Une méthode plus naturelle d'alimentation des veaux laitiers : l'accès à volonté au lait acidifiéTable des matières
Messages à retenir1. La faim est une importante source de stress et l'un des principaux
facteurs à considérer en matière de santé
des veaux naissants.
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| Alimentation naturelle | Alimentation conventionnelle | |
|---|---|---|
| % du poids corporel | 20 à 25 | 8 à 15 |
| Litres |
8 à 10 |
4 à 6 |
| Gain g/jour |
1 000 |
200 à 500 |
| repas |
7x |
2x à 3x |
| minutes d'allaitement |
48 |
6 à 8 |
| intervalle en heures |
4 |
10 à 14 |
En plus des problèmes de quantité et de fréquence,
il se peut que nous n'offrions pas du lait d'assez bonne qualité
aux veaux. Dans le cas de l'aliment d'allaitement, l'erreur la plus fréquente
est de mélanger la mauvaise quantité de poudre par litre
d'eau. Dans le cas du lait entier, certains choisissent de le diluer avec
de l'eau. Toutefois, la présence de bactéries pourrait s'avérer
un problème tout aussi important.
Figure 6. À certaines fermes, le lait rejeté, le colostrum
et les préparations d'aliment d'allaitement se retrouvent parfois
dans des seaux laissés à la température ambiante.
Dans ces conditions, le lait se transforme en milieu de culture pour les
bactéries et devient malsain pour les veaux. Ce peut aussi être
le cas de grandes quantités de lait rangées dans des réfrigérateurs.
Si on ne brasse pas le lait, seulement celui qui se trouve sur le pourtour
du contenant est suffisamment froid, le reste demeurant propice à
la prolifération de bactéries.

Les mythes sont des idées ou des croyances partagées par
un grand nombre de gens et reposent souvent sur de fausses hypothèses.
Plusieurs mythes sur l'alimentation des veaux se traduisent en pratique
par des méthodes qui contribuent à les affamer. D'après
l'un de ces mythes, " donner trop de lait entraîne la diarrhée
" ou " c'est mauvais pour les veaux de leur donner trop de lait
". C'est pourquoi on restreint les quantités de lait, ou on
dilue celui-ci avec de l'eau. Le réel problème est de gaver
le veau avec de trop grandes quantités de lait. L'expérience
a révélé que les veaux se développent mieux
en buvant plus de lait que ce que l'alimentation conventionnelle leur
offre. Ce qui leur faut, c'est une plus grande quantité par jour,
mais offerte en plusieurs petits repas, afin d'éviter le risque
de gavage.
Dans la même veine, on croit que " trop de lait en poudre entraîne
la diarrhée ". C'était peut-être le cas il y
a des années alors que le soya était un des principaux composants
de l'aliment d'allaitement, car les ingrédients de soya causent
une réaction allergique dans le tractus intestinal et la diarrhée
chez les jeunes veaux. Toutefois, la plupart des aliments d'allaitement
sont maintenant composés d'ingrédients provenant uniquement
du lait. C'est ce qu'il y a de mieux pour les jeunes veaux. Ce dernier
mythe a amené les éleveurs à mesurer une quantité
insuffisante de poudre d'aliment d'allaitement par litre. Avec la plupart
des aliments d'allaitement de bonne qualité, 125 à 150 grammes
de poudre par litre permettent d'obtenir un contenu solide proche de celui
du lait entier.
Enfin, il existe un mythe qui veut qu'on amène à limiter
volontairement la quantité de lait offerte au veau à "
10 % de son poids corporel par jour ". Cette mesure avait pour objectif
d'amener les veaux à manger plus de moulée. Bien sûr
qu'ils mangeront plus de moulée s'ils sont affamés par la
privation de lait! Toutefois, les veaux qui ne reçoivent que 10
% de leur poids corporel en lait ne mangent pas plus de moulée
pendant les 14 premiers jours de vie que les veaux qui ont accès
à volonté au lait. En outre, le jeune veau a besoin de lait
dans son alimentation et l'utilise, mais pas la moulée durant les
tout premiers jours de vie. Les expériences avec l'accès
à volonté ont révélé que cette opinion
n'est pas fondée et peut nuire aux veaux.
La méthode d'accès à volonté au lait permet
aux veaux de consommer librement et facilement du lait. Ils peuvent également
téter le lait aussi souvent qu'ils le veulent et quand ils le veulent.
Dans un enclos individuel, le veau n'est pas en compétition avec
les autres veaux. Dans un enclos où plusieurs veaux sont regroupés,
il est essentiel d'installer plusieurs tétines, afin de réduire
le nombre de fois où le veau doit céder la place et leur
fréquence. Contrairement à la plupart des installations
informatisées ou automatisées, plusieurs veaux peuvent téter
en même temps dans un groupe. L'accès aux tétines
et au lait n'est ni contrôlé, ni restreint, ni entravé
de l'extérieur.
Il faut que l'installation offre aux veaux, à volonté, la
possibilité de boire du lait de bonne qualité à une
température qui leur convient. Il faut pouvoir conserver le lait,
le colostrum ou l'aliment d'allaitement dans son réservoir. L'acidification
est un moyen facile d'y parvenir. On pourrait aussi faire tourner le lait
par certaines bactéries. En Finlande, on a utilisé la culture
REDI-SETMC dans au moins un essai sur le terrain pour acidifier le lait.
L'appareillage le plus économique est une perceuse électrique
munie d'un mélangeur à peinture pour mélanger l'agent
de conservation dans le lait, un contenant où mettre le réservoir
de lait et des tétines fixées sur le contenant ou à
un bar laitier. L'installation peut faire appel à la loi de la
gravité si on fixe les tétines au bas du contenant ou au
bout de la tubulure de plastique d'une canalisation avec clapet de retenue.
Figure 7. Dans le cas d'une canalisation, les tétines peuvent être fixées au réservoir ou être éloignées du contenant. La taille du contenant dépend du nombre de veaux qui ont libre accès au lait, et de la fréquence des remplissages. Ce peut être un seau de 20 litres pour un seul veau ou un contenant de 100 à 200 litres, ou plus, pour plusieurs veaux.

L'installation d'accès à volonté aux aliments peut
être automatisée si on ajoute une minuterie aux mélangeurs
ou des pompes qui font circuler le lait du réservoir vers plusieurs
groupes de veaux pour le ramener ensuite au réservoir. Certaines
installations informatisées dotées d'un réservoir
à lait peuvent également être utilisées pour
la méthode d'accès à volonté. L'accès
à volonté convient aussi bien aux enclos individuels qu'aux
enclos communs. En général, on peut préparer le lait
acidifié tous les 1 à 3 jours, et laver les accessoires
deux fois par semaine. L'utilisation d'un agent de préservation
(acidification à un pH de 4 à 4,5) et le refroidissement
(20 °C l'hiver) du lait (afin de limiter la quantité ingérée
par repas) sont essentiels à la méthode d'alimentation par
accès à volonté.
a) Préparation de l'acide dilué

b) Refroidissement du colostrum, du lait ou de l'aliment d'allaitement
avant d'y ajouter l'acide dilué

Mélangez 30 ml d'acide dilué à 1 litre (1 000 ml) de lait ou d'aliment d'allaitement. Ajoutez 40 à 45 ml d'acide dilué à 1 litre de colostrum. Vérifiez si le pH se situe entre 4 et 4,5.
Mélangez 150 ml d'acide dilué avec 5 litres de lait.
Mélangez 300 ml avec 10 litres.
Mélangez 450 ml avec 15 litres.
Mélangez 600 ml avec 20 litres.
d) Brassage vigoureux en ajoutant l'acide. Brassez le lait encore une
fois en moins d'une heure, puis 3 autres fois durant la journée.
e) Vérification du pH afin de s'assurer qu'il situe bien entre 4 et 4,5 après avoir fini de mélanger (figure 10)

f) Offrez cette préparation aux veaux à la température
ambiante l'été et à 20 °C l'hiver. Ne réchauffez
pas le lait.
g) Entreposage du lait dans des contenants fermés pendant 1 à
3 jours. Ne laissez pas les mouches ou les chats entrer en contact avec
le lait.
h) Lavage des tétines, des clapets, de la canalisation et des
contenants à l'eau tiède additionnée de savon à
vaisselle.
i) Eau et moulée de démarrage à volonté.
j) Installation des tétines entre 60 et 70 cm au-dessus du sol dans le cas des veaux.
L'acidification à un pH de 4 à 4,5 sert à conserver le lait ou l'aliment d'allaitement. Une fois à l'abri de la prolifération des bactéries et des moisissures, le lait peut se conserver à la température ambiante pendant plusieurs jours. Une bonne mesure de conservation permet d'offrir aux veaux l'accès à volonté au lait sans qu'il soit nécessaire de réfrigérer le lait. L'acidification diminue l'exposition du veau aux bactéries, car elle diminue la charge bactérienne du lait ou de l'aliment d'allaitement. Ce peut être utile pour entreposer du colostrum ou du lait rejeté lorsqu'on ne peut pas le réfrigérer. Il peut être également avantageux d'acidifier les surplus de colostrum avant de les entreposer au congélateur.
L'acidification ne tue pas toutes les bactéries présentes dans le lait et ne les désactive pas toutes. L'acidification jusqu'à l'atteinte du pH voulu de 4 à 4,5 et un temps de contact de 8 à 12 heures produisent un lait qui respecte ou dépasse les valeurs souhaitées pour la qualité du lait destiné aux veaux.
Les manuels sur les méthodes de laboratoire indiquent que bon nombre de bactéries et de moisissures ne prolifèrent pas à des pH inférieurs à 4,5, mais qu'elles survivent et se multiplient facilement dès que le pH est supérieur à 4,5. Afin de confirmer la théorie selon laquelle l'acidification (pH de 4 à 4,5) conserve le lait, nous avons procédé à l'ensemencement simplifié au moyen de l'anse calibrée de Burri d'un échantillon témoin et d'un échantillon de lait acidifié prélevé dans un réservoir entreposé à la température ambiante. Les bactéries se sont rapidement multipliées dans l'échantillon témoin à un point tel qu'on ne pouvait les compter, alors qu'on n'a observé aucune prolifération bactérienne dans l'échantillon acidifié qui avait été mis en contact pendant plusieurs heures avec de l'acide formique, et dont le pH était de 4,2. Toutefois, à la reprise de l'expérience, quelques bactéries ont survécu à l'acidification.
Les effets de l'acidification sur la Mycobacterium avium paratuberculosis
(bactérie de Johne) sont inconnus. Nous avons bon espoir que les
chercheurs de l'Université de Guelph parviendront sous peu à
les découvrir.
Figure 11. Le tableau suivant énumère plusieurs bactéries
à surveiller dans une ferme laitière, le pH optimal qui
favorise leur prolifération et les pH limites de prolifération,
de même que le pH qui interrompt leur activité ou les rend
inactives en laboratoire. On recommande d'acidifier le lait jusqu'à
un pH de 4 à 4,5, ce qui est logique d'après le tableau
suivant.
| pH optimal | pH limites | Inactives ou activité interrompue | |
|---|---|---|---|
| Bacillus cereus | 4,3 à 9,3 |
< 4,3 et 9,3 | |
| Clostridum perfringens |
6 à 7 |
5,5 à 9 |
< 5 et > 8,3 |
|
Clostridium botulinum |
4,6 à 9 |
<4,6 et >9 | |
| E coli (STEC) |
6 à 7 |
4,4 à 9 |
<4,4 |
| E coli 0157:H7 |
6 à 7 |
4,4 à 9 |
<4,4 |
| Lactobacillus acidophilus |
5,8 à 6,6 |
4 à 4,6 à 6,8 |
<4,4* |
| Listeria monocytogenes |
7 |
4,4 à 9,4 |
<4,4 |
| Mycobacterium avium paratuberculosis (bactérie de Johne) | 6 à 7 |
5 à 7 |
< 5 aucune prolifération |
| Pseudomonas aeruginosa |
6,6 à 7 |
5,6 à 8 |
<5,6 |
| Salmonella |
7 à 7,5 |
3,8 à 9,5 |
<4,4* |
| Staph aureus |
7 à 7,5 |
4,2 à 9,3 |
<4,2 |
| Strep pneumoniae |
7,8 |
6,5 à 8,3 |
<4,5 |
| Vibrio cholerae |
7,6 |
5 à 9,6 |
<4,5 |
L'acidification crée des conditions défavorables à
la prolifération ou la survie de nombreuses bactéries. L'effet
ne se manifeste pas immédiatement. Ça prend du temps. Le
temps de contact varie selon la bactérie et le pH.
À l'été 2006, nous avons effectué une expérience
sur le lait entier de quelques vaches. Nous n'avons détecté
aucune colonie de coliformes après un temps de contact d'une heure
à un pH de 4,1 dans le lait entier acidifié à l'acide
formique. Nous n'avons détecté aucune colonie de staphylococcus
aureus après un temps de contact de 4 à 6 heures à
un pH de 4,1 dans le lait entier acidifié à l'acide formique.
Par la suite, en 2006, nous avons recueilli le lait acidifié des
contenants de 24 fermes (figures 12 et 13). Nous avons constaté
que 81 % des 46 échantillons de lait avaient un pH qui se situait
dans les limites voulues, soit entre 4 à 4,5. Dans les cultures
bactériennes, nous n'avons observé aucune prolifération
bactérienne sur la plupart des échantillons ou des proliférations
inférieures à 1 000 unités formant des colonies par
millilitre (cfu/ml) de lait. Parmi 48 échantillons, on n'a observé
aucune colonie de coliformes dans 31 d'entre eux. Nous avons détecté
des staphylocoques et des streptocoques présents dans l'environnement
dans moins de la moitié des échantillons et à des
taux de 1 à 5 000 cfu/ml.
Figure 12. Dans notre étude des échantillons de lait acidifié
de 24 fermes, le personnel du laboratoire a classé les résultats
selon les catégories suivantes : aucune prolifération bactérienne
ou moins de 500 unités formant des colonies par ml (cfu/ml) de
lait, 600 à 1 000, 1 100 à 5 000, plus de 5 000. Le graphique
illustre le nombre d'échantillons dans chaque catégorie
pour trois espèces bactériennes, le staphylococcus, le streptococcus
et les coliformes. On n'a observé aucune prolifération dans
la plupart des échantillons, sinon moins de 1 000 cfu/ml de lait.
Parmi 48 échantillons, on n'a observé aucune colonie de
coliformes dans 31 d'entre eux.

On ne dispose guère de renseignements nous permettant de prédire
le temps de contact nécessaire pour désactiver une bactérie
donnée fréquente dans le lait, le lait rejeté, le
colostrum ou l'aliment d'allaitement. Toutefois, le peu d'expérience
acquise à ce jour nous permet de considérer un écart
de 6 à 12 heures comme approprié. En pratique, on peut acidifier
le lait l'après-midi et l'offrir aux veaux le lendemain matin.
Figure 13. Dans notre étude sur place, le nombre d'heures de contact
avec l'acide au moment où on a recueilli les échantillons
de lait variait de 1 à 48 heures pour les cultures bactériennes
de la figure 12. Le temps de contact reflète la fréquence
des brassages du lait acidifié. Bien que le pH soit important pour
la désactivation de la bactérie, un temps de contact adéquat
est également essentiel.
La durée de conservation varie en fonction du pH et de la température
ambiante. Les fermiers et conseillers finlandais recommandent de préparer
les lots selon un intervale d'un à trois jours. Un sondage effectué
auprès de 24 éleveurs de l'Ontario a révélé
que ces derniers mélangent habituellement les lots selon un intervale
d'un ou deux jours. Un des éleveurs préparait ses lots tous
les 3 ou 4 jours. Par contre, aucun n'a déterminé la durée
de conservation du lait acidifié à la ferme même.
Le changement le plus évident du colostrum, du lait et de l'aliment
d'allaitement est la séparation qui se produit au cours des 10
à 30 minutes après l'acidification à un pH de 4 à
4,5. C'est comme la gélification observée lorsqu'on fait
du yogourt.
Figure 14. Les photographies illustrent la séparation (gélification)
qui se produit dans un lait acidifié à un pH de 4,2. Le
colostrum, le lait ou le lait rejeté se séparent aussi de
la même façon. La séparation se produit plus rapidement
lorsque le lait est tiède ou chaud (>30 °C). Nous avons
utilisé un aliment d'allaitement composé uniquement d'éléments
provenant du lait à raison de 22 % de protéines et de 17
% de matières grasses et dilué dans une proportion de 150
g/l. Tous les échantillons ressemblaient à l'échantillon
témoin après un brassage vigoureux. Il est essentiel de
brasser le lait acidifié de 2 à 4 fois par jour, afin de
garder les composants en solution.
Les éleveurs qui utilisent du lait acidifié doivent brasser le mélange environ 30 minutes après sa préparation. Par la suite, le lait se sépare à nouveau au bout de quelques heures. Par conséquent, il faut continuer de le brasser vigoureusement 2 ou 3 fois par jour. Des articles scientifiques nous apprennent que l'acidification n'altère pas le colostrum ni les matières grasses, les protéines ou le lactose du lait. Dans le cadre d'une démonstration récente à la ferme, un volontaire a mentionné que le lait acidifié goûtait différemment et qu'il préférait l'échantillon témoin. Néanmoins, les veaux boivent le lait acidifié sans hésiter. Le moindre changement de goût peut être bénéfique pour limiter l'ingestion de lait dans la méthode d'accès à volonté.
Après les 6 à 8 premières heures qui suivent immédiatement l'acidification, le lait se sépare encore et doit être brassé. Toutefois, je me suis aperçu que, si on le brasse vigoureusement 8 heures après l'acidification, le lait demeure homogène pendant les 12 à 18 heures qui suivent. En pratique, on peut utiliser un mélangeur automatique relié à une minuterie. On peut aussi préparer le lait acidifié le matin et l'offrir aux veaux le soir après un bon brassage.
Figure 15. La photographie illustre un échantillon témoin ainsi que des échantillons contenant de l'acide formique et de l'AgriAcid à 7 h 30, puis 15 h 30 plus tard après un brassage vigoureux à 16 h la veille. Les échantillons d'Acid Pak (non illustrés) avaient une apparence similaire.

Lorsqu'on brasse le lait acidifié aux bons moments, les veaux
tètent un mélange homogène. Il est essentiel de brasser
le lait acidifié à temps, car celui-ci a une tendance à
se séparer et à se gélifier. Un brassage vigoureux
à grande vitesse pendant une courte période de temps permet
d'obtenir un excellent mélange.
Figure 16. Une perceuse électrique munie d'un mélangeur
à peinture convient très bien au brassage. Plusieurs éleveurs
se sont fabriqué un mélangeur à insérer dans
leur perceuse électrique. Il est essentiel de choisir un mélangeur
qui convient à la taille du contenant et à la quantité
de lait. Par exemple, le plus petit mélangeur à peinture
vendu dans le commerce ne convient pas au brassage d'un seau de 20 l ou
d'un baril de 100 l de lait.

Un éleveur se sert d'une pompe à membrane de 12 volts qui fait circuler le lait dans une canalisation et l'amène aux tétines des enclos individuels. Il a installé la pompe du côté de la canalisation qui retourne au réservoir, ce qui prévient les fuites de lait des tétines. Le lait sort au bas du baril et revient par le dessus.
Durant les mois d'été, un éleveur offre l'accès à volonté à ses veaux dans des abris. Il verse le lait acidifié dans des seaux suspendus à un crochet dans l'abri. Le préposé à l'alimentation des veaux secoue simplement les seaux vigoureusement quelques fois par jour. Les veaux font également bouger les seaux lorsqu'ils tètent.
À une ferme que j'ai visitée, c'est une pompe pour bassin qui brasse l'aliment d'allaitement. On peut acheter une pompe pour bassin dans un centre de jardinage. Il s'en vend de différentes tailles et elles sont pourvues d'un préfiltre qui empêche le mécanisme de pompage de se boucher.
Figure 17. Dans la région de Milverton, un jeune fermier a fait
appel à la bonne vieille ingéniosité pour assurer
un brassage uniforme tout au long de la journée. Son installation
d'entreposage et de brassage comprend un baril et un moteur de 1/3-HP
qui actionne un mélangeur. La fréquence et la durée
des brassages sont réglées par deux minuteries. Le moteur
est installé sur le couvercle. Le baril est posé sur une
plate-forme à roulettes qui en facilite le déplacement pour
le remplissage ou le nettoyage. Des câbles fixés au baril
à trois endroits maintiennent le mélangeur sur le baril
lors des déplacements.
Le lait froid (20 °C) limite la quantité ingérée. En effet, offrir le lait froid prévient le gavage. Les chercheurs ont comparé l'état de santé, l'indice de consommation et le gain de poids des veaux alimentés au lait froid et au lait tiède. Dans les trois catégories, ce sont les veaux nourris au lait froid qui obtenaient les meilleurs résultats. Les veaux nourris au lait froid ont eu moins de jours de diarrhée que les veaux nourris au lait tiède. Les veaux logés dans une étable où la température était modérée, se portaient aussi bien les uns que les autres, qu'ils aient été nourris au lait froid ou au lait tiède.
Les veaux acceptent le lait très froid (<10 °C), mais ils frissonnent après un tel repas. Les veaux frissonnent pour récupérer la chaleur perdue en buvant du lait très froid. Il n'est guère bon pour les veaux de boire du lait très froid dans une étable très froide. La recherche a révélé que les veaux logés à <5 °C nourris avec du lait de 10 à 15 °C prenaient moins de poids (12 %) et s'alimentaient moins efficacement (13 %) que les veaux nourris avec du lait à une température de 35 à 38 °C.
Plus près de nous, un éleveur qui participait à un projet pilote a nourri ses veaux et ses chevreaux avec du lait maintenu tiède au moyen d'une canalisation d'eau chaude dans un serpentin au fond du baril. Les jeunes animaux ont commencé à avoir de la diarrhée en moins de 24 heures. Toutefois, la diarrhée s'est arrêtée en moins d'une journée après avoir enlevé la source de chaleur. Lors d'une foire agricole extérieure, nous avons exposé nos contenants de lait aux rayons du soleil. En cherchant pourquoi nos veaux avaient soudainement commencé à avoir de la diarrhée, nous nous sommes rendu compte que le lait était chaud au toucher. Nous avons préparé un lot de lait froid que nous avons tenu à l'abri du soleil, et la diarrhée s'est arrêtée. Ces expériences pratiques révèlent que le lait acidifié chaud provoque la diarrhée. Nous ne savons pas pourquoi, mais nous recommandons de nourrir les veaux à une température d'environ 20 °C l'hiver. L'été, on peut les nourrir à la température ambiante, mais en protégeant les contenants de lait des rayons du soleil.
Au cours de l'hiver 2005-2006, des éleveurs ont laissé le lait refroidir à la température ambiante qui descendait souvent entre 3 et 10 °C. Leurs veaux buvaient du lait très froid (lentement) et frissonnaient, mais se portaient bien. D'autres ont essayé diverses sources de chaleur pour empêcher le lait de geler tout en le maintenant froid dans l'étable froide où ils gardaient leurs veaux. Ce sont ceux qui ont construit un compartiment isolé et chauffé pour le contenant de lait qui semblent les plus satisfaits. Ils préservent le lait du froid excessif en déposant les contenants à l'intérieur d'un boîtier isolé et en chauffant le compartiment ainsi formé. Un éleveur se sert de vieux congélateurs horizontaux. Il dispose ainsi d'un dispositif isolant et d'un couvercle bien ajusté. Il a installé les congélateurs près des enclos afin de pouvoir utiliser une canalisation plus courte. Dans un enclos où il garde les veaux d'un à trois jours, il a installé les tétines directement sur la paroi externe d'un petit congélateur d'appartement. Des lampes chauffantes ou de petits radiateurs électriques réglés par un thermostat maintiennent l'air et le lait à la bonne température dans le congélateur.
Figure 18. L'accès à volonté est possible dans une
étable froide. Le problème est qu'il faut empêcher
le lait et les canalisations de geler tout en maintenant la température
du lait à 20 °C. Sur la photographie, nous voyons qu'un congélateur
horizontal permet d'utiliser une courte canalisation jusqu'à la
tétine. Le congélateur isolé retient la chaleur générée
par un radiateur réglé au moyen d'un thermostat. Le lait
a été déposé dans le congélateur dans
de petits barils.
ma connaissance, personne en Ontario n'a encore trouvé un chauffe-eau submersible satisfaisant pour chauffer le lait. Le radiateur du réservoir de stockage empêche le lait de geler, mais ne le chauffe pas jusqu'à 20 °C. Le chauffe-seau est trop chaud et cuit le lait sur l'élément.
Un éleveur du nord de l'Ontario a fabriqué un contenant à lait qu'il a placé dans un bassin d'eau tiède. Des éleveurs ont tenté de faire circuler de l'eau chaude à partir d'un réservoir jusqu'à un serpentin en cuivre plongé dans le lait. Les premières tentatives n'ont pas donné de bons résultats, car l'eau était trop chaude.
Un autre éleveur chauffe la préparation de lait et le compartiment
d'entreposage, ainsi que quatre enclos, deux de chaque côté.
Ses contenants de lait sont à l'intérieur du compartiment
chauffé. La canalisation de lait sort de la paroi isolée
jusqu'aux tétines installées de l'autre côté
(du côté de l'enclos).
Nous avons tenté sans succès de maintenir la température
au moyen de bandes chauffantes industrielles pour baril d'acier. Les contenants
en plastique fondaient. Un chauffe-eau pour lit d'eau a fonctionné
pour un éleveur de l'est de l'Ontario.
Figure 19. Il s'agit de la photographie d'un chauffe-eau d'aquarium utilisé
pour chauffer l'eau dans un tube de plastique de 7,5 cm plongé
dans le lait. Ce chauffe-eau maintient la température de l'aliment
d'allaitement qui vient d'être préparé. Les chauffe-eau
d'aquarium se vendent en différentes tailles. Une " pompe
pour bassin "?(non illustrée) utilisée en aménagement
paysager conserve le lait mélangé dans ce baril.
Quelques éleveurs songent à utiliser d'anciens réservoirs
à lait, d'autres à maintenir la température du lait
en faisant circuler de l'eau tiède dans la canalisation de cuivre
habituellement utilisée pour le refroidissement.
Figure 20. Photographie d'une mangeoire adaptée au veau fabriquée
en Finlande par FinnLacto OY. Elle comprend un mélangeur automatique
et un dispositif de réglage de la température. Les grosses
roues facilitent la tâche de transporter 200 à 300 litres
de lait.
Téter fréquemment est bon pour les veaux
La prévention des ulcères de la caillette ou de l'abomasite
chez le veau qui tète est un problème pour les vétérinaires
et leur clientèle. On attribue généralement les ulcères
de la caillette à l'irritation mécanique causée par
les grosses particules de l'aliment, à l'infection par le clostridium
perfringens de type A, à une carence en oligo-éléments
et au stress. Il est important de soigner ou de prévenir les ulcères,
car ils peuvent entraîner une mort subite ou des traitements, ce
qui nuit au revenu. Une mesure possible de prévention est la fréquence
des repas.
Des chercheurs de l'University of Illinois tentent de trouver des traitements
pratiques. Ils ont posé l'hypothèse que de longues périodes
de pH faible dans la caillette peuvent augmenter le risque de lésions
dans la muqueuse de la caillette. En outre, ils se sont demandé
si la fréquence des repas pouvait avoir un effet sur le pH à
l'intérieur de la caillette et sur le risque d'ulcération.
Les chercheurs ont découvert des modifications du pH à l'intérieur
de la caillette en fonction de divers horaires d'alimentation avec l'aliment
d'allaitement. Compte tenu des résultats obtenus, ils recommandent
d'augmenter la fréquence des repas en vue de prévenir les
ulcères de la caillette chez les veaux non sevrés.
Figure 21. Ce graphique illustre la moyenne des moindres carrés
du pH à l'intérieur de la caillette chez des veaux laitiers
(n=6) qui ont tété l'aliment d'allaitement à 3 h
d'intervalle (8 tétées; O_O) et à 12 h d'intervalle
(2 tétées; __). Les symboles ouverts en haut du graphique
représentent des valeurs qui étaient très différentes
(P<0,05) au même instant. La barre représente l'erreur
type sur les moyennes des moindres carrés. (Ahmed AF, 2002)

D'après le graphique l'augmentation de fréquence des tétées est parvenue à réduire le nombre d'heures par jour d'exposition de la muqueuse de la caillette à un pH faible. Toutefois, le graphique révèle également que le pH de la caillette est inférieur à 5,5 pendant toute la journée. Un coup d'il à la figure 9 nous apprend que c'est à un pH de 5,5 à 9 que le clostridium perfringens prolifère le mieux. Des tétées fréquentes semblent assurer que ce pH optimal ne soit jamais atteint. De surcroît, l'accès à volonté au lait acidifié peut être bon pour les veaux, car le lait arrive dans la caillette à un pH inférieur à 4,5.
À l'été 2005, nous avons filmé 8 veaux qui
avaient accès à volonté au lait. Il y avait 3 tétines
pour 4 veaux dans un enclos commun. En moyenne, les veaux prenaient 7
repas, soit de 4 à 14 repas. Aucun n'a pris moins de 4 repas par
jour. Les veaux tétaient en moyenne 48 minutes par jour, soit entre
35 et 70 minutes. Aucun n'a tété moins de 5 ou 10 minutes.
En moyenne, chaque tétée durait 7 minutes et 75 % des tétées
duraient plus de 5 minutes. La plupart des repas se prenaient surtout
entre 16 h et 19 h et entre 17 h et 22 h avec une autre courte période
de midi à 15 h.
Figure 22. Un groupe de 8 veaux ayant accès au lait à volonté écartaient leurs repas en moyenne de 4 heures et 65 % de ces repas étaient séparés par un intervalle de moins de 5 heures. Un bon 43 % des repas étaient séparés par un intervalle de moins de 3 heures et 16 % étaient séparés par un intervalle de plus de 7 heures. Aucun n'a laissé un intervalle de 10 à 16 heures entre ses repas.

Puisque les veaux sont mus par l'instinct grégaire de manger et de se reposer en groupes, il vaut mieux installer amplement de tétines. Les Finlandais recommandent au moins 1 tétine pour 3 veaux. Ainsi, les veaux plus forts ou plus âgés ne priveront pas les veaux plus petits ou plus timides de la possibilité de s'alimenter. Les veaux plus âgés enseignent aux plus jeunes par l'exemple. Les jeunes veaux observent les plus âgés, les imitent et apprennent rapidement d'eux. L'accès à volonté au lait signifie que les veaux peuvent téter ou boire du lait quand ils le veulent et, en général, ils ne devraient pas avoir besoin d'attendre leur tour. Une recherche menée en Colombie-Britannique a révélé que si on diminue l'accès aux tétines (4 tétines pour 3 veaux comparativement à 1 tétine pour 3 veaux), les veaux tétaient moins longtemps, ingéraient moins de lait et devaient se bousculer davantage pour avoir accès aux tétines.
D'après les manuels, les veaux boivent de 20 à 25 % de
leur poids corporel en lait quotidiennement. Avec la méthode d'accès
à volonté, les veaux Holstein boivent de 6 à 8 litres
de lait par jour. Avant le sevrage, à 5 ou 6 semaines, les veaux
peuvent boire de 12 à 15 litres de lait par jour. Des chercheurs
de la Colombie-Britannique (C.-B.) mentionnent une ingestion d'environ
11 litres par jour durant une période de 27 jours du 5e au 32e
jour de vie. En moyenne, leurs veaux engraissaient de 1,1 kg par jour.
Dans une autre expérience de la C.-B., les chercheurs ont constaté
que les veaux qui tétaient (accès à volonté)
buvaient 8,8 litres par jour au cours des deux premières semaines
de vie. En général, lorsqu'ils en ont la possibilité,
les veaux consomment environ 20 % de leur poids en lait. C'est le double
de ce qu'on recommande habituellement ou de ce que la plupart des fermiers
appliquent.
Coûts de l'élevage
Puisque les veaux consomment plus de lait, les frais d'approvisionnement en lait ou en aliment d'allaitement sont plus élevés. Par contre, des rapports révèlent que l'investissement en lait ou en aliment d'allaitement est compensé par le fait que les animaux sont en meilleure santé et nécessitent moins de traitements, ce qui rend l'accès à volonté avantageux comparativement à l'alimentation restreinte. L'éleveur pourrait ainsi passer moins de temps à soigner des veaux malades et consacrer plus de temps ou autant de temps à l'alimentation des bêtes.
Puisqu'il n'y a pas eu beaucoup de travaux de recherche effectués sur l'accès à volonté au lait acidifié, nous pouvons nous inspirer de ceux qui ont porté sur les programmes accélérés à l'aliment d'allaitement. Les chercheurs ont récemment commencé à suggérer qu'il serait bon pour le système immunitaire des jeunes veaux qu'on améliore leur alimentation. Le gain de poids durant les 4 à 6 premières semaines de vie n'a aucune incidence néfaste sur la future production de lait. Les veaux sont plus gros au moment du sevrage que ceux soumis à un régime restreint. En outre, les veaux commencent à avoir des chaleurs environ 2 semaines plus tôt, et se reproduisent donc plus tôt. On a constaté que les veaux élevés dans les programmes " accélérés " à l'aliment d'allaitement produisent plus de lait à leur première lactation.
Il n'y a pas eu de problème de veaux qui tètent leurs congénères avec les veaux Holstein. Cela se produit très rarement dans les groupes qui ont accès à volonté au lait. Ce pourrait être en raison du grand nombre de tétines. Ainsi, les veaux peuvent tous s'alimenter en même temps et téter jusqu'à satiété. La seule exception est le cas des veaux Jersey d'un projet pilote, à l'une des fermes, au moment du sevrage. Ils ont commencé à téter leurs congénères (en particulier pour l'urine) après un sevrage brusque. Les résultats d'au moins une recherche suggèrent que la faim explique ce comportement. Les veaux devraient avoir accès à volonté au sel, à la moulée ou aux granulés du premier âge, au foin et à l'eau pendant la période où ils sont nourris au lait.
Figure 23. Les veaux Jersey de cette photographie n'ont pas tété
leurs congénères, car ils avaient accès à
volonté aux aliments. Par contre, certains l'ont fait après
avoir été sevrés brusquement ou progressivement.
Les éleveurs mentionnent que ce problème ne se manifeste
pas chez les veaux Holstein, que ce soit avant ou après le sevrage.

Les veaux doivent avoir accès à volonté à de l'eau propre et à une ration de moulée de démarrage ou de granulé du premier âge en tout temps pendant qu'ils sont nourris au lait acidifié. C'est d'ailleurs le cas pour les autres méthodes d'alimentation. Bien qu'on le fasse rarement, il peut être bon pour les veaux d'avoir accès à un bloc à lécher. Durant la quatrième semaine de vie, les veaux consomment beaucoup plus de granulés. Les veaux qui ont accès à volonté aux aliments ne consomment pas autant d'aliments du premier âge que ceux soumis à un régime restreint. Toutefois, après le sevrage, les veaux qui ont accès à volonté consomment rapidement à peu près la même quantité d'aliments du premier âge que ceux soumis à un régime restreint. Des travaux de recherche récents indiquent qu'offrir du foin ne peut pas nuire au développement de la panse, contrairement à ce qu'on croyait depuis que des travaux de recherche antérieurs l'avaient suggéré.
Il est possible de sevrer brusquement ou progressivement. Le sevrage progressif en 7 jours est préférable. Les éleveurs mentionnent avoir observé de l'anxiété lorsque les veaux n'ont plus accès aux tétines. Par contre, ces veaux ne semblent pas plus affectés par le sevrage que ceux qui étaient nourris par la méthode d'alimentation conventionnelle. Pour le sevrage progressif, préparez l'aliment d'allaitement en calculant une plus grande proportion d'eau et moins de poudre, ou diluez le lait entier avec de l'eau. Le veau pourrait n'avoir que de l'eau à téter à la fin du sevrage.
Les maladies respiratoires et la diarrhée sont les principaux problèmes de santé chez les veaux nouveau-nés. Certains prétendent que la pneumonie est plus répandue dans les élevages en groupe. On a privilégié les enclos individuels et les abris pour séparer les veaux et diminuer ainsi le risque de maladie. Des travaux de recherche récents effectués en Suède ont porté sur l'effet de la taille du groupe sur la santé et la croissance des veaux laitiers suédois logés dans des enclos dotés d'installations automatisées de distribution du lait (Svensson et Liberg, Prev. Vet. Med. 73, 2006). Les auteurs mentionnent avoir constaté " plus de cas de maladies respiratoires dans les enclos qui comptaient 12 à 18 veaux (rapport de cotes : 1,4). Ces veaux grossissaient de 0,022 cm/jour de moins que les veaux logés par groupes de 6 à 9 bêtes (équivalant à environ 40 g/jour). Nous n'avons détecté aucune différence entre les veaux des petits groupes par rapport aux grands groupes pour ce qui est du risque de diarrhée. "
Au moins trois éleveurs de l'Ontario ont essayé sans succès d'élever des veaux en grands groupes dans une étable mal aérée. Quand leurs veaux ont commencé à tousser, ils ont eu la sagesse de les ramener dans les abris. L'aération peut représenter un problème dans le milieu contrôlé des étables à veaux. À l'une des fermes, le larmoiement et la toux se sont arrêtés lorsque les éleveurs ont abaissé l'humidité relative de 65 % à 50 % et réglé la température à 10 ou 11 °C. Selon le témoignage de 24 éleveurs de l'Ontario, la diarrhée est moins fréquente si les veaux ont accès à volonté à du lait acidifié comparativement à leurs installations d'alimentation antérieures.
Nous recommandons 8 veaux ou moins par enclos. Ce choix découle des travaux de recherche suédois et de l'expérience d'un projet pilote à des fermes de l'Ontario.
Figure 24. Dans un échantillon de 24 exploitations de l'Ontario qui ont adopté l'accès à volonté aux aliments, la moyenne était de 4 veaux par enclos. Le nombre de veaux par enclos variait de 1 à 10. Au moins 31 enclos ou abris n'accueillaient qu'un seul veau. Dans 5 enclos se trouvaient 10 veaux et 8 enclos comptaient 5 veaux. Le nombre d'enclos individuels a biaisé la moyenne. En général, les groupes comptaient le plus souvent de 5 à 8 veaux. La taille des enclos variait de 12 à 75 pieds carrés avec une moyenne de 29 et une médiane de 25.

En Finlande, les conseillers recommandent le lait acidifié aux fermes où les veaux ont un problème de diarrhée. Selon eux, le lait acidifié prévient la diarrhée. Les veaux peuvent boire jusqu'à 9 à 12 litres par jour avec l'accès à volonté, ce qui se traduit par des selles molles, mais qui n'ont rien à voir avec une grave diarrhée d'origine bactérienne. Aux fermes qui ont participé au projet pilote, on n'a fait aucune mention d'un problème de diarrhée. En effet, les éleveurs mentionnent que la diarrhée est rare avec l'accès à volonté. Toutefois, trois éleveurs ayant participé au projet pilote ont mentionné un problème de diarrhée chez des veaux qui avaient reçu du lait acidifié très chaud. Ces veaux se sont rétablis sans traitement lorsque les éleveurs leur ont offert du lait froid. Étant donné que l'acidification diminue la présence de bactéries dans le lait, le lait acidifié diminue le risque de diarrhée chez les veaux.
Dans une section précédente sur la fréquence des tétées, j'affirmais que le lait acidifié à un pH de 4 à 4,5 serait bon pour les veaux, en particulier pour la lutte contre le clostridium perfringens de type A. Cette bactérie est de plus en plus détectée chez les veaux souffrant d'abomasite et qui meurent subitement. Puisque le pH optimal pour la prolifération de cette bactérie est de 5,5 à 9, le lait qui entre dans la caillette à un pH de 4,5 rend le milieu inhospitalier pour la prolifération et la sporulation du clostridium dans la caillette. Naturellement, des travaux de recherche pourront confirmer ou infirmer cette théorie. Tout au plus pourrait-on songer à augmenter la fréquence des repas ou à offrir du lait acidifié en guise de stratégie de prévention, étant donné que les autres mesures préventives n'ont rien donné.
On sait que les virus sont résistants aux acides. Je n'ai rien trouvé sur l'acidification du lait et la survie du virus de la leucose bovine enzootique ou celui de la diarrhée virale des bovins.
Dans le cas des chevreaux, l'accès à volonté au lait de chèvre, au lait de vache ou à l'aliment d'allaitement a donné de très bons résultats à plusieurs fermes de l'Ontario.
Ma première expérience avec ce type d'installation pour des chevreaux a été celle d'une grande ferme laitière. Le taux de mortalité des chevreaux était de 32 % et la plupart des décès étaient attribuables à une diarrhée qui se manifestait entre 7 à 10 jours de vie. Les problèmes constatés concernaient la qualité du colostrum (traite tardive), la malnutrition (maigreur), le stress dû à une ingestion excessive (ballonnement après le repas) et la diarrhée. Pour y remédier, on a adopté un protocole d'alimentation qui se rapproche davantage du comportement naturel. Une installation d'accès à volonté aux aliments a permis aux chevreaux de téter de petites quantités de lait à la fois. On voulait également améliorer la consommation de colostrum et de lait de transition au cours des quelques premiers jours de vie, et vaincre le stress de la faim. À cette fin, on a pris les mesures suivantes : recueillir le colostrum immédiatement après la mise bas; offrir au nouveau-né du colostrum frais tiède à la naissance; refroidir le reste du colostrum, puis l'acidifier; offrir du colostrum acidifié pendant les quelques jours qui suivent la naissance du chevreau. En outre, on a offert aux chevreaux du lait ou un aliment d'allaitement acidifié pendant les 3 premières semaines de vie.
Figure 25. Chevreaux nouveau-nés qui tètent du lait acidifié auquel ils ont accès à volonté. À une exploitation, on a observé qu'à partir de l'installation de la nouvelle méthode d'alimentation jusqu'à la fin de la saison des mises bas, la proportion des décès est passée de 32 % à 3 % en 2005. Durant la saison de 2006, les éleveurs ont offert du colostrum, du lait ou l'aliment d'allaitement acidifié pendant les 3 premières semaines de vie. Les dossiers de 2006 révèlent une perte inférieure à 6 % due aux décès attribuables à n'importe quelle cause de décès chez les chevreaux nouveau-nés.

De nombreux conseillers recommandent d'offrir 4 litres de colostrum aux veaux au moyen d'un biberon ou d'une sonde gastrique. Les éleveurs notent souvent que les veaux qui reçoivent 4 litres ne boivent pas pendant plusieurs heures ou une journée après ce gros repas. L'accès à volonté aux aliments offre la possibilité d'offrir aux veaux nouveau-nés plusieurs petits repas durant les quelques premières heures de vie, au moment où l'intestin absorbe le mieux les anticorps. Le protocole suivant a donné de bons résultats aux fermes du projet pilote. Ce protocole tire pleinement profit des bienfaits du colostrum et du lait de vache frais. Il est possible que le protocole ne puisse s'appliquer aux chevreaux qui font partie des programmes de lutte contre la maladie de Johne.
Alimentation des veaux naissants - De la naissance à deux ou quatre jours
Alimentation consécutive au colostrum jusqu'au sevrage - Lait entier ou aliment d'allaitement
Figure 26. Les veaux se regroupent au moment de s'alimenter tout comme
les vaches autour de la mangeoire à moulée. Il doit y avoir
suffisamment de tétines à l'enclos pour que plusieurs veaux
puissent téter en même temps. Pour un groupe de 6 à
8 veaux, 4 tétines devraient convenir.

Les méthodes conventionnelles d'alimentation au lait donnaient
de bons résultats aux fermes de l'Ontario. Cependant, le nombre
de vaches et de veaux augmente à mesure que nos fermes laitières
prennent de l'expansion. L'alimentation individuelle des veaux exige beaucoup
de main-d'uvre, ce qui incite les éleveurs à chercher
d'autres méthodes d'alimentation. L'élevage en abris s'est
révélé avantageux pour la santé des veaux,
mais n'est guère apprécié des éleveurs qui
doivent nourrir les veaux par mauvais temps. Les mangeoires mobiles, l'accès
à volonté et l'alimentation automatisée (informatisée)
sont des méthodes à envisager pour nourrir les veaux en
groupe. La principale difficulté demeure la lutte contre les maladies
respiratoires et la prévention de ces maladies dans les installations
où les veaux sont logés en groupe. Le logement en bâtiment
clos avec réglage de la chaleur et de l'aération entraîne
des coûts additionnels et présente des risques plus élevés
de maladies respiratoires. On pourrait adapter à la méthode
de l'alimentation en groupe celle de l'élevage en groupe dans des
abris du type serre avec coupe-vent. Les veaux supportent bien les températures
froides, mais il faut protéger les installations d'alimentation
du gel. C'est ce qui nécessite de nouveaux aménagements
pour l'adoption de la méthode d'accès à volonté
ou d'alimentation automatisée aux grandes exploitations.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter la fiche d'information sur l'alimentation accès à volonté au lait acidifié - Installations pour la méthode d'alimentation à l'acide formique
| Auteur : | Neil Anderson, DVM, MSc/scientifique vétérinaire principal bovins/MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 01 decembre 2006 |
| Dernière révision : | 29 octobre 2008 |