Dans cette section | Lè comportement de vaches laitières dans un étable à stabulation libre ou à stabulatin entravée comme mesure du confort des animaux
Table des Matières
ConceptsLe
choix de l'étable et le type de gestion préconisé influent
sur le comportement, la santé, la longévité et le rendement
des vaches, de même que sur la rentabilité d'une ferme laitière.
Une vache qui a peur ou dont les conditions de logement ne correspondent pas à
ses besoins est susceptible de développer des comportements indésirables
ou anormaux et de contracter des maladies. On juge le confort d'une vache à
son comportement et aux maladies qui l'affectent. Les états pathologiques
liés à un problème de confort sont, notamment, la boiterie,
les blessures au jarret ou au cou, la mammite, la fièvre vitulaire, la
cétose et le déplacement de la caillette. La façon de se
comporter d'un animal qui se repose, se nourrit, se déplace ou se tient
dans sa stalle fournit d'autres renseignements sur son confort. Les interactions
positives entre une vache, le lieu où elle vit et le personnel qui s'en
occupe contribuent au bien-être de l'animal, à la satisfaction des
employés et à une bonne production du troupeau (Anderson, 2001). ButsLorsque leur stalle est confortable, les vaches y restent couchées pendant 60 % du temps. Elles passent très peu de temps en position " perchée " ou en station debout. La stalle idéale comporte un espace ouvert suffisant à l'avant pour que l'animal puisse se lever et se coucher normalement, sans danger et sans crainte de se blesser. De plus, la vache dispose de l'espace nécessaire pour prendre toutes les positions normales de repos et pour se lever et se coucher en ligne droite. Une vache propre dans une stalle propre est un indice de confort de la stalle. Dans une étable bien conçue, les vaches s'adaptent facilement à leur milieu, ont aisément accès à la nourriture, à l'eau et à l'ombre, et sont peu exposées à des risques de blessure. Le présent document décrit le comportement qu'une vache doit avoir lors de l'évaluation du confort des animaux dans une étable à stabulation libre ou à stabulation entravée. Les comportements fournissent des renseignements (indicateurs) pratiques sur un système de logement. Positions couchées (au repos)Au repos, les vaches sont couchées dans leur stalle selon l'une des quatre positions normales suivantes : en long, en large, en boule ou en position étroite. En position longue, elles reposent la tête tendue vers l'avant. En position de repos en boule, elles posent la tête sur leur flanc et se plongent dans un sommeil actif. En position étroite, elles reposent davantage sur leur sternum, le cou légèrement arqué et les pattes arrière ramenées près du corps. Les pattes avant peuvent être allongées ou non. En position large, elles sont plutôt couchées sur le flanc et les pattes arrière sont étendues. On trouve aussi la position en décubitus latéral où la vache est complètement couchée sur le flanc (position de la vache morte), les pattes et la tête étendues. Figure 1. Vache jersiaise au repos, en position longue avec une patte avant étendue vers l'avant.
Station debout
On a aussi observé des comportements stéréotypés dans cette position, notamment lorsque l'animal appuie fermement le museau contre les bordures de sa stalle ou qu'il agrippe les tuyaux. Certaines vaches en station debout dans leur logette balancent continuellement la tête de gauche à droite, comme si elles vérifiaient la circulation avant de traverser une rue passante. On a appelé ce comportement " valse d'hésitation ". Dans des stalles entravées et étroites, où il y a des séparations à toutes les deux vaches, il se peut que l'espace soit insuffisant pour que deux vaches soient couchées en même temps. Dans ces étables, une vache se tient debout tandis que l'autre est couchée. Les vaches se tiendront debout dans les stalles recouvertes d'une couche de litière moelleuse plutôt que de circuler dans des couloirs en béton. La station debout sera également plus longue chez les vaches qui boitent ou qui disposent d'une litière trop dure (Cook, 2004). Figure 3. Les vaches laitières se tenant debout dans leur logette sont autant d'" indices " qui révèlent la présence de dangers dans leur environnement. Les stalles situées les plus près du distributeur de fourrage se remplissent en premier et les vaches sont couchées. Celles de la rangée d'en face restent en station debout pendant très longtemps dans ces logettes de 4,5 m (15 pi) disposées face à face. Dans ces stalles, la présence d'une vache qui fait face à une autre et plusieurs autres caractéristiques constituent des obstacles au confort des animaux.
Position " perchée "
La position " perchée " des vaches couchées constitue un facteur de contamination de la mamelle, des trayons, des pattes et de la queue, et un facteur de risque lié à la mammite. Le temps passé en position " perchée " peut durer de plusieurs minutes à plus d'une heure. L'incidence de ce comportement augmente souvent avec les mesures de contrôle de la propreté appliquées dans les stalles, comme la barre d'arrêt placée vers l'arrière de la stalle, la barre réglable placée à l'avant de la stalle, une plate-forme plus courte ou l'utilisation d'une surface de repos peu confortable. Selon une étude, la fréquence de ce comportement a diminué lorsqu'on a augmenté la largeur des logettes de 112 à 132 cm (de 44 à 52 po).
Figure 4. En position " perchée ", les vaches sont debout avec les pattes avant sur la plate-forme de leur stalle et les pattes arrière dans le couloir. C'est également la description d'une vache couchée dont une partie du corps se trouve dans la stalle et l'autre dans le couloir. Cette position indique aussi un problème de boiterie. Les vaches qui se tiennent en position " perchée " révèlent la présence de risques pour la santé dans leur stalle ou indiquent un problème de boiterie.
Station debout et couchée en diagonale
Station debout et couchée droite - Ouverture frontaleEn station debout ou couchée droite, la vache se place parallèle aux éléments de séparation des stalles. L'ouverture frontale désigne l'espace ouvert à l'avant d'une stalle et qui permet aux vaches de se tenir debout, de s'accroupir, de se coucher et de se relever en ligne droite. Des vaches qui se tiennent droites dans leur logette, qui y entrent sans problème et qui s'y couchent rapidement, qui passent peu de temps debout et se tiennent rarement en position " perchée " sont des indications que les stalles ont une ouverture frontale adéquate. L'ouverture frontale explique pourquoi les logettes installées face à face mesurent 5,5 m (18 pi) et celles qui donnent sur un mur mesurent 3 m (10 pi). Figure 6. L'ouverture frontale permet aux vaches de se tenir et de se coucher droites dans leur stalle. Ces stalles de 5,5 m (18 pi) à ouverture frontale fournissent l'espace nécessaire aux mouvements vers l'avant, réduisent les effets de la chaleur dégagée par les animaux et évitent les comportements dominants/dominés.
Station couchée vers l'arrièreEn station couchée vers l'arrière, une vache a la tête qui pointe en direction du couloir de l'étable à stabulation libre. Ce comportement indésirable fait en sorte que l'animal ramène du fumier à l'avant de la stalle et que celle-ci requiert davantage de nettoyage. Les veaux et les génisses adoptent ce comportement lorsqu'ils sont élevés dans des logettes aux dimensions inappropriées et ils le gardent souvent jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge adulte. Certains persistent à le conserver même si les stalles sont de dimensions adéquates. Les vaches adultes, de leur côté, adoptent ce comportement pour éviter des éléments qui leur causent de la frustration ou de la douleur dans leur logette. Certains croient que ce comportement est attribuable au fait que les logettes sont trop larges, ce qui peut être le cas dans les logettes mesurant plus de 137 cm (54 po) de largeur, mais elles sont extrêmement rares. Toutefois, des vaches au caractère déterminé se coucheront vers l'arrière dans des stalles mesurant moins de 122 cm (48 po) de largeur. Cette position est probablement la plus évidente des comportements d'évitement d'un animal. Figure 7. Les vaches en station couchée vers l'arrière tournent le dos aux éléments qui leur déplaisent dans leur stalle et regardent vers l'espace ouvert dont elles ont besoin pour exécuter des mouvements naturels.
Agitation ou longs épisodes en station couchéePar agitation, on entend un animal qui remue constamment lorsqu'il est couché ou qui change fréquemment de position pour se reposer, passant de la position étroite à la position en large. Lorsque l'animal s'agite, le bas des pattes arrière se déplace sur la plate-forme et ce mouvement exerce un frottement sur l'extérieur du jarret. De plus, le haut des pattes retombe dans le couloir, ce qui exerce un frottement sur l'intérieur du jarret. Une bordure d'arrêt élevée dans les logettes et des bords de mangeoires hauts dans les stalles entravées empêchent les vaches de tendre leurs pattes antérieures vers l'avant, ce qui les rend agitées. D'autres facteurs d'obstruction, des blessures ou des problèmes de boiterie rendent difficile ou même douloureux, le mouvement de lever des vaches, ce qui les pousse à prolonger les épisodes en station couchée ou à éviter de changer de position lorsqu'elles sont couchées. Figure 8. Les vaches agitées changent souvent de position, poussent la litière en dehors de leur stalle et s'infligent des blessures aux pattes à la suite de traumatismes répétés. L'agitation et les blessures chez les animaux révèlent un malaise ou la présence d'éléments qui gênent les mouvements de coucher normaux.
Occupation en alternanceDans un système d'occupation en alternance, une logette sur deux est occupée et la logette d'en face est vide. Ainsi, les vaches bénéficient de plus d'espace social, elles peuvent exécuter des mouvements vers l'avant sans obstruction et elles évitent de subir la domination d'une vache logée dans la stalle d'en face. L'occupation en alternance est la solution évidente aux grandes étables peu remplies, dans lesquelles les vaches peuvent choisir une stalle où celle d'en face est libre ou occupée. Puisque les bovins ont besoin d'espace social, ils choisissent leurs voisins selon l'âge, le tempérament ou le rang de ceux-ci dans le troupeau. Figure 9. L'occupation en alternance où les vaches occupent une stalle sur deux est évidente dans ces stalles de 4,5 m (15 pi) disposées face à face. Si les animaux sont ainsi répartis, cela indique que les stalles sont courtes et que l'espace social est inadéquat, et non une répugnance à se trouver en face d'un autre animal.
GroupementPar
groupement, on entend le rassemblement de vaches dans une zone de l'étable
à stabulation libre pendant de longues périodes. Les animaux évitent
de toute évidence certains autres endroits. Les producteurs ontariens observent
les groupements d'animaux autour du bassin à eau ou aux extrémités
de l'étable en été. Des variations dans la température
ou dans la circulation de l'air peuvent inciter les animaux à se regrouper.
M.W. Overton (2002) a conclu que la proportion d'animaux couchés diminuait
à mesure que la température de l'étable augmentait, et qu'on
observait la proportion moyenne la plus élevée d'animaux couchés
(86 %) lorsque les températures enregistrées étaient les
plus faibles (14,9 °C ou 58,8 °F). Dans ses conférences, M.W. Overton
indique que les vaches évitent le soleil et choisissent de se tenir dans
les parties ombragées de l'étable. Le pourcentage d'animaux debout
augmente à mesure que la température ambiante augmente (Shultz,
1984). La station debout permet un refroidissement par évaporation maximal
des surfaces du corps (Igono, 1987). En Finlande, E. Manninen (2002) a indiqué
que les vaches évitaient le sable et préféraient la paille
et les tapis en caoutchouc moelleux tant en hiver qu'en été. Ses
vaches préféraient la paille aux tapis en caoutchouc moelleux en
hiver, mais elles n'affichaient aucune préférence en été. Mouvements de lever et de coucherNormalement, la vache se lève et se couche avec facilité et sans hésitation. Lorsqu'elle se lève, elle effectue d'abord un mouvement vers l'avant, revient dans une position plus droite, puis hoche la tête. En fait, elle baisse la tête au point que son menton touche le sol. Ce mouvement déplace son centre de gravité. Elle commence alors à relever légèrement la partie avant de son corps, puis l'arrière-train " allégé " par le mouvement de bascule est propulsé par les pattes arrière. Quand l'animal se soulève, les épaules se déplacent vers l'avant (longitudinalement avec le corps) d'environ 40 cm (16 po) et la tête d'environ 60 cm (24 po). Tout objet se trouvant dans la portée de ce mouvement normal gêne l'animal qui se lève ou se couche. En observant et en écoutant attentivement l'animal, il est possible de repérer ce qui gêne ses mouvements, p. ex., le menton qui frotte sur le sol, la tête qui se cogne, le garrot qui frappe un obstacle, les pieds qui donnent des coups et les genoux qui s'entrechoquent. Pour arriver à se lever, l'animal modifie ses hochements, son mouvement vers l'avant et l'oscillation de sa tête, et ce qui s'effectuait gracieusement devient une série de mouvements traînants de l'avant et de l'arrière-train. Quand elle rencontre un obstacle, la vache hoche la tête selon un arc de type " saut de ski " ascendant plutôt qu'un hochement normal. Figure
10. Le lever de l'animal s'accompagne d'un mouvement
vers l'avant. Les flèches indiquent le mouvement qu'effectue le museau
d'un animal au moment de se lever. Les mouvements sont accompagnés de hochements
de tête. L'animal fait également un pas vers l'avant d'environ 46
cm (18 po) avec une patte avant. La patte qui s'avance passe généralement
par-dessus un obstacle de 10 cm (4 po); c'est ce qui permet d'établir la
hauteur maximale d'une bordure d'arrêt.
Léchage sous la patte arrière et nettoyageLe léchage sous la patte arrière désigne le mouvement qu'effectue la vache avec sa langue lorsqu'elle nettoie le pli entre sa mamelle et sa patte. Ce comportement ne devrait pas être ignoré, car c'est un indicateur de l'état du plancher (glissant ou non). Il peut également permettre à l'animal de prévenir l'échauffement entre la patte et la mamelle. Pour faire ce mouvement, l'animal se tient sur ses deux pattes avant et sur une patte arrière, comme l'indiquent les figures 11 et 12. Dans les étables
à stabulation entravée traditionnelles et les étables plus
anciennes où l'on utilisait des cornadis, le système de retenue
peut empêcher les vaches de se lécher sous la patte arrière.
Une chaîne de 46 à 53 cm (18 à 21 po) dans un système
de barre d'attache unique n'offre pas à la majorité des vaches la
liberté de mouvement nécessaire pour cela. Un système à
deux chaînes (la " stalle confort " en Ontario) ne permet pas
non plus ce mouvement.
Syndrome de la vache à genouxLe syndrome de la vache à genoux désigne la position que prend la vache laitière qui s'accroupit sur ses genoux avant tout en gardant ses pattes arrière droites. Les producteurs n'aiment pas que les vaches adoptent ce comportement car, dans cette position, elles défèquent dans la litière de la stalle. Dans une litière souillée, les trayons et les mamelles se salissent, ce qui augmente le temps de préparation de la mamelle avant la traite, hausse les risques de mammite et nuit à la qualité du lait. Dans certaines stalles entravées, les vaches ont tendance à s'agenouiller pour éviter le dresseur électrique installé trop près du dessus de leur épaule ou bien en avant et en bas du garrot. Elles s'agenouillent aussi pour atteindre leur nourriture lorsque la mangeoire est placée à la hauteur de leurs pieds ou plus bas. Les vaches se mettent aussi à genoux pour aller chercher de la nourriture qui n'est pas à leur portée. Il y a des vaches qui écartent les pattes sur les côtés de façon à diminuer la hauteur de l'épaule et de la tête pour accéder à de la nourriture. Cette position fait une pression sur l'onglon avant et peut favoriser les contusions de la sole. Les vaches souffrant de fourbure ont tendance à s'agenouiller pour manger. Dans les stalles entravées et les logettes, il arrive que les vaches s'agenouillent pour des périodes prolongées en réaction à ce qui gêne leurs mouvements normaux de lever ou de coucher. En général, ce comportement est attribuable au fait que les animaux n'ont pas l'espace voulu pour effectuer les hochements de tête ou prendre leur élan, mais il se peut aussi que ce soit en raison d'un mauvais positionnement de la barre d'arrêt dans les logettes. Figure 13. Les vaches adoptent la position agenouillée pour s'adapter aux difficultés qu'elles rencontrent dans leur environnement. Dans cette étable à stabulation entravée, la barre d'attache est placée à 1 m (39 po) au-dessus de la plate-forme.
Position assise en chienEn position assise en chien, la vache est littéralement assise comme un chien, sur son arrière-train avec les pattes avant en extension. Cette position peut également être associée au mouvement de lever du cheval, car la vache soulève d'abord la partie avant de son corps, et l'arrière-train ensuite. Ce comportement révèle la présence de plusieurs éléments de la stalle qui nuisent au confort de la vache. Il peut également indiquer que l'animal a une blessure à une patte avant. Les vaches ayant des blessures au genou se reposent souvent avec la patte allongée en raison de l'enflure l'empêchant de la replier. Ces vaches vont alors choisir, par nécessité, d'allonger les deux pattes antérieures et de se lever à la manière d'un cheval. Il arrive toutefois que des vaches qui n'ont aucune blessure aux membres antérieurs choisissent de s'asseoir en chien et de se lever à la manière d'un cheval. Dans des étables à stabulation entravée dotées de stalles confort, certaines vaches n'arrivent pas à s'adapter au peu d'espace dont elles disposent pour prendre leur élan et aux chaînes qui gênent l'exécution de leurs mouvements vers l'avant. Elles y arrivent en se levant comme un cheval et elles s'assoient souvent comme un chien pendant plusieurs minutes. Dans les étables à stabulation libre où l'espace n'est pas suffisant pour les mouvements normaux de lever et de coucher, il arrive qu'une ou plusieurs vaches adoptent la position assise en chien. Dans la figure 14, il est à noter que la bordure d'arrêt est à 30 cm (12 po) et la barre d'arrêt à 117 cm (46 po) au-dessus de la plate-forme. Ce sont peut-être ces éléments qui sont à l'origine de la douleur et de la peur de l'animal et qui l'ont amené à modifier ses mouvements normaux de lever. Il ne faut
pas confondre la position assise en chien avec celle de la grenouille qui est
caractérisée par une extension complète ou partielle vers
l'avant des deux pattes arrière posées le long du corps couché.
Chez les bovins, la position de la grenouille indique une luxation de la hanche,
une rupture des muscles adducteurs ou une paralysie du nerf obturateur.
Stéréotypie et pression sur le museauLa stéréotypie désigne la répétition excessive de comportements apparemment inutiles. Les comportements stéréotypés sont anormaux et constituent une forme de réaction comportementale à des conditions difficiles ou pénibles. Le comportement de la vache qui applique une pression sur son museau, comme sur la figure 15, peut passer inaperçu ou être considéré comme normal pour certains animaux dans un troupeau, mais il peut indiquer la présence d'éléments qui perturbent les bovins. Il se peut que l'élément déclencheur de la stéréotypie chez les animaux soit difficile à cerner ou soit attribuable à plusieurs facteurs. Grâce à des enregistrements vidéo effectués dans une étable à stabulation entravée, on a pu observer une vache adulte Holstein exercer une pression de façon répétitive sur son museau. La stalle comporte une ouverture large, une seule barre d'attache (située à 102 cm [40 po] au-dessus de la plate-forme) et une chaîne de 46 cm (18 po) rattachée à un collier en cuir. La plate-forme, mesurée depuis le bord de la mangeoire jusqu'au bord du dalot, est longue de 168 cm (66 po). La stalle mesure 117 cm (46 po) de largeur et comporte deux montants verticaux, situés à 30 cm (12 po) du bord du dalot. Le temps que passe la vache en station couchée est d'environ 8 heures par période de 24 heures. Lorsqu'elle s'allonge pour se reposer, ses hanches heurtent les montants. Quand elle se tient debout et qu'elle ne mange pas, ne rumine pas ou n'est pas en train de se faire traire, elle appuie le museau de façon répétée sur le montant de la barre d'attache et se dandine constamment sur une patte et sur l'autre. Elle ne présente aucun signe d'infection aux pieds. C'est donc un ensemble de caractéristiques de la stalle qui pourrait l'avoir amenée à adopter ce comportement. Figure 15. La vache noire était portée à presser son museau de façon répétitive sur le tuyau en acier inférieur de l'élément séparateur ou sur le tuyau transversal supportant la séparation. Ses comportements répétitifs variaient en durée, de quelques secondes à plusieurs minutes, avec plusieurs épisodes d'environ 30 minutes au cours de la journée.
Position couchée, debout, " perchée " - Évaluation du comportementLes visiteurs profitent souvent de leur passage éclair dans une étable pour évaluer le comportement des vaches et le confort des stalles. Ils observent le temps que passent les animaux en position couchée, debout et " perchée " et utilisent ces données pour mesurer la réaction d'une vache à sa stalle. L'impression qu'ils en retirent peut être bonne ou pas. Bien qu'ils prennent plus de temps, les enregistrements vidéo à intervalles indiquent ce qui peut ne pas apparaître évident lors d'une visite éclair. Les indicateurs traditionnels (p. ex., l'indice de l'utilisation des stalles) ne permettent pas de connaître le temps que passent les animaux couchés dans leur stalle. Toutefois, la position en station debout dans les stalles constitue une modification de comportement importante, laquelle est associée à un nombre croissant de cas de boiterie dans les environnements offrant de piètres conditions (Cook, 2004, 2005). N.B. Cook conseille d'observer les animaux deux heures avant la traite du matin, et, de son côté, M.W. Overton (2002), en Californie, recommande d'évaluer l'utilisation des stalles une heure avant la distribution des aliments ou la traite du matin. Ce dernier a observé des changements dans le comportement des animaux en station debout selon l'éclairage et la température dans l'étable. A. Ceballos (2004) a produit les toutes premières études en trois dimensions lorsqu'il a décrit les mesures précises de l'espace utilisé par les vaches laitières Holstein pour exécuter leurs mouvements de coucher dans un espace ouvert et dans une logette. Il a indiqué que les vaches utilisaient jusqu'à 300 cm (10 pi) d'espace longitudinal pour se coucher. Il est à noter que les logettes conventionnelles ne disposent pas de cet espace. Les mouvements du museau varient entre 10 et 30 cm (4 et 12 po) dans l'espace dont l'animal a besoin pour s'élancer vers l'avant. D'après cette étude, nous devrions prendre soin de garder cet espace libre et ouvert. Les éléments matériels utilisés dans les stalles de même que les dimensions des stalles influent sur le comportement et la préférence des animaux. Selon Cassandra Tucker (2004), les animaux logés dans de grandes stalles passent davantage de temps couchés et moins de temps debout avec seulement les pattes avant dans la stalle. Les bordures d'arrêt nuisent au confort des stalles. Les vaches préfèrent les stalles sans bordure d'arrêt et celles qui en sont dotées sont boudées par les animaux. Toutefois, ces bordures d'arrêt permettent aux vaches d'être bien positionnées dans leur stalle et contribuent ainsi à la propreté des lieux (Tucker 2006). Selon une étude américaine, les bordures d'arrêt de plus de 15,24 cm et les zones situées à l'arrière de la bordure et qui sont remplies de béton ont été associées à une plus grande incidence de problèmes de boiterie (Espejo, 2007). La hauteur des barres d'arrêt et leur position vers l'avant nuisent à la propreté des stalles et modifient le temps que passent les animaux en position debout et " perchée ", mais pas le temps passé couchés. C. Tucker (2005) conseille de régler la position de ces barres de façon à permettre aux vaches de se tenir les quatre pattes sur la plate-forme des stalles, laquelle sera recouverte d'un matelas rempli de caoutchouc ou d'un tapis en caoutchouc. L'utilisation des stalles
dépend du type et de la quantité de litière. En Colombie-Britannique,
M. Drissler (2005) a conclu que les animaux passaient davantage de temps couchés
(jusqu'à 2,3 heures de plus par jour) dans leur stalle si la litière
était en sable et que la quantité de sable était en quantité
suffisante pour arriver jusqu'à la bordure, plutôt qu'à 14
cm (5 po) sous la bordure. Il est courant en Ontario d'utiliser du sable dans
les stalles et d'entreposer le sable à l'avant des stalles pour l'entretien
qui est effectué toutes les deux ou quatre semaines. Toutefois, aucune
recherche n'indique les effets qu'ont les tas de sable sur le temps que les animaux
passent couchés ou debout. C. Tucker (2004) a indiqué des augmentations
importantes dans le temps passé en station couchée (1,5 h/jour)
et les épisodes où les animaux sont couchés, ainsi que des
diminutions dans le temps passé en position " perchée ",
lorsque la litière est garnie de 7,5 kg de sciure de bois comparativement
à 1 kg sur un matelas rempli de caoutchouc. Il est évident que les
vaches préfèrent les tapis à base de caoutchouc et une bonne
couche de litière. D'autres recherches (Mowbray, 2003, Tucker, 2004) menées
en Colombie-Britannique ont révélé une plus faible incidence
des lésions au jarret lorsque les tapis étaient bien rembourrés.
Les vaches préfèrent se coucher et se tenir debout sur une surface
confortable et la surface de la stalle influe sur leur choix et sur leur utilisation
de la stalle (Tucker, 2003). Dans les étables comptant un grand nombre
d'animaux, le temps passé en station couchée diminue et les vaches
passent davantage de temps debout dans les couloirs. On note également
un plus grand nombre de déplacements des vaches (Fregonesi, 2004). En cas
de stress de chaleur, les vaches choisissent les stalles contenant des copeaux
de bois ou une litière solide plutôt que celles qui sont recouvertes
de tapis en caoutchouc Dans les étables où l'on utilise un revêtement de sol en caoutchouc devant le distributeur d'aliments, on a observé de légères différences chez les bovins laitiers relativement à l'endroit où ils se tiennent et au temps passé en station debout. Toutefois, les répercussions biologiques de ces petits changements ne sont pas claires (Fregonesi, 2004). Les vaches sont plus portées à se déplacer et à passer davantage de temps devant le distributeur de fourrage si le sol est moelleux (Tucker, 2006). Puisqu'elles passent beaucoup plus de temps en station debout lorsqu'elles sont à la veille de vêler, il est évident que le confort de l'animal prend une grande importance durant cette période (Huzzey, 2005). Le comportement des vaches est différent selon qu'elles sont logées dans une étable à stabulation libre sur un caillebotis en béton, sur du mastic d'asphalte ou sur un tapis en caoutchouc. Dans les étables où le plancher est recouvert de caoutchouc, les vaches passent moins de temps couchées dans les stalles et davantage de temps au distributeur de fourrage, dans le couloir et en station debout, dans les stalles. Les vaches logées dans l'unité recouverte d'un plancher caoutchouté n'avaient pas autant besoin de se coucher; elles se tenaient plutôt debout sur la surface moelleuse pour se reposer ou passaient davantage de temps au distributeur de fourrage. Le total de 12 heures par périodes de 24 heures passées en station couchée, lorsqu'on a utilisé le plancher caoutchouté dans les couloirs, était plus proche du comportement observé chez des bovins laitiers en pâturage que chez ceux logés dans une étable au revêtement de sol dur (Olsson, 2005). Les obstacles qui restreignent les mouvements normaux de lever et de coucher, ou les éléments des stalles qui sont sources de douleur, de peur ou d'insatisfaction, peuvent entraîner des comportements indésirables ou anormaux chez les animaux. Par leur comportement, les vaches indiquent quels éléments de l'étable nuisent à leur confort, par exemple les murs, les bordures, les tuyaux, la litière, les câbles ou les bandes de nylon se trouvant dans l'espace nécessaire pour l'exécution de leurs mouvements vers l'avant et des hochements de tête. D'autres éléments peuvent gêner les animaux, notamment les stalles étroites, les plates-formes courtes, les ouvertures étroites dans les stalles prévues pour les mouvements latéraux vers l'avant, les barres d'arrêt trop basses ou trop près de l'arrière de la stalle, les bordures d'arrêt élevées, les bords trop hauts et une litière inadéquate et en volume insuffisant.
La démarche d'une vache saine au pâturage se fait comme suit : elle dépose le pied arrière dans l'empreinte laissée par le pied avant. Sur un sol glissant ou dans l'obscurité, sa démarche est plus hésitante : elle place son pied arrière à l'extérieur de l'empreinte laissée par le pied avant, ce qui modifie sa foulée, la longueur de ses pas et sa vitesse de déplacement. Cette manière de marcher procure à l'animal une plus grande stabilité, mais exerce une plus grande pression sur l'extérieur de l'onglon. Le choix du revêtement des planchers et de l'éclairage des lieux influence la démarche des animaux, la santé de leurs pieds et leurs mouvements. L'endroit où l'animal positionne ses pieds, la longueur de sa foulée et de ses pas, ainsi que sa vitesse de déplacement ne sont que quelques éléments à observer pour évaluer son comportement de marche (Telezhenko, 2003, 2005). L'observation des habitudes de marche des animaux offre une occasion d'évaluer l'adhérence des planchers et l'uniformité des surfaces en contact avec les onglons. De plus, les dépressions dans les planchers en ciment présentent des risques pour la santé, car les déchets qui s'y accumulent contribuent à contaminer les pieds et la queue des animaux, et sont éclaboussés sur les litières, les trayons ou les pattes. En Allemagne, des chercheurs ont conclu que les animaux étaient moins susceptibles de glisser sur des planchers caoutchoutés moelleux. La longueur des pas sur des sols en caillebotis à revêtement de caoutchouc moelleux était semblable à celle des pas mesurés dans les pâturages. L'activité et la vitesse de déplacement augmentait sur les planchers moelleux. La santé des onglons se trouvait améliorée sur les sols moelleux en caillebotis, comparativement aux sols en caillebotis ordinaires (Jungbluth, Benz, 2003). Figure 17. L'observation de l'empreinte des onglons d'une vache révèle que la marche se décompose en plusieurs segments, soit la foulée, le pas, ainsi que l'angle, la superposition et l'abduction du pas.
|
Ce
site est mis à jour par le gouvernement de l'Ontario, Canada
© Imprimeur de la Reine pour l'Ontario,
Dernière mise à jour :