Production laitière biologique


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 410/81
Date de publication : novembre 2010
Commande no. 10-088
Dernière révision : aôut 2012
Situation :
Rédacteur : M. Mongeon et B. Summerhayes

Table des matières

  1. Certification biologique des produits laitiers
  2. Exigences courantes en matière de production laitière biologique
  3. Coûts de la production laitière biologique
  4. Sommaire
  5. Références

La production laitière biologique est un système de pratiques de conception et de gestion agricoles permettant la production de lait, de yogourt, de fromage, de crème et d'autres produits laitiers sans pesticides, engrais synthétiques ou antibiotiques. La production laitière biologique peut convenir à certains producteurs. Il y a toutefois de nombreux facteurs à considérer avant d'entreprendre la conversion de l'exploitation, notamment la demande actuelle et future pour le lait, les normes, les exigences relatives à la certification, les coûts de production et les objectifs liés au mode de vie.

Certification biologique des produits laitiers

Pour pouvoir vendre leurs produits laitiers sous l'appellation biologique, les producteurs doivent obtenir la certification biologique. En 2009, Dairy Farmers of Ontario (DFO) a fait état de 75 producteurs biologiques fournissant environ 24 millions de litres de lait. Parmi les exigences de base relatives à la certification, mentionnons les suivantes :

  • gérer ses cultures et ses pâturages sans utiliser d'engrais synthétiques, d'organismes génétiquement modifiés (OGM), de fongicides, d'herbicides ou d'insecticides pendant trois années consécutives;
  • tenir des dossiers précis pour la gestion de la production, y compris le nettoyage et l'utilisation de la machinerie, les terres louées et l'entreposage;
  • fournir un historique détaillé de toutes les terres à certifier;
  • donner des rations entièrement biologiques aux vaches et aux génisses de remplacement (à quelques exceptions près, comme les minéraux et ingrédients essentiels qui ne peuvent être produits biologiquement);
  • s'abstenir d'administrer des antibiotiques ou des hormones synthétiques (sous la supervision d'un vétérinaire, l'administration d'antibiotiques est permise deux fois par année par animal, mais la période de retrait doit alors être prolongée); les vaccins, les vitamines et les électrolytes sont toutefois autorisés;
  • donner accès au bétail à des pâturages certifiés biologiques tout au long de la saison de croissance, si le temps le permet. La pâture doit représenter au moins 30 % de la consommation de matière sèche totale. L'animal doit pouvoir sortir à l'extérieur tout au long de l'année.

Avant d'entreprendre la transition vers la production biologique, communiquer avec un organisme de certification agréé pour connaître les exigences relatives à la certification en vigueur.

On appelle la période de temps nécessaire pour convertir une exploitation laitière traditionnelle en exploitation biologique la période de transition. La durée de cette période dépend de divers facteurs, comme la taille du troupeau de vaches, la superficie des terres et les pratiques agricoles antérieures. Avant que l'exploitation ne devienne entièrement biologique, une année de transition pour le troupeau et le pâturage est habituellement exigée; l'entreprise est donc exploitée en tant qu'exploitation laitière biologique pendant une année complète avant d'être certifiée. Pendant la période de transition, on garde les vaches conformément aux normes de production biologique, mais les produits laitiers provenant du troupeau ne peuvent être commercialisés sous l'appellation biologique avant que l'exploitation n'obtienne la certification. De plus, le foin, les pâturages et tous les autres champs utilisés pour les cultures fourragères doivent être gérés selon les normes de production biologique pendant au moins trois ans, en plus de l'année de transition obligatoire.

L'organisme responsable des normes biologiques est l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Celle-ci a mis sur pied le Bureau Bio-Canada, par lequel elle supervise la production des aliments biologiques partout au Canada. L'Office des normes générales du Canada (ONGC) a, quant à elle, élaboré des normes canadiennes sur l'agriculture biologique. Ces normes fournissent des exigences pour les producteurs d'aliments biologiques, en plus de constituer le fondement de la certification. DFO a également mis en place une politique de commercialisation du lait biologique.

On invite les producteurs envisageant la transition vers la production laitière biologique à se renseigner sur les exigences précises de la commission de commercialisation de leur province ainsi que de l'ACIA.

Vaches laitières dans des pâturages biologiques.

Figure 1. Tout au long de la saison de croissance, les vaches des exploitations laitières biologiques doivent paître à l'extérieur.

Exigences courantes en matière de production laitière biologique

Pour être efficace, l'agriculture biologique exige une stratégie de production différente qui comprend de la pâture, une alimentation riche en fourrage et une quantité limitée de céréales et d'autres concentrés. La plupart des aliments achetés doivent être certifiés biologiques. Pour cette raison, la gestion d'une exploitation biologique peut augmenter la charge de travail et demander un certain engagement envers l'exploitation et les principes de production biologique.

Pâturage

Dans une exploitation laitière biologique, toutes les vaches doivent, chaque jour, avoir librement accès à des pâturages, à des enclos ou à des coursiers. Tout au long de la saison de croissance, les vaches doivent être en mesure de paître à l'extérieur. Au moins 30 % de leur consommation de matière sèche doit provenir des pâturages. Si on épand du fumier brut ou composté dans les pâturages, les vaches ne peuvent pas y paître avant sa décomposition biologique. Certains producteurs compostent le fumier avant l'épandage dans les champs afin d'accélérer le processus.

Conditions de logement

Les installations où sont gardées les vaches doivent pouvoir satisfaire à leurs besoins fondamentaux en matière de socialisation, d'alimentation et d'espace, ainsi que présenter des conditions de stress minimales. Le système de logement doit comprendre une stalle confortable dotée d'un plancher moelleux, un espace suffisant, une traction adéquate sur le plancher, une bonne ventilation et un accès à l'extérieur. L'étable doit aussi être propre et sèche, en plus d'assurer une protection contre les intempéries. Les étables à stabulation entravée sont autorisées, mais les animaux doivent sortir dehors au moins deux fois par semaine en hiver.

Vaches laitières dans des pâturages biologiques.

Figure 2. Les vaches des exploitations biologiques se nourrissent d'une ration d'aliments biologiques équilibrée.

Alimentation

Il existe des exigences spéciales en matière d'alimentation pour les vaches des exploitations laitières biologiques. Afin de satisfaire à leurs besoins nutritionnels et à leur comportement mérycique, elles doivent être nourries de rations d'aliments biologiques équilibrées exemptes d'antibiotiques, d'hormones, d'organismes extraits par procédé chimique ou génétiquement modifiés et de substances contenant des agents de conservation ou des colorants synthétiques. Ces rations sont constituées de substances essentielles au maintien de la santé des vaches, dont de grandes quantités de fourrage grossier de haute qualité. Tous les aliments qui constituent les rations doivent être certifiés biologiques et leur utilisation doit être approuvée par un organisme de certification agréé.

Soins de santé

Comme dans les exploitations laitières traditionnelles, les vaches des exploitations laitières biologiques reçoivent les soins de santé appropriés pour assurer leur santé et prévenir les maladies. Les hormones visant à traiter les troubles de reproduction sont interdites, alors que les vaches aux prises avec des problèmes continus de mammite doivent être isolées du troupeau biologique.

Si toutefois les mesures de prévention s'avèrent insuffisantes et que des vaches sont malades ou blessées, l'administration de médicaments chimiques qui répondent aux normes applicables et sont approuvés par l'organisme de certification est alors autorisée. Des antibiotiques et d'autres soins chimiques peuvent être utilisés pour le traitement, mais le lait des vaches traitées devra être soumis à une période de retrait correspondant au moins au double de celle qui est indiquée sur l'étiquette ou à 14 jours, selon la plus longue de ces périodes, avant de pouvoir être considéré de nouveau comme biologique.

Tableau 1. Exemple du coût des aliments par vache par jour
Aliment Biologique Traditionnel Différence
Ensilage préfané
1,38 $
1,38 $
0 $
Foin
0,14 $
0,13 $
0,01 $
Orge
0,30 $
0,18 $
0,12 $
Blé fourrager
0,64 $
0,40 $
0,24 $
Maïs
2,27 $
1,12 $
1,15 $
Mélange de minéraux
0,36 $
0,30 $
0,06 $
Total
5,09 $
3,51 $
1,58 $

Source : Organic Meadow Coop, 2008.

Alimentation

Il existe des exigences spéciales en matière d'alimentation pour les vaches des exploitations laitières biologiques. Afin de satisfaire à leurs besoins nutritionnels et à leur comportement mérycique, elles doivent être nourries de rations d'aliments biologiques équilibrées exemptes d'antibiotiques, d'hormones, d'organismes extraits par procédé chimique ou génétiquement modifiés et de substances contenant des agents de conservation ou des colorants synthétiques. Ces rations sont constituées de substances essentielles au maintien de la santé des vaches, dont de grandes quantités de fourrage grossier de haute qualité. Tous les aliments qui constituent les rations doivent être certifiés biologiques et leur utilisation doit être approuvée par un organisme de certification agréé.

Soins de santé

Comme dans les exploitations laitières traditionnelles, les vaches des exploitations laitières biologiques reçoivent les soins de santé appropriés pour assurer leur santé et prévenir les maladies. Les hormones visant à traiter les troubles de reproduction sont interdites, alors que les vaches aux prises avec des problèmes continus de mammite doivent être isolées du troupeau biologique.

Si toutefois les mesures de prévention s'avèrent insuffisantes et que des vaches sont malades ou blessées, l'administration de médicaments chimiques qui répondent aux normes applicables et sont approuvés par l'organisme de certification est alors autorisée. Des antibiotiques et d'autres soins chimiques peuvent être utilisés pour le traitement, mais le lait des vaches traitées devra être soumis à une période de retrait correspondant au moins au double de celle qui est indiquée sur l'étiquette ou à 14 jours, selon la plus longue de ces périodes, avant de pouvoir être considéré de nouveau comme biologique.

Tableau 2. Dépenses supplémentaires pour une exploitation biologique
Dépenses
Prix
Frais de certification annuels
± 1 000 $
Travaux administratifs supplémentaires ± 50 heures/année
± 750 $
Travaux à la ferme supplémentaires ± 25 heures/année
± 375 $
Total par vache par jour
0,10 $

Source : Organic Meadow Coop, 2008.

Tout comme dans les exploitations laitières traditionnelles, le bien-être des animaux est primordial. Les normes biologiques stipulent qu'il est interdit d'omettre l'administration d'un traitement, même si celui-ci n'est pas acceptable en vertu des normes de production biologique. Or, les animaux qui doivent être traités au moyen de produits qui ne sont pas approuvés pour la production biologique doivent être isolés du troupeau biologique.

Coûts de la production laitière biologique

Le coût de la transition dépend de nombreux facteurs, notamment le nombre de vaches, le coût des aliments et les dépenses. Une fois certifiée, une exploitation biologique peut être soumise à des inspections annuelles à des fins de vérification du respect des normes sur la production biologique.

Le tableau 1 montre la différence dans le coût des aliments entre une production traditionnelle et une production biologique.

Le tableau 2 énumère les dépenses annuelles supplémentaires prévues pour une exploitation moyenne de 58 vaches. Pendant la période de transition, les coûts de production augmenteront, mais il faudra attendre la certification complète de l'exploitation avant d'enregistrer une hausse des recettes. Une fois que l'exploitation aura obtenu la certification, le lait biologique peut ne représenter qu'une partie du lait total qu'elle commercialisera, selon la quantité vendue en tant que produit biologique aux consommateurs par les DFO.

Les coûts supérieurs de la production laitière biologique sont habituellement compensés par des recettes accrues.

Sommaire

La transition vers la production laitière biologique demande un certain engagement. Avant de prendre la décision de passer à la production laitière biologique, les producteurs doivent se renseigner sur ce qu'ils doivent faire. Ils doivent prendre le temps d'effectuer des recherches approfondies et de planifier la transition. Les changements requis varient d'une exploitation à l'autre, c'est pourquoi il est important d'élaborer un plan détaillé qui décrit les étapes nécessaires pour son exploitation.

Pour plus de renseignements :

De plus amples renseignements sont disponibles sur le site Web du MAAARO, à www.ontario.ca/biologique.

Fiches techniques du MAAARO :

Démarrage d'une exploitation de type biologique, commande no 09-074

Transition à la culture biologique, commande no 10-002

Dairy Farmers of Ontario
6780, chemin Campobello
Mississauga (Ontario) L5N 2L8
Téléphone : 905 821-8970
Courriel : questions@milk.org
Site Web : www.milk.org/corporate/view.aspx (en anglais seulement)

Agence canadienne d'inspection des aliments
174, chemin Stone Ouest
Guelph (Ontario) N1G 4S9
Téléphone : 519 837-9400
Site Web : www.inspection.gc.ca

Organic Meadow Coop
RR 5
Guelph (Ontario) N1H 6J2
Téléphone : 1 866 767-9694
Courriel : info@organicmeadow.com
Site Web : www.organicmeadow.com (en anglais seulement)

Harmony Organic Inc.
4993, chemin 168, R.R. 1
Bornholm (Ontario) N0K 1A0
Téléphone : 519 347-4320
Courriel : harmonyorganic@cyg.net
Site Web : www.harmonyorganic.on.ca (en anglais seulement)

Références

Agence canadienne d'inspection des aliments, Bureau biologique du Canada. Manuel de fonctionnement, 2012.

Dairy Farmers of Ontario. 43e rapport annuel, 14 janvier 2009.

Office des normes générales du Canada. Systèmes de production biologique - Principes généraux et normes de gestion, 2006. Modifié en 2008 et 2009.

Office des normes générales du Canada. Systèmes de production biologique - Listes des substances permises, 2006. Modifié en 2008 et 2009.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca