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L'industrie laitière du Canada est-elle en perte de fertilité?
Nous savons qu'aux États-Unis le taux de conception estimé chute de 0,5 % par année. Entre1989 et 1998, le nombre de jours « avant fécondation » a augmenté, passant de 128 à 150; le nombre de jours en lactation avant la première insémination a passé de 80,8 à 84,8 et le nombre d'inséminations par conception a passé de 2,04 à 2,24. En ce qui concerne la fertilité de la vache, le niveau d'héritabilité est bas - variant entre 1 et 3 %. La plupart des caractères de reproduction sont davantage affectés par la conduite du troupeau et l'environnement que par la génétique.
Présentement, le taux de consanguinité dans le cheptel laitier se situe entre 2 et 3 %. Un accroissement de la consanguinité sera néfaste pour tous les caractères économiques d'importance. À chaque fois que le taux de consanguinité varie de 1 pour cent, on estime une variation de l'intervalle de vêlage de 0,25 jour seulement, ce qui ne semble pas expliquer la baisse apparente de fertilité de 0,5 à 1 % par année. Les éleveurs devraient éviter les accouplements avec des taux de consanguinité supérieurs à 6,25 %. Des recherches récentes menées en Grande-Bretagne et en Hollande indiquent une corrélation génétique négative entre la fertilité et la production de lait. Jennie Pryce du Scottish Agricultural College a trouvé que les corrélations génétiques entre l'intervalle de vêlage et le rendement en lait, en gras et en protéine étaient moyennement élevées, se situant entre 0,56 et 0,61. Cela signifie qu'une production plus élevée a une relation génétique positive d'importance par rapport à l'intervalle de vêlage.
En Grande-Bretagne, on a trouvé que l'indice de l'état de chair avait une héritabilité de 28 %. La corrélation génétique de l'indice d'état chair et de l'intervalle de vêlage était de -0,40. Elle était de -0,47 pour le caractère angularité et l'intervalle de vêlage. En d'autres mots, les vaches minces, plus angulaires ont des intervalles de vêlage plus longs. Après pondération pour la production de lait, la relation entre l'indice de l'état de chair et l'intervalle de vêlage était encore de -0,22. On peut en décuire que la relation n'est pas uniquement liée à une production de lait élevée, mais qu'elle est bien d'ordre génétique. Dans les Pays-Bas, des chercheurs ont étudié la relation entre la fertilité, la production, la consommation et la variation du poids vif. Ils se sont basés sur le nombre de jours entre le vêlage et le la première activité lutéale (VAL) - c'est-à-dire le premier cycle après le vêlage. Ils ont trouvé que le VAL avait un niveau d'héritabilité moyen de 16 %. Le VAL avait une relation négative par rapport au rendement en lait, en gras et en protéine. Les rendements élevés étaient associés à un VAL plus long. L'équilibre énergétique, le poids vif durant la lactation et le gain de poids étaient tous en relation positive avec un VAL réduit. Ajustée en fonction des rendements en lait, la prise alimentaire avait une relation importante avec le VAL: une consommation élevée avait une relation génétique à un VAL réduit. La corrélation génétique négative entre la fertilité et les caractères de rendements (lait, gras et protéine) nous indique, qu'au fil des ans, la sélection continue en faveur des caractères de production aura pour effet de diminuer la fertilité. Le faible taux d'héritabilité des caractères de reproduction révèle qu'il ne faudrait pas sélectionner la fertilité au détriment des caractères de production.
Les tendances qu'a la fertilité en relation avec l'équilibre énergétique et la production ne s'appliquent probablement pas aux taures. | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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