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La lutte contre les rongeurs dans les bâtiments d'élevage
Pourquoi lutter contre les rongeurs ?
| Haut de la page | Comprendre les rongeursLes rats et les souris peuvent se reproduire à une cadence phénoménale.
Sous des conditions idéales, un couple de rats et ses portées
successives peuvent engendrer 20 millions d'individus en trois ans. Chez
les souris, la prolificité est encore plus élevée;
une femelle a de cinq à dix portées par an et de cinq à
six petits par portée. La période de gestation est de seulement
19 à 21 jours. Les petits atteignent la maturité sexuelle
en 6 à 10 semaines. Une souris femelle vit en moyenne 9 mois. Un
rat femelle peut donner naissance en un an à 22 autres femelles
(dans l'hypothèse où la proportion mâle/femelle de
la progéniture est de 1/1), aptes à se reproduire dès
l'âge de 3 mois. Si les rats et les souris ont une mauvaise vue, leurs autres sens, odorat, goût, toucher et ouïe, sont fort développés. Comme ils n'aiment pas les espaces dégagés, ils préfèrent longer les murs et autres objets. Ils ne s'aventurent pas loin de leur nid, soit à une distance d'au plus 45 m (148 pi) dans le cas des rats et 9 m (30 pi) dans le cas des souris. Les rats sont très craintifs à l'égard des objets nouveaux, notamment des pièges, et s'en méfient pendant plusieurs jours. Il faut 5 jours environ au rat pour s'approcher d'un piège. Les souris, quant à elles, les acceptent facilement. Il est important de connaître ces comportements lors de la mise au point de programmes de dératisation au moyen d'appâts et de pièges. La ferme est-elle infestée?Les éleveurs ne devraient pas être gênés d'admettre
qu'ils ont un problème de rongeurs. Des enquêtes en Ontario
indiquent que 80 % des poulaillers et 89 % des porcheries ont des problèmes
de rongeurs. Les chances que des souris ou des rats soient présents
sur une ferme sont donc élevées. C'est dans les cas où
rien n'est fait pour régler le problème que l'éleveur
doit faire face à la gêne et à des coûts. Voici
quelques signes d'infestations par les rongeurs :
Il existe une simple règle, généralement reconnue, selon laquelle environ vingt-cinq souris ou rats sont présents pour chaque rongeur aperçu. | Haut de la page | Rat ou souris?Étant donné que l'on n'extermine pas les rats et les souris
par les mêmes moyens, il faut commencer par déterminer quelle
est l'espèce qui infeste l'exploitation (tableau 1). Pour ce faire,
il suffit d'examiner les crottes : elles sont noires dans les deux cas,
mais celles des souris sont de la taille d'un grain de riz tandis que
celles des rats ont la grosseur d'un grain de haricot. Que mangent les rats et les souris?Les rats et les souris peuvent être considérés comme
omnivores. S'ils ont le choix, ils préfèrent les grains
de céréales. Les rats mangent de la viande lorsqu'ils en
trouvent. Toutefois, lorsque la nourriture est rare, ils mangent presque
n'importe quoi, y compris le plâtre et même du savon ou des
carcasses d'animaux. Des souris ont déjà niché pendant
un hiver dans une carcasse de cerf mort de la rage, ont mangé sa
chair et sont devenues infectées. Elles sont ensuite devenues les
vecteurs de cette maladie. Les rats et les souris mangent chaque jour
et préfèrent avoir de l'eau à proximité. Les
rats boivent habituellement de l'eau chaque jour, mais les souris peuvent
survivre plusieurs jours sans eau.
Dératisation (règles de base)La lutte contre les rongeurs, ou dératisation, fait appel à
une stratégie de lutte intégrée mettant en uvre
divers types d'interventions. En premier lieu, l'éleveur doit s'efforcer
d'empêcher les rongeurs d'entrer ou, du moins, d'en réduire
considérablement le nombre par des programmes de lutte. Ceux-ci
visent à rendre ses bâtiments impénétrables
aux rongeurs et à supprimer les endroits propices à leur
nidification ainsi que leurs sources de nourriture et d'eau. Les rongeurs
prolifèrent quand ils disposent d'endroits pour nicher, d'eau et
de nourriture à volonté. Habitudes et biologiePour lutter contre les souris et les rats, il faut d'abord en comprendre les habitudes et la biologie. Les souris et les rats ont des habitudes et une biologie semblables, mais il existe certaines différences entre les deux (tableau 1).
Bâtiments d'élevage à l'épreuve des rongeursDes bâtiments correctement construits et entretenus opposent un
premier obstacle aux rongeurs. Des semelles de fondations qui s'enfoncent
jusqu'à 0,5 m (19 po) dans le sol et qui débordent de 0,2
m (8 po) du mur extérieur empêchent les rongeurs de pénétrer
dans le bâtiment en se creusant des galeries. Il est d'ailleurs
conseillé de couler des semelles plus profondes pour lutter contre
les méfaits du Lors de la construction des murs, veiller à ce que le revêtement
s'applique directement contre les montants et non sur des lattes, de manière
à former entre deux montants successifs un espace clos empêchant
les éventuels intrus d'envahir le reste de la structure. Pour obtenir
plus de renseignements à ce sujet, consulter le plan no M 9451
du Service de plans du Canada, Lutte contre les rongeurs et les oiseaux
dans les bâtiments agricoles. Une structure en bon état constitue
un premier rempart contre les rats et les souris. La plupart des rongeurs
qui s'introduisent dans les élevages viennent directement des champs,
puis se multiplient. Il est donc important de tenir bien propres les abords
des bâtiments, c'est-à-dire d'y détruire toute végétation
sur 1 m (3 pi) de largeur, et de ramasser les aliments qui ont été
répandus, le bois, les ordures, etc. Il ne faut pas attirer les
rongeurs des champs vers l'élevage. | Haut de la page | Suppression des cachettes et recoins où nichent les rongeursPuisque les rongeurs n'aiment pas les endroits dégagés, il faut maintenir les locaux en ordre en éliminant les empilages de matériaux, les sacs d'aliments vides et tout ce qui peut servir de cachette à un rongeur. Ranger le bois de construction ainsi que les accessoires divers à un niveau situé entre 24 et 30 cm au-dessus du sol, à une distance d'au moins 24 cm des murs. Détecter tout endroit par lequel les rongeurs peuvent pénétrer à l'intérieur des murs à double paroi; la plupart des rongeurs élisent domicile dans l'isolant qui s'y trouve. Obstruer toutes ces voies d'entrée et détruire tous les matériaux dont les rongeurs font leur nid. Supression des vivres et de l'eau
Lutte contre les rongeurs déjà présentsS'il existe déjà un problème de rongeurs sur la ferme, la prévention seule ne résoudra pas le problème. Dans ce cas, il faut envisager un programme de réduction des populations. Pièges à ressort On vient à bout de petites colonies en posant des pièges
à ressort ou des boîtes-pièges. Les rats ont un faible
pour la viande, le poisson et le bacon frais, tandis que les souris préfèrent
le fromage, le beurre d'arachide et les graines. Essayez différents
appâts afin de découvrir lesquels ont plus de succès.
Comme les rats se méfient de toute nouveauté dans leur environnement,
on conseille d'endormir leur méfiance en installant d'abord pendant
4 à 5 jours des pièges appâtés, sans les tendre.
S'assurer que les appâts ont bien été mangés
avant de commencer le piégeage véritable. Employer des pièges
adaptés à chaque espèce, pièges à rats
ou souricières. Les placer près des murs, derrière
des objets, dans des recoins sombres, là où se trouvent
des crottes ou des traces de grignotement. Les pièges situés
près d'un mur doivent être perpendiculaires à celui-ci,
la détente et l'appât se trouvant du côté du
mur. Les pièges à capture multiple devraient être
orientés vers le trou d'entrée et parallèlement au
mur. Les pièges permettant de capturer les animaux vivants peuvent
être très efficaces près des couloirs empruntés
par les souris et les rats. Planchettes encollées Les planchettes encollées capturent les souris efficacement et
constituent une méthode de choix là où les appâts
empoisonnés posent problème. Ces planchettes ne donneront
toutefois pas de bons résultats si trop de poussière s'y
accumule. Elles ne sont donc recommandées qu'à l'écart
des endroits poussiéreux. Chaque jour, vérifier les planchettes encollées et les
pièges, et en retirer les cadavres, puis les éliminer. Porter
des gants en plastique pour les prendre, afin d'éviter tout risque
de contamination par une maladie. Plus la nourriture est abondante, moins les pièges appâtés
sont efficaces. Il faut par conséquent supprimer un maximum de
sources de nourriture avant de dératiser. Dans les élevages
où l'infestation est modérée, on conseille de poser
de 50 à 100 pièges. Le piégeage doit rapidement donner
les résultats attendus avant que la méfiance des rongeurs
ne s'éveille. L'odeur humaine ou celle des rongeurs déjà
capturés ne suscite toutefois pas de méfiance. Il est conseillé
de porter des gants en plastique pour ramasser les rongeurs morts, et
de les jeter dans des sacs en plastique hermétiquement fermés. Les chats parviennent parfois à limiter des populations modérées
de rats ou de souris, à condition que le milieu ne soit pas trop
favorable aux rongeurs. Toutefois, les chats risquent d'introduire des
maladies dans un élevage en y rapportant des rongeurs capturés
dans les champs. Les chats ne réussiront jamais à attraper
les souris au même rythme que celui auquel celles-ci se multiplient.
Appareils de signalisation sonore et à ultrasons Ces deux méthodes peuvent être inefficaces. Il est possible que les rongeurs soient effrayés par des bruits étranges les premiers jours, mais qu'ils s'y habituent vite. | Haut de la page | Rodenticides (appâts empoisonnés)En raison de la toxicité de tous ces produits pour les autres animaux, il faut toujours observer les précautions d'emploi, de manipulation et d'entreposage indiquées sur l'emballage. Les rodenticides sont essentiellement de deux types : poisons violents et anticoagulants. Il y a lieu de recourir aux rodenticides (tableaux 2 et 3) dans le cas de populations moyennes ou fortes. Bon nombre des nouveaux produits anticoagulants, par exemple la bromadiolone et le brodifacoum, sont mortels pour les rongeurs à raison d'une seule ingestion. Parfois, des rongeurs qui se sont intoxiqués puis rétablis se méfient ensuite des appâts. La méfiance ne concerne pas le rodenticide, mais le support, par exemple le grain. Il suffit alors de changer de formule ou d'utiliser un appât d'aspect différent. Pour les rats, il faut environ une semaine d'appâtage préalable sans poison pour qu'ils ne se méfient plus des appâts. Il faut placer ceux-ci dans les zones très fréquentées par les rongeurs. L'erreur commune est de ne pas installer suffisamment d'appâts. Il faut en placer un tous les 1 à 2 m (3 à 6 pi) s'ils sont destinés aux souris et tous les 7 à 10 m (23 à 33 pi) s'ils sont destinés aux rats. Tous les appâts non mangés doivent être enlevés et éliminés convenablement une fois la dératisation terminée. Précaution d'emploi pour tous les rodenticides
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Ingrédient actif
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Annexes approuvées en Ontario
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|---|---|
|
brométhaline
|
2
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|
brodifacoum
|
4, 6
|
|
bromadiolone
|
1, 2, 4, 6
|
|
cholécalciférol
|
4, 6
|
|
chlorophacinone
|
1, 2, 3, 4, 6
|
|
3-chloro-1,2-propanédiol
|
2
|
|
diféthialone
|
1, 4, 6
|
|
diphacinone
|
1, 3, 4, 6
|
|
ergocalciférol
|
4
|
|
sulfaquinoxaline
|
3, 4, 6
|
|
warfarine
|
1, 2, 3, 4, 6
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|
phosphure de zinc
|
1, 2
|
| Annexe |
Qui peut l'utiliser
|
|---|---|
|
1
|
|
|
2
|
|
|
3
|
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4
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5
|
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|
6
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L'élimination des rats et des souris des bâtiments d'élevage
est extrêmement difficile. Il est préférable pour
les producteurs de prévenir les infestations. Si un problème
existe, les options décrites dans la présente fiche technique
devraient aider à limiter les populations de rats et de souris.

Figure 1. Croquis d'un piège-appât sûr
et efficace
qu'on peut confectionner soi-même. Purdue University.
La présente fiche technique, à l'origine rédigée
par G.A. Surgeoner, professeur à l'Université de Guelph,
a été révisée par Betty Summerhayes, spécialiste
du développement des produits, MAAARO, Guelph, et Brian Lang, spécialiste
de la production du veau, MAAARO, Woodstock.
Ont également contribué à la réalisation de cette fiche : Dr L. Weber, vétérinaire; MM. R.G. Urquhart et G. Hawkins, Techniques d'élevage, MAAARO. Les données d'enquête ont été fournies par le Comité d'étude sur la lutte contre les rongeurs. Les auteurs remercient M. B. Corrigan, Purdue University, de leur avoir gracieusement fourni les détails du piège-appât.
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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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