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Améliorer lassimilation de la protéine en contrôlant la teneur en azote uréique du lait
Table des matièresLa protéine est un élément nutritif indispensable pour tous les organismes végétaux et animaux. Elle est aussi la fraction la plus coûteuse de la ration servie aux bovins laitiers. Pendant sa digestion, la protéine est décomposée dans le rumen en éléments plus simples comme les peptides, les acides aminés et lammoniac. Alors que la vache peut absorber directement les peptides et les acides aminés au niveau de son intestin grêle pour couvrir ses besoins de croissance et de lactation, lammoniac est quant à lui utilisé par la flore ruminale (microbes peuplant le rumen) pour assurer son développement et synthétiser de la protéine (Van Soest, 1994). La quantité dazote (N) nécessaire à la flore ruminale varie suivant la quantité de glucides disponibles. Si laliment apporte plus de protéine que ce qui est nécessaire à la flore, lammoniac produit par la dégradation de la protéine devra être transformé en urée dans le foie et excrété dans lurine. Si la ration apporte beaucoup dénergie, la flore ruminale a de plus grands besoins en N et elle est alors capable dassimiler lammoniac excédentaire (Van Soest, 1994). Le juste équilibre entre la protéine et lénergie ou plus précisément entre la protéine dégradable dans le rumen et les glucides à fermentation rapide permet à la vache dassimiler au maximum la protéine de sa ration. Cela peut se traduire par une augmentation de la production, une baisse des coûts daliment et une diminution des effets sur lenvironnement dus à lazote rejeté dans le fumier. Pour optimiser la santé et la fonction du rumen, il est généralement recommandé que les glucides non structuraux représentent 3040 % de la ration (Nocek, 1997). Par contre, les recommandations concernant la part de la protéine brute (PB) dans la ration sont plus difficiles à établir. Il faut en effet adapter la quantité de PB à inclure dans la ration en fonction de plusieurs facteurs : quantité de lait produite par lanimal, taux protéique du lait, taux de croissance, taille de lanimal, teneur en énergie et type des ingrédients énergétiques, composition en acides aminés et dégradabilité de la protéine alimentaire. En règle générale, il faut augmenter la quantité de PB dans la ration quand les besoins en protéine dégradable dans le rumen (PDR) ne sont pas couverts (NRC, 2001). | Haut de la page | La mesure de la concentration de lazote uréique (AU) est un moyen efficace pour déterminer si la protéine et lénergie sont équilibrés dans la ration. Cette mesure peut se faire sur deux sortes déchantillons : le lait ou le sang. Prélever du sang à un animal est un geste effractif, qui prend du temps, alors que pour mesurer lazote uréique du lait (AUL), il suffit de prendre les échantillons de lait servant à la mesure de la matière grasse et des protéines. La quantité dammoniac produite par un animal et, en conséquence, la concentration de lAUL, varie selon le type de protéine alimentaire servie à lanimal. Les ingrédients de base tels que le foin de luzerne, le canola et lavoine, qui sont rapidement dégradables dans le rumen, augmentent la production dammoniac. La concentration de lazote uréique dans le lait tend à sélever quand on sert ce type de protéine aux laitières. Les aliments qui sont dégradés plus lentement dans le rumen, comme les drêches de brasserie et de distillerie et la farine de gluten de maïs, produisent moins dammoniac, ce qui se traduit par une concentration moins élevée de lazote uréique. Voir le tableau 1, Teneur en protéine brute des ingrédients alimentaires courants et rapidité de dégradation de la protéine, pour une analyse plus détaillée. Léquilibre entre la protéine dégradable et la protéine non dégradable dans le rumen est un facteur dont on doit tenir compte quand on formule la ration du point de vue de la protéine brute. Selon lOntario Dairy Herd Improvement (DHI), la concentration de lAUL doit normalement se situer entre 10 et 16 mg/dL. Quand elle se situe au-dessous de 10 mg/dL, cest le signe quil faut probablement augmenter la protéine dégradable de la ration pour répondre aux besoins en N de la flore microbienne devant servir à la synthèse de la protéine. Les vaches répondront à cette augmentation de la protéine en donnant plus de lait. Quand la concentration dAUL est supérieure à 16 mg/dL, cela peut vouloir dire soit que laliment contient trop de protéine dégradable ou totale, soit quil ne contient pas assez dénergie. Il est important dévaluer régulièrement laliment et la ration si vous connaissez la composition nutritive de vos aliments, vous pouvez plus facilement déterminer si le déséquilibre est causé par la protéine ou par les glucides. Léquilibrage de la ration pour répondre aux besoins alimentaires améliorera la productivité ainsi que la rentabilité. Outre les teneurs en protéine et en énergie de la ration, dautres facteurs font varier la concentration de lAUL : la saison, le mois, le numéro dordre de la lactation, le stade de lactation et le moment où léchantillon est prélevé. Des chercheurs (Godden et coll., 2001) ont observé que les concentrations étaient plus élevées de juillet à septembre et chez les vaches qui en étaient à 60150 jours de leur lactation. Les concentrations les plus basses étaient observées durant la première lactation ainsi que, durant les lactations suivantes, au cours des 60 premiers jours ou au-delà des 150 premiers jours. Le rythme auquel lAUL baissait depuis le milieu de la lactation était plus élevé chez les vaches qui en étaient au moins à leur deuxième lactation (Godden et coll., 2001). | Haut de la page |
(Établi à partir de données du NRC, 2001) Selon la fréquence et le moment des repas et le moment où vous échantillonnez le lait, la concentration de lAUL peut varier. Les concentrations sont plus faibles le matin. En conséquence, si vous prenez des échantillons de la traite du matin et du soir, veillez à toujours le faire aux mêmes moments pour être sûr dobtenir une image exacte des concentrations, ou bien prenez régulièrement des échantillons de manière à établir les données de base auxquelles vous pourrez vous référer ensuite. Comme les concentrations de lAUL sont à leur niveau le plus élevé 26 heures après le repas, un accès continuel à laliment ou des repas plus fréquents peut éliminer lécart entre les taux du matin et du soir (Godden et coll., 2001; Gustafsson et Palmquist, 1993). Il ne faut pas oublier que les concentrations dAUL peuvent aussi augmenter au printemps lorsque les vaches retournent au pâturage. Les pâturages constitués de luzerne et de graminées sont particulièrement riches en azote rapidement fermentescible. La plupart des éleveurs surveillent la teneur en azote uréique du lait pour gérer lalimentation de leurs vaches. Il en est quelques-uns qui pensent que cest aussi un outil utile pour améliorer les performances de reproduction. En fait, contrairement à une idée répandue, il est peu probable que lAUL soit dune quelconque utilité à cet égard. Des recherches (Godden et coll., 2001) ont montré quon peut obtenir une bonne fertilité chez des vaches qui pourtant affichent des concentrations dAUL très variables. | Haut de la page | Fréquence des mesures de lAULFaites mesurer lAUL au moins une fois par mois pour établir des données de référence fiables pour le troupeau. En outre, vous avez intérêt à le mesurer à nouveau :
Actuellement, 73 % des agriculteurs ontariens utilisent les services du DHI et, de ce nombre, 18 % font mesurer lAUL. En règle générale, on doit prendre un échantillon du lait de chaque vache du troupeau. Si le troupeau est important, il est acceptable de prendre un échantillon collectif pour chaque groupe de vaches recevant la même ration. Dans ce cas, on doit échantillonner au moins 10 % des vaches. Certains producteurs peuvent opter pour un échantillon global prélevé dans la cuve réfrigérante plutôt que chez chaque vache. Ils doivent cependant être conscients de la valeur limitée de cet échantillon global, parce quà cause de leur régime alimentaire, les vaches fortes productrices ont des concentrations dAUL élevées. Coûts dun dosage de lAULLe coût du dosage de lAUL varie selon les endroits. En Ontario, le prix était de 0,25 $ par dosage. Par exemple, si on a un troupeau de 50 vaches, le coût annuel dun dosage de lAUL dans le lait de chaque vache atteindrait 150 $, ce qui semble tout à fait raisonnable. La protéine est un élément nutritif coûteux, qui est indispensable à la vache de même quà la flore ruminale, pour assurer la croissance et la production. Quand la ration contient de lénergie en proportion convenable, les microbes peuvent utiliser efficacement lammoniac produit par la dégradation de la protéine alimentaire et ils peuvent synthétiser la protéine microbienne qui aidera la vache à couvrir ses besoins. Mais si la ration contient trop de protéine et que la production dammoniac excède les besoins des microbes, lammoniac excédentaire passera dans le sang. Il en résultera un gaspillage de protéine et de glucides, puisque lanimal devra dépenser de lénergie pour détoxiquer lammoniac et le transformer en urée. | Haut de la page | RésuméEn fin de compte, lAUL est un outil utile pour contrôler lassimilation de la protéine par les bovins laitiers puisquil peut servir à révéler un déséquilibre entre la protéine et lénergie. Léleveur qui connaît les taux dAUL de son troupeau peut plus facilement détecter les dérèglements nutritionnels, combler de façon plus précise les besoins en protéine tout en réduisant les coûts de laliment, et diminuer les effets indésirables de lazote du fumier quand il est épandu en excès sur les terres. Références
| Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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