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Les 10 questions les plus fréquentes sur la traite robotisée
Voici quelques-unes des questions les plus fréquentes sur les systèmes de traite robotisée. Les réponses sont fondées sur linformation recueillie au cours dentrevues officielles avec des propriétaires canadiens de robots de traite, sur les registres de la qualité du lait de lOntario et sur des travaux de recherche effectués en Europe.
Les agriculteurs de lOntario ont déclaré avoir mis à la réforme entre 0 et 3 vaches supplémentaires sur un troupeau dune taille moyenne de 94 vaches. Il sagissait en général de vaches dont les trayons étaient très rapprochés, ayant deux trayons arrière qui se touchaient et qui étaient perçus comme un seul par le capteur. Un pis très haut à larrière, qui fait en sorte que les trayons sont difficiles à capter sur un plan horizontal, posent également un problème. Les autres formes de pis qui sont incompatibles avec la traite robotisée justifieraient aussi la mise à la réforme des vaches dans une installation avec salle de traite. Ces vaches nont donc pas été prises en compte dans lestimation. Les vaches qui engendrent le plus de frustrations sont celles chez qui la mise en place des manchons est facile, mais qui refusent de se rendre delles-mêmes à la stalle de traite robotisée. Daprès lexpérience canadienne, ces vaches représenteraient entre 5 et 15 % du troupeau, selon la conduite du troupeau et les pratiques de gestion. De lavis de la plupart des agriculteurs, il sagit là dun nombre trop élevé de vaches à mettre à la réforme. Aussi, veillent-ils à conduire eux-mêmes ces vaches au robot deux fois par jour. Avec le temps et une gestion appropriée, ce pourcentage peut diminuer à 5 %. À ce niveau, la plupart des vaches comprises dans ce groupe le seront pour des raisons de santé, comme des pattes en mauvais état ou une mammite clinique. En général, lorsquun troupeau existant est soumis à un système de traite robotisée, il faut 34 semaines pour atteindre le point où 8590 % des vaches utilisent le système volontairement. Les vaches plus jeunes et les vaches plus agressives sont celles qui semblent sadapter le plus facilement. Lidéologie actuelle en matière de dressage consiste à brusquer les vaches pendant 23 semaines en les chassant vers le robot chaque fois que lintervalle entre les traites dépasse 8 heures. Cette période de dressage veille à assurer un contact répété des vaches avec la stalle de traite et à faire comprendre aux vaches que des visites fréquentes sont possibles et récompensées par une petite quantité de grains durant la traite. Après cette période, on laisse les vaches se débrouiller toutes seules et on ne les amène au robot que si les intervalles entre les traites dépassent 16 heures. La plupart des nouvelles génisses mettent 2 ou 3 jours à sadapter, mais certaines peuvent avoir besoin de plus de temps. Une vache fraîche peut avoir besoin dune attention individuelle pendant 1 2 jours au niveau de la mise en place des manchons. Pour encourager les vaches à se rendre delles-mêmes au robot, on leur distribue du grain dans la stalle de traite. Selon les données recueillies auprès des 15 troupeaux ontariens, on distribuerait dans la stalle de traite entre 1 et 6 kg de grain par jour, soit une moyenne quotidienne de 2,5 kg. Dans létude, la fréquentation volontaire du robot de traite était légèrement plus grande chez les vaches recevant une plus grande quantité de grain dans la stalle de traite. Pour encourager une bonne circulation des vaches, les stalles de traite robotisée sont situées sur le trajet entre laire de repos en stabulation libre et la mangeoire. Il y a habituellement une barrière pour accéder à la stalle de traite. Avec bon nombre des systèmes Lely utilisés en Ontario, il sagit là de la seule restriction à la circulation normale des vaches. Plusieurs aménagements à 3 et 6 rangées et d'autres étables où la circulation des vaches nest pas restreinte démontrent que la méthode de libre circulation des vaches est efficace. On privilégie ce système, du fait que la circulation des vaches à sens unique risque de restreindre la consommation daliments chez certaines vaches. Quand les vaches circulent à sens unique, des barrières à sens unique à tous les croisements veillent à ce que les vaches passent par le robot chaque fois quelles se rendent de laire de repos à la mangeoire. Cet aménagement est plus fréquent dans les systèmes à emplacements multiples. Sur les 15 fermes ontariennes, 8 ont opté pour une libre circulation des vaches, mais 6 dentre elles conservent de petites zones de contention pourvues dune barrière à sens unique à lavant de la stalle de traite. Cet aménagement permet de forcer les vaches qui nont pas été traites depuis longtemps à pénétrer deux fois par jour dans cette zone, tout en les encourageant à pénétrer volontairement dans la stalle de traite. | Haut de la page | Le système de traite identifie de plusieurs façons les vaches ayant des problèmes. Les registres de fréquentation volontaire constituent lun des meilleurs outils à cet égard. Si une nouvelle vache figure sur la liste des vaches ne fréquentant pas assidûment la stalle de traite, il est très probable que cette vache soit boiteuse ou quelle ait un quartier enflé et douloureux et quelle préfère ne pas être traite. Lordinateur note aussi le rendement du pis au complet ou de chacun des trayons et peut identifier les vaches qui sécartent du rendement prévisible compte tenu de lintervalle de traite. La conductivité électrique du lait est mesurée pour chaque quartier. Des variations importantes dans la conductivité électrique signalent de nouvelles infections, qui se présentent souvent comme des cas cliniques. Il existe un nombre élevé de fausses alertes, de telle sorte quil ne faut pas se fier uniquement à la conductivité électrique. Le meilleur outil de diagnostic du lait anormal et de la mammite clinique est probablement le capteur de la couleur du lait offert depuis peu sur le marché. Selon des études faites en Europe, cet appareil détecte très bien le lait comportant du sang. Les rapports préliminaires suggèrent aussi quil peut identifier les sécrétions jaunes ou aqueuses associées à des mammites cliniques. Les vaches traitées sont identifiées dans lordinateur et leur lait est dévié vers le réservoir de stockage du lait de rebut ou vers la fosse à fumier. Les systèmes sont programmés pour rincer à fond toutes les surfaces en contact avec le lait après la traite dune vache sous traitement. Dans les 15 troupeaux ontariens, le programme quotidien comprend une visite à létable le matin et laprès-midi pour identifier les vaches présentant un long intervalle de traite et les vaches pour lesquelles la mise en place des manchons pose un problème. On conduit les vaches vers le robot et, ce faisant, on les observe pour déceler les vaches boiteuses ou présentant des problèmes aux pis et on supervise la mise en place automatique des manchons. Pendant que ces vaches sont traites, on peut effectuer toute une série dautres taches, notamment nourrir les animaux, soccuper de la conduite de la reproduction ou de lentretien des stalles. Les vaches fraîches et celles qui souffrent de mammite clinique peuvent avoir besoin daide au niveau de la mise en place des manchons.
Les robots de traite sont dotés de systèmes davertissement perfectionnés qui alertent lagriculteur sur son cellulaire ou son téléavertisseur lorsque des problèmes surviennent. Dans une étude, la fréquence de ces alertes a varié de deux par semaine à une en deux mois. Les fermes où se produisent des alertes fréquentes ont attribué ces alertes à une même cause, labsence de lait à cause d'une vache déjà traite qui refusait de quitter la stalle. Là où les alertes étaient moins fréquentes, elles étaient attribuables à des manchons tordus ou endommagés. En moyenne, les vaches étaient traites 2,7 fois par jour sur ces fermes. Des études hollandaises signalent une réduction de 10 % de la main-duvre sur les fermes où la traite se faisait auparavant deux fois par jour. La plupart des fermes robotisées de l'Ontario évaluent léconomie de main-duvre à 2030 % comparativement à une traite effectuée trois fois par jour. | Haut de la page | Tout dépend de la taille du troupeau et du coût de la main-duvre. Même si les systèmes de traite robotisée sassortissent de coûts dimmobilisation élevés, ces coûts se comparent avantageusement aux coûts daménagement dune salle de traite pour 60180 vaches. Pour un troupeau de cette taille, les techniques de traite traditionnelles dans une salle de traite obligent à faire un compromis entre un investissement trop important dans une salle de traite nécessitant peu de main-duvre, mais sous-utilisée, ou la perspective de passer un trop grand nombre dheures à effectuer la traite avec un matériel peu coûteux, mais inefficace. Doug Reinemann de lUniversité du Wisconsin a évalué récemment le coût de la traite dun troupeau de 70140 vaches à 2,153,65 $ par quintal, soit le triple de la valeur trouvée pour un troupeau de 400 vaches. Par comparaison, il a évalué que les coûts de la traite dun troupeau de même taille par des systèmes robotisés se situaient à 1,302,00 $ par quintal. Sur les 15 propriétaires de troupeau interviewés en Ontario, 4 ont opté pour un système de traite robotisée, car, après avoir tenu compte de lespace additionnel et du coût du matériel nécessaires à une salle de traite, le système de traite robotisée savérait nettement plus économique. Il est difficile denvisager de faire trois traites par jour dans les petites installations à stabulation libre. Neuf propriétaires de systèmes de traite robotisée de lOntario ont opté pour ce système de traite à cause surtout de la possibilité de traire les vaches plus souvent sans quil faille engager des coûts de main-duvre supplémentaires. En règle générale, et dans la conjoncture actuelle, un système de traite dans une salle de traite bénéficiant dune technologie de pointe et efficace est sans doute plus économique pour les troupeaux de 200 vaches ou plus. Pour les troupeaux de moins de 200 vaches, si la main-duvre est bon marché et facilement accessible, il vaut mieux limiter au minimum les sommes investies dans la salle de traite et recourir à des solutions économiques, comme des salles de traite à unités partagés et des étables à paliers. Si la main-duvre est rare, les troupeaux de moins de 200 vaches sont la taille idéale pour la robotisation de la traite. En éliminant la main-duvre et le besoin dune grosse salle de traite, le système de traite robotisée permet à une entreprise familiale qui compte 100120 vaches de devenir plus concurrentielle et plus viable, tout en ne reposant que sur la main-duvre fournie par les membres de la famille. La plupart des étables à stabulation livre peuvent être facilement adaptées à la traite robotisée. En Ontario, la moitié des systèmes se trouvent dans des installations existantes où la traite se faisait auparavant en salles de traite. Là où les vaches se déplacent librement, laménagement de létable peut comporter 2 ou 3 rangées par groupe, dans une étable à 3, 4 ou 6 rangées. Comme dans le cas des salles de traite, la taille du groupe dépend de la capacité du robot. Avec des systèmes à emplacement unique, on compte 60 vaches par stalle. Avec des systèmes à emplacements multiples, on recommande 60 vaches dans le premier emplacement et 30 par stalle additionnelle.
Le grain offert dans la stalle de traite est lun des facteurs qui incitent les vaches à visiter la stalle et à être traites 24 fois par jour. Dans le cas des troupeaux recevant une RTM, la traite robotisée exige certains ajustements. En Ontario, sur les 15 troupeaux robotisés, 14 reçoivent une ration mélangée dans le distributeur de fourrage, mais reçoivent également une ration de grain préparée dans la salle de traite. Lun des troupeaux reçoit uniquement du fourrage dans le distributeur de fourrage et reçoit du grain à la fois dans la stalle de traite et dans une distributrice reliée à un ordinateur. Comme les propriétaires de ces troupeaux veulent conserver les avantages des RTM, plusieurs expérimentent des moyens de minimiser la quantité de grain donnée dans la stalle de traite. Grâce à des ingrédients très appétents, présentés sous une forme la plus attrayante possible (comme de la drêche de maïs de distillerie en granules sans minéraux ajoutés), on peut inciter les vaches à se présenter plus souvent à la stalle de traite sans réduire de beaucoup la RTM. | Haut de la page |
Oui. Lexpérience européenne nous fournit peu dexemples dutilisation de robots dans des étables non isolées qui sont soumises au gel lhiver. Lexpérience ontarienne indique quil est nécessaire de protéger le matériel du gel. Dans les étables froides, on peut le faire en enfermant la zone de travail (« côté propre » du robot) dans une pièce isolée, chauffée et lavable, qui est ventilée séparément du reste de létable. Par ailleurs, le courant vagabond, inexistant dans les réseaux de distribution phase à phase dEurope, peut être préoccupant ici. Le système de traite robotisée repose sur la fréquentation volontaire par les vaches. Or, si les vaches évitent de fréquenter la salle de traite par crainte de recevoir une décharge, le système peut savérer moins efficace.
Enfin, les systèmes de traite robotisée supposent un rinçage fréquent des surfaces en contact avec le lait. Dans les études hollandaises, cette réalité a été suggérée comme étant la raison de la légère élévation du point de congélation du lait provenant de fermes robotisées. Des études menées en de nombreuses régions des États-Unis et du Canada indiquent par ailleurs que leau des puits nest pas toujours potable. Ce point est à considérer dans toute exploitation laitière, mais plus particulièrement dans les installations robotisées. À la fois aux États-Unis et au Canada, la réglementation de la traite et de la manipulation du lait ne prévoit généralement aucune disposition relative à ce genre de technologie. Par exemple, lOntario exige que les réservoirs réfrigérants refroidissent le lait à une température précise, à lintérieur dun délai précis suivant la « fin de la traite ». Or, comme la traite se poursuit jour et nuit sur ces fermes, il est impossible d'appliquer ce règlement. Étant donné que lessentiel de la technologie provient dEurope, les éléments ne respectent pas toujours les normes 3A. Dans bien des États et des provinces, la traite robotisée est autorisée aux termes de permis spéciaux limités à certaines fermes et destinés à permettre une évaluation sur le terrain de la technologie. LOntario a récemment élaboré des directives propres à ces systèmes. Ces directives comprennent des dispositions visant les réservoirs réfrigérants utilisés pour lentreposage temporaire durant et après le ramassage du lait, le lavage et le rinçage des systèmes de traite en continue, ainsi que la conception, lemplacement et la ventilation des « salles » de traite robotisée.
Résumé À nen pas douter, il faudra encore répondre à bien des questions dans les mois à venir. Les nouvelles installations en Pennsylvanie, au Wisconsin, au Québec, en Nouvelle-Écosse et en Ontario, laissent croire que lintérêt pour ce genre de technologie ne cesse de saccroître. Au moins 5 fournisseurs de matériel de traite, si ce nest pas plus, sont sur le point de percer le marché nord-américain ou lont déjà fait. Les questions qui précèdent et les réponses souvent partielles à ces questions laissent croire que, comme il en est de toute nouvelle technologie, ce nest que par lexpérimentation que nous en viendrons à approfondir nos connaissances et à tirer pleinement parti de la traite robotisée. | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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