Les dispositifs de détection de l'activité motrice pour améliorer la reproduction


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 410/20
Date de publication : Octobre 2013
Commande no. 13-066
Dernière révision : October 2013
Situation : En replacement de la fiche techique n° 07-072 du MAAO, portant le même titre)
Rédacteur : Brian Lang - Spécialiste des systèmes de production laitière/MAAO

Les dispositifs de détection de l'activité motrice améliore la détection des chaleurs dans les troupeaux laitiers de moyenne à grande taille et permet de réduire la main-d'œuvre que cette tâche nécessite. Les dispositifs de détection utilisés permettent de mesurer et d'enregistrer l'activité motrice. Ils figurent parmi les nombreux dispositifs de précision utilisés en production laitière, qui contribuent à diminuer les besoins de main-d'œuvre tout en améliorant le suivi individuel des vaches et la conduite des troupeaux.

Détection des chaleurs

Il faut réaliser une bonne détection des chaleurs pour obtenir un taux de gestation optimal et assurer l'efficacité de la reproduction au sein des troupeaux laitiers. Cet aspect de la production laitière gagnerait grandement à être amélioré. En effet, le taux d'efficacité en matière de détection des chaleurs chez les troupeaux laitiers est inférieur à 50%, et la difficulté à détecter l'œstrus coûte des millions de dollars chaque année à l'industrie laitière.

Trois méthodes sont utilisées pour déterminer le moment propice à la reproduction chez les vaches laitières :

  • l'observation systématique des vaches afin de détecter les chaleurs;
  • la synchronisation des chaleurs en vue de planifier le moment précis de l'insémination artificielle (IA);
  • l'utilisation de dispositifs de détection de l'activité motrice (au pied ou au cou).

Chez les vaches laitières très productives, la période où elles acceptent la monte dure en moyenne cinq heures quarante-huit minutes. Certaines vaches n'acceptent de s'immobiliser pour être saillies qu'une ou deux fois par cycle d'œstrus. Une détection précise des chaleurs exige l'observation du troupeau trois à quatre fois par jour, tous les jours, par un œil averti. La principale difficulté que présente cette méthode vient de la nécessité de respecter la fréquence des observations chaque jour.

Les protocoles de synchronisation des chaleurs et des inséminations artificielles planifiées, à l'autre extrême, facilitent grandement la planification des activités et de la charge de travail entourant la reproduction. Ils permettent en outre de régler les difficultés que posent les 20% de vaches qui n'ont pas d'œstrus en début de lactation. Cette méthode est cependant coûteuse et exige, de surcroît, un respect rigoureux des protocoles ainsi que l'administration de médicaments aux animaux.

Les dispositifs de détection peuvent être placés au cou ou au pied de l'animal

Figure 1: Les dispositifs de détection peuvent être placés au cou ou au pied de l'animal

Comparaison des pics d'activité associés aux cycles d'œstrus et du nombre de jours en lactation

Figure 2: Comparaison des pics d'activité associés aux cycles d'œstrus et du nombre de jours en lactation

Fonctionnement des dispositifs de détection de l'activité motrice

De nombreux dispositifs, parfois appelés podomètres ou compte-pas, sont fixés à un bracelet. Ils détectent et enregistrent les déplacements, comme la marche. D'autres types de détecteurs de mouvement sont fixés à un collier (figure 1). Les données sur l'activité motrice de chaque vache sont fournies par un lecteur et transmises à un ordinateur.

Un logiciel génère des rapports comparant l'activité motrice de chaque vache à celle de périodes antérieures. On sait que l'activité motrice des vaches est de deux à quatre fois plus intense que la normale juste avant qu'elles acceptent la monte. Il est recommandé de faire saillir ou inséminer les vaches au cours des douze à vingt-quatre heures qui suivent le moment où l'intensification de l'activité a été signalée par les détecteurs.

Les dispositifs de détection de l'activité motrice permettent de déterminer le moment du début des chaleurs tout en réduisant les besoins de main-d'œuvre associés à la détection des chaleurs. Des études montrent que les podomètres présentent des taux de détection de l'ordre de 80 à 85% en présence d'un seul animal en chaleur et jusqu'à 90% lorsque deux bêtes ou plus sont en chaleur.

Coûts des systèmes

Les prix vont varier selon les caractéristiques du système, le nombre de lecteurs et le nombre de dispositifs de détection. L'investissement initial dans un système de surveillance de l'activité motrice peut être assez élevé. Un système conçu pour 100 vaches peut coûter entre 12 000 et 30 000 $.

Le coût initial d'investissement peut toutefois se justifier par l'amélioration de la détection des chaleurs et les économies de main-d'œuvre réalisées. Avec des frais de main-d'œuvre concurrentiels de l'ordre de 13 à 18 $ l'heure, un programme de détection des chaleurs basé sur l'observation des vaches coûte environ 6 000 $ par année. En tenant uniquement compte des économies de main-d'œuvre, à un taux d'intérêt de 6,5 %, un investissement de 30 000 $ dans un système de surveillance de l'activité motrice des vaches se rentabilise en sept ans. L'acquisition d'un système autonome de 12 000 $ a du sens si le taux payé aux travailleurs est de 8 $/heure ou plus.

Les taux de détection des chaleurs obtenus avec les détecteurs d'activité motrice sont habituellement supérieurs aux méthodes uniquement basées sur l'observation des vaches, un avantage qui s'ajoute aux économies de main-d'œuvre. La figure 2 reproduit une lecture pour une vache ayant un cycle normal. Elle établit une comparaison entre les pics d'activité de la vache associés au cycle d'œstrus et le nombre de jours en lactation. Le trait correspondant à l'activité résulte d'une lecture faite par un dispositif de détection fixé à la patte ou au cou. La vache qui afficherait ce profil serait candidate pour la saillie ou l'insémination dans 12 à 18 heures. Si la vache a été saillie ou inséminée et qu'elle est gestante, le graphique n'affichera plus de pics d'activité prononcés. Si la vache n'a été ni saillie ni inséminée, ou qu'elle l'a été mais qu'elle n'est pas devenue gestante, on pourrait s'attendre à un nouveau pic d'activité environ 21 jours après le dernier.

Lorsqu'on le compare à un programme de synchroni-sation des chaleurs, en se basant uniquement sur le coût par vache, un système de surveillance de l'activité motrice revient beaucoup moins cher et offre en plus certaines économies d'échelle, ce qui n'est pas le cas avec les protocoles de synchronisation des chaleurs.

Un système de surveillance de l'activité motrice présente aussi l'avantage de fournir des données sur l'activité des vaches pendant un certain nombre de jours. Cette information peut être intégrée à d'autres données de production sur chaque vache et se révéler utile à la conduite du troupeau. En effet, une diminution soudaine de l'activité d'une vache peut signaler le début d'une boiterie ou d'une autre maladie. Par ailleurs, d'autres fluctuations dans le profil de l'activité des vaches, telles que des augmentations d'activité suivies de baisses, peuvent signaler des troubles du métabolisme.

Résumé

La surveillance de l'activité motrice facilite la détection des chaleurs chez les vaches laitières en stabulation libre, et elle permet surtout de réduire les besoins de main-d'œuvre en offrant des taux de détection équivalents et même souvent supérieurs à ceux qui sont associés aux méthodes traditionnelles de détection visuelle.

Les systèmes de surveillance de l'activité motrice sont le plus souvent intégrés aux systèmes de traite automatisés, bien qu'on trouve aussi des systèmes autonomes. Intégrés ou non, ces systèmes représentent un investissement initial plus élevé, mais ils constituent une solution de rechange relativement économique à la détection visuelle des chaleurs, qui coûte cher en main-d'œuvre, et à un programme de synchronisation des chaleurs, qui oblige à administrer davantage d'injections aux vaches et qui s'assortit de coûts élevés par tête.

Les systèmes de surveillance de l'activité motrice et les logiciels qui s'y rattachent procurent de précieuses données de gestion et des données sur la production qui sont utiles à la conduite des troupeaux laitiers.


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