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La planification des systèmes dalimentation
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| Auteur : | Jack Rodenburg - chef de programme, systèmes laitiers/MAAARO |
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| Date de création : | 01 octobre 2000 |
| Dernière révision : | 12 août 2003 |
Comme cest le cas la plupart du temps en ce qui concerne la technologie, les outils servant à la récolte, à lentreposage et à la distribution des aliments pour animaux dans les élevages de bétail sont généralement regroupés pour former des ensembles. À mesure que lexploitation agricole prend de lexpansion, lensemble doutils traditionnels tels que la faucheuse, la ramasseuse-presse à balles rectangulaires, la faucheuse à foin et la stalle entravée, qui était idéal lorsque lexploitation comptait 30 vaches, ne suffit plus à la tâche. Cependant, pour trouver de nouveaux outils répondant à ses besoins, il faut éviter plusieurs pièges et relever de nombreux défis. Il faut sadapter au changement, choisir les bons outils et faire en sorte que ces outils assurent une transition sans heurts. Les agriculteurs doivent élaborer une stratégie leur permettant délargir leur système dalimentation et datteindre leurs objectifs à long terme sans pour autant créer de difficultés pendant la période de transition.
Bien quil soit impossible de prévoir lavenir, on a observé plusieurs tendances qui se maintiendront sans doute au cours des dix à vingt prochaines années.
Ces facteurs, et dautres encore, influeront sur lalimentation des animaux à la ferme. Bien que les nouvelles technologies et les différences économiques feront en sorte que les résultats varieront dune ferme à une autre, on peut sinspirer du modèle technologique adopté par nos voisins du Sud pour faire face à laugmentation de la taille des troupeaux. Ainsi, on constate que les caractéristiques des systèmes dalimentation des gros troupeaux sont les suivantes :
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Bien que le foin dexcellente qualité contribue à maintenir la panse en bonne santé et à hausser la production, il na pas sa place dans une grande exploitation laitière moderne. Comme lillustre la figure 1, en Ontario, pour toute date de coupe précédant la troisième semaine de juin, les probabilités davoir les quatre journées consécutives de séchage nécessaires à la production de foin sec varient entre 1,8 et 2,4 sur 7, soit entre 25 et 34 %. En dautres termes, entre les deux tiers et les trois quarts des récoltes seront endommagées par la pluie et, dans bien des cas, ces dommages seront importants si la pluie survient à la fin de la période de séchage.
Figure 1. Nombre de périodes de séchage par semaine pour le foin et lensilage mi-fané, 4 années sur 5 en Ontario.
Il faut cesser de considérer les dommages causés au foin par la pluie comme une question de malchance et reconnaître quil sagit dun résultat normal et prévisible des conditions météorologiques qui prévalent en Ontario. À titre de comparaison, les chances que le foin coupé en deux jours aux fins densilage ne soit pas endommagé par la pluie sont de 50 à 70 %. De plus, lorsque la teneur en eau est plus élevée, la pluie cause beaucoup moins de dommages. Les jours de récolte plus longs, lutilisation de matériel de capacité accrue et une main-doeuvre réduite sont dautres avantages de lensilage par rapport au foin. Il existe un grand nombre de solutions aux problèmes causés par le foin, mais la plupart dentre elles causent dautres problèmes. Lutilisation de séchoirs à foin réduit le séchage dans les champs, mais augmente les besoins en main-doeuvre et les coûts. De plus, les produits de séchage entraînent des pertes désastreuses sil pleut. De grosses balles de foin nécessitent une main-doeuvre réduite, mais prennent plus de temps à sécher.
Comme lillustre la figure 2, le foin subit les pertes de matières sèches les plus élevées. Daprès cette illustration, lensilage de matières sèches à 45 % préserve le mieux ces matières. Quand on considère que les matières sèches perdues (feuilles dans les champs et fraction digestible perdue lors du séchage) sont de la meilleure qualité qui soit, on constate que la valeur fourragère du foin sec est inférieure. La luzerne, qui est considérée comme la reine des fourrages, ne se prête vraiment pas à sa transformation en foin, car elle perd facilement ses feuilles par mauvais temps.
Figure 2.
Par ailleurs, il est très difficile dinclure le foin dans une ration totale mélangée. Lorsquon linclut, on perd une bonne partie de son bienfait principal (bonne source de fibres) en raison de la réduction de la taille des particules. De plus, les appareils pouvant mélanger le foin réduisent également la taille dautres ingrédients, ce qui, dans bien des cas, élimine les avantages de lajout de foin.
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Il est facile de faire un choix entre lensilage et le foin. Toutefois, il nest pas aussi facile de choisir un système dentreposage des fourrages pour un troupeau comptant entre 80 et 150 vaches. Dans les silos-tours bien gérés, les pertes de matières sèches sont faibles (de 5 à 10 %). Avec ce type de silos, il nest pas nécessaire de tasser ni de couvrir le fourrage, ce qui réduit les besoins en main-doeuvre. On peut facilement mettre des additifs, le déchargement du fourrage peut se faire beau temps mauvais temps et ces silos occupent moins despace. Quand on tient compte de tous les facteurs, on constate que les silos-tours conviennent bien aux troupeaux de 80 à 100 vaches. Toutefois, pour les troupeaux plus gros, les inconvénients des silos-tours sont plus nombreux que leurs avantages. Pour lentreposage de plus de 150 tonnes de matières sèches (silo-tour de 20 pi x 70 pi ou deux silos-couloirs de 8 pi x 20 pi x 65 pi), les silos-couloirs nécessitent des investissements inférieurs et constituent une option réaliste pour assurer la qualité des aliments pour animaux. Il faut souligner que la superficie exposée à loxygène dans un silo-tour de 20 pi est deux fois plus grande que dans un silo-couloir de 8 pi x 20 pi. Toute détérioration excessive dans un silo-couloir est attribuable à une gestion inadéquate et non à la superficie exposée. La production de gaz et la hauteur de la structure sont deux facteurs qui nuisent considérablement à la sécurité des silos-tours. La lenteur du remplissage de ces silos et la nécessité de les remplir à plusieurs reprises créent des embouteillages. En outre, la lenteur du déchargement est incompatible avec une alimentation par rations totales mélangées. Enfin et surtout, les silos-tours de plus de 60 pi de haut limitent la teneur en eau du fourrage qui y est entreposé. En raison du lessivage excessif, les propriétaires de silos mesurant entre 80 et 100 pieds de haut doivent récolter le maïs destiné à lensilage lorsquil contient moins que les 35 % souhaitables de matières sèches, ce qui nuit à la qualité des aliments pour animaux. Comme lindique le tableau 1, le maïs à point noir contenant 60 % de matières sèches, tel que recommandé pour les silos de plus de 80 pieds de haut, présente un pourcentage inférieur de digestibilité de la fibre de détergent neutre (FDN).
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Point noir | |
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| % de matières sèches |
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| % de FDN |
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| % de FDA |
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| % de lignine |
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| % de digestibilité de la FDN |
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Cela signifie une digestion, une appétibilité et un taux de passage inférieurs des épis de maïs débarrassés des grains. Or, ces facteurs ont tous des effets négatifs sur les vaches fortes productrices. La proportion de grains augmente, ce qui réduit la proportion de fibres. Cependant, à mesure que les grains de maïs durcissent, ils nécessitent davantage de conditionnement. En ce qui concerne la qualité des aliments pour animaux, un ensilage de maïs non traité contenant 30 % de matières sèches et qui est bien tassé dans un silo-couloir est nettement supérieur à un ensilage contenant 40 % de matières sèches et entreposé dans un silo-tour de 100 pieds de haut.
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Pour faire face à lexpansion du troupeau et répondre aux besoins supplémentaires en fourrage qui en découlent, on peut avoir recours temporairement à lensachage, par un opérateur externe, de lensilage placé sur une base ferme. Si on maintien lintégrité des sacs, les pertes de matières sèches sont faibles et la qualité des aliments est excellente. Par contre, lutilisation permanente de sacs présente de nombreux inconvénients. Sils ne sont pas placés sur une base bien drainée et désherbée, les sacs peuvent être endommagés par des rongeurs, des oiseaux ou la grêle. De plus, les mesures quil faut prendre pour protéger les sacs contre la boue entraîne une hausse des coûts de main-doeuvre. Tel quillustré à la figure 3, lensachage nécessite un vaste entrepôt. Si lon tient compte des coûts daménagement dune grande surface bien drainée, on constate que lensachage est trop coûteux à long terme. Une vaste étude menée il y a dix ans comparait le coût de divers systèmes densilage. Bien que les prix aient changé depuis, ils sont présentés au tableau 2. Cette étude comparait 68 heures de tassement effectué à laide dun tracteur de 100 hp pour le silo-couloir et la pile à 45 heures de soufflage dans le silo-tour ou 45 heures de compactage à laide dun appareil de 120 hp, pour lensachage. On a inclus les coûts de déchargement.
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| Silo-couloir |
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| Silo-tour |
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| Silo-tour scellé |
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| Sacs (propre opérateur) |
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| Sacs (opérateur externe) |
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Les auteurs dune étude semblable, portant uniquement sur les coûts dentreposage de 270 tonnes de matières sèches composées densilage de luzerne (Christensen, 1986), ont obtenu les résultats suivants : 62 $/tonne dans une structure scellée de 25 pi x 90 pi; 40 $/tonne dans un silo-tour de 24 pi x 85 pi; 27 $ dans un silo-couloir de 10 pi x 30 pi x 140 pi; et 27 $ dans 3 200 pi de sacs. Ni lune ni lautre des études nincluait les coûts dimmobilisations pour lentreposage des sacs. Comme il faut une base en gravier bien drainée si on utilise des sacs en Ontario, les coûts seraient plus élevés que ceux indiqués dans ces études.
De plus, comme ces études remontent à plus de 10 ans, les coûts seraient sans doute plus élevés aujourdhui. Il ressort clairement de tout cela que, lorsquon tient compte des coûts de manutention et des pertes de matières sèches, le fourrage nest pas un aliment économique. Comme il en coûte 55 $ la tonne de matières sèches, lensilage à 35 % de matières sèches coûte 21 $ la tonne métrique uniquement en frais de manutention. Cependant, un grand nombre de programmes danalyse utilisent une valeur totale se situant entre 20 $ et 25 $ pour calculer la valeur dinventaire et les coûts des aliments pour animaux.
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Les silos-couloirs constituent le meilleur type dentreposage à long terme pour les exploitations laitières ontariennes en expansion. Certains exploitants de très grosses fermes décideront peut-être dempiler lensilage. Toutefois, si le troupeau compte entre 100 et 400 vaches, lentreposage des aliments dans des silos-couloirs dont les parois mesurent de 6 à 10 pieds de haut conviendra mieux. Les parois latérales rendent le tassement plus sécuritaire et réduisent la superficie exposée, ainsi que la main-doeuvre nécessaire au tassement et au recouvrement. On trouvera ci-après des renseignements non exhaustifs sur les caractéristiques actuelles de conception des silos-couloirs.
Entre les silos-couloirs, on installe deux parois, espacées de 4 à 5 pieds, plutôt quune paroi simple. Comme ce type de construction fait appel à des traverses, qui renforcent le silo, on a besoin de moins de béton et dacier pour aménager ces deux parois, ce qui signifie que le coût total nest que légèrement plus élevé que celui dune paroi simple bien construite. Lespace entre les parois est drainé au moyen de tuyaux afin que leau sécoule à larrière du silo et rempli de gravier jusquà 2 ou 3 pieds du haut des parois. Lorsque le silo est rempli jusquau haut de la paroi, cet espace permet de placer des bâches de plastique en toute sécurité et facilite le drainage de leau de pluie à lextérieur du silo. Lorsquon retire les bâches de plastique, on peut entreposer des pneus dans lespace entre les parois. On peut aménager des marches dans la partie avant de la paroi double pour faciliter laccès à cet espace.
Pour assurer un drainage adéquat, le plancher du silo-couloir devrait être incliné de 1 % vers louverture du silo. De plus en plus dexploitants agricoles recouvrent le plancher de leurs silos-couloirs dasphalte. Selon le Miner Institute, de Chasey (New York), lasphalte coûte de 30 à 40 % moins cher le pied carré que le béton et résiste mieux aux acides et au gel que le béton. À linstitut, il ny a eu aucune détérioration après cinq ans dutilisation. Ce dernier recommande dappliquer une couche dasphalte sur une base bien tassée et de placer une toile sous cette base si on sinquiète de la stabilité de la base. Il suggère également de placer un rebord en béton le long du tablier, où le va-et-vient du matériel pourrait causer des dommages. Lorsquil fait très chaud, on recommande de ne pas faire tourner les roues du tracteur sur place, car lasphalte samollit sous leffet de la chaleur.
Les jus sécoulant de lensilage sont très polluants et doivent être recueillis afin déviter de contaminer le sol et leau. Un ouvrage de dérivation à grand débit permet dacheminer ces jus dans une fosse à fumier sans pour autant transporter de grandes quantités deau de pluie. Cet ouvrage de dérivation est formé dun tablier incliné muni dune barrière le long de lextrémité inférieure et dun tuyau dévacuation placé par-dessus un autre tuyau, au point le plus bas. La partie supérieure du tuyau dévacuation est ouverte et celui-ci est placé de façon à recueillir les jus à faible débit du rejet. Les eaux pluviales, dont le débit est plus élevé, sécoulent au-dessus du tuyau inférieur et ne sont pas captées (voir la figure 3).
Figure 3. Système de collecte des jus muni dun ouvrage de dérivation à grand débit pour les eaux de pluie (Wright, P, Silage Leachate Control, Proceedings from the Silage Field to Feedbunk North American Conference, 1997).
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Les dimensions du silo-couloir dépendent de la quantité de fourrage qui y sera entreposé, ainsi que des objectifs de gestion qui ont été fixés. En règle générale, la densité des aliments pour animaux bien tassés dans un silo-couloir est de 15 lb de matières sèches par pied cube. On recommande de retirer au moins 6 po daliments tous les jours pour garder lensilage frais. Si chaque vache ingère 24 lb de matières sèches par jour, lenlèvement dune couche de 6 po daliments se traduit par une surface exposée de 3,2 pieds carrés par vache (total de tous les silos-couloirs ouverts, diète composée exclusivement densilage). La surface exposée passe à 4,5 pieds carrés si les génisses se nourrissent aussi densilage. Pour faciliter le tassement, la longueur recommandée du silo est de 150 pieds ou moins. Comme on obtient les meilleurs résultats en vidant deux silos-couloirs à tour de rôle, pendant une année chacun, deux silos-couloirs de 90 pieds chacun placés lun à côté de lautre permettent de retirer une couche de 6 po daliments pour animaux à longueur dannée. Certains producteurs se demandent sils pourraient ouvrir les deux extrémités de leur silo-couloir. Comme le plancher du silo doit être incliné dans la direction opposée à lendroit où on retire lensilage, il nest pas pratique dalterner entre les deux extrémités pour vider le silo. La largeur minimale recommandée du silo est de deux fois la largeur du tracteur utilisé pour le tassement, soit entre 18 et 20 pieds. On peut aménager des silos-couloirs plus larges si on a besoin dune capacité dentreposage plus élevée. Toutefois, comme le dessus de lensilage doit être incliné selon un ratio de 1 à 4 afin de drainer leau de pluie, la partie centrale des silos-couloirs larges doit être très haute. De plus, avec ce type de silo-couloir, il faut parcourir une plus grande distance pour placer les bâches de plastique et les pneus. Les parois latérales devraient mesurer de 8 à 10 pieds de haut. La plupart des chargeuses ont une portée denviron 14 pieds. Cela correspond à la hauteur de lensilage, au centre dun silo-couloir de 30 pieds de large avec une paroi latérale de 10 pieds de haut, dont la partie supérieure est inclinée selon un ratio de 1 à 4. Si le silo-couloir est plus gros, le coût de parois plus hautes par tonne daliments entreposés est plus élevé que le coût dune plus grande surface de plancher.
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Létude adéquate de cette question dépasse le cadre du présent document. Les agriculteurs qui utilisent un silo-couloir pour la première fois devraient obtenir des renseignements détaillés avant de remplir leur silo. Un grand nombre dagriculteurs ont obtenu des résultats décevants avec ce type de silo en raison dun tassement insuffisant. Une densité de 15 lb/pi3 nécessite un tassement considérable (pour savoir si cette densité a été atteinte, il suffit de prendre note du volume et du poids des aliments retirés en hiver). Pour connaître le tassement nécessaire, il faut multiplier le nombre dheures de tassement par le poids du tracteur utilisé et diviser ce résultat par la quantité de matières sèches entreposées. On recommande 1 600 heures livres par tonne (800 heures kilogrammes par tonne). Si la remorque à fourrage contient 3,5 tonnes de matières sèches, il faut prévoir 12 minutes pour tasser ces matières avec une chargeuse-pelleteuse de 14 tonnes et 28 minutes avec un tracteur de 6 tonnes. Un grand nombre dopérateurs de récolteuse-hacheuse récoltent une telle quantité en huit à dix minutes. Lautre inconvénient des silos-couloirs est la nécessité de recouvrir les aliments pour animaux de bâches de plastique de 6 mils, de pneus fendus et de sacs de sable placés aux extrémités. Au lieu dutiliser des pneus entiers, il est préférable de se servir de pneus fendus ou du flanc de pneus de camions, car ils ne se remplissent pas deau, ils sont plus faciles à manipuler et ils peuvent être empilés lorsquon nen a pas besoin. Dans le Sud de lOntario, une entreprise de recyclage de pneus vend des demi-pneus pour 0,50 $ chacun et des flancs de pneus de camions pour 1 $ chacun. Pour vider le silo-couloir, retirer lensilage de façon nette en exerçant une pression vers le bas sur la chargeuse ou en utilisant une haveuse. Il faut ramasser toute partie de lensilage qui sest séparée de la pile et la donner à manger aux animaux.
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La capacité de traiter de grandes quantités de sous-produits alimentaires secs et humides constitue un avantage économique important pour les exploitants de gros troupeaux. Lorsquon nourrit les animaux avec des produits humides, il est bon davoir un silo-couloir spécial mesurant de 14 à 16 pieds de large et ayant des parois latérales de 4 ou 5 pieds afin que lon puisse y entreposer le contenu dune remorque remplie de drêches de brasserie ou dautres sous-produits. On peut également entreposer les aliments pour animaux dans un hangar muni de quatre aires ou plus où lon peut décharger les camions et charger les mélangeurs montés sur remorque. Ce type dinstallation fonctionne particulièrement bien pour les matières qui se déversent mal telles que la graine de coton. Pour les ingrédients plus fins et plus coûteux tels que les compléments protéiques secs, de plus en plus dagriculteurs retournent aux compartiments de stockage fermés, que lon vide à laide dun convoyeur-extracteur. Des études ont démontré que lorsquon entreposait ces ingrédients dans des hangars et quon les versait dans le mélangeur avec une chargeuse, un grand nombre derreurs de mélange étaient commises et les pertes attribuables au vent, aux oiseaux et à la détérioration étaient très élevées. Les économies réalisées grâce à la réduction des pertes et à la préparation plus précise des rations totales mélangées contrebalancent nettement la manutention et la main-doeuvre supplémentaires que nécessite lentreposage de ces ingrédients dans des cellules de stockage en vrac.
Par ailleurs, de plus en plus dagriculteurs ont recours aux silos-couloirs pour entreposer le maïs grain humide. Pour le grain nettoyé ou la rafle de maïs broyé ou aplati dont la teneur en eau se situe entre 30 et 35 %, un taux dalimentation de 4 à 6 pouces par jour suffit à éviter la détérioration. Lorsque la densité des matières sèches est de 45 lb/pi3 et que le taux dalimentation est de 25 lb par vache pour une teneur en eau de 30 %, on peut retirer 6 pouces daliments dun silo de 16 pi x 6 pi et nourrir 125 vaches. Pour de plus petits troupeaux, il est préférable de garder le maïs grain humide dans des sacs ou dans un silo-tour.
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Lorsquon utilise un mélangeur monté sur une remorque, le lieu de stockage des aliments pour animaux peut se trouver loin des installations à bétail. Toutefois, il est préférable de regrouper toutes les structures servant à lentreposage des aliments pour ne pas avoir à déplacer le mélangeur monté sur remorque et la chargeuse. Les silos-couloirs, les hangars où sont stockés les produits agricoles, les sacs daliments pour animaux et les compartiments de stockage devraient être regroupés autour dun tablier asphalté afin que lon puisse charger le mélangeur sans avoir à le déplacer. Il faut aménager une surface rigide dau moins 50 pieds devant lendroit où sont stockés les produits agricoles afin que ceux-ci puissent être livrés à laide dun camion-remorque.
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Lutilisation de matériel agricole automobile pour la distribution des rations totales mélangées nécessitera laménagement dun couloir dune hauteur libre de 12 à 14 pieds qui est suffisamment large pour que puisse y circuler un mélangeur monté sur une remorque. Si on prévoit 3 pieds pour la mangeoire et 10 pieds pour le matériel, cela signifie un couloir de 18 à 20 pieds (le couloir peut mesurer 16 pieds si tous les animaux à nourrir sont du même côté). Les couloirs de 16 pieds (animaux nourris des deux côtés) et de 14 pieds (animaux nourris dun seul côté) que lon trouve dans les fermes ne laissent pas de place pour permettre à une personne de circuler. Jusquà récemment, les étables comptant de quatre à six rangées comprenaient des couloirs ouverts à chaque extrémité, où pouvait circuler le matériel agricole automobile, et une « traverse » pour les vaches. Dans ce type détable, il faut sassurer que cette traverse est inclinée et en retrait afin que le liquide du fumier sécoule dans les couloirs de circulation. Les surfaces des couloirs de circulation des vaches doivent être recouvertes de béton non glissant. On attache de plus en plus dimportance à la biosécurité des exploitations agricoles. Or, on reconnaît que la traverse pour les vaches est un facteur de risque lorsque la remorque sur laquelle se trouve le mélangeur roule dans le fumier et longe la mangeoire. Létable peut être aménagée dautres façons. Par exemple, on peut placer sur la traverse des feuilles de contreplaqué munies de charnières qui ajoutent des parois latérales à la traverse; les couloirs où circule le matériel agricole automobile peuvent être sans issues; et on peut aménager trois rangées dans létable ou opter pour une autre configuration qui fait en sorte que les vaches sont toutes du même côté de ces couloirs. En Europe, dans certaines étables où on utilise du matériel de traite robotisé, on a aménagé un couloir, à lextérieur et de chaque côté du bâtiment, où le matériel agricole automobile peut circuler pour distribuer les aliments aux animaux.
Figure 4.
La figure 4 illustre le modèle de mangeoire recommandé. Lingestion daliments est la plus élevée lorsque la plate-forme dalimentation se situe entre 0 et 12 pouces au-dessus de la surface où la vache se tient et la capacité de la mangeoire est la plus élevée à une distance de 3 ou 4 pouces. La hauteur de la paroi et de la traverse supérieure est très importante et doit être réduite si le troupeau est constitué de vaches de petite taille ou de génisses de moins de 18 mois. Les cornadis à blocage automatique sont un excellent dispositif de contention des animaux. Toutefois, selon des données préliminaires, ils pourraient réduire lingestion daliments de 5 %. Dans les étables où la mangeoire est conforme à celle qui est illustrée, on repousse les aliments vers les animaux plusieurs fois par jour. Quelques exploitants agricoles ontariens font lessai de dispositifs qui raclent automatiquement les couloirs. À priori, il semble que ces dispositifs innovateurs donnent de bons résultats.
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Le plus gros défi à relever lorsquon planifie un système dalimentation consiste à assurer une transition sans heurts. Voici un exemple de la démarche que pourrait suivre un agriculteur qui utilise des stalles entravées pour ses 50 vaches, qui possède deux silos-tours et qui souhaite élargir son système dalimentation des animaux pour faire face à la croissance de son troupeau.
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