Une question d'équilibre
Les experts en fourrages recommandent l'application d'une formule dans
la préparation des rations du troupeau.
La réduction des coûts de l'affourragement est toujours
un moyen de préserver les ressources financières de la ferme.
Mike Hutjens, expert renommé en alimentation des bovins laitiers
à l'Université de l'Illinois, recommande la formule 55-30-15
pour équilibrer les rations dans les prochains mois.
Le chiffre 55 correspond au pourcentage recommandé de matière
sèche fourragère dans la ration. En règle générale,
une vache consomme 13 kilogrammes, ou 28 livres, de matière sèche
fourragère par jour.
Le taux de concentré devrait équivaloir à environ
30 % de la ration. Il s'agit habituellement de maïs, d'orge, de tourteau
de soya, de drêches de distillerie, d'autres sources protéiques,
de vitamines, de minéraux et peut-être d'une source d'énergie
élevée.
Les 15 % restants, ou environ 3 ou 4 kg de matière sèche,
permettent d'effectuer des rajustements si les prix sont élevés
ou si la qualité des aliments est médiocre.
Selon M. Hutjens, chez les vaches à forte production de lait,
ces 15 % devraient notamment consister en un aliment très nutritif,
que ce soit du maïs grain, de l'orge, un oléagineux ou du
soya traité par la chaleur.
Chez les autres vaches, la majeure partie de ces 15 % devrait être
constituée de fourrages, car ils coûtent moins cher par unité
d'énergie ou de protéine que le maïs grain ou le tourteau
de soya dans le cadre du programme d'affourragement.
Cependant, ces 15 % doivent être dosés selon la qualité
des fourrages. D'après M. Hutjens, il est sage de limiter l'ensilage
de maïs à 75 % du total des matières sèches
fourragères. Un taux plus élevé peut en effet influer
sur la masse fibreuse non dégradable dans le rumen, surtout si
l'ensilage de maïs n'est pas bien haché. En outre, il faut
faire très attention à la composition en acides aminés
et à l'équilibrage des taux de fermentation de l'amidon
pour éviter l'acidose.
Servez seulement entre 1,0 et 1,5 kg de fourrage de qualité moyenne,
en l'améliorant avec des sous-produits alimentaires comme de la
pulpe de betterave, du gros gluten de maïs ou des remoulages de blé
pour assurer l'équilibre.
Connaissez aussi le coût de base de votre affourragement. Selon
le Programme d'analyse de la gestion des exploitations agricoles de l'Ontario,
le coût de l'affouragement par vache en 2007 s'est établi
en moyenne à 5 $ par jour toute l'année. Peut-on le réduire
en faisant quelques économies sur les aliments des animaux? Par
exemple, le maïs en flocons contient 10 % plus d'énergie assimilable
que le maïs concassé. Le prix est-il inférieur ou supérieur
à 10 % à l'achat?
Étant donné le prix élevé des céréales,
les fourrages occupent une place encore plus importante dans les rations.
Cette année, ils ne sont peut-être pas si bons. Cependant,
plus le fourrage est de qualité, plus vous pouvez en mettre dans
la ration, et plus il vous sera facile de stimuler la production laitière
de vos vaches.
La version anglaise de cet article a paru dans le numéro de novembre
2008 du magazine Ontario Milk Producer, à la chronique intitulée
Ruminations.