Nouvellessolutions contre la mammite -Des chercheurs mettent au point des vaccins et d'autres moyens de défense pour améliorer la santé du pisTable des Mastitis
Nouvelles solutions contre la mammite - Des chercheurs mettent au point des vaccins et d'autres moyens de défense pour améliorer la santé du pis Par le passé, la vaccination contre Staphylococcus aureus, bactérie à laquelle on doit probablement le type de mammite le plus difficile à traiter, a fait l'objet de recherches dont les résultats ont été décevants. Cette situation pourrait changer si l'équipe de recherche canadienne dirigée par Pierre Lacasse, Ph.D., d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, parvient à ses fins. Tout cas de mammite peut causer d'importantes pertes économiques entre les coûts de traitement, les pertes de revenus dues à une production laitière réduite, les quantités de lait rejetées et la perte d'animaux réformés à cause d'infections en série. Les infections causées par la propagation de S. aureus peuvent être les plus difficiles à traiter. Les traitements conventionnels ont peu d'effet sur elles et ces bactéries risquent de se propager à toutes les fermes. Il faut être très prudent pour éviter leur prolifération l'infection au moment du trempage des trayons et des autres soins entourant la traite. Lutte contre la mammite en quelques mots
Réduisez ou éliminez les stress dus à l'environnement. Pour plus de détails sur ce qui précède et d'autres
stratégies de prévention, voir le site du National Mastitis
Council (www.nmconline.org) et la fiche d'information du MAAARO intitulée
Prévention de la mammite : contrôle de l'environnement
(www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/dairy/facts/96-102.htm).
Les chercheurs examinent de nouvelles façons de lutter contre les
infections dues à S. aureus et de réduire les dommages aux
glandes mammaires dus aux endotoxines libérées par des bactéries
comme E. coli quand les pis sont infectés. Voyons le travail effectué
par l'équipe de Pierre Lacasse. Lutte contre l'infectionLa lactoferrine, protéine synthétisée dans la glande mammaire de la vache, est présente en concentrations variables dans le lait. Quand les animaux métabolisent cette protéine, elle est convertie en lactoferricine. La lactoferrine et la lactoferricine ont toutes deux des propriétés antibiotiques, quoique la lactoferricine ait été identifiée comme la molécule la plus active. Les chercheurs ont examiné les deux molécules jumelées à des antibiotiques comme la pénicilline, l'ampicilline, la novobiocine, l'érythromycine et la néomycine pour traiter la mammite. Des recherches expérimentales ont montré qu'un antibiotique est substantiellement plus efficace s'il est utilisé en combinaison avec la lactoferricine ou la lactoferrine. Quand une souche de S. aureus résistante à la pénicilline était exposée à des traitements divers, y compris la pénicilline seule, la lactoferricine ou à une combinaison des deux, ce dernier traitement était en mesure d'arrêter la prolifération des bactéries. Ces résultats indiquent que les microorganismes qui semblaient résistants à la pénicilline pouvaient devenir sensibles quand la lactoferricine faisait partie du traitement. De plus, ces résultats ouvrent possiblement la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour guérir les infections bactériennes dues à d'autres microorganismes résistants aux antibiotiques. Les travaux se poursuivent vers de nouvelles solutions. Vaccination contre S. aureusLes méthodes traditionnelles pour créer des vaccins contre les infections des pis dues à S. aureus ont échoué par le passé. Une nouvelle méthode au moyen de techniques basées sur l'ADN semble plus prometteuse. L'ADN est l'élément constitutif du matériel génétique contenu dans chaque cellule de l'organisme. Un gène contrôle la transmission d'un caractère héréditaire en spécifiant la structure d'une protéine particulière. Les chercheurs étudient un nouveau concept en identifiant un ou plusieurs gènes spécifiques des bactéries à combattre. Ces gènes sont insérés dans la vache. Le système immunitaire de l'animal développe alors des anticorps pour lutter contre les bactéries envahissantes comme S. aureus. Essentiellement, c'est l'organisme de la vache qui fabrique son propre vaccin. Cette approche théorique a été mise à l'essai sur des souris. Un gène spécifique dérivé de S. aureus a été introduit dans les souris. Il y a eu une réaction substantielle du système immunitaire et les cellules infectées par les bactéries ont été détruites. À la suite de ces résultats, l'étape suivante consistait à mettre cette technique à l'essai sur des vaches. Huit génisses du même âge ont servi au projet. Un vaccin porteur de l'ADN de deux gènes a été injecté à quatre des génisses avant le vêlage. Les quatre autres formaient le groupe témoin, donc inchangé. Les génisses qui avaient été traitées ont eu une réaction positive. La question était alors de savoir si cette réaction combattrait l'infection due à S. aureus qui se produirait chez ces génisses. Trois semaines après le vêlage, trois des quatre quartiers de chaque génisse ont été inoculés de bactéries S. aureus. Tous les quartiers inoculés dans toutes les génisses ont développé la mammite. Toutefois, trois semaines après l'infection planifiée, le nombre de quartiers infectés avait graduellement diminué dans le groupe vacciné. Dans le groupe témoin le nombre infecté était resté le même. Ces résultats voudraient dire que les génisses traitées ont été en mesure de combattre l'infection. Même si ces résultats semblent prometteurs, beaucoup de recherches reste à faire avec de nouveaux gènes pour créer un vaccin contenant de multiples antigènes, puis optimiser l'utilité finale de ce vaccin. Après ces étapes expérimentales, il faudra des recherches élargies sur un grand nombre d'autres vaches de nombreux différents troupeaux afin de vérifier la validité de cette méthode de vaccination sur le terrain. Réduction des dégâts mammairesQuand la mammite se produit, le mécanisme de défense de la vache endommage souvent le revêtement des cellules à l'intérieur du pis. Les globules blancs qui luttent contre l'infection, appelés neutrophiles, migrent à l'extérieur du flot sanguin et vont sur le lieu de l'infection. Ils ont pour rôle d'éradiquer les bactéries. Pour ce faire les neutrophiles ont recours à deux mécanismes. Il y a d'abord production et libération de radicaux libres destructeurs. Ensuite, il y a aussi libération d'une diversité d'autres enzymes destructrices. Les radicaux libres sont des molécules toxiques qui éradiquent les bactéries mais endommagent aussi les cellules environnantes dans la glande mammaire. Les chercheurs ont voulu trouver des méthodes pour réduire la perte des tissus producteurs de lait et des cellules de la glande mammaire pour minimiser les dommages. Un projet de recherche a évalué une vaste gamme de substances ayant la capacité de protéger les cellules épithéliales de la glande mammaire en laboratoire. L'une d'elles a semblé donner des résultats prometteurs. Par la suite des essais ont montré que cette substance réduisait le nombre de bactéries dans le lait et la quantité de dégâts aux cellules chez les vaches affectées de mammite colibacillaire. Les chercheurs l'ont appelée la substance X et ont déposé une demande de brevet concernant cette substance. Même si beaucoup de travail reste à faire, les chercheurs ont identifié des avenues prometteuses. Ces recherches mettent en lumière les investissements qu'il faudrait à long terme pour changer la façon dont on combat la mammite à l'heure actuelle. Pendant que l'industrie montre de très grandes attentes vis-à-vis des percées effectuées dans ce domaine, à l'heure actuelle les éléments clés d'un bon programme de lutte contre la mammite sont encore le trempage des trayons, une bonne hygiène et de saines habitudes de traite, un milieu de vie propre et sec avec de la litière fraîche, et le traitement des vaches taries. Cet article est d'abord paru à la rubrique Ruminations du
bulletin Milk Producer Magazine en octobre 2005.
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