Une méthode plus naturelle d'alimentation des veaux laitiers : l'accès à volonté au lait acidifié

Table des matières

  1. Comparaison entre les méthodes d'alimentation conventionnelles et naturelles
  2. Choix et avantages
  3. Faim - quantité, fréquence, qualité
  4. Mythes qui contribuent à affamer les veaux
  5. Accès à volonté au lait
  6. Acidification du colostrum, du lait ou de l'aliment d'allaitement
  7. Pourquoi de l'acide?
  8. Pourquoi le pH doit-il se situer entre 4 et 4,5?
  9. Le pH et le temps de contact
  10. Durée de conservation du lait acidifié
  11. Est-ce que l'acidification altère le lait?
  12. Importance du brassage et possibilité d'automatisation
  13. Importance de refroidir le lait et de le laisser à l'ombre
  14. Maintien de la température du lait entre 20 et 24 °C dans une étable froide.
  15. Accès à volonté au lait et action de téter
  16. Nombre de veaux par rapport au nombre de tétines
  17. Ingestion de lait et gain de poids
  18. Avantage d'un gain de poids précoce
  19. Veaux qui tètent leurs congénères
  20. Eau et moulée à volonté
  21. Sevrage brusque ou progressif
  22. Problèmes de santé chez les veaux élevés en groupe
  23. Taille des groupes : 8 veaux ou moins
  24. Lait acidifié et diarrhée
  25. Accès à volonté dans l'élevage des chevreaux
  26. Protocoles d'alimentation - De la naissance au sevrage
  27. Résumé
  28. Lectures suggérées
  29. Remerciements

Messages à retenir

1. La faim est une importante source de stress et l'un des principaux facteurs à considérer en matière de santé des veaux naissants.
2. L'éleveur a le devoir d'éviter que les animaux souffrent de la faim.
3. La modification des méthodes conventionnelles et automatisées d'alimentation peut éviter la faim.
4. L'accès à volonté au lait acidifié constitue une méthode originale afin d'empêcher le veau de souffrir de la faim.


Introduction

Une nouvelle méthode pourtant ancienne : l'accès à volonté aux aliments. C'est une ancienne méthode puisqu'elle est naturelle. Ce qui est nouveau, c'est la façon de respecter notre contrat de veiller à ce que les veaux ne souffrent pas de la faim en redistribuant les surplus lait en vue de satisfaire leurs besoins. La faim est l'un des principaux facteurs de stress durant les premiers jours de vie du veau. Ce peut même être la principale cause de prédisposition aux maladies entre le 7e et le 21e jour de vie. Les méthodes d'alimentation courantes laissent souvent le veau sur sa faim, car elles ne lui offrent pas ce que lui procure normalement la mère. Depuis juin 2005, en Ontario, plusieurs centaines de veaux n'ont pas souffert de la faim et sont restés en bonne santé parce qu'ils avaient accès à volonté à du colostrum, du lait ou un aliment d'allaitement acidifié. Les personnes qui s'occupent des veaux y trouvent également leur avantage.

Figure 1. Utilisation d'une mangeoire adaptée au veau à une ferme laitière de Finlande. Grober Animal Nutrition a importé une mangeoire du même genre au printemps 2006. Un éleveur d'Ontario l'a utilisée pendant plusieurs mois.

Figure 1. Utilisation d'une mangeoire adaptée au veau à une ferme laitière de Finlande. Grober Animal Nutrition a importé une mangeoire du même genre au printemps 2006. Un éleveur d'Ontario l'a utilisée pendant plusieurs mois.

Comparaison entre les méthodes d'alimentation conventionnelles et naturelles


Les méthodes naturelles d'alimentation des veaux comprennent l'accès à volonté, l'alimentation à satiété, de fréquents repas par jour et la possibilité de téter. Les méthodes d'élevage conventionnelles limitent habituellement l'accès, rationnent la quantité de lait ingérée par repas, favorisent l'ingestion rapide ou d'une trop grande quantité, et restreignent le nombre de repas par jour ou offrent le lait dans un seau (ce qui prive le veau de l'occasion de téter).
Ces méthodes qui restreignent l'accès aux aliments se caractérisent par le logement intermittent avec une vache nourrice, une alimentation automatisée programmée pour l'alimentation conventionnelle au biberon, dans un seau ou une mangeoire mobile, et une fréquence des repas limitée à 2 ou 3 par jour. Il se peut que ce choix de limiter la fréquence des repas et la quantité d'aliments soit attribuable aux résultats de la recherche ayant révélé que cette façon de faire amène le veau à accepter plus tôt plus de moulée, de même qu'au désir des éleveurs de diminuer leurs frais (coût du lait par rapport à la moulée).


Figure 2. La tétée, c'est ce que la nature a prévu pour les veaux.

Figure 2. La tétée, c'est ce que la nature a prévu pour les veaux.

L'accès à volonté consiste à loger le veau en permanence avec une vache nourrice ou lui laisser libre accès à un contenant de lait. Une installation d'alimentation automatisée peut tout de même restreindre l'accès en raison du nombre de tétines par rapport au nombre de veaux. Il se peut que l'idée de l'accès à volonté découle des observations d'éleveurs ou de conseillers ayant remarqué une amélioration de la santé, de l'indice de consommation, du gain de poids et de la croissance chez les veaux alimentés de façon plus naturelle. Nul doute également que les intéressés recherchaient des façons de réduire leur charge de travail.

Choix et avantages


Le choix de la méthode d'alimentation, du mode de logement et du type de gestion a une incidence sur la santé, la croissance et le comportement des veaux ou des chevreaux, ainsi que sur la rentabilité d'une exploitation. Les éleveurs de l'Ontario installent habituellement les veaux laitiers non sevrés dans des enclos individuels et restreignent la distribution de lait à deux ou trois repas par jour. En Finlande, 30 % des grandes fermes laitières et 90 % des fermes d'élevage de veaux optent pour des enclos communs et l'accès à volonté aux aliments.
Les éleveurs finlandais appliquent l'alimentation à volonté depuis 1996. Ils utilisent l'acide formique pour la conservation du lait pendant une période d'un à trois jours. Selon ces éleveurs, cette méthode réduit la charge de travail, nécessite un appareillage moins coûteux et permet d'utiliser efficacement le surplus de colostrum, de lait de vache de transition ou du lait des vaches en traitement. Ils mentionnent également que les veaux restent en bonne santé, n'ont que quelques épisodes de diarrhée et tètent rarement le nombril ou les oreilles de leurs congénères. Pour les éleveurs finlandais, l'accès à volonté au lait est une méthode plus simple d'alimentation pour les ouvriers suppléants. Cette méthode permet aux veaux de se nourrir à satiété et de satisfaire leur besoin naturel de téter. Naturellement, ils grandissent bien, avec un gain de poids de près de 1 kg/jour. Plus près de nous, dans l'état de New York, une étude a révélé une réduction des travaux par veau par jour de dix minutes dans le cas des veaux en enclos individuels et d'une minute dans le cas des veaux élevés et nourris en groupes. Les accessoires essentiels de la méthode d'alimentation finlandaise par accès à volonté sont le réservoir qui contient le lait ou l'aliment d'allaitement, une tétine, un tube de plastique et un clapet de sûreté (Figure 3). L'acidification à l'acide formique permet de conserver le lait à la température ambiante et de mélanger des lots datant d'un à trois jours, et d'épargner ainsi des heures de travail. En outre, le lait est offert froid, ce qui permet de limiter la quantité ingérée.

Figure 3 - . Les accessoires essentiels de la méthode d'alimentation finlandaise par accès à volonté sont le réservoir qui contient le lait ou l'aliment d'allaitement, une tétine, un tube de plastique et un clapet de sûreté.


Photographie fournie par Valio Dairy, Finlande

En juin 2005, un éleveur ontarien de chèvres laitières a été le premier à utiliser l'alimentation à volonté au lait acidifié pour ses chevreaux. Un éleveur de vaches laitières n'a pas tardé à l'imiter. Plusieurs éleveurs ont lancé un projet pilote. Ils ont découvert des méthodes pratiques de mise en œuvre, ainsi que des renseignements utiles sur ce qui fonctionne bien ou ne fonctionne pas. Quelques éleveurs ayant essayé cette méthode l'ont abandonnée. Environ 100 éleveurs de l'Ontario, de la Saskatchewan, de l'Alberta, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'état de New York ont adopté l'alimentation à volonté au cours des 16 derniers mois.


Faim - quantité, fréquence, qualité

La faim est un état de malaise, de gêne ou de faiblesse causé par l'ingestion insuffisante de nourriture. Un veau affamé a besoin de manger. Le veau exprime sa faim par des vocalisations ou en se mettant à la recherche d'une tétine. Lorsque le veau tète ses congénères, ce peut être un signe qu'il a faim, mais ce comportement est souvent perçu comme indésirable.


Les éleveurs modernes de veaux font souvent appel à des stratégies d'alimentation de nature socialisante. Ils offrent la même quantité de nourriture à tous les veaux, peu importe leur poids corporel. En conséquence, les plus gros veaux souffrent souvent de la faim. Par comparaison, les veaux nourris par la mère reçoivent la quantité de lait qui correspond à leur besoin.


Le graphique de la figure 4 illustre le gain quotidien moyen (ou la perte) à 7 jours de vie de 179 veaux mâles de race Holstein nourris avec 4 litres de lait par jour. Les veaux ont été classés de gauche à droite selon leur poids à la naissance (33 à 62 kg). Au moins 44 % des veaux soumis à un régime restreint et dont le poids à la naissance était supérieur à la médiane de 46 kg n'ont ni perdu ni gagné de poids durant leur première semaine de vie.

figure 4 illustre le gain quotidien moyen (ou la perte) à 7 jours de vie de 179 veaux mâles de race Holstein nourris avec 4 litres de lait par jour. Les veaux ont été classés de gauche à droite selon leur poids à la naissance (33 à 62 kg). Au moins 44 % des veaux soumis à un régime restreint et dont le poids à la naissance était supérieur à la médiane de 46 kg n'ont ni perdu ni gagné de poids durant leur première semaine de vie.

Les méthodes conventionnelles d'alimentation font souvent boire moins de lait aux veaux qu'ils n'en consommeraient s'ils étaient alimentés par une vache nourrice. Malgré leur consommation quotidienne d'une quantité supérieure de lait, les veaux qui ont la possibilité de téter semblent avoir moins de problèmes de diarrhée.

Figure 5. Une comparaison de la méthode conventionnelle d'alimentation des veaux aux méthodes faisant appel à la tétée ou à l'accès à volonté a révélé que nous n'offrons pas au veau ce qu'il reçoit normalement de la mère. La méthode conventionnelle ne fournit habituellement pas suffisamment de lait ni suffisamment de repas, et nuit au gain de poids. Cette comparaison appuie l'argument qui veut que la faim soit le principal problème des veaux de 1 à 21 jours de vie.

  Alimentation naturelle Alimentation conventionnelle
% du poids corporel 20 à 25 8 à 15
Litres
8 à 10
4 à 6
Gain g/jour
1 000
200 à 500
repas
7x
2x à 3x
minutes d'allaitement
48
6 à 8
intervalle en heures
4
10 à 14

En plus des problèmes de quantité et de fréquence, il se peut que nous n'offrions pas du lait d'assez bonne qualité aux veaux. Dans le cas de l'aliment d'allaitement, l'erreur la plus fréquente est de mélanger la mauvaise quantité de poudre par litre d'eau. Dans le cas du lait entier, certains choisissent de le diluer avec de l'eau. Toutefois, la présence de bactéries pourrait s'avérer un problème tout aussi important.

Figure 6. À certaines fermes, le lait rejeté, le colostrum et les préparations d'aliment d'allaitement se retrouvent parfois dans des seaux laissés à la température ambiante. Dans ces conditions, le lait se transforme en milieu de culture pour les bactéries et devient malsain pour les veaux. Ce peut aussi être le cas de grandes quantités de lait rangées dans des réfrigérateurs. Si on ne brasse pas le lait, seulement celui qui se trouve sur le pourtour du contenant est suffisamment froid, le reste demeurant propice à la prolifération de bactéries.

Figure 6. À certaines fermes, le lait rejeté, le colostrum et les préparations d'aliment d'allaitement se retrouvent parfois dans des seaux laissés à la température ambiante. Dans ces conditions, le lait se transforme en milieu de culture pour les bactéries et devient malsain pour les veaux. Ce peut aussi être le cas de grandes quantités de lait rangées dans des réfrigérateurs. Si on ne brasse pas le lait, seulement celui qui se trouve sur le pourtour du contenant est suffisamment froid, le reste demeurant propice à la prolifération de bactéries.


Mythes qui contribuent à affamer les veaux


Les mythes sont des idées ou des croyances partagées par un grand nombre de gens et reposent souvent sur de fausses hypothèses. Plusieurs mythes sur l'alimentation des veaux se traduisent en pratique par des méthodes qui contribuent à les affamer. D'après l'un de ces mythes, " donner trop de lait entraîne la diarrhée " ou " c'est mauvais pour les veaux de leur donner trop de lait ". C'est pourquoi on restreint les quantités de lait, ou on dilue celui-ci avec de l'eau. Le réel problème est de gaver le veau avec de trop grandes quantités de lait. L'expérience a révélé que les veaux se développent mieux en buvant plus de lait que ce que l'alimentation conventionnelle leur offre. Ce qui leur faut, c'est une plus grande quantité par jour, mais offerte en plusieurs petits repas, afin d'éviter le risque de gavage.


Dans la même veine, on croit que " trop de lait en poudre entraîne la diarrhée ". C'était peut-être le cas il y a des années alors que le soya était un des principaux composants de l'aliment d'allaitement, car les ingrédients de soya causent une réaction allergique dans le tractus intestinal et la diarrhée chez les jeunes veaux. Toutefois, la plupart des aliments d'allaitement sont maintenant composés d'ingrédients provenant uniquement du lait. C'est ce qu'il y a de mieux pour les jeunes veaux. Ce dernier mythe a amené les éleveurs à mesurer une quantité insuffisante de poudre d'aliment d'allaitement par litre. Avec la plupart des aliments d'allaitement de bonne qualité, 125 à 150 grammes de poudre par litre permettent d'obtenir un contenu solide proche de celui du lait entier.


Enfin, il existe un mythe qui veut qu'on amène à limiter volontairement la quantité de lait offerte au veau à " 10 % de son poids corporel par jour ". Cette mesure avait pour objectif d'amener les veaux à manger plus de moulée. Bien sûr qu'ils mangeront plus de moulée s'ils sont affamés par la privation de lait! Toutefois, les veaux qui ne reçoivent que 10 % de leur poids corporel en lait ne mangent pas plus de moulée pendant les 14 premiers jours de vie que les veaux qui ont accès à volonté au lait. En outre, le jeune veau a besoin de lait dans son alimentation et l'utilise, mais pas la moulée durant les tout premiers jours de vie. Les expériences avec l'accès à volonté ont révélé que cette opinion n'est pas fondée et peut nuire aux veaux.


Accès à volonté au lait


La méthode d'accès à volonté au lait permet aux veaux de consommer librement et facilement du lait. Ils peuvent également téter le lait aussi souvent qu'ils le veulent et quand ils le veulent. Dans un enclos individuel, le veau n'est pas en compétition avec les autres veaux. Dans un enclos où plusieurs veaux sont regroupés, il est essentiel d'installer plusieurs tétines, afin de réduire le nombre de fois où le veau doit céder la place et leur fréquence. Contrairement à la plupart des installations informatisées ou automatisées, plusieurs veaux peuvent téter en même temps dans un groupe. L'accès aux tétines et au lait n'est ni contrôlé, ni restreint, ni entravé de l'extérieur.


Il faut que l'installation offre aux veaux, à volonté, la possibilité de boire du lait de bonne qualité à une température qui leur convient. Il faut pouvoir conserver le lait, le colostrum ou l'aliment d'allaitement dans son réservoir. L'acidification est un moyen facile d'y parvenir. On pourrait aussi faire tourner le lait par certaines bactéries. En Finlande, on a utilisé la culture REDI-SETMC dans au moins un essai sur le terrain pour acidifier le lait.


L'appareillage le plus économique est une perceuse électrique munie d'un mélangeur à peinture pour mélanger l'agent de conservation dans le lait, un contenant où mettre le réservoir de lait et des tétines fixées sur le contenant ou à un bar laitier. L'installation peut faire appel à la loi de la gravité si on fixe les tétines au bas du contenant ou au bout de la tubulure de plastique d'une canalisation avec clapet de retenue.

Figure 7. Dans le cas d'une canalisation, les tétines peuvent être fixées au réservoir ou être éloignées du contenant. La taille du contenant dépend du nombre de veaux qui ont libre accès au lait, et de la fréquence des remplissages. Ce peut être un seau de 20 litres pour un seul veau ou un contenant de 100 à 200 litres, ou plus, pour plusieurs veaux.

Figure 7. Dans le cas d'une canalisation, les tétines peuvent être fixées au réservoir ou être éloignées du contenant. La taille du contenant dépend du nombre de veaux qui ont libre accès au lait, et de la fréquence des remplissages. Ce peut être un seau de 20 litres pour un seul veau ou un contenant de 100 à 200 litres, ou plus, pour plusieurs veaux.

L'installation d'accès à volonté aux aliments peut être automatisée si on ajoute une minuterie aux mélangeurs ou des pompes qui font circuler le lait du réservoir vers plusieurs groupes de veaux pour le ramener ensuite au réservoir. Certaines installations informatisées dotées d'un réservoir à lait peuvent également être utilisées pour la méthode d'accès à volonté. L'accès à volonté convient aussi bien aux enclos individuels qu'aux enclos communs. En général, on peut préparer le lait acidifié tous les 1 à 3 jours, et laver les accessoires deux fois par semaine. L'utilisation d'un agent de préservation (acidification à un pH de 4 à 4,5) et le refroidissement (20 °C l'hiver) du lait (afin de limiter la quantité ingérée par repas) sont essentiels à la méthode d'alimentation par accès à volonté.


Acidification du colostrum, du lait ou de l'aliment d'allaitement


a) Préparation de l'acide dilué

  • Mélangez 1 partie d'acide formique
    concentré à 85 % à 9 parties d'eau.
  • Versez, par exemple, 9 litres d'eau dans un contenant; ajoutez-y ensuite 1 litre d'acide formique à 85 %. (Figure 8). Brassez le tout.
  • Identifiez clairement : acide formique dilué Avertissement : irrite la peau, les yeux et les poumons. Tenir hors de portée des enfants. Directives : tout en brassant vigoureusement, ajoutez 30 ml d'acide dilué à 1 litre de lait entier ou d'aliment d'allaitement. Mélangez 40 à 45 ml à 1 litre de colostrum. Vérifiez si le pH se situe entre 4 et 4,5.


b) Refroidissement du colostrum, du lait ou de l'aliment d'allaitement avant d'y ajouter l'acide dilué

  • afin de prévenir la formation de caillots.
  • On peut acidifier du lait tiède, mais celui-ci se sépare plus rapidement et exige des brassages plus fréquents et plus vigoureux. Servez-vous d'une perceuse électrique munie d'un mélangeur à peinture pour brasser vigoureusement.

    Figure 9- Servez-vous d'un mélangeur à peinture à basse vitesse qui s'ajuste à une perceuse sans fil.

    c) Mélange de l'acide dilué au colostrum, au lait ou à l'aliment d'allaitement.

Mélangez 30 ml d'acide dilué à 1 litre (1 000 ml) de lait ou d'aliment d'allaitement. Ajoutez 40 à 45 ml d'acide dilué à 1 litre de colostrum. Vérifiez si le pH se situe entre 4 et 4,5.

Mélangez 150 ml d'acide dilué avec 5 litres de lait.

Mélangez 300 ml avec 10 litres.

Mélangez 450 ml avec 15 litres.

Mélangez 600 ml avec 20 litres.


d) Brassage vigoureux en ajoutant l'acide. Brassez le lait encore une fois en moins d'une heure, puis 3 autres fois durant la journée.

e) Vérification du pH afin de s'assurer qu'il situe bien entre 4 et 4,5 après avoir fini de mélanger (figure 10)

figure 10 - . Vérifiez si le pH se situe entre 4 et 4,5.

f) Offrez cette préparation aux veaux à la température ambiante l'été et à 20 °C l'hiver. Ne réchauffez pas le lait.

g) Entreposage du lait dans des contenants fermés pendant 1 à 3 jours. Ne laissez pas les mouches ou les chats entrer en contact avec le lait.

h) Lavage des tétines, des clapets, de la canalisation et des contenants à l'eau tiède additionnée de savon à vaisselle.

i) Eau et moulée de démarrage à volonté.

j) Installation des tétines entre 60 et 70 cm au-dessus du sol dans le cas des veaux.

Pourquoi de l'acide?

L'acidification à un pH de 4 à 4,5 sert à conserver le lait ou l'aliment d'allaitement. Une fois à l'abri de la prolifération des bactéries et des moisissures, le lait peut se conserver à la température ambiante pendant plusieurs jours. Une bonne mesure de conservation permet d'offrir aux veaux l'accès à volonté au lait sans qu'il soit nécessaire de réfrigérer le lait. L'acidification diminue l'exposition du veau aux bactéries, car elle diminue la charge bactérienne du lait ou de l'aliment d'allaitement. Ce peut être utile pour entreposer du colostrum ou du lait rejeté lorsqu'on ne peut pas le réfrigérer. Il peut être également avantageux d'acidifier les surplus de colostrum avant de les entreposer au congélateur.

L'acidification ne tue pas toutes les bactéries présentes dans le lait et ne les désactive pas toutes. L'acidification jusqu'à l'atteinte du pH voulu de 4 à 4,5 et un temps de contact de 8 à 12 heures produisent un lait qui respecte ou dépasse les valeurs souhaitées pour la qualité du lait destiné aux veaux.

Pourquoi le pH doit-il se situer entre 4 et 4,5?

Les manuels sur les méthodes de laboratoire indiquent que bon nombre de bactéries et de moisissures ne prolifèrent pas à des pH inférieurs à 4,5, mais qu'elles survivent et se multiplient facilement dès que le pH est supérieur à 4,5. Afin de confirmer la théorie selon laquelle l'acidification (pH de 4 à 4,5) conserve le lait, nous avons procédé à l'ensemencement simplifié au moyen de l'anse calibrée de Burri d'un échantillon témoin et d'un échantillon de lait acidifié prélevé dans un réservoir entreposé à la température ambiante. Les bactéries se sont rapidement multipliées dans l'échantillon témoin à un point tel qu'on ne pouvait les compter, alors qu'on n'a observé aucune prolifération bactérienne dans l'échantillon acidifié qui avait été mis en contact pendant plusieurs heures avec de l'acide formique, et dont le pH était de 4,2. Toutefois, à la reprise de l'expérience, quelques bactéries ont survécu à l'acidification.

Les effets de l'acidification sur la Mycobacterium avium paratuberculosis (bactérie de Johne) sont inconnus. Nous avons bon espoir que les chercheurs de l'Université de Guelph parviendront sous peu à les découvrir.
Figure 11. Le tableau suivant énumère plusieurs bactéries à surveiller dans une ferme laitière, le pH optimal qui favorise leur prolifération et les pH limites de prolifération, de même que le pH qui interrompt leur activité ou les rend inactives en laboratoire. On recommande d'acidifier le lait jusqu'à un pH de 4 à 4,5, ce qui est logique d'après le tableau suivant.

  pH optimal pH limites Inactives ou activité interrompue
Bacillus cereus   4,3 à 9,3
< 4,3 et 9,3
Clostridum perfringens
6 à 7
5,5 à 9
< 5 et > 8,3

Clostridium botulinum

  4,6 à 9
<4,6 et >9
E coli (STEC)
6 à 7
4,4 à 9
<4,4
E coli 0157:H7
6 à 7
4,4 à 9
<4,4
Lactobacillus acidophilus
5,8 à 6,6
4 à 4,6 à 6,8
<4,4*
Listeria monocytogenes
7
4,4 à 9,4
<4,4
Mycobacterium avium paratuberculosis (bactérie de Johne) 6 à 7
5 à 7
< 5 aucune prolifération
Pseudomonas aeruginosa
6,6 à 7
5,6 à 8
<5,6
Salmonella
7 à 7,5
3,8 à 9,5
<4,4*
Staph aureus
7 à 7,5
4,2 à 9,3
<4,2
Strep pneumoniae
7,8
6,5 à 8,3
<4,5
Vibrio cholerae
7,6
5 à 9,6
<4,5


Le pH et le temps de contact

L'acidification crée des conditions défavorables à la prolifération ou la survie de nombreuses bactéries. L'effet ne se manifeste pas immédiatement. Ça prend du temps. Le temps de contact varie selon la bactérie et le pH.
À l'été 2006, nous avons effectué une expérience sur le lait entier de quelques vaches. Nous n'avons détecté aucune colonie de coliformes après un temps de contact d'une heure à un pH de 4,1 dans le lait entier acidifié à l'acide formique. Nous n'avons détecté aucune colonie de staphylococcus aureus après un temps de contact de 4 à 6 heures à un pH de 4,1 dans le lait entier acidifié à l'acide formique.


Par la suite, en 2006, nous avons recueilli le lait acidifié des contenants de 24 fermes (figures 12 et 13). Nous avons constaté que 81 % des 46 échantillons de lait avaient un pH qui se situait dans les limites voulues, soit entre 4 à 4,5. Dans les cultures bactériennes, nous n'avons observé aucune prolifération bactérienne sur la plupart des échantillons ou des proliférations inférieures à 1 000 unités formant des colonies par millilitre (cfu/ml) de lait. Parmi 48 échantillons, on n'a observé aucune colonie de coliformes dans 31 d'entre eux. Nous avons détecté des staphylocoques et des streptocoques présents dans l'environnement dans moins de la moitié des échantillons et à des taux de 1 à 5 000 cfu/ml.


Figure 12. Dans notre étude des échantillons de lait acidifié de 24 fermes, le personnel du laboratoire a classé les résultats selon les catégories suivantes : aucune prolifération bactérienne ou moins de 500 unités formant des colonies par ml (cfu/ml) de lait, 600 à 1 000, 1 100 à 5 000, plus de 5 000. Le graphique illustre le nombre d'échantillons dans chaque catégorie pour trois espèces bactériennes, le staphylococcus, le streptococcus et les coliformes. On n'a observé aucune prolifération dans la plupart des échantillons, sinon moins de 1 000 cfu/ml de lait. Parmi 48 échantillons, on n'a observé aucune colonie de coliformes dans 31 d'entre eux.

Figure 12. Dans notre étude des échantillons de lait acidifié de 24 fermes, le personnel du laboratoire a classé les résultats selon les catégories suivantes : aucune prolifération bactérienne ou moins de 500 unités formant des colonies par ml (cfu/ml) de lait, 600 à 1 000, 1 100 à 5 000, plus de 5 000. Le graphique illustre le nombre d'échantillons dans chaque catégorie pour trois espèces bactériennes, le staphylococcus, le streptococcus et les coliformes. On n'a observé aucune prolifération dans la plupart des échantillons, sinon moins de 1 000 cfu/ml de lait. Parmi 48 échantillons, on n'a observé aucune colonie de coliformes dans 31 d'entre eux.


Équivalent du graphique


On ne dispose guère de renseignements nous permettant de prédire le temps de contact nécessaire pour désactiver une bactérie donnée fréquente dans le lait, le lait rejeté, le colostrum ou l'aliment d'allaitement. Toutefois, le peu d'expérience acquise à ce jour nous permet de considérer un écart de 6 à 12 heures comme approprié. En pratique, on peut acidifier le lait l'après-midi et l'offrir aux veaux le lendemain matin.


Figure 13. Dans notre étude sur place, le nombre d'heures de contact avec l'acide au moment où on a recueilli les échantillons de lait variait de 1 à 48 heures pour les cultures bactériennes de la figure 12. Le temps de contact reflète la fréquence des brassages du lait acidifié. Bien que le pH soit important pour la désactivation de la bactérie, un temps de contact adéquat est également essentiel.


Figure 13. Dans notre étude sur place, le nombre d'heures de contact avec l'acide au moment où on a recueilli les échantillons de lait variait de 1 à 48 heures pour les cultures bactériennes de la figure 12. Le temps de contact reflète la fréquence des brassages du lait acidifié. Bien que le pH soit important pour la désactivation de la bactérie, un temps de contact adéquat est également essentiel.

Équivalent du graphique

Durée de conservation du lait acidifié


La durée de conservation varie en fonction du pH et de la température ambiante. Les fermiers et conseillers finlandais recommandent de préparer les lots selon un intervale d'un à trois jours. Un sondage effectué auprès de 24 éleveurs de l'Ontario a révélé que ces derniers mélangent habituellement les lots selon un intervale d'un ou deux jours. Un des éleveurs préparait ses lots tous les 3 ou 4 jours. Par contre, aucun n'a déterminé la durée de conservation du lait acidifié à la ferme même.


Est-ce que l'acidification altère le lait?


Le changement le plus évident du colostrum, du lait et de l'aliment d'allaitement est la séparation qui se produit au cours des 10 à 30 minutes après l'acidification à un pH de 4 à 4,5. C'est comme la gélification observée lorsqu'on fait du yogourt.


Figure 14. Les photographies illustrent la séparation (gélification) qui se produit dans un lait acidifié à un pH de 4,2. Le colostrum, le lait ou le lait rejeté se séparent aussi de la même façon. La séparation se produit plus rapidement lorsque le lait est tiède ou chaud (>30 °C). Nous avons utilisé un aliment d'allaitement composé uniquement d'éléments provenant du lait à raison de 22 % de protéines et de 17 % de matières grasses et dilué dans une proportion de 150 g/l. Tous les échantillons ressemblaient à l'échantillon témoin après un brassage vigoureux. Il est essentiel de brasser le lait acidifié de 2 à 4 fois par jour, afin de garder les composants en solution.

Figure 14. Les photographies illustrent la séparation (gélification) qui se produit dans un lait acidifié à un pH de 4,2. Le colostrum, le lait ou le lait rejeté se séparent aussi de la même façon. La séparation se produit plus rapidement lorsque le lait est tiède ou chaud (>30 °C). Nous avons utilisé un aliment d'allaitement composé uniquement d'éléments provenant du lait à raison de 22 % de protéines et de 17 % de matières grasses et dilué dans une proportion de 150 g/l. Tous les échantillons ressemblaient à l'échantillon témoin après un brassage vigoureux. Il est essentiel de brasser le lait acidifié de 2 à 4 fois par jour, afin de garder les composants en solution.

Les éleveurs qui utilisent du lait acidifié doivent brasser le mélange environ 30 minutes après sa préparation. Par la suite, le lait se sépare à nouveau au bout de quelques heures. Par conséquent, il faut continuer de le brasser vigoureusement 2 ou 3 fois par jour. Des articles scientifiques nous apprennent que l'acidification n'altère pas le colostrum ni les matières grasses, les protéines ou le lactose du lait. Dans le cadre d'une démonstration récente à la ferme, un volontaire a mentionné que le lait acidifié goûtait différemment et qu'il préférait l'échantillon témoin. Néanmoins, les veaux boivent le lait acidifié sans hésiter. Le moindre changement de goût peut être bénéfique pour limiter l'ingestion de lait dans la méthode d'accès à volonté.

Après les 6 à 8 premières heures qui suivent immédiatement l'acidification, le lait se sépare encore et doit être brassé. Toutefois, je me suis aperçu que, si on le brasse vigoureusement 8 heures après l'acidification, le lait demeure homogène pendant les 12 à 18 heures qui suivent. En pratique, on peut utiliser un mélangeur automatique relié à une minuterie. On peut aussi préparer le lait acidifié le matin et l'offrir aux veaux le soir après un bon brassage.

Figure 15. La photographie illustre un échantillon témoin ainsi que des échantillons contenant de l'acide formique et de l'AgriAcid à 7 h 30, puis 15 h 30 plus tard après un brassage vigoureux à 16 h la veille. Les échantillons d'Acid Pak (non illustrés) avaient une apparence similaire.

Figure 15. La photographie illustre un échantillon témoin ainsi que des échantillons contenant de l'acide formique et de l'AgriAcid à 7 h 30, puis 15 h 30 plus tard après un brassage vigoureux à 16 h la veille. Les échantillons d'Acid Pak (non illustrés) avaient une apparence similaire.

Importance du brassage et possibilité d'automatisation

Lorsqu'on brasse le lait acidifié aux bons moments, les veaux tètent un mélange homogène. Il est essentiel de brasser le lait acidifié à temps, car celui-ci a une tendance à se séparer et à se gélifier. Un brassage vigoureux à grande vitesse pendant une courte période de temps permet d'obtenir un excellent mélange.

Figure 16. Une perceuse électrique munie d'un mélangeur à peinture convient très bien au brassage. Plusieurs éleveurs se sont fabriqué un mélangeur à insérer dans leur perceuse électrique. Il est essentiel de choisir un mélangeur qui convient à la taille du contenant et à la quantité de lait. Par exemple, le plus petit mélangeur à peinture vendu dans le commerce ne convient pas au brassage d'un seau de 20 l ou d'un baril de 100 l de lait.

Figure 16. Une perceuse électrique munie d'un mélangeur à peinture convient très bien au brassage. Plusieurs éleveurs se sont fabriqué un mélangeur à insérer dans leur perceuse électrique. Il est essentiel de choisir un mélangeur qui convient à la taille du contenant et à la quantité de lait. Par exemple, le plus petit mélangeur à peinture vendu dans le commerce ne convient pas au brassage d'un seau de 20 l ou d'un baril de 100 l de lait.

Un éleveur se sert d'une pompe à membrane de 12 volts qui fait circuler le lait dans une canalisation et l'amène aux tétines des enclos individuels. Il a installé la pompe du côté de la canalisation qui retourne au réservoir, ce qui prévient les fuites de lait des tétines. Le lait sort au bas du baril et revient par le dessus.

Durant les mois d'été, un éleveur offre l'accès à volonté à ses veaux dans des abris. Il verse le lait acidifié dans des seaux suspendus à un crochet dans l'abri. Le préposé à l'alimentation des veaux secoue simplement les seaux vigoureusement quelques fois par jour. Les veaux font également bouger les seaux lorsqu'ils tètent.

À une ferme que j'ai visitée, c'est une pompe pour bassin qui brasse l'aliment d'allaitement. On peut acheter une pompe pour bassin dans un centre de jardinage. Il s'en vend de différentes tailles et elles sont pourvues d'un préfiltre qui empêche le mécanisme de pompage de se boucher.

Figure 17. Dans la région de Milverton, un jeune fermier a fait appel à la bonne vieille ingéniosité pour assurer un brassage uniforme tout au long de la journée. Son installation d'entreposage et de brassage comprend un baril et un moteur de 1/3-HP qui actionne un mélangeur. La fréquence et la durée des brassages sont réglées par deux minuteries. Le moteur est installé sur le couvercle. Le baril est posé sur une plate-forme à roulettes qui en facilite le déplacement pour le remplissage ou le nettoyage. Des câbles fixés au baril à trois endroits maintiennent le mélangeur sur le baril lors des déplacements.

Figure 17. Dans la région de Milverton, un jeune fermier a fait appel à la bonne vieille ingéniosité pour assurer un brassage uniforme tout au long de la journée. Son installation d'entreposage et de brassage comprend un baril et un moteur de 1/3-HP qui actionne un mélangeur. La fréquence et la durée des brassages sont réglées par deux minuteries. Le moteur est installé sur le couvercle. Le baril est posé sur une plate-forme à roulettes qui en facilite le déplacement pour le remplissage ou le nettoyage. Des câbles fixés au baril à trois endroits maintiennent le mélangeur sur le baril lors des déplacements.

Importance de refroidir le lait et de le laisser à l'ombre

Le lait froid (20 °C) limite la quantité ingérée. En effet, offrir le lait froid prévient le gavage. Les chercheurs ont comparé l'état de santé, l'indice de consommation et le gain de poids des veaux alimentés au lait froid et au lait tiède. Dans les trois catégories, ce sont les veaux nourris au lait froid qui obtenaient les meilleurs résultats. Les veaux nourris au lait froid ont eu moins de jours de diarrhée que les veaux nourris au lait tiède. Les veaux logés dans une étable où la température était modérée, se portaient aussi bien les uns que les autres, qu'ils aient été nourris au lait froid ou au lait tiède.

Les veaux acceptent le lait très froid (<10 °C), mais ils frissonnent après un tel repas. Les veaux frissonnent pour récupérer la chaleur perdue en buvant du lait très froid. Il n'est guère bon pour les veaux de boire du lait très froid dans une étable très froide. La recherche a révélé que les veaux logés à <5 °C nourris avec du lait de 10 à 15 °C prenaient moins de poids (12 %) et s'alimentaient moins efficacement (13 %) que les veaux nourris avec du lait à une température de 35 à 38 °C.

Plus près de nous, un éleveur qui participait à un projet pilote a nourri ses veaux et ses chevreaux avec du lait maintenu tiède au moyen d'une canalisation d'eau chaude dans un serpentin au fond du baril. Les jeunes animaux ont commencé à avoir de la diarrhée en moins de 24 heures. Toutefois, la diarrhée s'est arrêtée en moins d'une journée après avoir enlevé la source de chaleur. Lors d'une foire agricole extérieure, nous avons exposé nos contenants de lait aux rayons du soleil. En cherchant pourquoi nos veaux avaient soudainement commencé à avoir de la diarrhée, nous nous sommes rendu compte que le lait était chaud au toucher. Nous avons préparé un lot de lait froid que nous avons tenu à l'abri du soleil, et la diarrhée s'est arrêtée. Ces expériences pratiques révèlent que le lait acidifié chaud provoque la diarrhée. Nous ne savons pas pourquoi, mais nous recommandons de nourrir les veaux à une température d'environ 20 °C l'hiver. L'été, on peut les nourrir à la température ambiante, mais en protégeant les contenants de lait des rayons du soleil.

Maintien de la température du lait entre 20 et 24 °C dans une étable froide.

Au cours de l'hiver 2005-2006, des éleveurs ont laissé le lait refroidir à la température ambiante qui descendait souvent entre 3 et 10 °C. Leurs veaux buvaient du lait très froid (lentement) et frissonnaient, mais se portaient bien. D'autres ont essayé diverses sources de chaleur pour empêcher le lait de geler tout en le maintenant froid dans l'étable froide où ils gardaient leurs veaux. Ce sont ceux qui ont construit un compartiment isolé et chauffé pour le contenant de lait qui semblent les plus satisfaits. Ils préservent le lait du froid excessif en déposant les contenants à l'intérieur d'un boîtier isolé et en chauffant le compartiment ainsi formé. Un éleveur se sert de vieux congélateurs horizontaux. Il dispose ainsi d'un dispositif isolant et d'un couvercle bien ajusté. Il a installé les congélateurs près des enclos afin de pouvoir utiliser une canalisation plus courte. Dans un enclos où il garde les veaux d'un à trois jours, il a installé les tétines directement sur la paroi externe d'un petit congélateur d'appartement. Des lampes chauffantes ou de petits radiateurs électriques réglés par un thermostat maintiennent l'air et le lait à la bonne température dans le congélateur.

Figure 18. L'accès à volonté est possible dans une étable froide. Le problème est qu'il faut empêcher le lait et les canalisations de geler tout en maintenant la température du lait à 20 °C. Sur la photographie, nous voyons qu'un congélateur horizontal permet d'utiliser une courte canalisation jusqu'à la tétine. Le congélateur isolé retient la chaleur générée par un radiateur réglé au moyen d'un thermostat. Le lait a été déposé dans le congélateur dans de petits barils.

Figure 18. L'accès à volonté est possible dans une étable froide. Le problème est qu'il faut empêcher le lait et les canalisations de geler tout en maintenant la température du lait à 20 °C. Sur la photographie, nous voyons qu'un congélateur horizontal permet d'utiliser une courte canalisation jusqu'à la tétine. Le congélateur isolé retient la chaleur générée par un radiateur réglé au moyen d'un thermostat. Le lait a été déposé dans le congélateur dans de petits barils.

ma connaissance, personne en Ontario n'a encore trouvé un chauffe-eau submersible satisfaisant pour chauffer le lait. Le radiateur du réservoir de stockage empêche le lait de geler, mais ne le chauffe pas jusqu'à 20 °C. Le chauffe-seau est trop chaud et cuit le lait sur l'élément.

Un éleveur du nord de l'Ontario a fabriqué un contenant à lait qu'il a placé dans un bassin d'eau tiède. Des éleveurs ont tenté de faire circuler de l'eau chaude à partir d'un réservoir jusqu'à un serpentin en cuivre plongé dans le lait. Les premières tentatives n'ont pas donné de bons résultats, car l'eau était trop chaude.

Un autre éleveur chauffe la préparation de lait et le compartiment d'entreposage, ainsi que quatre enclos, deux de chaque côté. Ses contenants de lait sont à l'intérieur du compartiment chauffé. La canalisation de lait sort de la paroi isolée jusqu'aux tétines installées de l'autre côté (du côté de l'enclos).
Nous avons tenté sans succès de maintenir la température au moyen de bandes chauffantes industrielles pour baril d'acier. Les contenants en plastique fondaient. Un chauffe-eau pour lit d'eau a fonctionné pour un éleveur de l'est de l'Ontario.

Figure 19. Il s'agit de la photographie d'un chauffe-eau d'aquarium utilisé pour chauffer l'eau dans un tube de plastique de 7,5 cm plongé dans le lait. Ce chauffe-eau maintient la température de l'aliment d'allaitement qui vient d'être préparé. Les chauffe-eau d'aquarium se vendent en différentes tailles. Une " pompe pour bassin "?(non illustrée) utilisée en aménagement paysager conserve le lait mélangé dans ce baril.

Figure 19. Il s'agit de la photographie d'un chauffe-eau d'aquarium utilisé pour chauffer l'eau dans un tube de plastique de 7,5 cm plongé dans le lait. Ce chauffe-eau maintient la température de l'aliment d'allaitement qui vient d'être préparé. Les chauffe-eau d'aquarium se vendent en différentes tailles. Une " pompe pour bassin "?(non illustrée) utilisée en aménagement paysager conserve le lait mélangé dans ce baril.

Quelques éleveurs songent à utiliser d'anciens réservoirs à lait, d'autres à maintenir la température du lait en faisant circuler de l'eau tiède dans la canalisation de cuivre habituellement utilisée pour le refroidissement.

Figure 20. Photographie d'une mangeoire adaptée au veau fabriquée en Finlande par FinnLacto OY. Elle comprend un mélangeur automatique et un dispositif de réglage de la température. Les grosses roues facilitent la tâche de transporter 200 à 300 litres de lait.

Figure 20. Photographie d'une mangeoire adaptée au veau fabriquée en Finlande par FinnLacto OY. Elle comprend un mélangeur automatique et un dispositif de réglage de la température. Les grosses roues facilitent la tâche de transporter 200 à 300 litres de lait.

Téter fréquemment est bon pour les veaux


La prévention des ulcères de la caillette ou de l'abomasite chez le veau qui tète est un problème pour les vétérinaires et leur clientèle. On attribue généralement les ulcères de la caillette à l'irritation mécanique causée par les grosses particules de l'aliment, à l'infection par le clostridium perfringens de type A, à une carence en oligo-éléments et au stress. Il est important de soigner ou de prévenir les ulcères, car ils peuvent entraîner une mort subite ou des traitements, ce qui nuit au revenu. Une mesure possible de prévention est la fréquence des repas.


Des chercheurs de l'University of Illinois tentent de trouver des traitements pratiques. Ils ont posé l'hypothèse que de longues périodes de pH faible dans la caillette peuvent augmenter le risque de lésions dans la muqueuse de la caillette. En outre, ils se sont demandé si la fréquence des repas pouvait avoir un effet sur le pH à l'intérieur de la caillette et sur le risque d'ulcération. Les chercheurs ont découvert des modifications du pH à l'intérieur de la caillette en fonction de divers horaires d'alimentation avec l'aliment d'allaitement. Compte tenu des résultats obtenus, ils recommandent d'augmenter la fréquence des repas en vue de prévenir les ulcères de la caillette chez les veaux non sevrés.


Figure 21. Ce graphique illustre la moyenne des moindres carrés du pH à l'intérieur de la caillette chez des veaux laitiers (n=6) qui ont tété l'aliment d'allaitement à 3 h d'intervalle (8 tétées; O_O) et à 12 h d'intervalle (2 tétées; __). Les symboles ouverts en haut du graphique représentent des valeurs qui étaient très différentes (P<0,05) au même instant. La barre représente l'erreur type sur les moyennes des moindres carrés. (Ahmed AF, 2002)

Figure 21. Ce graphique illustre la moyenne des moindres carrés du pH à l'intérieur de la caillette chez des veaux laitiers (n=6) qui ont tété l'aliment d'allaitement à 3 h d'intervalle (8 tétées; O_O) et à 12 h d'intervalle (2 tétées; __). Les symboles ouverts en haut du graphique représentent des valeurs qui étaient très différentes (P<0,05) au même instant. La barre représente l'erreur type sur les moyennes des moindres carrés. (Ahmed AF, 2002)

D'après le graphique l'augmentation de fréquence des tétées est parvenue à réduire le nombre d'heures par jour d'exposition de la muqueuse de la caillette à un pH faible. Toutefois, le graphique révèle également que le pH de la caillette est inférieur à 5,5 pendant toute la journée. Un coup d'œil à la figure 9 nous apprend que c'est à un pH de 5,5 à 9 que le clostridium perfringens prolifère le mieux. Des tétées fréquentes semblent assurer que ce pH optimal ne soit jamais atteint. De surcroît, l'accès à volonté au lait acidifié peut être bon pour les veaux, car le lait arrive dans la caillette à un pH inférieur à 4,5.


Accès à volonté au lait et action de téter


À l'été 2005, nous avons filmé 8 veaux qui avaient accès à volonté au lait. Il y avait 3 tétines pour 4 veaux dans un enclos commun. En moyenne, les veaux prenaient 7 repas, soit de 4 à 14 repas. Aucun n'a pris moins de 4 repas par jour. Les veaux tétaient en moyenne 48 minutes par jour, soit entre 35 et 70 minutes. Aucun n'a tété moins de 5 ou 10 minutes. En moyenne, chaque tétée durait 7 minutes et 75 % des tétées duraient plus de 5 minutes. La plupart des repas se prenaient surtout entre 16 h et 19 h et entre 17 h et 22 h avec une autre courte période de midi à 15 h.

Figure 22. Un groupe de 8 veaux ayant accès au lait à volonté écartaient leurs repas en moyenne de 4 heures et 65 % de ces repas étaient séparés par un intervalle de moins de 5 heures. Un bon 43 % des repas étaient séparés par un intervalle de moins de 3 heures et 16 % étaient séparés par un intervalle de plus de 7 heures. Aucun n'a laissé un intervalle de 10 à 16 heures entre ses repas.


Figure 22. Un groupe de 8 veaux ayant accès au lait à volonté écartaient leurs repas en moyenne de 4 heures et 65 % de ces repas étaient séparés par un intervalle de moins de 5 heures. Un bon 43 % des repas étaient séparés par un intervalle de moins de 3 heures et 16 % étaient séparés par un intervalle de plus de 7 heures. Aucun n'a laissé un intervalle de 10 à 16 heures entre ses repas.

Nombre de veaux par rapport au nombre de tétines

Puisque les veaux sont mus par l'instinct grégaire de manger et de se reposer en groupes, il vaut mieux installer amplement de tétines. Les Finlandais recommandent au moins 1 tétine pour 3 veaux. Ainsi, les veaux plus forts ou plus âgés ne priveront pas les veaux plus petits ou plus timides de la possibilité de s'alimenter. Les veaux plus âgés enseignent aux plus jeunes par l'exemple. Les jeunes veaux observent les plus âgés, les imitent et apprennent rapidement d'eux. L'accès à volonté au lait signifie que les veaux peuvent téter ou boire du lait quand ils le veulent et, en général, ils ne devraient pas avoir besoin d'attendre leur tour. Une recherche menée en Colombie-Britannique a révélé que si on diminue l'accès aux tétines (4 tétines pour 3 veaux comparativement à 1 tétine pour 3 veaux), les veaux tétaient moins longtemps, ingéraient moins de lait et devaient se bousculer davantage pour avoir accès aux tétines.

Ingestion de lait et gain de poids

D'après les manuels, les veaux boivent de 20 à 25 % de leur poids corporel en lait quotidiennement. Avec la méthode d'accès à volonté, les veaux Holstein boivent de 6 à 8 litres de lait par jour. Avant le sevrage, à 5 ou 6 semaines, les veaux peuvent boire de 12 à 15 litres de lait par jour. Des chercheurs de la Colombie-Britannique (C.-B.) mentionnent une ingestion d'environ 11 litres par jour durant une période de 27 jours du 5e au 32e jour de vie. En moyenne, leurs veaux engraissaient de 1,1 kg par jour. Dans une autre expérience de la C.-B., les chercheurs ont constaté que les veaux qui tétaient (accès à volonté) buvaient 8,8 litres par jour au cours des deux premières semaines de vie. En général, lorsqu'ils en ont la possibilité, les veaux consomment environ 20 % de leur poids en lait. C'est le double de ce qu'on recommande habituellement ou de ce que la plupart des fermiers appliquent.
Coûts de l'élevage

Puisque les veaux consomment plus de lait, les frais d'approvisionnement en lait ou en aliment d'allaitement sont plus élevés. Par contre, des rapports révèlent que l'investissement en lait ou en aliment d'allaitement est compensé par le fait que les animaux sont en meilleure santé et nécessitent moins de traitements, ce qui rend l'accès à volonté avantageux comparativement à l'alimentation restreinte. L'éleveur pourrait ainsi passer moins de temps à soigner des veaux malades et consacrer plus de temps ou autant de temps à l'alimentation des bêtes.

Avantage d'un gain de poids précoce

Puisqu'il n'y a pas eu beaucoup de travaux de recherche effectués sur l'accès à volonté au lait acidifié, nous pouvons nous inspirer de ceux qui ont porté sur les programmes accélérés à l'aliment d'allaitement. Les chercheurs ont récemment commencé à suggérer qu'il serait bon pour le système immunitaire des jeunes veaux qu'on améliore leur alimentation. Le gain de poids durant les 4 à 6 premières semaines de vie n'a aucune incidence néfaste sur la future production de lait. Les veaux sont plus gros au moment du sevrage que ceux soumis à un régime restreint. En outre, les veaux commencent à avoir des chaleurs environ 2 semaines plus tôt, et se reproduisent donc plus tôt. On a constaté que les veaux élevés dans les programmes " accélérés " à l'aliment d'allaitement produisent plus de lait à leur première lactation.

Veaux qui tètent leurs congénères

Il n'y a pas eu de problème de veaux qui tètent leurs congénères avec les veaux Holstein. Cela se produit très rarement dans les groupes qui ont accès à volonté au lait. Ce pourrait être en raison du grand nombre de tétines. Ainsi, les veaux peuvent tous s'alimenter en même temps et téter jusqu'à satiété. La seule exception est le cas des veaux Jersey d'un projet pilote, à l'une des fermes, au moment du sevrage. Ils ont commencé à téter leurs congénères (en particulier pour l'urine) après un sevrage brusque. Les résultats d'au moins une recherche suggèrent que la faim explique ce comportement. Les veaux devraient avoir accès à volonté au sel, à la moulée ou aux granulés du premier âge, au foin et à l'eau pendant la période où ils sont nourris au lait.

Figure 23. Les veaux Jersey de cette photographie n'ont pas tété leurs congénères, car ils avaient accès à volonté aux aliments. Par contre, certains l'ont fait après avoir été sevrés brusquement ou progressivement. Les éleveurs mentionnent que ce problème ne se manifeste pas chez les veaux Holstein, que ce soit avant ou après le sevrage.

Figure 23. Les veaux Jersey de cette photographie n'ont pas tété leurs congénères, car ils avaient accès à volonté aux aliments. Par contre, certains l'ont fait après avoir été sevrés brusquement ou progressivement. Les éleveurs mentionnent que ce problème ne se manifeste pas chez les veaux Holstein, que ce soit avant ou après le sevrage.

Eau et moulée à volonté

Les veaux doivent avoir accès à volonté à de l'eau propre et à une ration de moulée de démarrage ou de granulé du premier âge en tout temps pendant qu'ils sont nourris au lait acidifié. C'est d'ailleurs le cas pour les autres méthodes d'alimentation. Bien qu'on le fasse rarement, il peut être bon pour les veaux d'avoir accès à un bloc à lécher. Durant la quatrième semaine de vie, les veaux consomment beaucoup plus de granulés. Les veaux qui ont accès à volonté aux aliments ne consomment pas autant d'aliments du premier âge que ceux soumis à un régime restreint. Toutefois, après le sevrage, les veaux qui ont accès à volonté consomment rapidement à peu près la même quantité d'aliments du premier âge que ceux soumis à un régime restreint. Des travaux de recherche récents indiquent qu'offrir du foin ne peut pas nuire au développement de la panse, contrairement à ce qu'on croyait depuis que des travaux de recherche antérieurs l'avaient suggéré.

Sevrage brusque ou progressif

Il est possible de sevrer brusquement ou progressivement. Le sevrage progressif en 7 jours est préférable. Les éleveurs mentionnent avoir observé de l'anxiété lorsque les veaux n'ont plus accès aux tétines. Par contre, ces veaux ne semblent pas plus affectés par le sevrage que ceux qui étaient nourris par la méthode d'alimentation conventionnelle. Pour le sevrage progressif, préparez l'aliment d'allaitement en calculant une plus grande proportion d'eau et moins de poudre, ou diluez le lait entier avec de l'eau. Le veau pourrait n'avoir que de l'eau à téter à la fin du sevrage.

Problèmes de santé chez les veaux élevés en groupe

Les maladies respiratoires et la diarrhée sont les principaux problèmes de santé chez les veaux nouveau-nés. Certains prétendent que la pneumonie est plus répandue dans les élevages en groupe. On a privilégié les enclos individuels et les abris pour séparer les veaux et diminuer ainsi le risque de maladie. Des travaux de recherche récents effectués en Suède ont porté sur l'effet de la taille du groupe sur la santé et la croissance des veaux laitiers suédois logés dans des enclos dotés d'installations automatisées de distribution du lait (Svensson et Liberg, Prev. Vet. Med. 73, 2006). Les auteurs mentionnent avoir constaté " plus de cas de maladies respiratoires dans les enclos qui comptaient 12 à 18 veaux (rapport de cotes : 1,4). Ces veaux grossissaient de 0,022 cm/jour de moins que les veaux logés par groupes de 6 à 9 bêtes (équivalant à environ 40 g/jour). Nous n'avons détecté aucune différence entre les veaux des petits groupes par rapport aux grands groupes pour ce qui est du risque de diarrhée. "

Au moins trois éleveurs de l'Ontario ont essayé sans succès d'élever des veaux en grands groupes dans une étable mal aérée. Quand leurs veaux ont commencé à tousser, ils ont eu la sagesse de les ramener dans les abris. L'aération peut représenter un problème dans le milieu contrôlé des étables à veaux. À l'une des fermes, le larmoiement et la toux se sont arrêtés lorsque les éleveurs ont abaissé l'humidité relative de 65 % à 50 % et réglé la température à 10 ou 11 °C. Selon le témoignage de 24 éleveurs de l'Ontario, la diarrhée est moins fréquente si les veaux ont accès à volonté à du lait acidifié comparativement à leurs installations d'alimentation antérieures.

Taille des groupes : 8 veaux ou moins

Nous recommandons 8 veaux ou moins par enclos. Ce choix découle des travaux de recherche suédois et de l'expérience d'un projet pilote à des fermes de l'Ontario.

Figure 24. Dans un échantillon de 24 exploitations de l'Ontario qui ont adopté l'accès à volonté aux aliments, la moyenne était de 4 veaux par enclos. Le nombre de veaux par enclos variait de 1 à 10. Au moins 31 enclos ou abris n'accueillaient qu'un seul veau. Dans 5 enclos se trouvaient 10 veaux et 8 enclos comptaient 5 veaux. Le nombre d'enclos individuels a biaisé la moyenne. En général, les groupes comptaient le plus souvent de 5 à 8 veaux. La taille des enclos variait de 12 à 75 pieds carrés avec une moyenne de 29 et une médiane de 25.

Figure 24. Dans un échantillon de 24 exploitations de l'Ontario qui ont adopté l'accès à volonté aux aliments, la moyenne était de 4 veaux par enclos. Le nombre de veaux par enclos variait de 1 à 10. Au moins 31 enclos ou abris n'accueillaient qu'un seul veau. Dans 5 enclos se trouvaient 10 veaux et 8 enclos comptaient 5 veaux. Le nombre d'enclos individuels a biaisé la moyenne. En général, les groupes comptaient le plus souvent de 5 à 8 veaux. La taille des enclos variait de 12 à 75 pieds carrés avec une moyenne de 29 et une médiane de 25.

Lait acidifié et diarrhée

En Finlande, les conseillers recommandent le lait acidifié aux fermes où les veaux ont un problème de diarrhée. Selon eux, le lait acidifié prévient la diarrhée. Les veaux peuvent boire jusqu'à 9 à 12 litres par jour avec l'accès à volonté, ce qui se traduit par des selles molles, mais qui n'ont rien à voir avec une grave diarrhée d'origine bactérienne. Aux fermes qui ont participé au projet pilote, on n'a fait aucune mention d'un problème de diarrhée. En effet, les éleveurs mentionnent que la diarrhée est rare avec l'accès à volonté. Toutefois, trois éleveurs ayant participé au projet pilote ont mentionné un problème de diarrhée chez des veaux qui avaient reçu du lait acidifié très chaud. Ces veaux se sont rétablis sans traitement lorsque les éleveurs leur ont offert du lait froid. Étant donné que l'acidification diminue la présence de bactéries dans le lait, le lait acidifié diminue le risque de diarrhée chez les veaux.

Dans une section précédente sur la fréquence des tétées, j'affirmais que le lait acidifié à un pH de 4 à 4,5 serait bon pour les veaux, en particulier pour la lutte contre le clostridium perfringens de type A. Cette bactérie est de plus en plus détectée chez les veaux souffrant d'abomasite et qui meurent subitement. Puisque le pH optimal pour la prolifération de cette bactérie est de 5,5 à 9, le lait qui entre dans la caillette à un pH de 4,5 rend le milieu inhospitalier pour la prolifération et la sporulation du clostridium dans la caillette. Naturellement, des travaux de recherche pourront confirmer ou infirmer cette théorie. Tout au plus pourrait-on songer à augmenter la fréquence des repas ou à offrir du lait acidifié en guise de stratégie de prévention, étant donné que les autres mesures préventives n'ont rien donné.

On sait que les virus sont résistants aux acides. Je n'ai rien trouvé sur l'acidification du lait et la survie du virus de la leucose bovine enzootique ou celui de la diarrhée virale des bovins.

Accès à volonté dans l'élevage des chevreaux

Dans le cas des chevreaux, l'accès à volonté au lait de chèvre, au lait de vache ou à l'aliment d'allaitement a donné de très bons résultats à plusieurs fermes de l'Ontario.

Ma première expérience avec ce type d'installation pour des chevreaux a été celle d'une grande ferme laitière. Le taux de mortalité des chevreaux était de 32 % et la plupart des décès étaient attribuables à une diarrhée qui se manifestait entre 7 à 10 jours de vie. Les problèmes constatés concernaient la qualité du colostrum (traite tardive), la malnutrition (maigreur), le stress dû à une ingestion excessive (ballonnement après le repas) et la diarrhée. Pour y remédier, on a adopté un protocole d'alimentation qui se rapproche davantage du comportement naturel. Une installation d'accès à volonté aux aliments a permis aux chevreaux de téter de petites quantités de lait à la fois. On voulait également améliorer la consommation de colostrum et de lait de transition au cours des quelques premiers jours de vie, et vaincre le stress de la faim. À cette fin, on a pris les mesures suivantes : recueillir le colostrum immédiatement après la mise bas; offrir au nouveau-né du colostrum frais tiède à la naissance; refroidir le reste du colostrum, puis l'acidifier; offrir du colostrum acidifié pendant les quelques jours qui suivent la naissance du chevreau. En outre, on a offert aux chevreaux du lait ou un aliment d'allaitement acidifié pendant les 3 premières semaines de vie.

Figure 25. Chevreaux nouveau-nés qui tètent du lait acidifié auquel ils ont accès à volonté. À une exploitation, on a observé qu'à partir de l'installation de la nouvelle méthode d'alimentation jusqu'à la fin de la saison des mises bas, la proportion des décès est passée de 32 % à 3 % en 2005. Durant la saison de 2006, les éleveurs ont offert du colostrum, du lait ou l'aliment d'allaitement acidifié pendant les 3 premières semaines de vie. Les dossiers de 2006 révèlent une perte inférieure à 6 % due aux décès attribuables à n'importe quelle cause de décès chez les chevreaux nouveau-nés.

Figure 25. Chevreaux nouveau-nés qui tètent du lait acidifié auquel ils ont accès à volonté. À une exploitation, on a observé qu'à partir de l'installation de la nouvelle méthode d'alimentation jusqu'à la fin de la saison des mises bas, la proportion des décès est passée de 32 % à 3 % en 2005. Durant la saison de 2006, les éleveurs ont offert du colostrum, du lait ou l'aliment d'allaitement acidifié pendant les 3 premières semaines de vie. Les dossiers de 2006 révèlent une perte inférieure à 6 % due aux décès attribuables à n'importe quelle cause de décès chez les chevreaux nouveau-nés.

Protocoles d'alimentation - De la naissance au sevrage

De nombreux conseillers recommandent d'offrir 4 litres de colostrum aux veaux au moyen d'un biberon ou d'une sonde gastrique. Les éleveurs notent souvent que les veaux qui reçoivent 4 litres ne boivent pas pendant plusieurs heures ou une journée après ce gros repas. L'accès à volonté aux aliments offre la possibilité d'offrir aux veaux nouveau-nés plusieurs petits repas durant les quelques premières heures de vie, au moment où l'intestin absorbe le mieux les anticorps. Le protocole suivant a donné de bons résultats aux fermes du projet pilote. Ce protocole tire pleinement profit des bienfaits du colostrum et du lait de vache frais. Il est possible que le protocole ne puisse s'appliquer aux chevreaux qui font partie des programmes de lutte contre la maladie de Johne.

Alimentation des veaux naissants - De la naissance à deux ou quatre jours

  • Dans l'heure qui suit la mise bas :
    • Recueillez le colostrum de la vache ou de la chèvre qui vient de mettre bas.
    • Donnez au nouveau-né au moins deux litres de colostrum frais.
    • Servez-vous d'un biberon avec tétine.
    • Refroidissez (<10 °C) le reste du colostrum.
    • Acidifiez le reste du colostrum avec une solution diluée d'acide formique.
    • Entreposez le colostrum acidifié dans des contenants dotés d'un couvercle.
  • 2 à 4 heures après la naissance du veau, offrez-lui du colostrum acidifié au moyen d'une tétine.
    • Déposez le veau dans son enclos ou dans un enclos commun.
    • Permettez au nouveau-né d'avoir accès à volonté au colostrum acidifié.
    • Assurez-vous que le veau tète le colostrum acidifié.
    • Offrez-lui du colostrum et du lait de vache frais acidifiés durant les 2 à 4 premiers jours de vie.
    • Offrez-lui de l'eau et de la moulée à volonté.

Alimentation consécutive au colostrum jusqu'au sevrage - Lait entier ou aliment d'allaitement

  • Logez les veaux en groupe :
    • Installez les veaux de 2 à 4 jours (qui ne reçoivent plus de colostrum) dans un enclos commun.
    • Préparez le lait en y ajoutant une solution diluée d'acide formique selon les directives.
    • Préparez suffisamment de lait pour un à trois jours.
    • Prévoyez de 8 à 12 litres par veau par jour pour les enclos où se trouvent des veaux de différents âges (1 à 6 semaines).
    • Brassez le lait pendant 10 à 15 secondes au moins trois fois par jour.
    • Assurez-vous que tous les veaux tètent.
    • Servez-vous de contenants dotés d'un couvercle pour protéger le contenu des mouches et des chats.
    • Lavez l'installation et les accessoires à l'eau tiède additionnée d'un détergent à vaisselle.
    • Offrez de l'eau pure propre à volonté.
    • Offrez à volonté un aliment de démarrage frais pour veau - moulée.
    • Retirez les veaux sevrés du groupe lorsqu'ils ont atteint de 5 à 7 semaines de vie.
    • Installez une tétine pour trois veaux, soit le nombre minimal recommandé.
    • Limitez la taille des groupes à au plus 8 veaux.
    • Des selles molles sont considérées comme normales chez un veau qui a accès à volonté aux aliments et qui est soumis à un régime liquide.
    • Il se peut qu'un sevrage brusque s'avère nécessaire.
    • Il vaut mieux sevrer progressivement.

Figure 26. Les veaux se regroupent au moment de s'alimenter tout comme les vaches autour de la mangeoire à moulée. Il doit y avoir suffisamment de tétines à l'enclos pour que plusieurs veaux puissent téter en même temps. Pour un groupe de 6 à 8 veaux, 4 tétines devraient convenir.

Figure 26. Les veaux se regroupent au moment de s'alimenter tout comme les vaches autour de la mangeoire à moulée. Il doit y avoir suffisamment de tétines à l'enclos pour que plusieurs veaux puissent téter en même temps. Pour un groupe de 6 à 8 veaux, 4 tétines devraient convenir.

Résumé

Les méthodes conventionnelles d'alimentation au lait donnaient de bons résultats aux fermes de l'Ontario. Cependant, le nombre de vaches et de veaux augmente à mesure que nos fermes laitières prennent de l'expansion. L'alimentation individuelle des veaux exige beaucoup de main-d'œuvre, ce qui incite les éleveurs à chercher d'autres méthodes d'alimentation. L'élevage en abris s'est révélé avantageux pour la santé des veaux, mais n'est guère apprécié des éleveurs qui doivent nourrir les veaux par mauvais temps. Les mangeoires mobiles, l'accès à volonté et l'alimentation automatisée (informatisée) sont des méthodes à envisager pour nourrir les veaux en groupe. La principale difficulté demeure la lutte contre les maladies respiratoires et la prévention de ces maladies dans les installations où les veaux sont logés en groupe. Le logement en bâtiment clos avec réglage de la chaleur et de l'aération entraîne des coûts additionnels et présente des risques plus élevés de maladies respiratoires. On pourrait adapter à la méthode de l'alimentation en groupe celle de l'élevage en groupe dans des abris du type serre avec coupe-vent. Les veaux supportent bien les températures froides, mais il faut protéger les installations d'alimentation du gel. C'est ce qui nécessite de nouveaux aménagements pour l'adoption de la méthode d'accès à volonté ou d'alimentation automatisée aux grandes exploitations.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter la fiche d'information sur l'alimentation accès à volonté au lait acidifié - Installations pour la méthode d'alimentation à l'acide formique


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Remerciements

  • En février 2005, Dr Laura Kulkas et ses collègues de Valio Dairy, M. Jouni Pitkäranta et plusieurs familles finlandaises exploitant une ferme laitière m'ont enseigné comment on élève les veaux en Finlande. M. Heikki Kemppi de l'entreprise Valio continue de répondre à mes questions, riche d'une expérience de 10 ans dans l'alimentation des veaux au lait acidifié.
  • Mme Jenny Montgomery et M. Tyler O'Neill, étudiants ayant participé à l'expérience du MAAARO de l'été 2005, ont recueilli des données sur le comportement des veaux qui tètent à volonté du lait acidifié.
  • Plusieurs propriétaires et directeurs d'élevages de vaches et de chèvres laitières ont mis en œuvre des projets pilotes destinés à mieux comprendre la méthode d'accès à volonté aux aliments. Ils se sont avérés d'excellents chercheurs et enseignants sur les lieux, à leur exploitation.
  • Mme Jennifer Garner, étudiante ayant participé à l'expérience du MAAARO de l'été 2006, a recueilli des échantillons de lait et des données d'étude à 24 fermes. Dr Anna Bashiri, du laboratoire de recherche sur la mastite du département de médecine de population au Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario à l'Université de Guelph a fourni les services de laboratoire. Vingt-quatre producteurs laitiers de l'Ontario nous ont accueillis à leur ferme pour étudier leurs installations d'accès à volonté aux aliments.
  • M. Grant Gould, de Grober Animal Nutrition et M. Steve Wilson, d'Halchemix Canada, ont contribué sous la forme de renseignements très utiles tirés de leurs projets portant sur l'accès à volonté des aliments partout au Canada.




Auteur : Neil Anderson, DVM, MSc/scientifique vétérinaire principal bovins/MAAARO
Date de création : 01 decembre 2006
Dernière révision : 29 octobre 2008

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