Gagnants-gagnants dans la voie de la production durable du bœuf

La durabilité est devenue un idéal pour les chaînes d'approvisionnement et l'agriculture actuelle dans le monde entier. L'industrie mondiale de la viande est sur une liste restreinte de produits agricoles sous surveillance particulière. En gardant à l'esprit que la durabilité est le chevauchement réussi de l'équilibre environnemental, de l'acceptation sociale et de la réussite économique, il en ressort que la production ontarienne comporte sans équivoque quelques principes de base très positifs. Il s'agit en effet des bonnes pratiques de gestion. Dans cet article, je vais me concentrer sur les possibilités génétiques, ainsi que la production et l'utilisation des aliments à titre d'exemple. Par ailleurs, il y aura dans l'article des liens à des ressources disponibles au public sur le Web, tout comme des discussions dans les dialogues en ligne de plus en plus nombreux sur la durabilité.

Acceptation sociale par la génétique

Depuis le début de la domestication, les humains ont exercé une pression de sélection chez les bovins et autres animaux d'élevage, afin d'améliorer leur utilité. L'élevage sélectif comme technique d'amélioration continue n'est pas soumis à l'examen public et offre des possibilités d'améliorer la position de l'industrie du bœuf en matière d'approbation sociale et de rentabilité. Deux exemples seraient de finaliser l'adoption du gène acère (absence de cornes) chez les bovins commerciaux et d'utiliser la génétique des fonctions immunitaires élevées dans les efforts visant à réduire l'usage des antibiotiques.

Acère = zéro écornage

En vertu du Code de pratiques des bovins de boucherie, le secteur a clairement fait savoir à la section 4.4 que la recommandation à la ferme est «d'utiliser les taureaux (génétiquement) sans cornes homozygotes lorsque c'est possible pour éliminer la nécessité de l'ébourgeonnage et de l'écornage» et les producteurs sont requis «d'utiliser un analgésique en consultation avec votre vétérinaire pour atténuer la douleur associée à l'écornage des veaux après l'attachement du bourgeon de la corne».

Ces pratiques seront la nouvelle norme et font partie de la progression visant à mettre fin à des souffrances inutiles chez les veaux, un point essentiel pour maintenir la confiance du public. Je vais aller plus loin et dire «passer à autre chose», étant donné que le bétail génétiquement sans cornes n'accuse plus de retard de performance. Si vous n'achetez pas des taureaux génétiquement sans cornes, vous manquez un point essentiel; et si vous faites l'élevage et la vente de taureaux cornus, vous manquez le point encore plus!

Main qui tient un fer à écorner chauffant

Figure 1. L'application intégrale de la génétique des taureaux sans cornes est un bon exemple d'une technologie qui pourrait mettre fin à l'écornage au fer chaud, améliorer le bien-être des animaux et assurer l'acceptation sociale.

Système immunitaire amélioré = Utilisation moindre d'antimicrobiens

L'usage d'antibiotiques d'importance médicale pour les humains en productions animales fait l'objet d'une attention spéciale. La société en général, et tout particulièrement les médecins, a demandé une augmentation des restrictions quant à l'usage d'antibiotiques dans les élevages. Bien que l'utilisation d'antibiotiques vétérinaires suscite de nombreux débats quant à leur contribution relative au développement de la résistance antimicrobienne chez les pathogènes humains, deux choses sont claires :

  1. Préserver les antimicrobiens afin qu'ils soient efficaces en médecine humaine est d'une importance capitale.
  2. Améliorer le système immunitaire des animaux d'élevage peut réduire le recours aux antibiotiques dans ce secteur.

L'amélioration de la réponse immunitaire globale du bétail avec la génétique serait un véritable scénario gagnant-gagnant-gagnant. Elle pourra améliorer le bien-être de l'animal et, de ce fait, l'acceptation sociale, elle pourra aussi améliorer les résultats du producteur en réduisant les frais vétérinaires et en renforçant la performance des animaux. De nouvelles technologies génétiques existent déjà et d'autres émergent avec la promesse d'y parvenir. Par exemple, Semex a récemment lancé un caractère génétique appelé Immunity+ TM dans leur catalogue de bœuf et aussi dans leur catalogue de bovins laitiers.

Meilleur environnement grâce à un approvisionnement en aliments durable

Les principaux problèmes qui ont amené l'examen beaucoup plus global du secteur de la viande bovine sont les impacts sur les changements climatiques et le paysage associés à l'élevage du bétail. La plupart de ces effets résultent de la culture des aliments pour bétail et du processus digestif des bovins. Ces effets sont notamment la dégradation des sols pour produire les cultures céréalières et les émissions de méthane résultant des régimes alimentaires constitués de fourrages. L'utilisation aussi efficace que possible des aliments réduit les impacts négatifs potentiels sur une base unitaire de production bovine. Le Global Roundtable for Sustainable Beef (GRSB) et la Sustainable Agriculture Initiative (SAI) traitent de certaines de ces questions. On peut accéder à leurs sites respectifs à www.grsbeef.org et www.saiplatform.org. Il y a quelques beaux documents dans la SAI, dont un en particulier qui porte sur la réduction de méthane dans l'élevage du bétail. Ce document résume les stratégies comme l'amélioration de la digestibilité des fourrages, les ingrédients alimentaires améliorés et l'alimentation de précision pour réduire les impacts des régimes alimentaires. Il parle aussi du recours à la génétique pour améliorer l'utilisation des aliments et pour identifier les animaux qui produisent moins de méthane dû à un potentiel génétique inhérent. En règle générale, toute stratégie qui peut assurer que l'aliment qui passe dans l'animal est utilisé à son maximum implique une quantité réduite de méthane. Les technologies qui réduisent le méthane ont aussi tendance à augmenter les performances et l'efficacité alimentaire, étant donné que ces deux facteurs sont liés.

Mélangeur de RTM bleu avec un godet-chargeur pour ajouter les aliments.

Figure 2. L'analyse minutieuse des aliments, la formulation des rations, le mélange et la distribution des aliments selon le sexe et les phases de croissance sont la base d'une alimentation de précision visant à réduire la production de méthane et renforcer l'efficacité alimentaire.

Le fait est que les producteurs ont la possibilité, par la gestion de l'alimentation, d'améliorer la durabilité environnementale de leurs exploitations bovines de boucherie. Par ailleurs, cela permettra aux producteurs de réduire les coûts d'alimentation, tout en assurant aux consommateurs que le secteur est conscient de son empreinte environnementale en utilisant la technologie éprouvée pour réduire cet impact par unité de bœuf produite.

Production de bœuf durable - environnement, société et économie

Bien que les paradigmes entourant l'agriculture durable sont souvent complexes, l'application adéquate des convergences pour ce qui est des besoins environnementaux, économiques et sociaux avec des technologies spécifiques peut effectivement fournir des situations gagnantes-gagnantes. Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de défis à mesure que l'offre mondiale pour la viande bovine exigera des mesures pour vérifier et atteindre la durabilité. Mais comme le démontrent les exemples précédents (élevage sélectif pour un système immunitaire amélioré et des taureaux génétiquement sans cornes, meilleure gestion des cultures et de l'alimentation), les possibilités visant à assurer l'acceptation sociale du secteur de la viande bovine est bien réelle par l'amélioration du bien-être, de la performance et de la rentabilité potentielle.


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