Décoder le Code - Section 2 Aliments et eau

Le nouveau Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins de boucherie a été publié à l'automne 2013 [https://www.nfacc.ca/codes-de-pratiques/bovins-de-boucherie]. Il s'agit de la déclaration de l'industrie quant à sa pensée collective sur la façon dont le bétail devrait être élevé et manipulé. Donc, si vous faites partie de cette industrie, ce document s'adresse à vous et vous devez en connaître le contenu. Faites abstraction du fait que c'est un document de 60 pages. En fait, le Code à proprement parler, est expliqué dans la première moitié du document, et il est disposé avec beaucoup d'espace pour le rendre facile à lire. La seconde moitié contient des références, un glossaire, des contacts et des informations de vulgarisation.

Si nous prenons le Code une section à la fois et que nous passons toutes les sections de cette façon, ce sera beaucoup plus facile de le comprendre et de le mettre en pratique. Son objet est non pas de prescrire COMMENT parvenir à un résultat, mais plutôt d'y parvenir. Les exigences que les producteurs doivent satisfaire sont mises en évidence dans des encadrés jaunes pour une lecture rapide et facile. Elles sont suivies de quelques recommandations qui font presque toujours partie des pratiques de gestion optimales (PGO) de l'élevage du bœuf.

La section 1 du Code a été présentée dans une édition précédente du Bœuf virtuel du MAAARO.

La section 2 porte sur les Aliments et l'eau.

Le résultat souhaité est que les bovins sont en santé et en état corporel optimaux. Ainsi, dans le cas des aliments, les exigences du producteur sont…

Exigences

Surveiller continuellement le comportement, la performance, la note d'état corporel et la santé des animaux et ajuster le programme d'alimentation en conséquence.

S'assurer que les bovins disposent de suffisamment de nourriture de bonne qualité pour répondre à leurs besoins nutritionnels en tout temps et pour maintenir leur état corporel en tenant compte des facteurs comme l'âge, la taille du squelette, l'état reproducteur, l'état de santé, le niveau de production, la compétition et les conditions météorologiques.

Prendre rapidement les mesures correctives pour améliorer la note d'état corporel des bovins ayant une note de 2 ou moins sur 5.

Prendre des mesures pour empêcher l'exposition des bovins aux toxines (comme les piles au plomb, les engrais, les semences traitées, l'antigel, les nitrates) et pour éviter les aliments dont les qualités physiques nuisibles peuvent causer des blessures ou limiter la prise alimentaire.

C'est donc facile à comprendre et tout à fait logique si notre objectif est d'avoir des bovins productifs et espérer en tirer profit. Cela nous ramène au vieil adage « Vous ne pouvez pas sous-alimenter les profits quand il est question d'animaux d'élevage ».

Réservoir d'eau mobile de couleur bleue.

Figure 1. Eau pompée dans un grand réservoir à partir d'une source d'eau naturelle. Cela permet à l'eau de rester propre et garde le bétail loin de la boue.

La seule nouvelle exigence ici, est de vraiment observer de près la note d'état corporel de vos bovins et de rectifier la situation si elle est inférieure à 2. Si vous n'êtes pas habitué avec les notes d'état corporel, vous trouverez de bonnes explications et illustrations aux pages 42-44 du Code. Ces données proviennent du système canadien dont les notes vont de 1 à 5. Dans ce système, la note de 1 irait à un animal squelettique et la note de 5 à un gros animal. Les éleveurs peuvent choisir de tenir une séance d'évaluation à l'aveugle dans l'étable ou le troupeau, où deux personnes pourraient attribuer des notes au bétail et générer une moyenne, ou ils peuvent choisir d'obtenir un avis extérieur.

Dans un monde idéal, les bovins auraient tous une note de 3, mais nous savons que l'état corporel de la vache varie tout au long de l'année en fonction du stade de gestation et du niveau de production. Il serait probablement souhaitable de lui faire prendre du poids après le sevrage, puis de la traire un peu en début de lactation pour lui alléger le dos. Si on vous pose des questions ou si on vous met au défi concernant la notation, l'astuce pour de nombreux producteurs est de prouver qu'ils procèdent à des évaluations de l'état corporel et qu'ils prennent des actions en fonction des résultats. De nombreux producteurs enregistrent les notes mentalement, mais ils ont de la difficulté à faire circuler ces données dans leurs bras, puis dans leurs doigts pour les écrire dans un livre ou les taper dans un téléphone intelligent. La solution est de consigner les données dans un dossier quelques fois par année. Inscrire la date, le numéro de la vache et sa note d'état corporel. Si vous avez procédé à des regroupements d'animaux dans le troupeau ou changé la ration, assurez-vous de l'inscrire aussi. La plupart des producteurs procèdent à des notations à 2-3 mois avant le vêlage, puis à 1 mois avant la saillie et de nouveau après le sevrage.

Vaches de boucherie dans un pâturage en hiver.

Figure 2. Conditions hivernales où les vaches de boucherie ont accès à une bonne quantité de foin déployé devant elles pour réduire la concurrence pour les petits bovins.

Arrêter l'exposition aux toxines est aussi parfaitement sensé. Personne ne fait exprès pour que le bétail soit intoxiqué. L'exposition est généralement le résultat d'un accident; les bovins viennent de sortir de l'étable ou viennent d'entrer dans un nouveau pâturage. Bien que cela exige du temps, le remède à ce mal est encore de vérifier les clôtures, les loquets des barrières et de faire le tour des pâturages nouveaux ou inconnus.

Les pratiques recommandées incluent également l'analyse de la teneur nutritionnelle des aliments avec l'aide d'un nutritionniste, la conservation adéquate des aliments, la connaissance des carences minérales de la région, une ration sans changement soudain et plus d'espace de mangeoire pour les bovins les moins compétitifs. Ces mesures font toutes parties des pratiques de gestion optimales (PGO) pour le bétail si le producteur est à la recherche de profit.

L'eau constitue la deuxième moitié de cette section. Les exigences du producteur sont …

Exigences

Assurer que les bovins ont accès à une eau de bonne qualité suffisante pour répondre à leurs besoins physiologiques. Surveiller continuellement les sources d'eau, les habitudes alimentaires, le comportement, la performance et la santé, et être prêt à ajuster le programme d'abreuvement en conséquence.

La neige ne peut être l'unique source d'eau en hiver que si sa qualité et sa quantité sont suffisantes pour répondre aux besoins physiologiques des animaux.

La neige ne peut servir d'unique source d'eau pour les bovins suivants :

  • en lactation ou
  • sevrés récemment ou
  • dont la note d'état corporel est inférieure à 2,5 sur 5 ou
  • qui n'ont pas accès à des ressources alimentaires optimales.

Seules des quantités suffisantes de neige folle et propre peuvent servir d'unique source d'eau. Surveiller en permanence les conditions de la neige.

Préparer une source d'abreuvement de remplacement en cas de neige folle insuffisante en hiver ou d'interruption de l'alimentation en eau.

Le Code ne prescrit pas comment vos bovins doivent être abreuvés ou de quelle source l'eau doit provenir; il dit simplement que vous devez connaître les comportements d'abreuvement de votre bétail et lui fournir de l'eau de " bonne " qualité et en quantité suffisante pour tous les animaux.

La neige sert de source d'eau dans certaines exploitations de bœuf dans l'Ouest, mais pourrait également être utilisée communément dans le nord de l'Ontario et d'autres régions où la couverture et les chutes de neige sont constantes. Il est important qu'il y ait suffisamment de neige folle. Cette source d'abreuvement ne peut être utilisée si les bovins ont des besoins en eau supplémentaires. Même dans un système avec de la neige, les éleveurs doivent avoir un plan de secours, au cas où un problème surviendrait. Il pourrait s'agir de mesures telles une citerne ou des abreuvoirs mobiles, l'accès à un cours d'eau naturel, ou le déplacement du bétail dans une installation pourvue en eau courante. Là encore, le Code recherche un résultat, un aboutissement, non la façon d'y arriver.

Comme c'est le cas avec les autres sections, les pratiques recommandées au bas de l'encadré des exigences ne sont pas gravées dans le marbre, mais seraient certainement incluses dans la plupart des PGO. Est-ce facile pour les bovins de trouver de l'eau? Ce fait est particulièrement important quand vous emmenez des veaux dans un parc d'engraissement. Après tout, si les veaux ne boivent pas, ils ne pourront pas manger et n'auront pas l'énergie nécessaire pour bâtir une bonne réponse immunitaire lorsqu'ils seront confrontés à la maladie. Quand le système d'eau est automatisé, il faut vérifier chaque jour qu'il fonctionne adéquatement. La propreté doit aussi être vérifiée, surtout si vous ne voudriez pas boire l'eau que votre bétail boit. Assurez-vous que les conduites d'eau et les abreuvoirs ont la capacité nécessaire pour la taille de votre troupeau et qu'ils ne sont pas la cause de concurrence entre les bovins. Quand l'eau peut être pompée de sources naturelles jusqu'aux abreuvoirs et réservoirs, elle reste plus propre et les animaux sont en meilleure santé. En hiver, essayez d'empêcher les bovins d'aller dans les aires de glace mince. Si les animaux sont réticents à boire, songer à tester l'eau ou à vérifier les signes de tension parasite.

Si, en tant que producteur de viande bovine, ces exigences et recommandations vous semblent nouvelles ou drastiques, alors vous devez en discuter soit avec votre vétérinaire, une association provinciale de producteurs de bœufs ou le personnel de vulgarisation en bovins de boucherie de la région. Cet entretien devrait porter sur la façon d'apporter des changements à l'exploitation, afin de satisfaire ce qui est demandé dans le Code. Tant votre ferme que l'ensemble de l'industrie seront jugés par votre respect.

C'est ainsi que se termine la section 2 du Code de pratiques des bovins de boucherie, et rien en lui n'est trop drastique. La plupart des éleveurs de bœuf de l'Ontario et du Canada ont déjà adopté ces pratiques. Le défi pour la plupart d'entre vous sera d'avoir une documentation écrite, ou d'en créer une, afin de pouvoir prouver aux consommateurs que vous prodiguez des soins de qualité à vos bovins.


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