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Tirer profit du pâturage
Mettre le troupeau au pâturage peut se traduire par une chute abrupte de la production comme c'est souvent le cas lorsque les fortes productrices sont nourries de fourrages frais. Une récente recherche réalisée dans l'État de Pennsylvanie a permis d'étudier la question en analysant deux groupes de vaches en début de lactation. Les vaches dont l'alimentation était uniquement constituée d'un pâturage de seigle de haute qualité ont produit 30 kilogrammes de lait par jour. En contrepartie, leurs consœurs nourries d'une RTM optimale ont produit 44 kilogrammes de lait par jour. Pourquoi cette baisse de production ? Le fourrage frais et luxuriant semble pourtant adéquat pour combler les besoins nutritionnels de la vache. Le tableau 1 compare la composition nutritionnelle moyenne d'un pâturage de graminées en saison froide versus en saison de croissance. Tel qu'indiqué au tableau 1, la teneur en protéine brute du pâturage excède 20 %. Sa teneur en hydrates de carbone non fibreux, principalement constitués des sucres de la plante, atteint ou excède 15 % au printemps. L'énergie nette du pâturage pour les vaches en lactation (ENL) varie entre 1,5 et 1,7 Mcal par kg. Une vache laitière requiert 1,7 d'ENL. L'ensilage de maïs considéré comme un fourrage hautement énergétique procure 1,6 Mcal par kg. Comment se fait-il que les vaches au pâturage n'ont pas produit autant que leurs consœurs dans l'étable ? La principale explication réside dans l'alimentation. Les vaches au pâturage ont consommé seulement 19 kg de matière sèche alors que les vaches à la RTM en ont consommé 24 kg. Les vaches des deux groupes étaient limitées à 8 heures d'alimentation par jour, qu'elles aient assez consommé ou pas. Par conséquent, un fourrage de meilleure qualité procurait à chaque bouchée une valeur nutritive plus élevée. Un pâturage d'une hauteur de six à huit pouces assure une consommation maximale. Si la hauteur d'un pâturage de faible densité diminue, la quantité ingérée diminue à un rythme plus élevé. Avec un pâturage d'une hauteur de sept pouces, la consommation demeurait stable peu importe la densité du peuplement, faible, moyenne ou forte. L'élément nutritif limitatif d'un pâturage de saison froide est l'énergie et les graminées procurent un excès de protéine brute. Cette protéine est très soluble. Elle relâche une grande quantité d'azote ammoniacal dans le rumen. Les microbes qui se développent dans le rumen dépendent des hydrates de carbone fermentescibles. Une source d'amidon hautement dégradable servie aux animaux au pâturage permet aux microbes d'utiliser une plus grande quantité de nitrate d'ammonium et réduit la quantité d'azote pouvant se rendre dans le sang. Une autre étude a démontré que la quantité d'urée dans le sang avait diminué lorsqu'on avait servi un supplément de maïs moulu à des vaches au pâturage. L'énergie qu'une vache doit déployer pour convertir l'excès d'azote en déchets d'urée dans le foie équivaut à l'énergie requise pour produire environ 2 à 3 litres de lait. Il est donc logique de servir un supplément d'énergie aux animaux au pâturage. Quelle quantité de grain faut-il servir ? Selon une recherche de la Virginia Tech, l'augmentation en lait est minime lorsque la consommation en grain (maïs moulu avec un supplément minéral) dépasse 4,5 kg par jour. Tel que démontré au tableau 2, l'alimentation en grain n'augmentera pas le rendement de façon importante. Toutefois, le grain augmente l'ingestion de matière sèche des vaches au pâturage. Les vaches sont donc en meilleure condition de chair, et espérons-le, en meilleur état de reproduction. D'après des recherches, la quantité maximale de grain à servir sur une base de matière sèche équivaut à deux pour cent du poids de la vache. En général, lorsqu'une vache reçoit un supplément au pâturage, elle consomme moins de fourrage. Mais, la quantité de matière sèche ingérée augmentera. On estime que chaque kg de grain réduit la consommation de fourrage de 0,5 à 0,8 kg. Selon une recherche, des vaches ayant consommé une RTM de minuit à midi en confinement dans un parc et pâturé à leur guise le reste de la journée avaient consommé deux tiers autant de RTM que les vaches entièrement nourries d'une RTM. Les deux groupes ont produit 28 et 29 kg de lait respectivement. La quantité de grain ou de RTM requise dépend de plusieurs facteurs. Le facteur le plus important est la qualité et la disponibilité du pâturage, ainsi que le potentiel de production de lait de la vache. En servant un supplément de grain ou de RTM, il est possible de contrecarrer la consommation insuffisante des animaux au pâturage, tout en profitant du coût avantageux de ce type d'affouragement. Alimenter de la sorte, le pâturage constitue une option de choix.
Revue Ontario Milk Producer
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