Réduction des pertes de bétail imputables à la prédationLes méfaits des prédateurs sur le bétail coûtent cher aux producteurs. La prédation fait perdre au fermier temps et argent en plus de provoquer un stress émotionnel par la perte d'animaux productifs. Les pertes dues aux prédateurs se traduisent aussi en temps, en argent et en stress émotionnel pour le gouvernement car les fonctionnaires à son service et les évaluateurs municipaux doivent enquêter sur les disparitions de bétail en vue d'indemniser les producteurs. En 2010, le gouvernement de l'Ontario a versé plus de 1,4 million de dollars aux producteurs à titre d'indemnisation pour leurs pertes de bétail. Ces versements ont plus que doublé depuis ces cinq dernières années.
Le gouvernement pas plus que les producteurs ne souhaite voir le bétail menacé par les prédateurs. Cependant, faire comprendre aux prédateurs que les animaux de la ferme sont " des amis, non des aliments " constitue tout un défi. Tenter de réduire les pertes semble la seule voie pour en arriver à un certain équilibre dans un monde qui compte à la fois des prédateurs et des animaux auxquels ces derniers veulent s'attaquer, le bétail. Plusieurs animaux sauvages s'attaquent au bétail et en consomment. Les ours, les loups et les coyotes semblent être les coupables les plus fréquents. Ces dernières années, les coyotes ont tué de plus en plus de veaux. Comment savoir si le bétail est victime de prédateurs? Des saignements et des contusions ne surviennent que chez des animaux en vie, ou très peu de temps après leur mort. Parmi d'autres indicateurs notons les perforations, les coupures et les déchirures faites par les dents ou les griffes. Une enquête rapide après la mort d'un animal permet de savoir s'il a été tué par un prédateur ou si sa mort est attribuable à d'autres causes et si un prédateur, des corneilles noires ou d'autres animaux ont été attirés par la suite. Parmi les autres signes d'attaque par des prédateurs on peut observer de la végétation cassée ou aplatie, des empreintes montrant que l'animal a été traîné sur le sol, du sang ou des traces de sang. Autre indice qu'il y a peut-être eu attaque : le bétail est plus nerveux ou bruyant, des bovins sont blessés, une mère appelle et cherche son petit, il y a des poils de prédateurs sur les clôtures, des trous ont été creusés sous les clôtures, on constate des traces fraîches de prédateurs ou des matières fécales près d'une carcasse. Une fois qu'il est établi qu'il y a un problème de prédateur, comment réduire la possibilité d'autres pertes? En premier lieu, éliminer tout cadavre d'animaux, de nouveau-né mort-né ou d'arrière-faix. Ces tissus, s'ils sont laissés dans les alentours, attirent les prédateurs, leurs faisant franchir le pas entre considérer que les vaches sont " des amies " et les voir comme des " aliments potentiels ". Le MAAARO présente de l'information en ligne à l'adresse [link] sur comment disposer des carcasses par enfouissement ou compostage. Enceintes fermées et clôturesLes fermes avec des broussailles et de la forêt sont sujettes à un plus grand nombre d'attaques que les espaces découverts non boisés. Les prédateurs passent plus souvent à l'offensive à l'aube et au crépuscule. Dans le cas de troupeaux moins nombreux il faut ramener les bêtes le soir dans une enceinte fermée. Les coûts des clôtures totalement à l'épreuve des prédateurs sont quelque peu prohibitifs surtout si un grand nombre de bovins doit être protégé, auxquels s'ajoutent des coûts de main-d'uvre, ce qui peut rendre la chose hors de prix. Une étude effectuée en 2001 sur une ferme ovine de Amherst Island avait indiqué un prix de 2,37 $ le 0,31 m (le pied) pour une clôture de protection contre les prédateurs. Parmi les autres coûts imputables au confinement des bovins notons une charge à la hausse de la coccidiose, l'accroissement des mouches et une croissance réduite.
La clôture électrique peut être l'élément central de tout programme de lutte contre les prédateurs. Les clôtures d'enceinte qui sont posées sur le périmètre de la ferme doivent comporter au moins 5 fils et alterner les fils sous tension et les fils de mise à la terre. Toute clôture de moins de 5 fils ne réussira pas à limiter efficacement les prédations par des coyotes, surtout si ceux-ci en ont déjà commis au même endroit. L'espacement des fils est un autre facteur important. Ainsi, il faut que les 3 fils du bas soient écartés de 15,24 cm (6 pouces) de façon à ce que les coyotes touchent inévitablement à la fois un fil sous tension et un fil de terre lorsqu'ils cherchent à la traverser. L'espacement des fils du haut peut être plus grand de manière à accroître la hauteur totale de la clôture. Pour plus de détails sur les clôtures, voir la fiche d'information du MAAARO intitulée " Clôtures de protection contre les prédateurs ". Animaux gardiens de bétailParmi les animaux utilisés à l'heure actuelle pour garder le bétail, mentionnons les ânes, les lamas, les chiens et les chevaux. La plupart des éleveurs de grands troupeaux ovins se servent de chiens bergers. Les chiens élevés avec des bovins montrent des instincts protecteurs. Ils coûtent chers mais ils sont efficaces. Une étude récente a montré qu'il en coûte environ 800 $ par année par chien pour assurer la protection du troupeau. Les chiens agissent comme des éléments dissuasifs, ils vivent avec les bovins et ils attaquent tous les intrus dont les chiens errants, les coyotes ou les humains. Les chiens patrouillent la zone entourant le troupeau de vaches, ils marquent leurs territoires et ils aboient. Ces trois comportements signalent au coyote ou au loup la présence des chiens. À mesure que les coyotes s'habituent aux chiens de garde, il faut augmenter le nombre de chiens par vache. Généralement, les coyotes tentent d'éloigner les chiens des vaches en envoyant des membres de leur meute par l'arrière, ou ils abandonnent l'idée d'attaquer un troupeau qui est protégé. Récemment on a vu dans certaines circonstances des chiens se faire attaquer par des coyotes. Ces épisodes sont très rares, les chiens étant habituellement plus gros que les prédateurs. Des ânes travaillent aussi à la protection des bovins. Il semble que les ânes aient une aversion naturelle envers les chiens et qu'ils brayent, montrent les dents, donnent des coups de pattes ou mordent les chiens et les coyotes. Il faut toutefois surveiller les ânesses, qui veulent parfois " kidnapper " les veaux nouveaux-nés et éloigner la vache de son bébé. Des dispositifs effaroucheurs sont parfois efficaces pour un certain temps contre les loups et les coyotes. Des scientifiques du Wisconsin et du Michigan ont utilisé des détecteurs de mouvement à signal électronique qui déclenchent des sirènes ou des lumières stroboscopiques pour faire peur aux prédateurs et les éloigner. Tout en étant onéreux, ces moyens ne restent dissuasifs qu'à court terme. Avec le temps les coyotes se rendent compte que ces dispositifs ne sont pas dangereux, ils s'habituent en quelque sorte au spectacle " sons et lumières ". L'élimination des prédateurs qui posent problème a été efficace par le passé. Les coyotes ou les loups pour qui les veaux constituent un bon repas doivent être éliminés au plus tôt, avant qu'ils n'entraînent les autres membres de la meute à la chasse aux bovins. En 1997 et en 1998 des trappeurs ont participé à un programme pilote d'élimination des coyotes soupçonnés de ce comportement. Pendant ce court essai, on a noté que le nombre d'animaux blessés est passé d'environ 4 000 à moins de 3 200 en l'an 2000. Peu après la fin du programme pilote, les réclamations relatives aux pertes de bétail ont commencé à être en hausse et le mouvement s'est poursuivi jusqu'aux niveaux actuels : presque 6 000 animaux de ferme sont tués par des coyotes et des loups chaque année. Dans le sud de l'Ontario il y a une interdiction d'employer des mécanismes de restriction non mortels par rapport aux coyotes qui posent problème. Ce sont des dispositifs éprouvés pour attraper les coyotes, on identifie leurs pistes et on installe des mécanismes aux endroits de passages fréquents ou aux trous d'entrée dans les clôtures. Ces collets sont permis dans le nord de l'Ontario. Un essai sur l'usage de mécanismes de restriction non mortels et d'autres outils préventifs potentiels sera tenu cet été dans le sud de l'Ontario. Il existe une recherche partagée pour savoir si la chasse aux coyotes peut réduire la prédation globale du bétail. À court terme, le nombre d'animaux tués serait moins élevé. À long terme, il semble que le nombre de coyotes augmente pour remplir le vide. Cette espèce s'adapte très bien à son environnement. Selon l'endroit où la ferme est située, la chasse peut être socialement acceptable ou causer des problèmes avec le voisinage. Une battue organisée contre les coyotes constitue une bonne occasion d'en réduire le nombre. Avec des chiens de chasse, des avions et des chasseurs bien répartis dans une parcelle, les coyotes peuvent être rassemblés et tués. Comme il est indiqué, les battues peuvent grandement réduire le nombre de coyotes, mais devront être répétées chaque année. Autre possibilité, on peut s'attaquer aux tanières. Il s'agit de trouver les tanières au printemps ou au début de l'été, puis d'éliminer les jeunes pour réduire la population. Le MAAARO collabore avec le ministère des Richesses naturelles et des regroupements de producteurs agricoles en vue de réduire l'incidence des interactions entre la faune et le bétail à la ferme. RéférencesCoyote Predation of Livestock Cliquez ici pour lire d'autres articles de Boeuf virtuel
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