Ajouter de la DDS aux fourrages de faible qualité pour supplémenter les vaches gestantes

L'augmentation de la production de maïs ces dernières années en Amérique du Nord a entraîné un apport additionnel de sous-produits du maïs (comme les tiges) aux vaches, en tant que source de fourrages grossiers de faible qualité. Avec la hausse de la production de biocarburants comme l'éthanol, de nombreux sous-produits valables peuvent aussi être utilisés pour l'alimentation animale. Étant donné que l'alimentation hivernale des bovins est très coûteuse dans une exploitation vache-veau, il est important pour la rentabilité de l'entreprise de trouver d'autres sources plus économiques d'aliments du bétail. Une étude menée par Kennedy et coll. (2016) s'est penchée sur une stratégie alimentaire qui consiste à donner en fin de gestation un supplément de drêche sèche de maïs de distillerie avec solubles (DDS) à des vaches de boucherie nourries avec des fourrages de moins bonne qualité. L'objectif principal de l'étude était d'étudier les répercussions de cette supplémentation sur les aspects suivants :

  • le comportement alimentaire;
  • l'état de chair;
  • la reproduction.

Détails de l'étude

On a utilisé, dans le cadre de l'étude, des tiges de maïs, de l'ensilage de maïs et de la DDS qui ont été donnés à des vaches de races Angus ou Angus X Simmental en fin de gestation. Vingt-sept vaches multipares ont été réparties en deux groupes : un groupe témoin (TÉM) et un groupe recevant une supplémentation (SUP). Les deux groupes ont reçu une alimentation à volonté composée de tiges et d'ensilage de maïs durant les 10 semaines précédant le vêlage. La ration de base était légèrement déficiente en énergie nette et déficiente en protéines dégradables dans le rumen, selon le modèle NRC 1996. De la DDS a été donnée deux fois par jour au groupe SUP à raison de 0,3 % du poids vif (base matière sèche). Après le vêlage, toutes les vaches ont reçu une ration composée de tiges de maïs, d'ensilage de maïs et de DDS au cours de la première partie de la lactation.

Résultats

Cette étude a montré que les vaches nourries en fin de lactation avec des fourrages de faible qualité et de la DDS ont présenté les caractéristiques suivantes :

Comportement alimentaire : En fin de gestation, les vaches ayant reçu la supplémentation ont ingéré plus d'aliments par jour et passé plus de temps à manger que les vaches du groupe témoin. Les vaches du groupe SUP ont consommé les fourrages à un rythme plus rapide et en plus grandes quantités par repas que les vaches du groupe TÉM. Toutefois, les vaches du groupe témoin ont mangé plus de repas de fourrages dans l'ensemble. En début de lactation, les vaches du groupe SUP ont continué de passer plus de temps à manger et ont consommé davantage d'aliments par minute que les vaches du groupe TEM. Ces dernières ont continué à prendre un plus grand nombre de repas par jour que les vaches du groupe SUP en début de lactation.

États de chair : Comme le montrent les graphiques ci-dessous (figure 1), en fin de gestation l'indice d'état de chair de toutes les vaches était d'environ 3,5 (système canadien de pointage de l'état de chair). L'indice des vaches du groupe SUP n'a pas changé de manière significative durant la gestation. Par contre, l'indice d'état de chair des vaches du groupe TÉM est passé à environ 3 au vêlage, avec donc une perte moyenne de 0,5 point pour la durée de la gestation. Le poids vif des vaches du groupe SUP a augmenté à raison de 1,27 kg/jour, alors que celui des vaches du groupe témoin a diminué de 0,23 kg/jour durant la gestation. En début de lactation, l'indice d'état de chair des vaches des deux groupes a d'abord diminué.

Reproduction : Les vaches du groupe SUP ont donné naissance à des veaux plus lourds que les vaches du groupe témoin. Les vaches des deux groupes ont présenté des taux de gestion similaires à la saillie suivante.

Indices d'état de chair (système canadien de pointage de l'état de chair) en fin de gestation

Figure 1. Indices d'état de chair (système canadien de pointage de l'état de chair) en fin de gestation

Répercussions sur l'industrie bovine

Les avantages constatés dans cette étude peuvent s'expliquer par le fait que le régime des vaches du groupe témoin comportait une quantité élevée de fibres. Ces dernières contribuent au remplissage du tube digestif, et empêchent ainsi les vaches de manger suffisamment pour répondre à leurs besoins en énergie nette, ce qui entraîne une perte de poids. Dans le cas de la ration supplémentée, les vaches ingèrent une plus grande quantité de protéines dégradables dans le rumen, ce qui accroît l'activité microbienne et entraîne ainsi une plus grande assimilation des éléments nutritifs, une fermentation ruminale accrue, une meilleure digestion de l'ensemble des aliments et ultimement une meilleure performance de l'animal.

Les conclusions de cette étude laissent croire qu'il existe de nombreuses possibilités d'incorporer des sous-produits du maïs dans le régime alimentaire des vaches en fin de gestation. L'utilisation de sous-produits du maïs dans les rations hivernales offre la possibilité de réduire les coûts d'alimentation dans les exploitations vache-veau. Bien incorporée dans les rations, la DDS est reconnue pour contribuer à maintenir l'état de chair et le poids vif chez les vaches en fin de gestation, améliorant ainsi l'efficacité de la programmation fœtale ainsi que la productivité et la rentabilité générales des vaches de boucherie.

Effets démontrés de la supplémentation avec DDS en fin de gestation

Références

Kennedy, V.C., Bauer, M.I., Swanson, K.C. and Vonnahme, K.A. 2016. Supplementation of Corn Dried Distillers Plus Solubles to Gestating Beef Cows fed Low-Quality Forage I: Altered Intake Behaviour, Body Condition and Reproduction. J.Anim. Sci., 94 (11): 4619-4628


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