La surveillance de l’activité motrice pour améliorer la reproduction


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : agdex 410/20
Date de publication : avril 2008
Commande no. 07-072
Dernière révision : juin 2010
Situation :
Rédacteur : J. Rodenburg et B. Murray/MAAARO

PDF 264KB

La surveillance de l’activité motrice améliore la détection des chaleurs dans les troupeaux laitiers de moyenne à grande taille et permet de réduire la main-d’œuvre que cette tâche nécessite. Les dispositifs de détection utilisés permettent de mesurer et d’enregistrer l’activité motrice. Ils figurent parmi les nombreux dispositifs de précision utilisés en production laitière, qui contribuent àdiminuer les besoins de main-d’œuvre tout en améliorant le suivi individuel des vaches et la conduite des troupeaux.

Détection des chaleurs

Il faut réaliser une bonne détection des chaleurs pour obtenir un taux de gestation optimal et assurer l’efficacité de la reproduction au sein des troupeaux laitiers. Cet aspect de la production laitière gagnerait grandement à être amélioré. En effet, le taux d’efficacité en matière de détection des chaleurs chez les troupeaux laitiers est inférieur à 50 %, et la difficulté à détecter l’œstrus coûte des millions de dollars chaque année à l’industrie laitiére.

Trois méthodes sont utilisées pour déterminer le moment propice à la reproduction chez les vaches laitiéres :

  • l’observation systématique des vaches afin de détecter les chaleurs;
  • la synchronisation des chaleurs en vue de planifier le moment précis de l’insémination artificielle (IA);
  • l’utilisation de dispositifs de détection de l’activité motrice (au pied ou au cou).

Chez les vaches laitiéres trés productives, la période oùelles acceptent la monte dure en moyenne cinq heures quarante-huit minutes. Certaines vaches n’acceptent de s’immobiliser pour être saillies qu’une ou deux fois par cycle d’œstrus. Une détection précise des chaleurs exige l’observation du troupeau trois àquatre fois par jour, tous les jours, par un œil averti. La principale difficultéque présente cette méthode vient de la nécessitéde respécter la fréquence des observations chaque jour.

Les protocoles de synchronisation des chaleurs
et des inséminations artificielles planifiées, àl’autre extrême, facilitent grandement la planification
des activités et de la charge de travail entourant
la reproduction. Ils permettent en outre de régler les difficultés que posent une certaine proportion des quelque 20
 % de vaches qui n’ont pas d’œstrus en début de lactation. Cette méthode est cependant coûteuse et exige, de surcroît, un respect rigoureux des protocoles ainsi que l’administration de médicaments aux animaux.

Les dispositifs de détection peuvent être placés au cou ou au pied de l’animal

Figure 1.Les dispositifs de détection peuvent être placés au cou ou au pied de l’animal.


Figure 2. Comparaison des pics d’activité associés aux cycles d’œstrus et du nombre de jours en lactation.

Envoyer des textos l'equivalent de figure 2.

Fonctionnement des dispositifs de détection de l'activité motrice

Le podomètre, ou compte-pas, qui détecte et enregistre les déplacements, comme la marche, est fixé à un bracelet. Le détecteur de mouvement est fixé à un collier (figure 1). Un lecteur donne accès aux données recueillies par les deux types de détecteurs et ces données sont consignées dans un ordinateur réservé à cette fin.

Un logiciel sort des rapports comparant l’activité motrice de chaque vache à celle de périodes antérieures. On sait que l’activité motrice des vaches est de deux à quatre fois plus intense que la normale juste avant qu’elles acceptent la monte. Il est recommandé de faire accoupler les vaches au cours des douze à vingt-quatre heures qui suivent le moment oùl’intensification de l’activité a été signalée par les détecteurs.

Les dispositifs de détection de l’activité motrice permettent de déterminer le moment du début des chaleurs tout en réduisant les besoins de main-d’œuvre associés à la détection des chaleurs. Des études montrent que les podomètres présentent des taux de détection de l’ordre de 80 à 85 % en présence d’un seul animal en chaleur et jusqu’à 90 % lorsque deux bêtes ou plus sont en chaleur.

Coûts des systèmes

L’investissement initial dans un système de surveillance de l’activité motrice peut être assez élevé. Il faut compter autour de 14 000 $ pour un système autonome, et 30 000 $ de plus si le système est intégré à un système existant d’identification en salle de traite. Les prix vont varier selon les caractéristiques du système, le nombre de lecteurs et le nombre de dispositifs de dètection. Le coût initial d’investisse-ment peut toutefois se justifier par l’amélioration de la détection des chaleurs et les économies de main-d’œuvre réalisées.

Avec des frais de main-d’œuvre concurrentiels de l’ordre de 13 à 16 $ l’heure, un programme de détection des chaleurs basé sur l’observation des vaches coûte environ 6 000 $ par année. En tenant uniquement compte des économies de main-d’œuvre, à un taux d’intérêt de 6,5 %, un investissement de 30 000 $ dans un système de surveillance de l’activité motrice des vaches se rentabilise en sept ans. L’acquisition d’un système autonome de 14 000 $ est rentable si le taux horaire payé aux travailleurs est de 8 $/heure ou plus. Les taux de détection des chaleurs obtenus avec les détecteurs d’activité motrice sont habituellement supérieurs aux méthodes uniquement basées sur l’observation des vaches, un avantage qui s’ajoute aux économies de main-d’œuvre. La figure 2 établit une comparaison entre les pics d’activité des vaches associés aux cycles d’œstrus et le nombre de jours en lactation.

Lorsqu’on le compare à un programme de synchroni-sation des chaleurs, en se basant uniquement sur le coût par vache, un système de surveillance de l’activité motrice revient beaucoup moins cher et offre en plus certaines économies d’échelle, ce qui n’est pas le cas avec les protocoles de synchronisation des chaleurs.

Un système de surveillance de l’activité motrice présente aussi l’avantage de fournir des données sur l’activitédes vaches pendant un certain nombre de jours. Cette information peut être intègrée à d’autres données de production sur chaque vache et se révéler utiles à la conduite du troupeau. En effet, une diminution soudaine de l’activité d’une vache peut signaler le début d’une boiterie ou d’une autre maladie. Par ailleurs, d’autres fluctuations dans le profil de l’activité des vaches, telles que des augmentations d’activité suivies de baisses, peuvent signaler des troubles du métabolisme.

Résumé

L’utilisation de podométres ou de détecteurs de mouvement facilite la détection des chaleurs chez les vaches laitières en stabulation libre, et elle permet surtout de réduire les besoins de main-d’œuvre associés aux méthodes traditionnelles de détection visuelle tout en offrant des taux de détection équivalents et même souvent supérieurs.

Les systèmes de surveillance de l’activitè motrice sont le plus souvent intégrés aux systèmes de traite automatisés, bien qu’on trouve aussi des systèmes autonomes. Intégrés ou non, ces systèmes représentent un investissement initial plus élevé, mais ils constituent une solution de rechange relativement économique à la détection visuelle des chaleurs, qui coûte cher en main-d’œuvre, et à un programme de synchronisation des chaleurs, qui oblige à administrer davantage d’injections aux vaches et qui s’assortit de coûts élevés par tête.

Les systèmes de surveillance de l’activité motrice avec podomètres ou détecteurs de mouvement, et les logiciels qui s’y rattachent procurent de précieuses données de gestion et des données sur la production qui sont utiles à la conduite des troupeaux laitiers.

La version anglaise de la présente fiche technique a été rédigée par Jack Rodenburg, chargé de programme, systèmes de production laitière, MAAARO, Woodstock, et Blair Murray, spécialiste de l’amèlioration génétique des bovins laitiers, MAAARO, Kemptville.

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca