Élevage à façon des génisses laitières points à considérer dans l'entente


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 412
Date de publication : 07/98
Commande no. 98-060
Dernière révision : 08/2012
Situation : Fiches techniques originale
Rédacteur : M. Mongeon - conseiller en production laitière/MAAARO; J. Rodenburg - spécialiste des bovins laitiers/MAAARO; C. Russwurm - conseillère en élevage du bétail/MAAARO; M. Werry - également conseillère en élevage du bétail/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Points à considérer par l'éleveur à façon et par le propriétaire
  3. Objet et rôle de l'entente
  4. Types d'ententes
  5. Clauses essentielles de l'entente

Introduction

La présente fiche technique a pour objet d'évoquer les facteurs commerciaux à considérer avant d'élaborer une entente d'élevage à façon de génisses laitières. L'élevage à façon des génisses laitières peut présenter des avantages importants tant pour le propriétaire des bêtes que pour l'éleveur qui les prend en pension.

Les producteurs laitiers de l'Ontario conduisent en général leur troupeau de relève par groupes :

1. naissance-sevrage (0 à 3 mois);
2. transition (3 à 6 mois);
3. croissance (6 à 12 mois);
4. mise à la reproduction-fin de gestation (12 à 23 mois).

Chaque producteur peut décider des phases de croissance durant lesquelles il est le plus avantageux pour lui de confier l'élevage de ses génisses à un autre éleveur.

Points à considérer par l'éleveur à façon et par le propriétaire

Il y a plusieurs avantages et inconvénients dont le propriétaire et l'éleveur doivent tenir compte quand ils décident de pratiquer l'élevage séparé des laitières de remplacement. L'un comme l'autre devront déterminer les répercussions que cette formule de travail va avoir sur leurs objectifs d'exploitation respectifs.


Avantages

Propriétaire

  • diminution des besoins en main-d'oeuvre;
  • utilisation par les vaches en lactation des ressources destinées aux génisses, par exemple, les aliments, l'entreposage, la main-d'oeuvre, les installations;
  • possibilité d'agrandir le troupeau avec moins d'investissement en capital;
  • plus de temps à consacrer aux soins des vaches en lactation

Éleveur à façon

  • atelier de production supplémentaire;
  • utilisation et commercialisation des fourrages et des céréales fourragères;
  • abaissement des coûts et de la main-d'oeuvre grâce aux économies d'échelle;
  • possibilité d'élever les génisses par groupes d'âge et (ou) de taille.

Inconvénients

Propriétaire

  • perte d'une catégorie d'animaux à qui on peut donner des aliments de qualité inférieure et des rebuts de mangeoires;
  • droit de regard restreint sur l'élevage des génisses;
  • conflits entre producteur et éleveur à façon;
  • exposition accrue des génisses aux maladies;
  • accroissement des frais de transport et des risques que cela entraîne.

Éleveur à façon

  • nécessité d'avoir de bonnes installations d'élevage;
  • augmentation des réparations aux installations;
  • visites des propriétaires;
  • conflits entre producteur et éleveur à façon;
  • exposition accrue à la maladie.

Objet et rôle de l'entente

Une entente écrite est de rigueur pour assurer la protection du propriétaire aussi bien que de l'éleveur à façon. Le principal avantage de l'entente écrite est de préciser formellement les responsabilités respectives des deux parties.

L'entente entre le propriétaire et l'éleveur doit être claire et comprise par les deux parties. Ces dernières doivent peser soigneusement les risques et les avantages avant de conclure l'entente.

L'entente doit aussi spécifier les lignes directrices concernant la croissance que les génisses devront avoir atteinte à la fin de la période visée (poids, hauteur au garrot et âge à la fin de l'entente), la rétribution de l'éleveur et les modalités de règlement. Toute entente écrite doit être faite en deux exemplaires datés et signés par les deux parties. La liste de contrôle figurant à la page suivante énumère les points pouvant faire l'objet d'une clause dans une entente écrite entre un propriétaire de génisses laitières et un éleveur à façon.

Types d'ententes

Une entente est un moyen d'attester par écrit les différentes attentes que l'éleveur et le propriétaire peuvent avoir. Les ententes sont de plusieurs types selon les modalités de rétribution de l'éleveur.

(1) Contrepartie forfaitaire. Le titre de propriété reste aux mains du propriétaire et l'éleveur à façon s'engage à fournir la main-d'oeuvre, les aliments, le logement et autres services nécessaires à l'élevage des génisses pendant une période déterminée et en contrepartie d'une somme déterminée.

(2) Pension par tête et par jour. Ce type d'entente est courant. Il présente l'avantage de permettre une facturation mensuelle, ce qui facilite pour chacune des parties la planification des mouvements de trésorerie.

(3) Rétribution basée sur le gain de poids. Ce type d'entente est plus courant chez les producteurs de bouvillons, mais il présente aussi un certain intérêt pour les propriétaires de génisses laitières. Aux termes d'une entente basée sur le gain de poids, le propriétaire rétribue l'éleveur en fonction des livres de poids prises par les génisses, à concurrence d'un poids optimimum spécifié dans l'entente.

(4) Alimentation et pension. Aux termes de ce genre d'entente, le propriétaire assume le coût des aliments et verse à l'éleveur une somme fixée à l'avance pour rétribuer son travail et couvrir ses frais fixes généraux et ses charges d'exploitation.

Une fois que l'on a décidé du type d'entente, on doit considérer les éléments suivants (voir la liste ci-après).

Liste de contrôle : Éléments susceptibles d'être inscrits dans l'entente

Mise à la reproduction

  • services d'IA;
  • semence;
  • choix du géniteur;
  • aides à la détection des chaleurs;
  • vérification de l'état de gestation;
  • détection des chaleurs

Aliments

  • fourrage;
  • grain;
  • supplément protéique;
  • minéraux;
  • sel;
  • additifs à l'aliment;
  • pâturage.

Soins véterinaires

  • vermifugation;
  • écornage;
  • parure des onglons;
  • soins d'urgence;
  • médicaments;
  • déparasitage;
  • coûts post-mortem;
  • vaccinations.

Généralités

  • litière;
  • identification;
  • assurance;
  • électricité/carburant;
  • réparation des étables;
  • entretien;
  • manutention du fumier;main-d'oeuvre;
  • mortalité;
  • désinsectisation;
  • transport;
  • contrôles de la croissance;
  • eau.

Clauses essentielles de l'entente

Une entente écrite peut contenir toute l'information voulue par l'éleveur et le propriétaire, mais ceux-ci doivent, avant d'y apposer leur signature, parvenir à une compréhension claire des facteurs commerciaux qui sont en jeu.

  • Modalités de paiement - Il y a probablement autant de modalités différentes de paiement qu'il y a de gens qui passent des contrats; veillez à ce qu'elles soient claires!
  • Normes de performance zootechnique - Stipuler les attentes quant à l'âge, le poids, l'état de chair et autres critères. Préciser les mesures à prendre à l'égard des génisses dont l'insémination échoue.

    Pour les normes recommandées de croissance, se rapporter à la fiche technique du MAAO intitulée Gestion de la croissance des génisses laitières, commande no 96-098.
  • Santé - L'éleveur doit fournir au propriétaire une information détaillée sur son plan sanitaire qui aura été préparé par un vétérinaire. Ce plan doit préciser les détails de l'écornage, de la mise à la reproduction et du traitement. Les modalités de transport doivent être clairement énoncées.
  • Mortalité - Quel que soit celui qui prend soin des animaux, la perte d'un certain nombre d'animaux est pratiquement inévitable. Certaines ententes stipulent que le propriétaire prendra à sa charge un certain pourcentage de perte et que l'éleveur assumera la responsabilité des pertes dépassant ce niveau convenu. Selon d'autres ententes, le propriétaire absorbe la perte de la génisse et l'éleveur, la perte des coûts qu'il a assumés relativement à cet animal.
  • Alimentation - L'éleveur doit s'engager à distribuer des rations prédéterminées pour couvrir les besoins de croissance des animaux. Le tableau 1 indique les quantités estimatives d'aliments nécessaires à chaque groupe d'animaux, mais les besoins alimentaires par jour changent tout au long de cette période. L'éleveur et le propriétaire doivent convenir du sort des animaux qui se développent mal.
  • Assurance - Les deux parties doivent préciser dans l'entente quelle compagnie d'assurance couvrira les pertes dues à une catastrophe. Elles doivent aussi y donner la description cadastrale du lieu où les animaux seront élevés pendant la période visée par l'entente (canton, lot, concession, numéro municipal) aux fins des polices d'assurance.
  • Taxe sur les biens et services - Les aliments servis à des animaux élevés en parcs d'engraissement sont exonérés de la taxe sur les biens et services (TPS), mais ce n'est pas le cas des autres produits et services tels que la pension et les fournitures et services vétérinaires. Si l'éleveur ne facture pas séparément les aliments qu'il donne aux génises, il doit facturer la TPS sur une tranche minimale de 10 % de la facture totale, que celle-ci soit basée sur les aliments et la pension ou sur le gain de poids. Les propriétaires des bovins pourront se faire rembourser la TPS qu'ils ont payée à l'éleveur comme crédit de taxe sur les intrants s'ils sont inscrits aux fins de la TPS.
  • Sécurité - Les éleveurs à façon doivent envisager d'enregistrer leur créance sous le régime de la Loi sur les sûretés mobilières. Ils peuvent se procurer des formules aux bureaux d'enregistrement immobilier de l'Ontario. Les formules remplies peuvent être enregistrées dans n'importe lequel de ces bureaux.

Figure 1. Quantités utiles pour l'établissement d'un budget d'élevage de génisses (adaptation de Dairy Heifer Budgeting Guide)
Quantités utiles pour l'établissement d'un budget d'élevage de génisses

Hypothèses budgétaires
Sevrage à 4 semaines; poids à la naissance de 45 kg; les services publics comprennent le téléphone, l'électricité, le carburant; vêlage à 24 mois; poids au vêlage de 575 kg.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca