Traçabilité

L'ESB et autres menaces nous obligent à pouvoir retourner à la source

La traçabilité! Cette option, aujourd'hui exploitée par la plupart des producteurs laitiers, n'était pas courante il y a quelques années. On en parle beaucoup plus maintenant. Certains n'y voyaient qu'une perte de temps en rédaction de rapports et une dépense supplémentaire pour des étiquettes d'oreille. La notion est vite devenue une question économique essentielle.

D'autres pays reconnaissent que le Canada possède un système d'identification du bétail universel - qui s'avère un facteur dans la réouverture de marchés américains et mexicains pour certaines coupes de bœuf. L'agence canadienne d'inspection des aliments a annoncé l'atteinte d'un taux de conformité de 95 pour cent ou plus pour les étiquettes d'identification acceptées dans les granges d'enchères et les abattoirs.

L'industrie laitière semble sur le point d'achever la mise sur pied d'un système d'identification complet de traçabilité de la naissance jusqu'au marché. Et elle est en avance sur les autres catégories de bétail. Un pourcentage élevé de producteurs laitiers participe à l'amélioration des troupeaux laitiers (DHI) ainsi qu'à des programmes d'amélioration des races et du bétail de race pure. Ils tiennent déjà des registres appropriés. Ce qui a permis qu'un grand nombre de bétail laitier soit étiqueté et enregistré peu de temps après la naissance.

DHI et les associations de race acceptent et utilisent le principe de numéros du Programme d'identification national (PINB) comme identificateur unique dans leurs registres. En fait, depuis le 1er janvier 2002, les associations de race exigent que les veaux soient étiquetés avant d'être enregistrés.

La nécessité d'une identification positive dans notre système laitier d'enregistrement, à laquelle 70 % des troupeaux de vaches laitières canadiennes participent, a fait du concept de traçabilité des vaches une réalité. La vache souffrant d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) dans l'État de Washington en décembre dernier avait une étiquette d'identification DHI, système qui précédait le programme PINB. Cela a abouti à un retour rapide aux sources et à l'identification du troupeau et de la progéniture grâce aux registres et à la base de données de DHI.

L'identification appropriée et la traçabilité ressemblent à un filet de sécurité pour chaque producteur de bétail. Par exemple, un veau male de l'État de Washington avait été vendu à un parc d'engraissement. Il ne portait aucune étiquette d'identification. Par précaution, les autorités américaines avaient fait détruire plus de 400 têtes de bétail du parc d'engraissement, principalement parce qu'ils ne pouvaient pas identifier le veau en question.

Au Canada, les règlements fédéraux stipulent qu'aucun animal ne peut être déplacé de son troupeau d'origine sans porter une étiquette approuvée. Ce qui a un sens économique. De plus, il est impérieux que les propriétaires des parcs d'engraissement et de ferme de veau n'acceptent pas le bétail non étiqueté.

L'âge du bétail envoyé à l'abattoir porte aussi à réflexion. Nous devons, tout d'abord, être capables de lier les étiquettes à une base de données qui prouve l'âge de l'animal. Les étiquettes d'oreille seules ne sont pas assez. Nous avons besoin que tout le bétail laitier lié à la base de données fournisse ces renseignements. La prochaine étape consiste à prouver aux inspecteurs qu'une identification précise de la date de naissance doit primer sur l'évaluation de l'âge à partir des dents.

Le programme PINB pour les animaux laitiers stipule que les étiquettes doivent permettre de retrouver la ferme d'origine. Les numéros d'étiquette peuvent alors habiliter à retourner jusqu'au registre quand l'animal est abattu. Les règlements prévoient que le bétail soit identifié avec une étiquette approuvée au moment où ils quittent la ferme d'origine. Ces règlements interdisent le départ d'un animal non étiqueté. En cas contraire, la personne coupable pourrait être assujettie à une amende.

En voici le raisonnement : en cas de problème à l'abattage, comme une maladie contagieuse sérieuse, les autorités peuvent aisément identifier le troupeau d'origine. Si la vache a été déplacée à d'autres locaux avant l'abattage, ils peuvent être identifiés également.

Les registres agricoles sont cruciaux à la traçabilité des mouvements de bétail, même pour le bétail abattu. L'" Events Barn Calendar", fourni à tous les producteurs laitiers de l'Ontario et dans quelques autres provinces, offre un registre pratique du mouvement du bétail dans les exploitations agricoles et à l'extérieur.


Auteur : Blair Murray - spécialiste de l'amélioration génétique des bovins laitiers/MAAARO
Date de création : 16 mai 2007
Dernière révision : juin 2010

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