermeture de frontière. En outre,
ces ententes sont plus faciles à négocier entre deux
États ou deux provinces, qu'entre deux pays qui doivent d'abord
se mettre d'accord sur les normes à respecter. Même si
une science concrète pouvait dicter les dispositions de l'entente,
les réalités politiques risqueraient malgré tout
de la contrecarrer. Toutefois, il s'agit d'une possibilité
intéressante présentant certains avantages.
Selon le Dr J.P. Vaillancourt, D.M.V., Université de Montréal
et anciennement du collège de médecine vétérinaire
de la Caroline du Nord, avant d'envisager une entente avec les États-Unis
sur la fermeture des frontières, l'Ontario devrait d'abord
établir des relations directes avec les États qui sont
ses principaux partenaires commerciaux. Si on parvient à un
accord, on pourra ensuite approcher les autorités nationales
de chaque côté de la frontière afin d'essayer
de s'entendre .
À l'échelle internationale, beaucoup d'efforts ont
été consacrés à la planification d'une
intervention en cas de MAE visant l'éradication de la maladie,
mais très peu ont porté sur la continuité des
opérations si la fermeture d'une frontière venait à
bloquer l'exportation d'animaux en santé et de produits sains.
Cela peut s'expliquer par le degré de dépendance aux
exportations de chaque pays.
À la suite de la vague de MAE qu'elle a subie en 1997 et des
pertes subséquentes de son marché des exportations,
Taiwan a choisi de restreindre son industrie aux besoins du pays.
Même si toutes les compétences doivent envisager cette
option avec sérieux et réalisme, particulièrement
si la situation est difficile à maîtriser, l'objectif
du Plan des mesures d'urgence en cas de fermeture de la frontière
est d'aider à maintenir l'infrastructure et à maximiser
la viabilité des secteurs du buf et du porc.
Le Royaume-Uni, le Danemark et l'Australie se sont tous dotés
de plans d'intervention détaillés en cas de maladie,
mais leurs plans d'urgence en cas de fermeture de la frontière
et ceux visant la continuité des opérations ne semblent
pas aussi approfondis.
Les Pays-Bas ont subi plusieurs vagues de maladies avec les retombées
d'une situation de fermeture de frontière qui en découlent.
Dans l'industrie du porc, ils ont eu recours à une interdiction
d'inséminer les truies et à leur avortement, et à
l'abattage de porcelets pour réduire les surplus. L'interdiction
d'inséminer les truies et leur avortement ont été
mal reçus par les producteurs à cause des répercussions
sur la gestion des troupeaux. D'un autre côté, les vétérinaires
se sont opposé à l'abattage des porcelets pour des raisons
éthiques. Néanmoins, il faudrait examiner ces idées
de plus près dans le contexte ontarien.
Selon Mme Miranda Meuwissen de l'institut de la gestion du risque
en agriculture à Wageningen, aux Pays-Bas, les solutions possibles
en cas de surplus d'animaux sains dans les zones touchées sont
les suivantes :
Dans les zones avec restriction des déplacements :
- Euthanasier les animaux et les détruire
- Abattre les animaux et entreposer la viande
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Dans le cas d'une vaccination d'urgence :
- Avant la percée d'une MAE, discuter de la possibilité
de vendre la viande des animaux vaccinés (et s'assurer que
les zonages appropriés ne nuisent pas à la vente d'animaux
provenant de zones non touchées)
Même si ces options s'appliquent aux zones avec restriction
des déplacements, en Ontario, elles pourraient aussi toucher
les animaux en santé et les produits sains sans marché
immédiat à l'extérieur de ces zones.
En Ontario, les capacités d'abattage et d'entreposage étant
limitées, cette solution serait difficile à adopter.
La création dans la province de zones internes risque de poser
certaines difficultés en raison de la nature de l'industrie
et du déplacement rapide des bêtes dans la province.
De plus, toute entente sur le zonage avec les partenaires commerciaux
devra par la suite être mise en place à l'échelle
nationale, puisque le commerce relève du fédéral.
Le projet de West Hawk Lake visant à diviser le pays en deux
zones (est/ouest) semble intéressant. Toutefois, puisqu'il
s'agit d'un projet national, l'Ontario ne peut qu'espérer que
le projet se réalise. Si l'euthanasie et la destruction des
animaux excédentaires s'avèrent les seules options possibles,
on devra améliorer l'efficacité des procédés
en tenant compte des préoccupations au sujet de la continuité
des opérations, de l'environnement et de l'éthique.
Les Canadiens occupent déjà le premier rang mondial
en ce qui a trait à la consommation de porc et de buf.
Les projections relatives aux changements des habitudes de consommation
d'ici 2020 indiquent une augmentation de 3 % pour le porc, mais une
diminution de 14 % pour le buf. Par conséquent, il n'y
a aucune tendance naturelle vers un accroissement important de la
consommation. Après la découverte de cas d'ESB, on a
prouvé qu'en maintenant la confiance des consommateurs, grâce
à une importante campagne de marketing, on peut réussir
à faire augmenter la consommation, mais qu'on risque d'influer
négativement sur la consommation d'autres protéines
animales. Malgré cette expérience vécue avec
l'ESB, le risque de perdre la confiance des consommateurs et de voir
la consommation chuter est plus important que la possibilité
de maintenir ou d'accroître cette consommation. D'une manière
ou d'une autre, comme la confiance des consommateurs sera un élément
déterminant lors de la fermeture d'une frontière, il
est essentiel de préparer un plan efficace pour maintenir le
niveau de confiance.
Dans l'ensemble, l'Ontario a une balance commerciale positive pour
le porc frais, surgelé et réfrigéré. D'après
les données commerciales nationales de 2005, si la frontière
venait à fermer pour le porc, les Ontariens devraient en consommer
7 kg de plus par année par personne, ce qui représente
une augmentation de 28 %. Ce scénario est irréaliste.
Dans l'ensemble, la balance commerciale pour le buf varie beaucoup
depuis l'histoire de l'ESB en Alberta. Cependant, en se servant des
données commerciales de 2005, si la frontière venait
à fermer pour le buf, les Ontariens devraient en consommer
0,9 kg de plus par personne, une augmentation de 3 %.
Un point à retenir, ces chiffres n'incluent pas les porcs
et les bufs vivants qui devraient normalement être exportés.
Ils viendraient donc s'ajouter au surplus.
Comme on s'y attendait, ces données indiquent que les États-Unis
sont le principal partenaire commercial du Canada : ils accueillent
82 % de nos exportations de buf et 42 % de celles de porc. En
outre, presque toutes les exportations de buf et de porc ontarien
vivant (balance commerciale nette de 39 millions et de 210 millions
de dollars en 2005, respectivement) sont envoyées aux États-Unis.
Pour illustrer l'ampleur de la situation, plus de 43 000 cochons vivants
sont exportés de l'Ontario chaque semaine. Si la frontière
américaine fermait et qu'on perdait ce marché, cela
aurait un impact dévastateur évident. Le Japon représente
aussi un partenaire commercial important; il accueille 36 % de nos
exportations de porc. Une fermeture de la frontière entre le
Canada et le Japon aurait aussi de graves conséquences.
L'impact sur l'industrie de l'alimentation des animaux en Ontario
varierait selon le degré de dépendance aux marchés
de l'exportation. En outre, il pourrait être difficile d'accéder
à certains ingrédients entrant dans la composition des
aliments pour animaux, ce qui diminuerait la rentabilité des
producteurs et des entreprises du secteur de l'alimentation des animaux.
Parce que l'Ontario dépend grandement des exportations de
bétail et de produits de l'élevage, l'industrie et le
gouvernement se doivent de maintenir de bonnes relations avec nos
partenaires commerciaux. La consommation intérieure est insuffisante
pour soutenir la production actuelle dans les industries du porc et
du buf. Tous les efforts nécessaires doivent être
déployés pour empêcher une fermeture de frontière,
parce que l'expérience de l'ESB en a révélé
les conséquences : difficulté à rétablir
les marchés perdus, imposition de restrictions plus sévères
et réduction de la rentabilité.
L'Ontario ne serait pas en mesure de conserver, d'abattre ou d'éliminer
tous les animaux excédentaires en raison du trop grand nombre
de bêtes. Le secteur du buf à la ferme devient
un avantage évident pour transformer les animaux en surplus.
Au contraire, le secteur du porc se retrouverait dans une position
beaucoup plus précaire, et un impact majeur pourrait se faire
sentir à la ferme moins d'une semaine après la fermeture
de la frontière.
La capacité d'abattage dépend des débouchés
pour les produits. En cas de fermeture d'une frontière, l'utilisation
des surplus dépendrait des marchés disponibles. Le plus
grand danger serait que les abattoirs ferment parce que les produits
ne pourraient pas être exportés, augmentant ainsi le
surplus d'animaux. Même si des marchés de remplacement
pouvaient être trouvés, le manque d'endroit pour entreposer
les animaux limiterait le volume d'animaux abattus. Il faut donc examiner
les obstacles nuisant à l'augmentation de la capacité
d'abattage dans la province, puis trouver comment les éliminer
si c'est possible.
La capacité d'équarrissage atteint presque son maximum
en vertu de la réglementation actuelle. En fait, l'Est de l'Ontario
a en grande partie recours à des installations situées
au Québec. Même s'il était possible d'accroître
la capacité en série, il faut éliminer les obstacles
liés aux marchés et à la capacité d'équarrissage
durant les fins de semaine.
Éviter la fermeture des frontières reste la meilleure
option. Pour les MAE, la biosécurité demeure un élément
clé. Selon le risque perçu, le niveau de biosécurité
varie d'un secteur de l'élevage à l'autre. D'après
une récente étude menée par l'Ontario Livestock
and Poultry Council, la biosécurité est une priorité
plus importante dans l'industrie du porc que dans celle du buf,
mais il y a toujours place à l'amélioration dans tous
les secteurs. L'absence de normes nationales et de protocoles vérifiables
nous empêche d'aller de l'avant. De plus, il faut sensibiliser
les petits agriculteurs amateurs à la biosécurité.
L'Ontario doit aussi améliorer son programme de biosécurité.
La traçabilité au moyen de l'identification des établissements
et du contrôle des déplacements des animaux devrait contribuer
à maîtriser une MAE et s'avérer pratique advenant
la fermeture d'une frontière. Par conséquent, il faut
continuer d'appuyer les projets de traçabilité.
On doit aussi approfondir la question de la compétence législative
responsable de répondre adéquatement au problème
du surplus d'animaux et de produits si la frontière venait
à fermer. Dans le cas d'une MAE, l'ACIA serait chargée
de maîtriser la maladie : son travail commence dès l'apparition
de la MAE et se termine avec son éradication. Si la frontière
venait à fermer, on devrait s'occuper du bétail et des
produits de l'élevage excédentaires ne relevant pas
du mandat de l'ACIA. Si la frontière fermait pour d'autres
raisons qu'une MAE, qui dirigerait les activités : l'industrie,
le gouvernement (provincial/fédéral) ou les deux? Si
les fermes devaient être dépeuplées, comment procèderait-on
et qui s'en occuperait? Quelles fermes seraient choisies? Les reproducteurs
seraient-ils protégés? Il faut répondre à
ces questions et étudier le problème des compétences
législatives.
La communication et la coopération entre les partenaires de
l'industrie et le gouvernement deviendront aussi des éléments
clés durant la fermeture d'une frontière. L'Ontario
doit envisager d'établir les liens nécessaires pour
faciliter le processus. Le besoin d'obtenir des renseignements, y
compris ceux provenant du grand public, doit être satisfait
à l'aide d'une démarche coordonnée.
Lors de l'évaluation des impacts structurels et économiques,
il ne faut pas négliger l'aspect humain. Si des fermes sont
dépeuplées ou si des entreprises doivent fermer leur
porte à la suite de la fermeture d'une frontière, cela
aura des conséquences sur les personnes ayant perdu leur gagne-pain.
Il faudra mettre en uvre des systèmes de soutien et des
plans favorisant la continuité des opérations, afin
de minimiser les répercussions sur les humains, ainsi que la
perte potentielle de l'expertise dans l'industrie.
Dans l'ensemble, l'industrie de l'élevage se concentre beaucoup
sur le contrecoup immédiat d'une MAE, mais n'a pas encore alloué
de ressources importantes pour contrer le risque d'effondrement des
marchés résultant du grand surplus d'animaux et de produits
qui pourrait se produire à la suite de la fermeture d'une frontière.
La recherche menée dans le cadre du présent rapport
indique clairement qu'il faut un plan pour aider à atténuer
l'impact qu'aurait la fermeture d'une frontière.
Recommandations de l'étape 1
Les recommandations ont été regroupées en catégories
clés, notamment :
Général
- Élaborer un plan coordonné des mesures d'urgence
en cas de fermeture de la frontière, qui sera bien accueilli
par l'industrie.
Prévention
- Explorer les options en matière de prévention des
incidents qui pourraient causer la fermeture d'une frontière.
La prévention reste encore la meilleure solution.
- Soutenir les efforts constants envers l'amélioration de
la biosécurité dans la province. Envisager l'élaboration
de protocoles standards et d'une réglementation au besoin.
- Appuyer la mise en uvre d'initiatives de traçabilité.
- Examiner la valeur du projet West Hawk Lake et déterminer
si l'Ontario devrait déployer des efforts en vue de faire
progresser ce projet et d'autres projets de zonage potentiels.
- Favoriser l'élaboration d'une stratégie visant
à améliorer la biosécurité chez les
espèces non règlementées et non commercialisées,
y compris les élevages artisanaux de volailles et les autres
exploitations agricoles d'agrément.
- Envisager d'améliorer la formation et les programmes destinés
aux premiers intervenants liés à la prévention,
la biosécurité et l'élimination des carcasses,
avant la fermeture d'une frontière.
Communication
- Maintenir la communication et la coopération avec la Table
ronde nationale sur la chaîne de valeur de l'industrie du
porc, lors de l'élaboration de plans axés sur un effondrement
potentiel du marché.
- Examiner les réseaux de communication et de renseignements
avec l'industrie et les paliers de gouvernement qui seraient nécessaires
pour réagir en situation de fermeture d'une frontière.
- Créer une stratégie visant à informer et
à sensibiliser les gens sur les questions relatives à
la fermeture des frontières.
- Créer et appuyer des relations directes avec les États
américains qui importent un fort pourcentage du bétail
ontarien, afin de travailler à la mise en place d'objectifs
commerciaux communs avec les autorités nationales des deux
côtés de la frontière.
- Élaborer des stratégies visant à informer
et à sensibiliser l'industrie (producteurs primaires, responsables
du traitement et fournisseurs de service associés) sur les
questions relatives à la fermeture des frontières.
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Gestion des surplus
- Passer en revue les besoins des compétences législatives
de la province afin qu'elles promulguent des décrets et élaborent
des stratégies visant les animaux en surplus si une frontière
venait à fermer que ce soit à la suite d'une maladie
animale exotique (MAE) ou non.
- Envisager qui dirigera les opérations dans le cas de la
fermeture d'une frontière non liée à une MAE,
ainsi que les responsabilités individuelles des intervenants
de l'industrie et du gouvernement.
- Élaborer un plan d'action avec l'industrie visant le marketing
après la fermeture d'une frontière.
- Envisager des plans particuliers pour certaines espèces
dans le but d'atténuer l'impact de la fermeture d'une frontière.
- Examiner les options et les stratégies en matière
de gestion des surplus d'animaux en santé.
- S'assurer d'explorer et de documenter les options en matière
de logement et d'alimentation des animaux pour prolonger le temps
passé sur la ferme et retarder la commercialisation de divers
produits de l'élevage, en tenant compte du bien-être
de l'animal.
- Étudier les options concernant la gestion des surplus de
produits de la viande.
- Étudier et documenter les méthodes adéquates
d'euthanasie pour dépeupler les fermes d'élevage.
- Favoriser la mise en place d'un plan d'élimination des
carcasses.
Transformation
- valuer les limites potentielles nuisant à l'augmentation
de la capacité d'abattage dans la province et déterminer
si ces limites peuvent être atténuées.
- Trouver des solutions possibles aux limitations relatives à
la capacité d'équarrissage, particulièrement
en ce qui a trait aux opérations la fin de semaine.
- Envisager des options au cas où le transformateur ou l'équarrisseur
se trouveraient eux-mêmes dans une zone de restriction des
déplacements, lors d'une vague de MAE.
- Envisager la possibilité de fabriquer au pays les ingrédients
qui entrent dans la composition des aliments pour animaux et qui
sont actuellement importés. Évaluer si ces ingrédients
peuvent être fabriqués ici et, dans le cas contraire,
expliquer pourquoi.
Programmes de soutien
- Évaluer les options pour ce qui est des programmes de continuité
des opérations, de la ferme jusqu'à la transformation
des produits, afin d'aider à maintenir les infrastructures
et la viabilité du secteur du bétail de l'Ontario
durant la fermeture d'une frontière.
- Déterminer le soutien financier potentiel pour la chaine
d'approvisionnement, afin d'aider à trouver des solutions
pour réduire l'impact de la fermeture d'une frontière.
- Évaluer la disponibilité actuelle et les besoins
éventuels en matière de services de soutien qui pourraient
aider les personnes et les familles à passer au travers de
circonstances difficiles (d'un point de vue financier et du stress).
À l'étape 2 de ce projet, on se servira de ces recommandations
comme base pour élaborer un Plan des mesures d'urgence en cas
de fermeture de la frontière.