La détection des chaleursDe récentes études à l'Université du Wisconsin
établissent que vos chances de détecter des chaleurs chez
les vaches très productives sont moitié moindres que pour
les vaches laitières au rendement moyen. Si vous ne vérifiez
les chaleurs qu'une à deux fois par jour, votre taux de succès
diminue encore. D'après les chercheurs du Wisconsin, au sein d'un même troupeau,
la période d'strus est plus courte pour les vaches très
productives que pour les vaches moins productives. Une routine de détection
des chaleurs régulière et fréquente pourrait permettre
de détecter des chaleurs longues plus facilement. La détection des chaleurs joue un rôle essentiel dans le
succès reproducteur des troupeaux laitiers inséminés
artificiellement. Pourtant les taux de détection d'strus
ont diminué ces dernières années. Une étude
menée dans le sud des États-Unis sur des troupeaux d'Holstein,
par exemple, a montré que les taux de détection des chaleurs
étaient tombés de 50,9 % en 1985 à 41,5 % en 1999. On tend à attribuer la baisse de succès à détecter
des chaleurs à des tailles de troupeaux plus importantes et à
un plus grand nombre de vaches par personne, ainsi qu'à une production
plus élevée par vache. Une plus grande production de lait est reliée à un bilan
énergétique négatif, lequel survient quand les vaches
ne peuvent tout simplement pas manger assez pour compenser le poids corporel
perdu pour produire le lait. Les chercheurs ont généralement
attribué le retard dans la première ovulation et la taille
réduite des follicules (des facteurs contribuant à des taux
de fertilité réduits) à des bilans énergétiques
négatifs. Une partie de la relation négative entre fertilité et forte
production de lait pourrait être génétique. Cependant,
la part génétique dans la détermination des performances
de fertilité tend à être réduite chez la vache. Cela nous amène à la question de savoir si les durées
d'strus plus courtes rendent les chaleurs plus difficiles à
détecter. Le Dr Milo Wiltbank et ses collègues du Wisconsin
ont étudié des vaches laitières allaitantes pour
mesurer la durée d'strus. Ils ont utilisé le système
de détection HeatWatch, dans lequel des émetteurs radio
sont montés sur les vaches, qui permet de contrôler et d'enregistrer
en continu l'activité de monte. L'étude a suivi 267 vaches en début de lactation logées
dans une étable à stalles ouvertes et traites deux fois
par jour. Le système HeatWatch a permis aux chercheurs d'enregistrer
le nombre de montes et la fréquence à laquelle elles ont
eu lieu. Ils ont vérifié l'ovulation par échographie
pour tous les strus détectés. Les chercheurs ont effectué des comparaisons en fonction du nombre
de lactations, du nombre de jours depuis le vêlage et de la quantité
de lait produite 10 jours avant l'strus. Cela leur a permis de s'assurer
que le niveau de production était étroitement lié
au moment auquel l'strus est survenu et non pas à la durée
globale de la lactation. Quand les vaches étaient réparties en groupes à
fort et à faible niveaux de production, les chercheurs ont trouvé
que la durée de l'strus [immobilisation pour être montée]
était plus courte dans le groupe à fort rendement. Les vaches
de ce groupe, produisant une moyenne de 46,4 kilogrammes de lait par jour,
étaient en strus en moyenne 6,2 heures, contre 10,9 heures
pour le groupe à moindre rendement. La production de lait était corrélée négativement
à la durée de l'strus. L'activité de monte
était plus intense dans le groupe à fort rendement, avec
davantage de montes dans la période d'strus réduite.
Malgré cela, on a constaté en moyenne 8,8 montes dans le
groupe à plus faible rendement contre 6,3 dans le groupe à
fort rendement. Cette étude a révélé certaines informations intéressantes et stimulantes sur les événements d'oestrus, notamment :
Lors de la première ovulation 50 jours après la vêlage,
le système HeatWatch n'a détecté aucun signe d'immobilisation
parmi 41 % des vaches, et un épisode d'immobilisation unique chez
52,6 % des vaches. Les vaches qui n'ont montré aucun signe d'immobilisation
étaient plus productives. De nombreuses théories ont été émises pour
expliquer pourquoi les vaches à fort niveau de production avaient
une fertilité moindre. L'étude de Wiltbank en fournit une
autre. Son équipe et lui-même ont mesuré les niveaux
d'hormones reproductives circulantes chez les vaches et ont trouvé
que les animaux à production élevée tendaient à
avoir de plus faibles niveaux d'oestradiol et de progestérone.
L'oestradiol affecte l'ampleur des signes de chaleur chez une vache. Les
niveaux de progestérone circulante tendent à être
faibles chez les vaches à production élevée également,
bien que leurs ovaires tendent à avoir des quantités de
tissu lutéal sécréteur de progestérone plus
élevées que la moyenne. La partie modélisation effectuée dans cette étude
a montré que le foie des vaches à production élevée
métabolisaient davantage d'oestradiol et de progestérone.
Puisque cela a pour effet de retirer les hormones reproductives de la
circulation plus rapidement, celles-ci sont moins disponibles pour remplir
leur fonction. Cela pourrait expliquer la réduction des activités
liées à l'strus. Wiltbank a utilisé les données de cette étude pour
prédire la probabilité de succès à détecter
les chaleurs longues chez une vache à partir de sa production de
lait. Avec quatre observations par jour pour détecter des chaleurs,
la probabilité de succès est d'environ 90 % pour les vaches
produisant environ 35 kilogrammes de lait par jour. Pour les vaches produisant
45 kg par jour, le taux de succès tombe à 50 %, et les statistiques
seront encore moins bonnes avec seulement une ou deux observations par
jour. Il est assez intéressant de noter que, dans cette étude,
les vaches ont présenté un comportement d'immobilisation
notable entre 93 et 95 jours en moyenne après avoir vêlé.
Cela suggère que votre programme de reproduction pourrait être
plus efficace si vous intensifiez la détection et l'accouplement
entre 95 et 120 jours. De récentes données fournies par CanWest DHI indiquent
que cette méthode n'affecte pas le profit global. Il est important
pour la gestion de la lactation et des intervalles de vêlage de
maintenir les intervalles de tarissement de 40 à 70 jours. On a
montré qu'une période de tarissement dépassant les
70 jours réduisait la production globale. D'autres considérations pour une détection des chaleurs réussie comprennent les suivantes :
Dans de nombreuses exploitations laitières, le printemps et le début de l'été s'avèrent très exigeants et sont très occupés, vous laissant moins de temps à consacrer à la gestion de base de votre troupeau laitier. Révisez vos méthodes et adaptez-les selon les besoins pour vous garantir les meilleures chances de succès dans la détection des chaleurs. Références :Lopez, H., LD Satter and MC Wiltbank. 2004. Relationship between level of milk production and estrous behaviour of lactating dairy cows. Animal Reproduction Sci. 81:209-223. Wiltbank, M., Lopez, H., Sartori, R. and A Gument. 2006. Positive and negative Effects of High Energy Consumption on Reproduction in Lactating Dairy Cows. Proceedings of Tri-State Dairy Nutrition Conference, Fort Wayne, Indiana. April 25-26, 2006. Grexton, B. Lactation Length - is 305 days a myth? 2005 CanwestDHI Progress Report.
Cet article a paru la première fois dans le " Milk Producer Magazine ", de juin 2006.
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