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Le Traitement des Vaches Taries

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 410/662
Date de publication : 09/03
Commande no. 03-010
Dernière révision : 09/03
Situation : En remplacement de la fiche no 90-256, qui porte le même titre
Rédacteur : Neil Anderson et J. F. Côté, Groupe de la science vétérinaire, Techniques d'élevage, OMAF Fergus (Ontario)

Table des matières

  1. Objet Du Traitement Des Vaches Taries
  2. Types de Traitements Antibiotiques
  3. Le Tarissement des Vaches
  4. Tableau 1. Préparations Intramammaires pour Vaches Taries
  5. Mode de Traitement des Vaches Taries
  6. Précautions Lors du Traitement
  7. Quelles Vaches Taries Doit-on Traiter?
  8. Autres Pratiques de Gestion
  9. Résumé

À elle seule, la mammite est la maladie qui cause le plus de torts à la production laitière en Ontario. En effet, elle affecte autant la qualité que la quantité de lait produit. En raison des conséquences économiques, les producteurs laitiers devraient adopter un programme préventif contre cette maladie. Tout programme efficace comprend les points suivants:

1. élimination des infections existantes:

  • traitement des vaches taries;
  • traitement des vaches en lactation;
  • réforme des vaches atteintes de mammite chronique.
2. prévention des nouvelles infections:
  • contrôle de l'environnement;
  • entretien et fonctionnement de l'équipement;
  • application des méthodes de traite recommandées;
  • usage du bain de trayons;
  • traitement des vaches taries.
3. maintien de la santé du pis:
  • programme de comptage des cellules somatiques (CCS) pour chaque vache;
  • épreuve de mammite de Californie (CMT);
  • culture en laboratoire.

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Objet du Traitement des Vaches Taries

Une pratique efficace de la lutte contre la mammite subclinique consiste à traiter les vaches taries avec une préparation spéciale d'antibiotiques à action prolongée. Le traitement a lieu au tarissement, immédiatement après la dernière traite, éliminant ainsi les infections existantes et réduisant les risques de nouvelles infections. La santé du pis s'en trouve ainsi améliorée.Le traitement des vaches taries comporte les avantages suivants:
  • une fréquence réduite de nouvelles infections au cours des trois à quatre premières semaines de la période de tarissement;
  • un taux de rétablissement des vaches beaucoup plus élevé qu'en période de lactation en ce qui concerne certains organismes infectieux;
  • une meilleure régénération des tissus sécréteurs endommagés;
  • une chute du nombre de cas de mammite au cours de la prochaine lactation;
  • aucune perte de lait due au traitement en cours de lactation;
  • une hausse des revenus, car des taux de mammite réduits se traduisent par une qualité et une quantité supérieures de lait.
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Types de Traitments Antibiotiques

Les médicaments pour le traitement intramammaire se divisent en deux catégories générales (voir le tableau 1, Préparations intramammaires pour vaches taries) :
  1. Les médicaments à libération rapide et à action de courte durée conçus spécialement pour le traitement en cours de lactation;
  2. Les médicaments à libération lente et à action prolongée conçus spécifiquement pour le traitement des vaches taries contre la mammite subclinique et pour la prévention des nouvelles infections.

À partir du moment où la vache tarie est traitée avec un médicament à libération lente, les antibiotiques demeurent actifs dans le pis durant au moins 21 jours. La persistance de l'antibiotique entraîne un taux de rétablissement beaucoup plus élevé en période de tarissement que pendant la lactation, surtout dans le cas des infections résistantes dont celles causées par les bactéries staphylocoques.Les cultures en laboratoire et les tests de sensibilité constituent d'excellents guides pour la sélection du type d'infusion intramammaire puisqu'ils permettent d'identifier les organismes en cause et les antibiotiques auxquels ils sont sensibles. Il ne faut pas hésiter à demander conseil au vétérinaire quant à l'utilisation des préparations d'antibiotiques.

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Le Tarissement des Vaches

La période de tarissement s'étendra, de préférence, de 50 à 55 jours avant la date prévue de vêlage; en aucun cas elle ne durera moins de 40 jours. Cette période est nécessaire pour la réparation et le remplacement des cellules sécrétrices de lait endommagées dans le pis.Le tarissement peut se faire de façon brusque ou progressive : voilà les deux méthodes les plus utilisées. On préfère la méthode brusque, car elle permet de réduire les risques de nouvelles infections lorsque mise en pratique de concert avec le traitement contre la mammite. Habituellement, pour réussir un tarissement brusque, il faut d'abord abaisser la production de lait en restreignant la consommation d'eau et d'aliments durant les trois ou quatre jours précédant le tarissement.On doit aussi traiter les vaches en production atteintes de mammite clinique afin d'éliminer la maladie avant le tarissement.On doit faire l'examen périodique des pis depuis l'arrêt de la traite jusqu'à leur involution complète. Si une mammite clinique frappait un quartier peu après son tarissement, on devrait traire ce dernier et le traiter avec un produit pour enrayer la mammite clinique jusqu'à la disparition totale de la mammite et, enfin, le traiter à nouveau avec une préparation antibiotique pour vaches taries.

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Tableau 1. Préparations Intramammaires Pour Vaches Taries
Fabricant Marque déposée Mises en garde
A.P.A., Division de Vétoquinol N.-A. Inc. Gallimycine® 36

  • Le lait des animaux traités recueilli pendant le traitement ou dans les 36 heures suivant le dernier traitement ne doit pas servir à l'alimentation.

Laboratoires Ayerst

Cefa-DriMD

  • À utiliser seulement chez les vaches taries.
  • À ne pas employer dans les 30 jours précédant le vêlage.
  • Le lait produit dans les 84 heures suivant le vêlage et provenant de vaches traitées ne doit pas servir à l'alimentation.
  • Il doit s'écouler au moins 42 jours entre la dernière infusion et l'abattage des animaux destinés à la consommation humaine.
  Dry-Clox®

  • Ne pas utiliser chez les vaches laitières en lactation.
  • Employer immédiatement après le tarissement mais pas dans les 30 jours précédant le vêlage.
  • Il doit s'écouler au moins 30 jours entre le dernier traitement et l'abattage des animaux destinés à la consommation humaine.
  • Le lait des vaches traitées ayant vêlé au cours de la période de retrait ne doit pas servir à l'alimentation : attendre que les 30 jours requis se soient écoulés pour le récolter dans ce but.
Pharmacia Animal Health, Division de Pharmacia et Upjohn Inc. Albadry® Suspension

  • Ne pas utiliser chez les vaches en lactation.
  • Employer immédiatement après le tarissement mais pas dans les 30 jours précédant le vêlage.
  • Il doit s'écouler au moins 30 jours entre le dernier traitement et l'abattage des animaux destinés à la consommation humaine.
  • Le lait des vaches traitées ayant vêlé au cours de la période de retrait ne doit pas servir à l'alimentation : attendre que les 30 jours requis se soient écoulés pour le récolter dans ce but.
  • Le lait produit dans les 72 heures suivant le vêlage et provenant de vaches traitées ne doit pas servir à l'alimentation.
  Novodry® PlusSuspension

  • Ne pas utiliser chez les vaches en lactation.
  • Employer immédiatement après le tarissement mais pas dans les 30 jours précédant le vêlage.
  • Il doit s'écouler au moins 35 jours entre le dernier traitement et l'abattage des animaux destinés à la consommation humaine.
  • Le lait des vaches traitées ayant vêlé au cours de la période de retrait ne doit pas servir à l'alimentation : attendre que les 30 jours requis se soient écoulés pour le récolter dans ce but.
  • Le lait produit dans les 72 heures suivant le vêlage et provenant de vaches traitées ne doit pas servir à l'alimentation.
P.V.U., Division de Vétoquinol N.-A. Inc. Erythro®-36

  • Le lait produit par les vaches pendant le traitement et dans les 36 heures suivant leur dernier traitement ne doit pas servir à l'alimentation.
  Erythro® Vache tarie

  • Ne pas utiliser chez les vaches en lactation.
  • Le lait produit dans les 72 heures suivant le vêlage et provenant de vaches traitées ne doit pas servir à l'alimentation.

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Mode de Traitement des Vaches Taries

L'infusion intramammaire, quoique très recommandée, comporte certains dangers. Le manque d'hygiène lors de l'infusion risque de permettre aux organismes présents dans l'environnement et résistants à l'antibiotique de pénétrer dans le pis. Ces organismes peuvent causer plus de dommages au pis et provoquer des infections plus graves que les pathogènes contre lesquels le traitement était destiné.Afin d'éviter ce risque durant le traitement des vaches taries, on doit franchir les étapes suivantes:
  • Traire complètement le pis;
  • Tremper les trayons dans une solution antiseptique efficace dès le retrait des manchons-trayeurs;
  • Laisser la solution sécher, puis éponger le bout des trayons à l'aide d'une serviette jetable propre;
  • Désinfecter le bout des trayons en commençant par les plus éloignés; frotter chacun d'eux pendant quelques secondes avec un tampon imbibé d'alcool; prendre un nouveau tampon à chaque quartier;
  • À l'aide d'une seringue non réutilisable, injecter la préparation recommandée dans chacun des quartiers, en commençant par les plus proches. Avant l'injection, insérer la canule à 6 mm (1/4 po) dans le bout du trayon. Masser ensuite le pis pour bien répartir la préparation;
  • Utiliser de préférence des seringues jetables plutôt que des fioles à doses multiples : celles-ci pourraient être contaminées par des organismes résistants aux antibiotiques et devenir ainsi une source d'infection;
  • Faire immédiatement suivre le traitement d'un bain de trayons actif;
  • Tremper les trayons dans le bain au moins une fois par jour si possible, pendant les deux premières et les deux dernières semaines de la période de tarissement.

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Précautions Lors du Traitement

On doit toujours lire le mode d'emploi avant d'utiliser un antibiotique quelconque, afin d'en connaître les indications, la posologie recommandée, la période de retrait, les normes d'entreposage et la date d'expiration.

Il ne faut jamais utiliser une dose autre que celle recommandée. Le traitement à une dose plus élevée accroîtra de façon certaine la période de retrait.

En plus de respecter la période de retrait, on ne doit jamais traiter une vache tarie durant le dernier mois précédant le vêlage. Dans le cas des vaches hautement productives, vérifier auprès de son vétérinaire si un second traitement serait avantageux pendant le tarissement. On doit avant tout mettre l'accent sur la méthode de traitement et sur la période de retrait recommandée.

L'entreposage des médicaments pour vaches taries aux températures recommandées par le fabricant assurera l'efficacité des antibiotiques jusqu'à la date d'expiration indiquée sur l'emballage. L'emploi d'un produit périmé risque de provoquer l'échec du traitement. Il faut se débarrasser des produits endommagés par le gel ou exposés à des températures élevées.

Les risques de contamination par les pathogènes et les levures présents dans le milieu sont plus grands avec les fioles à doses multiples qu'avec les seringues jetables. C'est pourquoi il est recommandé d'employer les seringues à dose unique pour le traitement des vaches taries.

Pour les fioles à doses multiples, désinfecter le bouchon de caoutchouc avec de l'alcool avant chaque usage; ranger la fiole contaminée dans un endroit sec, propre et à l'abri de la poussière; utiliser une nouvelle canule pour chaque trayon et prendre une seringue stérile à chaque traitement. Ne jamais remettre un produit non utilisé dans son contenant, ni combiner des produits différents dans une même bouteille.

L'éleveur ne doit jamais combiner des antibiotiques pour le traitement des vaches taries ou en lactation, car on dispose rarement de renseignements sur l'efficacité, l'activité, le contrôle de la qualité, les réactions possibles et les directives de retrait de telles préparations.

Si un antibiotique destiné aux vaches taries était administré accidentellement à une vache en lactation, il ne faudrait pas vendre son lait jusqu'à ce qu'un test d'analyse de résidus confirme l'absence d'antibiotiques dans le lait. Pour obtenir une analyse des résidus de médicament, communiquer avec un agent de services régionaux des Dairy Farmers of Ontario ou un vétérinaire.

Garder des registres complets et exacts sur tous les cas de mammite clinique : l'identification des vaches traitées, les résultats de cultures bactériologiques obtenus et les traitements antibiotiques employés. Grâce à de tels registres, on pourra déterminer l'efficacité des traitements et opter pour le meilleur choix.

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Quelles Vaches Taries Doit-onTraiter?

Il existe deux méthodes de traitement valables pour les vaches taries et chacune présente des avantages précis. Ces méthodes sont : le traitement universel, et le traitement sélectif. Pour choisir celle la plus approprié, compte tenu de l'état de santé des pis de chaque troupeau, il est conseillé de consulter un vétérinaire.

Le traitement universel

Le traitement universel est de loin la méthode préférée. Celle-ci comprend le traitement de tous les quartiers de toutes les vaches immédiatement après la dernière traite.

Simple, cette méthode atteint tous les quartiers infectés et elle ne requiert pas de test en laboratoire ni d'épreuves de sensibilité. Comme le traitement universel prévient de nouvelles infections durant la période de tarissement, il est considéré comme plus efficace que la méthode sélective.

Même si ses coûts de traitement sont supérieurs, le traitement universel demeure tout de même plus avantageux du point de vue économique.De façon générale, on opte pour le traitement universel dans l'une de ces situations:

  • le CCS du lait prélevé dans le réservoir est > 500 000;
  • il y a plus de quatre cas de mammite clinique sur 100 vaches en trois jours;
  • le taux d'infection des quartiers est > 15 %; ou
  • la moyenne des CCS individuels pour toutes les vaches est > 250 000.
Le traitement sélectif

L'autre méthode se résume au traitement sélectif des vaches taries effectué immédiatement après la dernière traite.

On peut envisager le traitement sélectif dans les troupeaux où le CCS mensuel du lait prélevé dans le réservoir se maintient en bas de 200 000 et dont le taux d'infection des quartiers ne dépasse pas 15 %. Les vaches à traiter sont:

  • celles dont le CCS le plus élevé est > 250 000;
  • celles atteintes de mammite clinique au cours de la lactation;
  • celles dont la culture du lait a révélé la présence d'un micro-organisme pouvant causer la mammite.

On sélectionne les vaches à traiter d'après les derniers résultats mensuels des CCS ou ceux de l'épreuve de mammite de Californie (CMT). De plus, la culture en laboratoire d'un échantillon de lait déterminera les quartiers infectés et ceux à traiter. Enfin, les tests de résistance aux antibiotiques peuvent éclairer le choix du médicament à employer.

Quelle que soit la méthode utilisée, les vaches ayant un CCS élevé et dont la production est basse en fin de lactation devraient être taries plus tôt et traitées. En plus d'être bénéfique à chaque vache traitée, une telle démarche améliore la condition générale du troupeau, en éliminant une source potentielle d'infection.

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Autres Pratiques de Gestion

Des expériences ont démontré que 35 % des nouvelles infections se développent au cours de la période de tarissement, en particulier pendant les deux ou trois premières semaines ainsi que les deux semaines précédant le vêlage. Comme l'illustre la figure 1, ce sont des périodes où les risques d'infections sont très élevés. Même si le traitement des vaches taries constitue la presque totalité du programme de lutte contre la mammite, on peut en améliorer l'efficacité à l'aide d'autres pratiques de gestion :
  • tondre les poils du pis, des flancs et de la face interne des membres postérieurs;
  • voir à ce que la ventilation, la litière, l'espace et l'éclairage contribuent à la propreté et au confort des lieux en tout temps;
  • s'assurer que le programme alimentaire pour vaches taries soit bien équilibré, puisqu'un déséquilibre nutritionnel à cette période multiplie le risque de fièvre du lait au vêlage et, conséquemment, prédispose l'animal à la mammite;
  • adopter un programme efficace de lutte contre les mouches;
  • examiner les pis toutes les semaines durant la période de tarissement;
  • prendre des précautions pour éviter les engelures aux trayons;
  • traire complètement les vaches venant tout juste de vêler.
Figure 1. Répartition de la fréquence de nouvelles infections intramammaires pendant la période de tarissement. (Gracieuseté du Dr K.K. Reneau, Université du Minnesota)

Figure 1. Répartition de la fréquence de nouvelles infections intramammaires pendant la période de tarissement. (Gracieuseté du Dr K.K. Reneau, Université du Minnesota)

Les cas de mammite clinique sont souvent liés à une traite incomplète au vêlage, étape jugée critique. Plusieurs producteurs croient à tort que ces cas sont dus au fait que la vache a été traitée au tarissement. Selon les chercheurs, une traite intermittente au cours des premiers jours de la lactation serait responsable d'une chute de la production de lait pouvant s'élever à 10 %.

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Résumé

La mammite est la principale maladie d'importance économique affectant à la fois la qualité et la quantité de lait produit. On peut l'éviter grâce à un programme de lutte efficace comprenant entre autres le traitement adéquat des vaches taries. Pour de meilleurs résultats, il faut jumeler ce traitement aux pratiques recommandées en ce qui concerne le contrôle de l'environnement, les méthodes de traite, l'entretien et le fonctionnement de l'équipement de traite.Information supplémentaireFiche technique du MAAO intitulée Prévention de la mammite : Contrôle de l'environnement, AGDEX 410/662, commande no 96-102.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca