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Les
moisissures et les mycotoxines - précautions à observer
en cas de présence de blé contaminé par des moisissures
et des mycotoxines dans l'alimentation des ruminants
| Auteur : |
Brian Tarr - Spécialiste
de la nutrition des ruminants/MAAARO |
| Date de création : |
12 août
1996 |
| Dernière révision : |
14 août
2003 |
Table des matières
- Précautions à observer en
cas de présence de blé contaminé par des moisissures
et des mycotoxines dans l'alimentation des ruminants
- Niveaux acceptables de blé normal non
infecté pour les ruminants
- La concentration de blé à
inclure dans la ration dépend de plusieurs facteurs
- Voici les lignes directrices d'Agriculture et
Agro-alimentaire Canada pour la teneur en DON (vomitoxine) dans
les aliments pour bétail
- Mesures correctives à prendre initialement
pour le blé infecté par le champignon Fusarium
- Méthode d'échantillonnage pour
les aliments secs (Université Penn State)
- Calculer les niveaux maximaux acceptables
de blé contaminé
- Conseils pratiques
- Pièges à éviter
Précautions à observer en
cas de présence de blé contaminé par des moisissures
et des mycotoxines dans l'alimentation des ruminants
Étant donné que le champignon Fusarium est très
répandu dans le blé récolté en Ontario,
de grandes quantités de cette céréale seront
réservées à l'alimentation animale. En règle
générale, l'exploitant fait une bonne affaire en achetant
du blé pour un prix égal ou inférieur à
celui du maïs.
Niveaux acceptables de blé normal non
infecté pour les ruminants
- pour les vaches laitières en période de lactation,
15 à 20 % de la ration totale (extrait sec)
- pour les vaches laitières en période de lactation,
25 à 40 % de la ration en grain
- pour le bétail d'engraissement et les ovins, jusqu'à
40 % de la ration totale (extrait sec)
La concentration de blé à
inclure dans la ration dépend de plusieurs facteurs:
- le coût du blé par rapport à celui des autres
céréales;
- la qualité des autres céréales contenues
dans la ration, et notamment la rapidité de la dégradation,
dans le rumen, de l'amidon qu'elles contiennent;
- le type et la proportion de fourrage présent dans l'alimentation,
et en particulier la longueur de ses particules constitutives;
- l'ordre de présentation et la quantité des ingrédients
consommés, ainsi que le système de gestion des mangeoires,
qu'elles soient automatiques ou non;
- l'ajout éventuel de tampons (bicarbonate de sodium, oxyde
de magnésium);
- l'addition ou non d'un ionophore (Rumensin, Bovatec, Posistac);
- l'ajout éventuel de carbonate de calcium;
- la concentration des mycotoxines dans le blé.
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Voici les lignes directrices d'Agriculture et
Agro-alimentaire Canada pour la teneur en DON (vomitoxine) dans les
aliments pour bétail:
- porcins, veaux, agneaux, vaches et brebis en période de
lactation : 1 ppm dans l'alimentation;
- bovins et ovins adultes et volailles, 5 ppm dans l'alimentation.
Mesures correctives à prendre initialement
pour le blé infecté par le champignon Fusarium
:
- nettoyer les grains moisis, en éliminant les fines particules
et les grains légers soupçonnés d'être
contaminés par les mycotoxines.
- réduire les niveaux d'énergie du blé moisi
ou des grains légers de 5 à 10 % et reformuler les
rations. Observer les limites applicables au blé.
- diluer les aliments contaminés par les moisissures ou les
mycotoxines, en y ajoutant des aliments exempts de moisissures.
- si les effets observés sur les animaux sont modérés,
réduire de 50 % la teneur en blé suspect de la ration.
- si les effets sont graves, cesser l'utilisation du blé
suspect pendant une semaine au moins; en cas d'amélioration,
prélever un échantillon de blé et le faire
analyser de nouveau pour déterminer le niveau auquel il peut
être utilisé sans danger dans l'alimentation du bétail.
Méthode d'échantillonnage pour
les aliments secs (Université Penn State) :
- prélever des échantillons de 3 à 5 repas,
ou au moment où les aliments sont retirés de l'entreposage;
prélever 8 à 12 échantillons chaque fois ou
prélever 12 à 20 échantillons provenant d'une
livraison complète, à la nappe de chute, ou encore,
à l'aide d'une sonde, 12 à 20 échantillons
provenant des couches profondes du compartiment de stockage. Inclure
des échantillons prélevés sur les côtés
ou les rebords du compartiment, ces endroits étant plus propices
à l'apparition de moisissures.
- Bien mélanger les sous-échantillons et prélever
un échantillon composite de 500 g pour expédition
au laboratoire. Certains laboratoires recommandent de prendre un
échantillon composite de 1 kg pour toute analyse visant à
détecter et à quantifier la présence des mycotoxines.
- Conserver un échantillon supplémentaire de 500 g
aux fins de confirmation ou pour d'autres analyses.
- Garder tous les échantillons dans des sacs en papier (genre
sacs à provision) ou en coton propres à double épaisseur.
Les conserver dans un lieu sec et frais. Les envoyer au laboratoire
dès que possible.
- Toujours vérifier si les chiffres sont donnés pour
l'extrait sec ou pour l'aliment préparé. Dans le second
cas, corriger pour trouver la teneur dans l'extrait sec afin de
pouvoir calculer les taux d'inclusion. Par exemple : un aliment
préparé contenant 15 % d'humidité donne 5 ppm
de DON à l'analyse.
100
- 15 = 85 % d'extrait sec
5 / 0,85 = 5,9 ppm de DON dans l'extrait sec.
- Les résultats peuvent être exprimés de plusieurs
façons. Se rappeler qu'une partie par million (ppm) = 1 mg/kg
= 1 µg/g, et que 1 000 parties par 109 = 1
ppm
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Calculer les niveaux maximaux acceptables
de blé contaminé
- Dans la ration totale en extrait sec teneur inoffensive dans la
ration totale (extrait sec) teneur dans le blé (extrait sec)
x 100 = proportion maximum acceptable
par exemple : pour les vaches en période de lactation, la
teneur maximum en DON est de 1 ppm. Si le blé a une teneur
en DON de 5 ppm à l'analyse, on ne peut en incorporer que:
1 / 5 x 100 = 20 % maximum dans la ration totale (extrait sec)
Ce chiffre ne dépasse pas les limites nutritionnelles indiquées
ci-dessus. Une teneur en DON supérieure à 5 ppm dans
le blé ramène la proportion maximum de cet ingrédient
à moins de 20 % dans la ration totale (extrait sec).
- les vaches en période de lactation, utiliser le niveau
maximum de grain dispensé, et non le niveau moyen. Même
si la ration moyenne contient 50 % de grain, les vaches en début
de période de lactation consomment parfois jusqu'à
60 % de grain. par exemple : pour les vaches en période de
lactation
- teneur maximum en DON de 1 ppm; si la teneur en DON du blé
est de 5 ppm à l'analyse, alors le taux d'incorporation maximum
dans la ration totale (extrait sec) est de :
a) 1 / 5 x 100 = 20 %;
et le taux d'incorporation maximum dans la ration de grains (proportion
qui se situe dans la gamme acceptable donnée ci-dessus) est
de :
b) 20 % / 0,6 = 33 % .
- le bétail d'engraissement qui tolère un maximum
de 5 ppm de DON, une teneur en DON supérieure à 12,5
ppm dans le blé ramène la proportion maximum acceptable
de cette substance à moins de 40 % dans la ration totale
(extrait sec).
- À partir des limites indiquées pour les autres toxines,
faire les mêmes calculs que ci
- dessus pour déterminer si la teneur en autres toxines présentes
à l'analyse exige une réduction plus considérable
de la proportion de blé dans la ration.
- Quels que soient les niveaux recommandés ou acceptables
calculés, les modifications apportées peuvent altérer
le goût des aliments et entraîner une baisse de la consommation.
L'altération du goût est parfois le principal facteur
qui détermine la proportion acceptable de blé en grains
dans la ration. En cas de doute, pécher par excès
de prudence et ouvrir l'il pour déceler tout problème!
Le blé doit toujours être introduit graduellement dans
la ration.
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Conseils pratiques
- Ajouter 0,5 % (ou la teneur recommandée par le fabricant)
d'aluminosilicate ou de bentonite dans les rations des ruminants
afin d'atténuer les effets des mycotoxines. Ces produits
peuvent lier les mycotoxines dans le tube digestif et en réduire
l'absorption. Ils sont efficaces surtout contre l'aflatoxine, et
à un degré moindre contre les autres mycotoxines.
- On peut tenter d'atténuer les effets des mycotoxines en
accroissant la teneur en vitamines A, E et B1, ainsi qu'en oligo
- éléments de la ration (sélénium, zinc,
cuivre et manganèse). Ici encore, nous ne disposons que d'indications
anecdotiques, selon lesquelles il conviendrait d'augmenter les teneurs
de 25 %. Ne pas oublier les contre
- indications (p. ex. taux de cuivre dans les rations destinées
aux ovins).
- ajouter un produit inhibiteur des moisissures approprié
(propionate de sodium ou de calcium, ou acides organiques) aux grains
stockés pour empêcher le développement ultérieur
de moisissures :
- ajouter 0,2 à 0,25 % aux aliments non ensilés et
dont la teneur en humidité est de 14 à 17 %;
- ajouter de 0,5 à 0,6 % aux aliments non ensilés
et dont la teneur en humidité est de 18 à 24 % (ou
suivre les recommandations du fabricant).
Pièges à éviter :
- les mycotoxines sont en général concentrées
dans la farine basse, la balle, les grains légers et les
grains cassés; la teneur en mycotoxines des criblures peut
aller jusqu'au quintuple de celle des grains. Cette année,
il faut, semble-t-il, être particulièrement prudent
lorsqu'on inclut des criblures de grains dans l'alimentation!
- les grains contaminés utilisés dans les procédés
industriels de fermentation présentent un danger potentiel,
puisque la fermentation ne dégrade pas les mycotoxines, qui
se concentrent dans les sous
- produits de distillerie. Demandez à votre fournisseur de
céréales à distillerie (drêche foncée)
de vous indiquer le type des céréales qui ont été
utilisées par les distilleurs.
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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