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Les moisissures et les mycotoxines - effets des aliments moisis et
des mycotoxines sur le bétail
| Auteur : |
Brian Tarr - Spécialiste
de la nutrition du bétail/MAAARO |
| Date de création : |
14 août
1996 |
| Dernière révision : |
14 août
2003 |
Table des matières
- Effets des aliments moisis et des mycotoxines
sur le bétail
- Effets des moisissures
- Les aliments moisis et les mycotoxines
- Effets des mycotoxines
- Problèmes dus aux mycotoxines
- Détoxification des mycotoxines
- Règles générales en cas
de présence de moisissures et de mycotoxines dans la ration
des ruminants
Effets des aliments moisis et des mycotoxines
sur le bétail
- « Les opinions quant au rôle des moisissures et des
mycotoxines dans les problèmes de production et de santé
animales sont encore partagées, et ce principalement parce
que ces effets restent mal connus. » (Segler & Mahanna,
1995)
- « Les mycotoxines peuvent avoir un effet généralisé
mais non décelé, s'il reste cliniquement non apparent
sur le rendement et la santé des ruminants. Attendre qu'apparaissent
les symptômes cliniques des problèmes dus aux mycotoxines,
c'est attendre trop longtemps. » (Eng, 1995)
Effets des moisissures
- Les aliments moisis ont moins bon goût et la consommation
(calculée en matière sèche et par conséquent
en éléments nutritifs) peut s'en trouver réduite.
Cela provoque dès lors un ralentissement des gains pondéraux
ou une baisse de la production laitière. Même en l'absence
de mycotoxines, on constate typiquement une baisse de rendement
de l'ordre de 5 à 10 % en cas de consommation d'aliments
moisis. La contamination par les mycotoxines aggrave encore ces
pertes, que des moisissures soient ou non visibles.
- Les aliments moisis sont aussi parfois moins digestes. En outre,
leur teneur énergétique peut être réduite
de 5 %, puisque les moisissures se développent aux dépens
des protéines, des lipides et des hydrates de carbone qu'ils
contiennent. La teneur en lipides alimentaires des produits moisis
est particulièrement affectée. En présence
de grandes quantités de moisissures, il est recommandé
de multiplier par 0,95 les valeurs énergétiques théoriques
(c'est à dire que les aliments ne procurent plus que 95 %
de leur énergie normale). Certains chercheurs proposent même
de retrancher jusqu'à 10 % de la valeur énergétique
attribuée aux aliments moisis (qui ne fourniraient donc plus
que 90 de leur énergie théorique).
- Les aliments moisis peuvent également être à
l'origine de problèmes de santé animale (avortement
par infection mycotique, affections respiratoires) et même
humaine (la maladie appelée « le poumon de fermier »
peut être provoquée par l'inhahation de spores de moisissures).
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Les aliments moisis et les mycotoxines
- Le dénombrement des spores de moisissures ne donne qu'une
indication imprécise, et parfois inférieure à
la réalité, de la quantité de moisissures présente.
- Les aliments moisis ou qui sentent le moisi ne contiennent pas
toujours des mycotoxines nuisibles, et même quand ils en contiennent,
ce n'est pas nécessairement en concentration toxique.
- Les moisissures sont toujours susceptibles de produire des mycotoxines,
mais celles-ci n'atteindront un niveau préoccupant que dans
certaines circonstances.
Effets des mycotoxines
- Au départ, les mycotoxines ne causent que des problèmes
relativement mineurs (p. ex. une baisse de rendement négligeable).
Toutefois, si les animaux continuent à consommer des mycotoxines,
des effets plus nets (baisse de la production laitière, ralentissement
des gains pondéraux) apparaissent après quelques jours
ou quelques semaines.
- La fréquence de certains problèmes (refus des aliments,
cétose, déplacement de la caillette) peut augmenter
sensiblement si les animaux consomment des mycotoxines. Certains
animaux sont atteints de diarrhée ou d'hémorrhagies.
- Les mycotoxines ont également des effets strogènes
qui peuvent se manifester sous la forme d'un gonflement de la vulve
et des mamelles et/ou d'un prolapsus du vagin ou du rectum. La présence
de mycotoxines peut se traduire également par une baisse
des taux de fécondité et de conception, ou par l'apparition
d'avortements.
- Le stress lié à la production amplifie les effets
des mycotoxines. Les vaches laitières très productrices
et les bestiaux à l'engraissement, dont la croissance est
rapide, sont donc plus sensibles aux effets des mycotoxines que
les animaux peu productifs.
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Problèmes dus aux mycotoxines
- Il est difficile de reproduire dans des études contrôlées
les graves problèmes qui sont constatés et attribués
aux mycotoxines sur le terrain. Quelques exemples :
- dans certaines exploitations laitières, on a incriminé
la présence de mycotoxines à 0,1 ppm pour expliquer
une baisse de la consommation d'aliments et de la production laitière,
ALORS QUE des vaches laitières nourries à titre expérimental
à l'aide d'aliments contenant 0, 6 et 12 ppm de DON entre
la 13e et la 22e semaines de lactation n'ont accusé aucune
baisse notable de rendement;
- des études de cas réalisées à l'Université
du Wisconsin ont attribué la survenue d'avortements chez
des bovins à la consommation d'aliments contenant 1 ppm de
zéaralénone ALORS QUE, dans une autre étude,
des animaux recevant 200 à 300 ppm de zéaralénone
n'ont pas présenté de troubles semblables de la reproduction.
- Les données (qu'elles soient expérimentales ou recueillies
sur le terrain) sur les effets des moisissures et des mycotoxines
sont éminemment variables et souvent contradictoires. Les
raisons en sont peut-être que :
- les mycotoxines décelées ne sont peut être
que des indices de la présence d'autres mycotoxines nuisibles
mais inconnues, et/ou de leurs métabolites;
- la concentration de ces autres substances ne peut pas être
mesurée à l'heure actuelle;
- dans beaucoup d'études, les chercheurs utilisent des mycotoxines
pratiquement « pures » et travaillent en l'absence de
quantités décelables d'autres toxines. Une étude
portant sur le bétail d'engraissement n'a mis en évidence
aucune baisse du rendement ni aucun problème de santé
en présence de 10 à 15 ppm de DON dans l'alimentation,
à condition que la teneur en autres toxines soit très
faible ou nulle);
- on ignore les effets cumulatifs et/ou *synergiques des mycotoxines
et de leurs métabolites, mais on soupçonne qu'ils
se conjuguent;
- parmi les études réalisées jusqu'ici, beaucoup
ont porté sur des périodes de 1 à 10 jours;
plusieurs n'ont duré qu'un mois;
- les travaux portant sur les effets de doses uniques ne reflètent
pas les niveaux constatés dans la pratique;
- les études réalisées jusqu'ici ont porté
sur les animaux les plus robustes (vaches en milieu ou en fin de
période de lactation et produisant 20 kg de lait).
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Détoxification des mycotoxines
- L'équipement biologique des ruminants leur procure une
protection exceptionnelle contre les effets nuisibles des mycotoxines.
On suppose que ces substances sont suffisamment dégradées
avant qu'elles ne soient absorbées dans le sang puis par
les organes vitaux pour que les animaux soient protégés.
- Les mycotoxines sont détoxifiées ou dégradées
dans le rumen, MAIS :
- le taux de détoxification diffère d'un type de mycotoxine
à l'autre;
- le degré de détoxification d'une mycotoxine donnée
dépend de la vitesse de transit des aliments (le passage
des aliments dans le rumen est huit fois moins rapide chez les vaches
de boucherie que chez les vaches laitières en période
de lactation);
- le degré de détoxification dépend de la dose
de départ : après incubation pendant 24 h dans
du suc digestif de rumen, la transformation de la DON en déépoxy­DON
ou DOM­1, réputée moins nocive, est complètement
achevée dans le cas d'une dose de départ de 5 ou 10
ppm, alors qu'elle ne l'est qu'à moitié si la concentration
est de 50 ou 100 ppm;
- le ou les métabolites ainsi produit(s) pourrai(en)t être
encore plus nuisible(s) que les mycotoxines de départ. Certaines
études portant sur le mouton ont constaté la transformation
de la zéaralénone en zéaralénol, substance
que l'on croit encore plus toxique.
Règles générales en cas
de présence de moisissures et de mycotoxines dans la ration
des ruminants
- En pratique, les effets des moisissures et des mycotoxines sont
extrêmement variables. Il est impossible de prédire
leurs effets dans une situation donnée.
- Les ruminants sont moins sensibles que les porcins aux effets
des moisissures et des mycotoxines et/ou ils sont moins affectés
par leur présence dans leur alimentation.
- Ils sont capables de détoxifier ou de métaboliser
les mycotoxines en d'autres substances, généralement
moins nocives.
- Ils restent toutefois sensibles aux effets nocifs des moisissures
et des mycotoxines contenus dans leur alimentation.
- Les jeunes préruminants et les animaux très productifs
constituent les deux catégories les plus sensibles aux effets
des mycotoxines.
- Les symptômes les plus classiques d'un problème dû
aux moisissures et aux mycotoxines sont une baisse de la consommation
d'aliments, une diminution de production de l'ordre de 5 à
10 %, et une réduction du rendement reproductif.
- En cas de présence de moisissures et/ou de mycotoxines,
il est prudent de prendre des mesures en vue de limiter leurs effets
potentiellement nocifs sur les ruminants.
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