Réduire le nombre de bovins contaminés au E. coli O157:H7 qui quittent pour l'abattoir

Nous continuons d'entendre parler d'épidémies de maladies dues à des toxi-infections alimentaires causées par le pathogène E. coli O157:H7 (O157). Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est la forme de maladie la plus grave causée par cet organisme, une maladie qui se caractérise par une insuffisance rénale et provoque souvent la mort, surtout chez les jeunes enfants.

Les risques de contracter une maladie causée par O157 sont plus grands en consommant des produits de boeuf contaminés pas assez cuits, des fruits et des légumes prêts à manger aussi contaminés ou en buvant de l'eau contaminée qu'en mangeant des produits suffisamment cuits. Le pathogène O157 peut être propagé par du bétail, des animaux sauvages, des oiseaux ou des animaux de compagnie ou même d'autres personnes, mais les plus grands coupables et porteurs du pathogène restent les bovins.

Les bovins qui sont porteurs de O157, ou dont O157 " colonise " le système digestif, ne montrent aucun signe de maladies et leur performance de production n'est pas affectée. Les éleveurs n'ont aucune idée que leurs animaux répandent le pathogène à moins que des échantillons de matières fécales de leur troupeau ne soient analysés, ce qui coûte cher et n'est pas pratique. Des recherches ont montré que si l'analyse était effectuée plusieurs fois par année pour chaque troupeau, on pourrait identifier les excréteurs d'O157. La prévalence de l'excrétion a des effets saisonniers, le stress influe aussi. Par exemple l'excrétion est plus abondante quand les animaux sont stressés lors du sevrage. Par conséquent, chaque exploitant agricole doit présumer qu'il y a des pathogènes O157 dans le fumier provenant des bovins de sa ferme.

Il faut savoir que même si un animal a le système digestif colonisé par O157, la viande et la musculature de cet animal n'abritent pas le pathogène. La contamination de l'eau et des aliments par O157 est le résultat de contamination croisée par des pathogènes provenant des matières fécales. Quand de la viande de boeuf, surtout la viande à hamburger, devient contaminée c'est qu'il y a eu contamination croisée à l'installation de transformation de la viande si la carcasse entre en contact avec le cuir de la carcasse ou le contenu des intestins. Les entreprises d'emballage ont instauré plusieurs méthodes d'intervention dans le processus d'abattage pour mieux combattre O157 mais leur effet n'est pas absolu, il y a donc certains pathogènes qui survivent au processus.

Parc d'engraissement
Figure 1. La première étape pour réduire l'E. coli est de minimiser le fumier sur les animaux du parc d'engraissement.

Les régisseurs peuvent faire leur part pour améliorer la lutte contre O157 en réduisant la charge de pathogènes sur le cuir et dans les intestins des bovins qui quittent la ferme pour aller à l'abattoir. En vue de réduire la charge de pathogènes O157, voici certaines interventions recommandées avant l'abattage.

Adopter un programme de vaccination pour réduire la variante O157

Le Canada dispose maintenant d'un vaccin approuvé mis au point par Bioniche Life Sciences Inc., appelé EconicheTM, qui vise à réduire l'excrétion d'O157. Consulter le vétérinaire à propos de programmes de vaccination possibles. Vous pourriez ainsi réduire la teneur totale d'O157 dans l'environnement de la ferme.

Conserver les sources d'approvisionnement en eau exemptes de fumier

Les sources d'approvisionnement en eau peuvent propager O157 d'un animal à l'autre. Toujours s'assurer que les abreuvoirs et les bols d'eau sont drainés et nettoyés après avoir été souillés par des matières fécales des bovins.

Nettoyer l'équipement servant à manipuler les aliments pour animaux et à éliminer le fumier

L'équipement, comme les sources d'approvisionnement en eau, peut être un vecteur de propagation de la variante O157 d'un animal à l'autre. Si la même chargeuse sert au fumier et aux aliments, un bon nettoyage est nécessaire entre chaque usage. Si ce n'est pas possible il faut consacrer de l'équipement uniquement à la manutention des aliments, ou du fumier, jamais les deux par le même appareil.

Utiliser de la litière en quantité adéquate pour que le cuir reste exempt de toute saleté excessive

Les bovins mis en marché avec une saleté excessive constituent un risque élevé de contamination d'O157 à l'abattoir. Le risque de contamination de la viande survient de deux façons, d'abord quand le couteau utilisé pour couper le cuir passe au travers de la saleté il propage la contamination à la carcasse. Ensuite, quand la carcasse est dépouillée du cuir dans l'environnement très humide de l'aire d'abattage, les particules de saletés sont facilement propagées dans l'air, avec un potentiel de contamination croisée de toutes les surfaces avec lesquelles elles viennent en contact. L'usage de litière adéquate est par conséquent très important dans la zone d'hébergement pour éviter l'accumulation de saletés sur les cuirs.

Préparer les bovins pour l'expédition à l'abattoir

Réduire le poids des bovins de 12 à 24 heures avant leur expédition. Si on réduit le contenu de l'intestin on réduit l'excrétion de fumier dans les parcs d'attente, au chargement dans les camions et pendant le transport. N'utiliser que des techniques de manutention qui évitent le stress. Des bovins calmes excrètent moins de fumier.

Nettoyer les camions

Charger les bovins sur des camions propres avec de la litière propre et adéquate. On évite ainsi la contamination du cuir par des pathogènes provenant des chargements de bovins précédents transportés dans le même camion.

Ces pratiques permettent de réduire la charge du pathogène O157 sur les bovins et les marchés quand les bovins arrivent à l'abattoir. Combinées aux interventions effectuées par les conditionneurs d'aliments, ces étapes peuvent collectivement réduire les probabilités de produits finals contaminés, ce qui résulte en un nombre de cas réduit de maladies dues à des toxi-infections alimentaires par O157.


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