Prévention du syndrome de la vache couchée


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 414/14
Date de publication : 01/94
Commande no. 93-124
Dernière révision : 11/96
Situation : Nouvelle
Rédacteur : J.F. (Jack) Cote - D.M.V./MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Fièvre vitulaire
  3. Prévention de la fièvre vitulaire
  4. Mammite
  5. Prévention de la mammite
  6. Boiterie
  7. Prévention de la boiterie
  8. Blessure
  9. Prévention des blessures
  10. Résumé

Quatre-vingt pour cent des animaux qui arrivent à l'abattoir en position couchée sont des vaches laitières, et plusieurs de ces cas pourraient être évités. Souvent, c'est à la suite du vêlage que la vache manifeste des difficultés à se lever. La perte économique immédiate que subit le producteur est d'au moins 2000 $, soit la valeur de l'animal; s'ajoutent à ce montant les ventes de lait non réalisées dont la valeur excède les 3000 $.

Cette fiche décrit le syndrome de la vache couchée, les causes les plus courantes et les moyens de prévention.

Introduction

Selon les producteurs et les vétérinaires, une vache qui est incapable de se lever pendant une certaine période souffre du syndrome de la vache couchée. Dans la plupart des cas, ce trouble tient aux complications générées par une maladie primaire (p. ex., la fièvre vitulaire ou la mammite) ou la mise bas, ou encore aux blessures que la vache a pu subir en tombant sur un plancher glissant. On attribue aussi la cause du syndrome à un manque au plan du confort, de l'hygiène ou de l'adhérence au plancher ou au sol au moment du vêlage.

Lorsqu'une vache reste couchée par impotence durant trois ou quatre heures, la circulation sanguine dans les pattes postérieures est entravée, ce qui risque d'y entraîner la nécrose musculaire, c'est-à-dire la mort des tissus musculaires. Cet état est très difficile à améliorer. Malgré les soins intensifs prodigués par l'éleveur et le vétérinaire, la vache affectée peut se casser une patte en essayant de se lever, ou même mourir. S'il y a des complications, il est parfois nécessaire de l'éliminer ou de l'expédier à l'abattoir - il faut absolument respecter la période de retrait des médicaments utilisés au cours du traitement.

Il est préférable de prévenir le syndrome de la vache couchée plutôt que d'assumer la perte des revenus de lait, celle de la valeur génétique de l'animal et les frais vétérinaires associés à ce problème. De plus, la prévention évitera à la vache les souffrances et le stress qu'on attribue à cette maladie.

Fièvre vitulaire

La fièvre vitulaire est un trouble qui affecte les vaches âgées (à compter du troisième vêlage). Au moment de la mise bas, alors que le pis se remplit de colostrum, les besoins en calcium augmentent énormément et de façon brusque. Le calcium est un élément d'importance pour le fonctionnement des muscles. Par conséquent, lorsque la teneur en calcium du sang est basse, les muscles des pattes faiblissent et la vache est incapable de se tenir debout ou de se lever. Bien que la plupart des vaches réagissent bien aux apports de calcium, certaines n'en tirent aucun avantage. Les vaches aux prises avec la fièvre vitulaire sont plus vulnérables à la mammite et aux blessures.

Prévention de la fièvre vitulaire

Pour échapper à la fièvre vitulaire, la vache tarie doit recevoir à tous les jours, des quantités adéquates de minéraux et de vitamines, par le biais d'un régime alimentaire correctement équilibré. La formulation de la ration doit tenir compte de l'analyse nutritionnelle des aliments fourragers. De plus, il ne faut pas oublier que les vaches âgées doivent puiser dans leurs réserves de calcium emmagasinées dans les os. Il faut de 14 à 21 jours pour stimuler la mobilisation du calcium osseux dans le système sanguin. Par conséquent, le programme de stimulation chez la vache tarie doit être initié au moins deux semaines avant le vêlage.

On peut stimuler la mobilisation du calcium osseux dans le système sanguin en limitant la consommation de calcium à un maximum de 100 grammes par jour (70 grammes par jour pour les races de petite taille). En général, la ration alimentaire qui vise à satisfaire cette exigence est constituée d'ensilage de maïs, de foin de graminées et d'une quantité de grains variant de 4 à 5 kg.

Cependant, les éleveurs qui disposent uniquement de foin à hautes teneurs en calcium et en potassium, peuvent difficilement restreindre la consommation de calcium. Dans ces circonstances, il est conseillé de consulter un nutritionniste ou un vétérinaire sur l'emploi d'un complément de sels anioniques, 2 à 3 semaines avant le vêlage. Les sels anioniques ont pour effet d'amener dans le sang le calcium et la phosphore qui sont emmagasinés dans les os et les intestins, rendant ces minéraux disponibles pour la production de lait au moment du vêlage.

Mammite

E. coli et Klebsiella sont deux genres de bactéries pathogènes qu'on trouve dans le fumier et la litière. Ces bactéries peuvent causer des mammites très graves. Les toxines qu'elles produisent rendent la vache laitière très malade et extrêmement faible. Règle générale, l'animal s'affaisse et est incapable de se relever.

Prévention de la mammite

  1. Traiter la vache à la fin de la période sèche, en injectant un antibiotique à action prolongée dans chacun des quartiers du pis.
  2. Nettoyer, désinfecter et sécher adéquatement les trayons avant de procéder à la traite. Cette mesure vise à prévenir la contamination microbienne et assure également un bon contact entre les trayons et les manchons du gobelet trayeur pour en éviter tout glissement.
  3. Tremper les trayons immédiatement après la traite dans une solution antiseptique approuvée.
  4. Veiller au bon fonctionnement du matériel de traite par un entretien continu.
  5. Identifier les vaches qui présentent des quartiers infectés, afin de les séparer du troupeau en vue d'un traitement ou de la réforme.
  6. Fournir aux vaches taries et en lactation, des logettes propres, confortables et pourvues d'une bonne couche litière.

Boiterie

La boiterie peut être due à une infection, à une carence alimentaire en fibres ou à une blessure faite à un nerf au moment du vêlage. La vache chez qui la boiterie persiste malgré les traitements peut rester couchée durant des périodes de plus en plus longues. Bien souvent, ces vaches nécessitent des soins et des traitements de longue durée. Dans le cas où elles doivent être expédiées à l'abattoir, il faut prolonger la période de retrait des médicaments. Au cours de la période de traitement ou de retrait, certains bovins manifestent le syndrome de la vache couchée. Diagnostic et traitement précoces sont donc le meilleur moyen de prévenir ce type d'immobilisme. La réforme de l'animal doit être envisagée lorsque les risques qu'il devienne impotent sont accrus en raison d'un pronostic de traitement ou de retrait prolongés. En d'autres mots, il est préférable d'expédier l'animal lorsqu'il est encore capable de marcher.

Prévention de la boiterie

Voici des mesures permettant de prévenir les troubles de boiterie :

  1. Sélectionner les sujets reproducteurs, en tenant compte de la robustesse des pieds et des pattes.
  2. Servir aux vaches des rations dont la teneur en fibres est suffisante.
  3. Répartir la ration de grain en au moins trois repas par jour pour écarter le risque de fourbure.
  4. Aménager la cour, les couloirs et les pâturages de manière à éliminer les zones humides et boueuses, afin d'empêcher la prolifération des infections.
  5. Faire la taille des onglons au moins une fois par année.
  6. Écarter les risques de blessures au système nerveux au moment du vêlage, en faisant preuve de jugement, en utilisant correctement et soigneusement la vêleuse et en diagnostiquant à temps le besoin d'une césarienne.

Blessures

Certaines étables laitières ont des caractéristiques qui prédisposent les bovins aux blessures. Toute blessure grave peut à la longue empêcher la vache de se lever. Planchers glissants, béton endommagé, entrées étroites, obstacles à franchir et virages à angles de 90o et 180o sont autant de situations à éviter car elles peuvent causer des blessures graves au troupeau. Les cloisons qui atteignent l'extrémité postérieure de la logette causent souvent des blessures aux os de la hanche lorsque la vache se couche. La vache, qu'elle soit attachée ou non, peut également subir des blessures, si la logette n'est pas suffisamment longue pour lui permettre de se lever avec un mouvement vers l'avant. Des problèmes similaires peuvent être causés lorsque les barres de blocage sont situées à moins de 170 cm (66 po) de l'extrémité postérieure de la logette et lorsque la hauteur à partir de la plate-forme est inférieure à 110 cm (43 po). La parcimonie dans l'utilisation de la litière prive les vaches de périodes de repos dans leurs logettes; ces vaches restent plus longtemps debout et leurs pieds sont donc habituellement meurtris.

Même si les étables ont été construites de façon sécuritaire pour les vaches, certaines parties peuvent aujourd'hui présenter un danger. C'est le cas des surfaces en béton qui sont devenues très lisses avec les années. De nos jours, les animaux sont plus gros que par le passé et, par conséquent, les installations construites pour héberger des vaches de taille plus petite ne conviennent plus à la réalité.

Prévention des blessures

  1. Le plancher des logettes, des salles de traite et des couloirs, ainsi que le sol des chemins d'accès et des cours d'étable doivent porter fermement les pieds de la vache. Un plancher antidérapant est primordial si l'on veut éviter que les animaux tombent et subissent des fractures, des blessures ou l'écartement des pattes postérieures. Pour répondre aux normes de l'industrie, les planchers de béton dans les installations laitières doivent être striés de rainures à tous les 8-10 cm (3­4 po), lesquelles ont une profondeur de 1 cm (_ po) et une largeur de 2,5-4 cm (1­1½ po).
  2. Les rainures doivent être striées dans le même sens que le déplacement des vaches. Dans les endroits où la circulation est plus dense, on recommande des rainures en forme de losange.
  3. Les logettes doivent être confortables, pourvues d'une couche de litière assez épaisse, et leur dimension doit être suffisamment grande pour permettre à l'animal de se coucher et de se lever sans devoir faire des mouvements dangereux pour les genoux, les jarrets ou les boulets.

Figure 1. Exemple d'un enclos de maternité ayant suffisamment de litière.
Exemple d'un enclos de maternité ayant suffisamment de litière.

Résumé

Les pratiques suivantes sont de bons moyens de prévenir le syndrome de la vache couchée :

  1. Restreindre la consommation de calcium ou servir des sels anioniques vers la fin de la période sèche, suivant les recommandations du nutritionniste ou du vétérinaire.
  2. Placer toutes les vaches et les génisses dans une case ou un enclos de maternité propre et confortable, à partir des 2-3 jours précédant la mise bas jusqu'à 2 jours après.
  3. Réduire le risque de mammite grâce aux traitements pour vaches taries et à la préparation adéquate des animaux en prélactation.
  4. Fournir à toutes les vaches des logettes confortables et pourvues d'une couche suffisante de litière.
  5. S'assurer que les planchers sont antidérapants.
  6. Diagnostiquer et pronostiquer le plus rapidement possible les animaux malades ou boiteux, c'est-à-dire avant qu'ils ne soient atteints du syndrome de la vache couchée.

Nous tenons à remercier le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
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