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Les moisissures et les mycotoxines - réduction des
problèmes dus aux moisissures et aux mycotoxines
| Auteur : |
Brian Tarr - spécialiste
de la nutrition des ruminants/MAAARO |
| Date de création : |
08 août
1996 |
| Dernière révision : |
25 août
2003 |
- Écarter préalablement par des analyses les autres
causes possibles, avant de conclure que les problèmes sont
causés par des moisissures et des mycotoxines.
- La production et/ou la santé du bétail exposé
aux mycotoxines se rétablissent dans un délai allant
d'une à plusieurs semaines après le début des
mesures correctives. Le délai de rétablissement est
d'autant plus long que l'exposition aux mycotoxines est prolongée
: des animaux exposés pendant des semaines, voire des mois,
peuvent subir des lésions hépatiques et/ou rénales.
- Mesures correctives initiales :
- nettoyer les grains moisis, en éliminant les fines
particules et les grains légers soupçonnés
d'être contaminés par les mycotoxines;
- rajuster les rations pour tenir compte des niveaux d'énergie
réduits des aliments moisis ou des grains légers
(inférieurs de 5 à 10 %).
- Diluer les aliments contaminés, par l'ajout d'aliments
exempts de moisissures. Il faut préalablement analyser les
aliments contaminés afin de pouvoir les diluer dans la ration
finale de matière sèche jusqu'à obtenir une
teneur en mycotoxines située en deçà des limites
de sécurité correspondant à la catégorie
des animaux intéressés.
- Le blé en grains peut représenter au maximum 15
à 20 % de la ration totale (extrait sec) pour le bétail
en général, 25 à 40 % de la ration en grains
pour les vaches laitières en période de lactation,
et jusqu'à 40 % pour le bétail d'engraissement. Le
niveau réel dépend en pratique des autres grains qui
entrent dans l'alimentation, et en particulier de la rapidité
de dégradation des amidons dans le rumen.
- La teneur maximum inoffensive en blé est également
influencée par l'ordre dans lequel les ingrédients
sont dispensés, par la quantité d'aliments dispensés
et par la qualité de l'entretien des étables et des
mangeoires.
- Toujours vérifier si les chiffres sont donnés pour
l'extrait sec ou pour l'aliment préparé. Dans le second
cas, corriger pour trouver la teneur dans l'extrait sec afin de
calculer les taux d'inclusion.
Par exemple : un aliment préparé contenant 65 %
d'humidité donne 2,5 ppm de DON à l'analyse.
100 - 65 = 35 % d'extrait sec.
2,5 ¸ 0,35 = 7,1 ppm de DON dans l'extrait sec.
- Les niveaux de mycotoxines peuvent influencer la proportion maximum
de blé que l'on peut accepter d'incorporer dans la ration.
Voici la formule :
- teneur inoffensive dans la ration totale (extrait sec)
teneur dans le blé (extrait sec) x 100 = proportion maximum
acceptable
Par exemple : pour les vaches en période de lactation,
la teneur maximum en DON est de 1 ppm. Si le blé a une
teneur en DON de 5 ppm à l'analyse, on ne peut en incorporer
que :
1,5 x 100 = 20 % maximum dans la ration totale (extrait sec)
(équivalent du niveau maximum recommandé ci­dessus).
- Règle générale : pour les vaches laitières
qui tolèrent un maximum de 1 ppm de DON, une teneur en DON
supérieure à 5 ppm dans le blé réduit
la proportion maximum de cet ingrédient à moins de
20 % dans la ration totale (extrait sec).
- Règle générale : pour le bétail d'engraissement
qui tolère un maximum de 5 ppm de DON, une teneur en DON
supérieure à 12,5 ppm dans le blé réduit
la proportion maximum de cet ingrédient à moins de
40 % dans la ration totale (extrait sec).
- Dans le cas des vaches recevant une alimentation traditionnelle,
utiliser le niveau maximum de grain dispensé, et non le niveau
moyen. Même si la ration moyenne contient 50 % de grain et
50 % de fourrage, les vaches en début de période de
lactation consomment parfois jusqu'à 60 % de grain. Calculer
comme ci­dessus.
- Par exemple : pour les vaches en période de lactation
- teneur maximum en DON de 1 ppm; si la teneur en DON du blé
est de 5 ppm à l'analyse, alors le taux d'incorporation maximum
dans la ration totale (extrait sec) est de :
1 ¸ 5 x 100 = 20 %;
et le taux d'incorporation maximum dans la ration de grains (proportion
qui se situe dans la gamme acceptable donnée ci­dessus)
est de :
20 % / 0,6 = 33 % .
- À partir des limites indiquées pour les autres toxines,
faire les mêmes calculs que ci­dessus pour déterminer
si la teneur en autres toxines présentes à l'analyse
exige une réduction plus considérable de la proportion
de blé dans la ration.
- Quels que soient les niveaux recommandés ou acceptables
calculés, les modifications apportées peuvent altérer
le goût des aliments et entraîner une baisse de la consommation.
L'altération du goût est parfois le principal facteur
qui détermine la proportion acceptable de blé en grains
dans la ration.
- En cas de doute, pécher par excès de prudence et
ouvrir l'il pour déceler tout problème!
- Ajouter 0,5 % (ou la teneur recommandée par le fabricant)
d'aluminosilicate ou de bentonite dans les rations des ruminants
afin d'atténuer les effets des mycotoxines. Ces produits
peuvent lier les mycotoxines dans le tube digestif et en réduire
l'absorption. Ils sont efficaces surtout contre l'aflatoxine, et
à un degré moindre contre les autres mycotoxines.
- Sur le terrain, l'ajout d'aluminosilicate ou de bentonite aux
rations des ruminants a permis d'obtenir des améliorations
en présence de mycotoxines de Fusarium. Toutefois,
les études contrôlées sont soit inexistantes,
soit décourageantes à cet égard.
- On peut tenter d'atténuer les effets des mycotoxines en
accroissant la teneur en vitamines A, E et B1, ainsi qu'en oligo­éléments
de la ration (sélénium, zinc, cuivre et manganèse).
Ici encore, nous ne disposons que d'indications anecdotiques, selon
lesquelles il conviendrait d'augmenter les teneurs de 25 %. Ne pas
oublier les contre­indications (p. ex. taux de cuivre dans les
rations destinées aux ovins).
- Ajouter un produit inhibiteur des moisissures approprié
(propionate de sodium ou de calcium, ou acides organiques) aux grains
stockés pour empêcher le développement ultérieur
de moisissures :
- ajouter 0,2 à 0,25 % aux aliments non ensilés
et dont la teneur en humidité est de 14 à 17 %;
- ajouter de 0,5 à 0,6 % aux aliments non ensilés
et dont la teneur en humidité est de 18 à 24 %
(ou suivre les recommandations du fabricant).
- Autres facteurs à considérer :
- si les effets sont modérés, réduire de
50 % la teneur en ingrédients suspects de la ration;
- si les effets sont plus graves, cesser l'utilisation de l'ingrédient
suspect pendant une semaine au moins; en cas d'amélioration,
faire analyser l'ingrédient; et en cas de résultat
positif, cesser définitivement l'utilisation de l'ingrédient,
ou bien en faire établir la teneur en mycotoxines pour
permettre d'en calculer la proportion appropriée dans
la ration.
- Pièges à éviter :
- les mycotoxines sont en général concentrées
dans la farine basse, la balle, les grains légers et
les grains cassés; la teneur en mycotoxines des criblures
peut aller jusqu'au quintuple de celle des grains. Cette année,
il faut, semble-t-il, être particulièrement prudent
lorsqu'on inclut des criblures de grains dans l'alimentation!
- les grains contaminés utilisés dans les procédés
industriels de fermentation présentent un danger potentiel,
puisque la fermentation ne dégrade pas les mycotoxines,
qui se concentrent dans les sous­produits de distillerie.
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