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Écornage
des veaux
Table des matières - Les
cornes et leur croissance
- Ablation du cornillon
et écornage
- Raisons d'écorner les
bêtes
- Conduite d'animaux cornus
- Sélection
axée sur le caractère acère
- Âge
de l'écornage
- Choix du moment des interventions
- Importance
économique
- Importance pour le bien-être
des animaux
- Anesthésiques et analgésiques
- Anesthésie
du nerf de la corne
- Choix
de la méthode
- Suivi
- Désinfection
des instruments
- Consulter un ou une vétérinaire
- Sources
à consulter
Les cornes et leur croissanceLes
cornes sont une paire d'excroissances osseuses, dures et permanentes qui poussent
sur la tête de certains animaux, dont les bovins, à partir de cellules
épidermiques situées à leur base. Quand le veau atteint l'âge
d'environ deux mois, les cornes se soudent à l'os frontal du crâne.
Un sinus (cavité) apparaît à l'intérieur du crâne
sous le cornillon (bourgeon de la corne). Au fur et à mesure que la corne
pousse et se soude au crâne, ce sinus frontal se prolonge jusque dans la
partie de la corne qui lui est adjacente. Ablation
du cornillon et écornageSi un animal a des cornes, c'est qu'il
n'a pas été écorné ou qu'il ne fait pas partie de
ces races, dites acères, qui sont naturellement, c.-à-d. génétiquement,
dépourvues de cornes. L'écornage des bêtes à cornes
consiste à faire l'ablation des cornes ou à en empêcher la
croissance. Si un animal est dépourvu de cornes, c'est qu'il est acère
ou qu'il a été écorné. L'ablation du cornillon, au
moyen de produits chimiques ou à l'aide d'un fer chaud, détruit
les tissus responsables de la formation des cornes. L'ablation chirurgicale du
cornillon élimine le bourgeon de corne et les cellules formatrices de la
corne. L'écornage peut aussi consister à enlever les cornes et les
tissus qui les produisent une fois que les cornes sont sorties. Raisons
d'écorner les bêtesVoici les raisons qui amènent les
conseillers en production bovine à recommander d'écorner les veaux
et de le faire alors qu'ils sont jeunes : - réduire les risques
de blessures et de meurtrissures occasionnées aux autres animaux du troupeau;
-
réduire les pertes financières associées au parage de carcasses
endommagées par les bêtes cornues des parcs d'engraissement lors
du transport et de l'abattage;
- réduire l'espace nécessaire
à chaque animal à la mangeoire et durant le transport;
-
réduire les risques de blessures occasionnées aux travailleurs agricoles,
aux chevaux et aux chiens;
- éviter d'exposer les veaux aux risques
plus élevés de décès, de maladies et de retards de
croissance observés lorsqu'ils sont écornés à un âge
plus avancé;
- lors des ventes à l'encan, profiter des prix
plus élevés offerts pour des bêtes sans cornes;
- produire
des animaux dociles, plus faciles à manipuler;
- réduire
l'agressivité à la mangeoire;
- accroître la sécurité
à la ferme pour l'exploitant, les travailleurs et les animaux;
- faciliter
l'utilisation des installations de contention.
Conduite
d'animaux cornusLes exploitants ont le choix de conduire des bêtes
cornues ou sans cornes. Dans le cas des bovins de boucherie, leur décision
dépendra des installations de contention dont ils disposent, de leur habileté,
de leur connaissance des effets de l'écornage et des possibilités
de commercialisation des veaux. Les exploitants qui sont assurés d'avoir
des acheteurs prêts à acheter leurs veaux non préconditionnés
(c.-à-d. ni écornés, ni castrés) au même prix
que s'il s'agissait de veaux préconditionnés (c.-à-d. écornés
et castrés) peuvent peut-être se passer d'écorner leurs animaux.
Le fait est que ces acheteurs sont rares. La plupart sont en effet conscients
des risques associés au conditionnement des veaux plus âgés
et réduisent par conséquent leur mise quand ils achètent
des veaux non préconditionnés. Les veaux préconditionnés
(castrés, écornés, vaccinés et ayant reçu les
rations d'acclimatation) peuvent rapporter davantage. En général,
les veaux cornus rapportent moins à l'encan. Les éleveurs qui laissent
les cornes aux bovins Hereford recourent parfois à des dispositifs qui
dirigent la croissance des cornes un peu comme les prothèses orthodontiques
le font dans le cas des dents. En ce qui a trait aux bovins laitiers, les
animaux acères sont très rares. Par conséquent, l'écornage
constitue une pratique courante sur les fermes laitières. En Ontario, les
systèmes de logement et les salles de traite sont conçus pour des
animaux sans cornes. Les producteurs de lait biologique choisissent parfois de
travailler avec des animaux cornus. Ils doivent alors veiller à ce que
les bâtiments d'élevage et les distributeurs d'aliments soient adaptés
à des bovins laitiers ayant des cornes. Sélection
axée sur le caractère acèreL'écornage requiert
de la main-d'uvre et comporte des risques pour l'animal et l'exploitant.
S'ajoutent les criantes des éleveurs et des consommateurs quant aux souffrances
que les techniques d'écornage infligent aux animaux. La sélection
axée sur le caractère acère est une méthode douce
qui permet d'obtenir un troupeau sans cornes. Le mode de transmission du gène
" acère " est très complexe. L'industrie du buf
de boucherie réalise néanmoins des progrès dans l'obtention
par la génétique d'animaux acères. Les producteurs ont parfois
des réticences face aux stratégies de sélection axées
sur l'absence de cornes, car ils craignent que le gène " acère
" ne soit associé à une productivité réduite.
À ce jour, aucune des études ayant porté sur plusieurs caractères
importants n'a démontré de différence entre les animaux acères
et les animaux à cornes. Les éleveurs ont accès à
des races de bovins de boucherie qui présentent le gène " acère
". Peu de races de bovins laitiers possèdent ce gène. L'industrie
a besoin de tests permettant de déceler la présence de ce gène
et par conséquent d'axer la sélection sur l'obtention d'animaux
sans cornes. Même si le gène en question n'a pas encore été
identifié, son emplacement est connu de même que les marqueurs qui
l'entourent. Cinq marqueurs semblent être suffisamment près du gène
pour permettre de déterminer avec un degré de certitude de 90 %
si un veau sera acère ou cornu. Selon les recommandations d'un comité
d'experts canadiens spécialisés dans le bien-être et le comportement
des animaux de ferme, la sélection génétique reste le moyen
le plus sûr d'assurer le bien-être des animaux qu'on veut dépourvus
de cornes. Le comité recommande la promotion de l'utilisation de géniteurs
acères au sein de l'industrie canadienne du buf de boucherie. Le
croisement d'un taureau acère né d'ascendants naturellement acères
avec des vaches d'élevage cornues devrait donner des veaux acères.
Le croisement continuel de taureaux acères avec ces descendants femelles
devrait toujours produire des veaux acères. Cette méthode présente
des avantages manifestes lorsque les races acères disponibles offrent des
caractéristiques de production semblables à celles qu'on retrouve
chez les animaux cornus. Âge de l'écornageL'écornage
réalisé en bas âge réduit les risques à la fois
pour l'éleveur-naisseur, l'exploitant du parc d'engraissement et le veau.
Voici un aperçu de ces risques : - maladie ou décès
des veaux qui sont écornés à un âge plus avancé;
-
réduction du gain de poids dans les semaines qui suivent l'écornage
des veaux plus âgés;
- perte de productivité.
De
nombreux éleveurs choisissent d'écorner les veaux nouveau-nés
pour les raisons suivantes : - Les techniques sont plus simples pour
l'opérateur.
- Les veaux nouveau-nés subissent un stress
moins grand.
- Le bien-être des animaux est moins compromis.
Même
si rien ne prouve que les animaux ressentent une douleur moins grande quand ils
sont plus jeunes, les risques associés à l'écornage sont
nettement moins grands quand les veaux ont moins de huit semaines. La décision
de l'éleveur-naisseur d'écorner ou non ses veaux et de le faire
à un âge donné dépendra des installations et de la
main-d'uvre dont il dispose, de son expérience des techniques d'écornage,
de sa sensibilisation aux répercussions de cette opération sur la
santé et la productivité des veaux, ainsi que de la demande sur
le marché. L'exploitant d'un parc d'engraissement décidera d'acheter
des veaux avec ou sans cornes en fonction du prix respectif de chaque type d'animal
et en fonction des facteurs énumérés plus haut. En général,
les soins que réclament les veaux laitiers fournissent des occasions aux
éleveurs de les écorner en très bas âge. Il incombe
à chaque exploitant de veiller à ce que l'écornage se fasse
sans cruauté et en toute sécurité pour les veaux sous leur
responsabilité. Selon les recommandations de l'Association canadienne
des médecins vétérinaires (ACMV), si l'écornage doit
être pratiqué, il devrait l'être dans la première semaine
suivant la naissance de l'animal. Choix du moment des
interventionsLes pratiques normales de conduite du troupeau permettent
de trouver un moment opportun pour l'écornage. Déjà à
l'âge d'un jour, la pose d'une étiquette d'oreille et l'injection
de vitamine E et de sélénium exigent l'immobilisation du veau. On
peut en profiter pour procéder à l'ablation du cornillon. Certains
éleveurs de bovins de boucherie préfèrent former des lots
de veaux chaque semaine pendant la saison de vêlage, afin d'en écorner
un grand nombre à la fois. D'autres attrapent les veaux avant de les envoyer
brouter l'herbe avec leur mère. Cela peut avoir lieu quand les veaux ont
entre six et huit semaines. Ce moment est par ailleurs idéal pour administrer
la deuxième injection de vitamine E et de sélénium. L'écornage
précoce (avant l'âge de huit semaines) réduit le risque d'infections
graves, car le cornillon peut alors être enlevé sans risque d'ouverture
du sinus (cavité) à l'intérieur du crâne. Au moment
de l'écornage chirurgical des veaux plus âgés, il y a ouverture
du sinus. Sur les fermes laitières, l'écornage peut être effectué
par le ou la vétérinaire ou son adjoint ou adjointe à l'occasion
de sa visite mensuelle. Éviter d'écorner les veaux durant
l'été et l'automne à cause du risque alors élevé
d'infections et d'infestations par les mouches. Ne procéder à l'écornage
que tôt au printemps, tard à l'automne ou pendant l'hiver. Le
moment réservé à l'écornage dépendra du système
de conduite du troupeau en place à la ferme. L'écornage précoce
devrait convenir à la plupart des systèmes de conduite du troupeau. Importance
économiqueAux usines de transformation de la viande, les carcasses
d'animaux provenant de troupeaux cornus nécessitent deux fois plus de parage
que les carcasses provenant de troupeaux comparables réunissant des animaux
sans cornes. Les vérifications de la qualité effectuées au
Canada (Canadian Beef Quality Audit) montrent que le parage des meurtrissures
coûte à l'industrie 10 millions de dollars par année. Les
animaux écornés risquent moins de faire l'objet de diminutions de
prix au moment de la vente. Importance pour le bien-être
des animauxLes propriétaires de bétail et les vétérinaires
sont conscients que certaines personnes considèrent l'écornage comme
une pratique odieuse. Il reste que les animaux écornés sont moins
dangereux pour leurs congénères ainsi que pour les travailleurs
et opérateurs, un avantage qui surpasse le bref inconfort que subit l'animal
au moment de l'écornage. - Toutes les méthodes d'écornage
causent de la douleur aux animaux et s'assortissent d'effets secondaires.
-
Les jeunes veaux se remettent plus rapidement et présentent moins de complications
que les veaux plus âgés.
- Rien ne prouve que l'écornage
soit moins douloureux pour les jeunes veaux que pour les veaux plus âgés.
-
Une anesthésie locale préalable élimine la douleur aiguë
ressentie pendant les quelques heures qui suivent l'écornage.
-
La meilleure façon de maîtriser la douleur est de combiner l'anesthésique
locale avec un sédatif et un analgésique.
- Écorner
un animal sans anesthésie est une pratique cruelle et contraire à
l'éthique.
- L'administration d'un analgésique représente
un coût supplémentaire pour les producteurs. Le degré d'insensibilité
à la douleur obtenu peut être limité par l'éventail
de médicaments à la portée des producteurs et par la rareté
des vétérinaires spécialisés dans les gros animaux.
-
En Ontario, s'ils sont sous la supervision immédiate, directe ou indirecte,
d'un ou d'une vétérinaire, les auxiliaires (techniciens et techniciennes)
des vétérinaires peuvent anesthésier localement un nerf et
écorner des veaux âgés de moins de deux mois. S'ils sont sous
la supervision immédiate ou directe d'un ou d'une vétérinaire,
ils peuvent écorner des animaux de plus de deux mois.
- L'utilisation
de taureaux acères est une solution de rechange douce qui est vraiment
orientée vers le bien-être des animaux. Au Canada, les éleveurs
de bovins de boucherie utilisent de plus en plus des taureaux acères.
-
La maîtrise des saignements est primordiale quand on procède à
l'écornage de veaux plus âgés.
Anesthésiques
et analgésiquesVoici les choix possibles pour l'anesthésie
et l'analgésie : - l'administration d'un anesthésique
local de courte durée (comme la lidocaïne) dont l'effet dure entre
60 et 180 minutes environ;
- l'administration d'un sédatif (un agoniste
des récepteurs alpha-2 adrénergiques comme la xylazine) seul ou
combiné à un anesthésique local, pour obtenir une analgésie
pendant quelques heures;
- la combinaison d'un anesthésique local,
d'un sédatif (un agoniste des récepteurs alpha-2 adrénergiques
comme la xylazine) et d'un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS),
pour une analgésie de plus longue durée;
- l'administration
d'un sédatif en même temps que l'anesthésique local pourrait
éviter d'avoir à immobiliser physiquement l'animal durant l'écornage.
- L'administration
d'un analgésique seul avant l'ablation des cornillons avec de la pâte
caustique n'endort pas la douleur.
Anesthésie
du nerf de la corneLe nerf de la corne confère à celle-ci
sa sensibilité. Ce nerf prend son origine immédiatement derrière
l'il et se rend à la base de la corne. Il s'étend sous une
petite saillie osseuse qui fait partie du crâne. Cette saillie est facilement
décelable par légère pression du doigt. Une veine et une
artère sont associées au nerf. L'administration de l'anesthésique
sur de jeunes veaux est simple. De nombreux vétérinaires enseignent
la technique à leurs clients. Un nerf distinct donne la sensibilité
à chaque corne. L'anesthésie du nerf facilite l'écornage
à la fois pour le veau et pour la personne qui procède à
l'intervention. Il faut anesthésier le nerf de chaque côté
de la corne. La lidocaïne anesthésique est un médicament sous
ordonnance qui doit être prescrit par une ou un vétérinaire.
Son administration nécessite une formation technique et de l'expérience
pratique. Tout anesthésique local devrait être administré
par un ou une vétérinaire, un technicien ou une technicienne vétérinaire
dûment formé ou un opérateur ou une opératrice ayant
reçu la formation voulue. Technique
- Bien immobiliser le veau avec un licou attaché à un anneau,
à un poteau ou à la porte cornadis.
- Idéalement,
mettre le veau sous sédation en lui injectant une dose convenable d'un
sédatif et d'un anti-inflammatoire non stéroïdien conformément
au mode d'emploi sur l'étiquette.
- Localiser le point d'injection
(figure 1) de l'anesthétique local en posant le pouce sur la peau jouxtant
le coin extérieur de l'il, là où se trouve une petite
dépression souple. En déplaçant le pouce vers l'arrière
en direction de la corne, on percevra une petite rainure dans l'os crânien.
Le nerf chemine le long de cette rainure et sous celle-ci. Le point d'injection
se situe dans le tiers supérieur (plus près du cornillon) de la
distance entre le coin de l'il et la base de la corne.
- Désinfecter
le point d'injection avec un tampon d'alcool.
- Utiliser une aiguille
de calibre 20 ou 18 de 2,5-3,8 cm (1-1½ po) de longueur.
- Utiliser
une seringue de 6 ou 10 cc.
- Selon la taille du veau, utiliser pour chaque
corne entre 3 et 10 cc de lidocaïne 2 % avec épinéphrine.
-
Une fois l'aiguille sur la seringue, tout en maintenant la tête immobilisée,
enfoncer l'aiguille à travers la peau au point d'injection. L'aiguille
devrait pénétrer perpendiculairement au crâne au point d'injection.
Une fois la peau traversée, retirer le piston pour vérifier que
l'aiguille ne se trouve pas dans un vaisseau sanguin, puis injecter environ 1,5
cc de lidocaïne. Enfoncer l'aiguille d'environ 6 mm (1/4 po) de plus et injecter
encore 1,5 cc. Enfoncer à nouveau l'aiguille d'environ 6 mm (1/4 po) et
injecter le reste de la lidocaïne. Retirer ensuite l'aiguille. Si la pointe
de l'aiguille heurte l'os, la retirer un peu avant d'injecter le reste de la lidocaïne.
-
Répéter l'opération de l'autre côté de la tête.
La lidocaïne est un produit semblable à celui que les dentistes utilisent
pour geler une dent.
- Il se peut qu'il faille attendre plusieurs minutes
avant que le produit n'agisse. Normalement, si la technique d'injection est bonne,
la paupière supérieure sera retombante. Le produit n'agira pas s'il
est injecté trop profondément.
- Poursuivre l'insensibilisation
des nerfs d'autres veaux, puis revenir au premier veau.
Choix
de la méthode L'obtention d'animaux sans cornes peut se faire
par le recours à différentes méthodes, allant de la génétique
à la chirurgie. Les risques que l'écornage représente pour
le veau et l'opérateur varient selon la technique employée. De nombreux
producteurs préfèrent écorner les veaux à la naissance,
car la tâche est alors plus simple pour l'opérateur et moins éprouvante
pour le veau, ce qui témoigne d'un souci de veiller au bien-être
de l'animal. Voici les méthodes couramment employées pour obtenir
des animaux sans cornes. 
Figure 1. Le "X" indique le point
sur le crâne du bovin qui se situe à mi-chemin entre la base de la
corne et le coin extérieur de l'il. L'anesthésique est injecté
sous la saillie osseuse marquée par le X et la flèche sur la figure.
Taureaux sans cornesUne vache
cornue ou acère croisée avec un taureau acère (Angus) donnera
naissance à des veaux acères. Toutefois, certains taureaux dépourvus
de cornes, mais qui ne sont pas naturellement acères, sont porteurs du
gène " à cornes " et ne donneront donc pas une progéniture
porteuse du gène " acère ". Avantages et inconvénients
- Le recours à la génétique contribue au bien-être
des animaux.
- Ce choix dépend de la disponibilité du caractère
génétique pour une race de bovins de boucherie ou de bovins laitiers
en particulier.
- La sélection axée sur l'obtention d'animaux
acères est une tendance observée dans le cas des races exotiques.
- La
décision est délicate pour les éleveurs de bovins de race
Hereford.
Écornage chimiqueOn
peut empêcher la croissance des cornes par l'application de produits caustiques
sur les tissus du cornillon chez les veaux nouveau-nés (de l'âge
de moins d'une semaine à trois semaines). Ces produits détruisent
les tissus autour du cornillon qui produisent la corne. Les produits utilisés
viennent en bâton ou en pâte (figure 2). Pour la protection personnelle,
porter des gants lors de l'application. Pour la protection du veau, éviter
tout contact du produit avec ses yeux. Ne pas utiliser ces produits lorsqu'il
pleut. 
Figure 2. La pâte à écorner est un
produit caustique appliqué sur les cornillons, afin de cautériser
les tissus produisant les cornes.
Technique - Administrer
un sédatif, un analgésique et un anesthétique local.
-
Découvrir le cornillon (environ de la grosseur d'une pièce de 5
cents) en repoussant le poil (figure 3).
- Appliquer la substance caustique
sur le cornillon. Utiliser un applicateur en bois. Appliquer le produit en une
couche mince.
- Remettre le poil en place au-dessus du cornillon enduit
de pâte, de manière à le recouvrir.
- Même si
le mode d'emploi peut recommander à l'opérateur de tondre le cornillon,
l'expérience a prouvé que la technique décrite plus haut
garde la substance caustique en place, réduit le risque d'irritation du
pis et des flancs de la vache et réduit l'irritation des autres régions
de la tête du veau.
- Protéger le veau et la vache des brûlures
accidentelles causées par le contact avec le produit caustique. Une méthode
consiste à coller un morceau de ruban à conduits sur chacun des
cornillons. Le ruban finit habituellement par tomber après quelques jours.
S'il s'agit de veaux laitiers, les loger dans des enclos individuels.
-
Certains pays n'autorisent le recours à cette technique que dans le cas
des veaux âgés de moins de huit jours.

Figure
3. Le cercle à la base de l'oreille montre l'emplacement du cornillon chez
un jeune veau. Le cornillon est facile à voir une fois qu'on a écarté
les poils. Replacer les poils de manière à recouvrir le cornillon
une fois la pâte à écorner appliquée. Avantages
et inconvénients - Si elle est réalisée sur des
veaux très jeunes, cette méthode engendre moins de stress que d'autres
techniques.
- Il n'y a pas de saignements.
- La méthode s'utilise
en toute saison.
- La méthode est douloureuse sans anesthésie.
-
L'opérateur doit porter des gants et éviter tout contact du produit
avec les yeux.
- La méthode ne s'emploie pas s'il pleut.
-
L'écornage chimique est interdit dans certains pays.
- Une mauvaise
utilisation de la technique peut laisser des rudiments de cornes ou ne pas empêcher
les cornes de pousser.
- L'administration d'un analgésique est nécessaire.
Écornage
au fer chaudIl existe différents types de fers à écorner.
Certains sont chauffés directement sur la flamme ou dans un four, d'autres,
électriques, sont alimentés par une pile de 12 volts ou le courant
de 120 volts, d'autres encore sont alimentés par une batterie rechargeable
(p. ex. le BuddexMD) ou au propane (figure 4). L'extrémité du fer
comporte une cavité circulaire destinée à recouvrir le cornillon.
S'il est utilisé correctement, le fer chaud assure la cautérisation
des tissus générateurs de la corne à la base du cornillon.
La technique de l'écornage au fer chaud convient aux veaux allant jusqu'à
l'âge de douze semaines. Il existe plusieurs grosseurs de fers à
écorner. Un fer est de la bonne grosseur s'il encercle complètement
la base de la corne. Dans le cas des fers électriques, utiliser un cordon
qui n'est pas plus long qu'il ne faut, car plus le cordon est long, plus la tension
diminue, ce qui limite la quantité de chaleur générée
par le fer. Technique - Administrer un sédatif, un analgésique
et un anesthétique local.
- Faire chauffer le fer jusqu'à
ce qu'il soit rouge. Qu'il s'agisse d'un fer électrique ou d'un fer à
gaz, on obtient de meilleurs résultats quand le fer est rouge.
-
Porter des gants pour se protéger les mains.
- Écarter l'oreille
du veau pour éviter toute brûlure.
- Poser la tête du
fer chaud sur le cornillon et appliquer une légère pression. Lorsqu'une
fumée apparaît à cause des poils qui roussissent, imprimer
un lent mouvement de rotation à l'écorneur.
- Continuer à
appliquer la chaleur pendant 10-15 secondes, mais jamais plus longtemps, surtout
s'il s'agit de jeunes veaux. Un transfert de chaleur par les minces os du crâne
risquerait en effet d'endommager leur cerveau.
- L'écornage est
terminé quand on observe un cercle de couleur cuivre tout autour de la
base du cornillon.
- Le cornillon tombera dans quatre ou six semaines.

Figure 4. Un fer à écorner électrique
cautérise les cellules productrices de la corne à la base du cornillon.
Avantages et inconvénients - Il n'y a pas de
saignements.
- L'écornage thermique peut être réalisé
à toute période de l'année.
- La méthode se
pratique sur des veaux jusqu'à douze semaines.
- Cette méthode
est peu fiable si elle est mal réalisée, car elle produit alors
des rudiments de cornes.
- Le recours à cette méthode nécessite
une expertise pour maîtriser la douleur et appliquer la chaleur.
Tuyau
d'écornageCe tuyau, percé d'une " cuiller " permet
de faire rapidement l'ablation des cornillons chez des veaux âgés
de moins de huit semaines (figure 5). Les bords acérés de la "
cuiller " découpent le contour du cornillon et retirent les tissus
situés à sa base, qui sont responsables de la croissance des cornes.
Utiliser un tuyau de la bonne grosseur, afin d'enlever le cornillon plus 3 mm
(1/8 po) de peau tout autour. Technique - Administrer un sédatif,
un analgésique et un anesthétique local.
- Utiliser un tuyau
d'écornage de la bonne grosseur (quatre grosseurs disponibles). La "
cuiller " du tuyau doit recouvrir entièrement le cornillon plus environ
3 mm (1/8 po) de peau autour de sa base.
- Placer la " cuiller ",
côté coupant vers le bas, directement sur le cornillon.
-
Appuyer fermement sur le tuyau et, en le maintenant à plat, décrire
un cercle de manière à couper la peau autour du cornillon.
-
Par un mouvement de ramassage (c.-à-d. en faisant pivoter la main), couper
le dessous de la corne et l'enlever.
- Appliquer un antiseptique sur la
plaie. Il peut y avoir des saignements.
- Nettoyer et désinfecter
le tranchant de la " cuiller " avant de passer au veau suivant.

Figure 5. Le tuyau d'écornage sert à faire
l'ablation du cornillon et de la peau produisant la corne autour de la base de
celui-ci.
Avantages et inconvénients - Il y a
des saignements.
- La méthode est utile chez les jeunes veaux.
-
Il y a des risques d'infection en raison des plaies ouvertes.
- On doit
éviter de recourir à cette méthode pendant la saison des
mouches.
- La méthode laisse des cicatrices et manque de fiabilité
(produit des rudiments de cornes) si elle est mal réalisée.
- Le
recours à cette méthode nécessite une expertise pour maîtriser
la douleur, utiliser l'écorneur et maîtriser les saignements.
Pince
à écorner, gouge ou écorneur de type BarnesLes pinces
à écorner sont utilisées sur des veaux âgés
entre deux et quatre mois qui possèdent déjà des cornes allant
jusqu'à 10 cm (4 po) de long (figure 6). Certains opérateurs prétendent
avoir plus de succès avec une pince de forme rectangulaire, car elle permet
d'enlever, en même temps que le cornillon, un anneau de peau uniforme autour
de celui-ci. Si elles sont utilisées correctement, les pinces ne travaillent
pas trop profondément. Cependant, elles risquent d'ouvrir le sinus frontal
si elles sont utilisées chez des veaux parvenus à la limite d'âge
supérieure et sur des cornes à la limite de longueur supérieure.
Pour un maximum de résultats, les lames doivent être gardées
tranchantes. Technique - Administrer un sédatif, un analgésique
et un anesthétique local.
- Serrer les poignées l'une contre
l'autre.
- Placer la mâchoire de l'instrument au-dessus du cornillon.
L'objectif est d'éliminer complètement un anneau de peau à
la base de la corne. Il faut donc régler l'ouverture en conséquence
(figure 7).
- Appuyer doucement la gouge contre la tête de l'animal.
En maintenant la pression, éloigner rapidement les poignées l'une
de l'autre pour fermer la mâchoire et enlever le cornillon.
- Limiter
les saignements en utilisant un fer chaud pour cautériser l'artère
ou en tirant sur l'artère avec des forceps.
- Nettoyer et désinfecter
le bout tranchant de la gouge avant de passer au veau suivant.

Figure 6. Un écorneur de type Barnes fait l'ablation
de la corne et des tissus qui produisent la corne tout autour de sa base.

Figure
7. Chez les jeunes veaux, l'écorneur de type Barnes enlève les tissus
qui produisent la corne sans toutefois ouvrir le sinus frontal, comme le montre
la courbe tracée sur le schéma. Chez les veaux plus âgés,
l'écorneur ouvre le sinus frontal étant donné que la corne
est alors attachée au crâne. Avantages et inconvénients
- L'écornage est rapide; se fait en quelques secondes.
- La méthode
est utile une fois que le cornillon est attaché au crâne.
-
Il y a des saignements.
- Il y a des risques d'infection en raison des
plaies ouvertes.
- La méthode provoque l'ouverture du sinus frontal
chez les veaux plus âgés.
- On doit éviter de recourir
à cette méthode pendant la saison des mouches.
- L'intervention
laisse des cicatrices et manque de fiabilité (produit des rudiments de
cornes) si elle est mal exécutée.
- Le recours à cette
méthode nécessite une expertise pour l'anesthésie, la sédation,
l'analgésie et l'exécution.
- Cette méthode oblige
à maîtriser les saignements en tirant sur les artères ou en
les cautérisant.
SuiviL'écornage
et l'ablation du cornillon sont des interventions chirurgicales. Il faut garder
les veaux sous observation et assurer un suivi après la chirurgie.
- Observer attentivement les saignements dans les 30-60 minutes qui suivent
l'écornage.
- S'il y a saignements, cautériser l'artère
à l'aide d'un fer chaud.
- Les plaies guérissent habituellement
d'elles-mêmes sans traitement.
- Il est souvent recommandé
d'appliquer un répulsif à mouches et un enduit cicatrisant.
- Pendant
les 10 à 14 jours qui suivent l'écornage, rechercher des signes
d'infection et les traiter au besoin.
- S'adjoindre l'aide de professionnels
si des veaux montrent des signes de douleur aigüe ou d'infection.
Désinfection
des instrumentsCertaines maladies sont transmises d'un animal à
l'autre par le matériel d'écornage contaminé avec du sang.
Le virus de la leucose bovine enzootique et le virus responsable de la papillomatose
(verrues) en sont deux exemples. On doit absolument désinfecter le tuyau
d'écornage et l'écorneur de type Barnes après l'écornage
de chaque veau. Technique - Après l'écornage
de chaque veau, rincer l'instrument à l'eau froide pour le débarrasser
du sang.
- Placer ensuite l'instrument dans une solution antiseptique.
- Renouveler fréquemment la solution, afin d'en préserver
le caractère antiseptique.
- Préparer la solution en ajoutant
25 g de créosol par litre d'eau (4 on par gal imp.).
- Ne ranger
les instruments qu'une fois qu'ils ont été bien nettoyés
et désinfectés.
La chaleur produite par les écorneurs
électriques suffit à les désinfecter entre deux animaux.
Par contre, il faut à l'occasion en retirer les dépôts à
l'aide d'une brosse d'acier. Consulter un
ou une vétérinaireLe présent document décrit
les méthodes et techniques employées pour écorner de jeunes
veaux. Chacune de ces méthodes comporte des avantages et des inconvénients.
Il incombe aux producteurs de demander conseil à leur vétérinaire
avant d'expérimenter une méthode pour la première fois. La
maîtrise de la douleur (par la sédation, l'anesthésie et l'analgésie)
est indispensable lors de l'écornage des veaux. Sources
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le 9 janvier 2009.]
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Gerrit Rietveld,
spécialiste des soins des animaux, MAAARO, Fergus, a produit les croquis
qu'on retrouve dans cette publication.
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