Programme canadien pour l'exportation de viande bovine à l'Union européenne : Comprendre les avantages de l'inscription pour les éleveurs de vache-veau de l'Ontario

Pour les éleveurs de vache-veau, la rentabilité de l'exploitation dépend du revenu généré par les veaux au moment de la vente. Pour maximiser la valeur des veaux au moment de la vente, les éleveurs doivent produire des veaux qui plaisent au plus grand nombre d'acheteurs. À titre d'exemple, une étude de marché du MAAARO de 2018 a démontré que les veaux commercialisés dans le cadre de ventes spéciales recevaient une prime s'élevant entre 0,20 et 0,35 $/lb par rapport aux ventes régulières. Il existe un large éventail de programmes auxquels les éleveurs de vache-veau peuvent participer et qui permettent d'ajouter de la valeur aux veaux. Le Programme canadien de certification de l'absence de produits stimulants de croissance (PSC) pour l'exportation de viande bovine à l'Union Européenne (UE) est l'un des programmes susceptibles de générer une importante valeur ajoutée pour les éleveurs de vache-veau.

La participation au programme d'exportation de viande bovine à l'UE signifie également que ces bovins sont généralement admissibles à la participation à de nombreux programmes provinciaux de viande bovine «exempte de» ou «naturelle»* et au Programme canadien de certification des bovins exempts de bêta-agonistes, qui est exigé pour les exportations de viande bovine vers la Chine. Le fait que les bovins puissent participer au plus grand nombre possible de programmes accroît le nombre d'acheteurs disponibles pour acheter des bovins, ce qui permet d'obtenir de meilleurs prix grâce à une demande accrue. La participation à de tels programmes peut entraîner certains coûts supplémentaires, mais ceux-ci sont généralement plus que compensés par l'augmentation du rendement financier au moment de la vente.

L'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne est entré en vigueur le 21 septembre 2017. L'AECG accorde au Canada un accès en franchise de droits de douane à l'UE pour 64 950 tonnes de viande bovine canadienne, dont 35 000 tonnes de viande bovine fraîche/réfrigérée, 15 000 tonnes de viande bovine congelée et 14 950 tonnes de contingent « Hilton »** partagé avec les États-Unis. Le Canada continue également d'avoir accès au contingent partagé et en franchise de droits de douanes de 45 000 tonnes de viande de haute qualité nourrie aux céréales, qui est disponible pour l'Australie, les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Uruguay et l'Argentine. Ce n'est pas alloué, mais offert selon le principe du premier arrivé, premier servi. Si l'on considère que 50 000 tonnes sont disponibles pour le Canada à lui seul, plus le contingent partagé, il existe des possibilités importantes d'accroître les ventes à l'exportation vers l'UE.

L'UE est l'un des marchés de viande bovine les plus importants et les plus chers au monde, avec une population de 515 millions de personnes et une consommation de viande bovine par habitant estimée à 20,75 kg en 2020. La consommation de viande bovine par habitant au Canada est estimée à 24,4 kg pour 2020. Les Perspectives agricoles de l'UE pour les marchés et les revenus 2019-2030 prévoient que les importations sous contingent tarifaire (dont l'AECG fait partie) passeront de moins de 400 000 tonnes à l'heure actuelle à plus de 400 000 tonnes d'ici 2030. Cette augmentation prévue des exigences relatives à l'importation de viande bovine par l'UE offre aux éleveurs de bovins de boucherie canadiens une occasion passionnante d'accroître sensiblement leurs exportations vers un marché à forte valeur ajoutée.

Les consommateurs européens ont des attentes contradictoires à l'égard de l'alimentation, des attentes qui vont au-delà de l'accessibilité des denrées alimentaires et concernent des questions telles que la santé, l'origine, la commodité, l'environnement, le changement climatique et le bien-être des animaux. La mission de la Stratégie nationale du bœuf au Canada, qui consiste à faire en sorte que le bœuf canadien soit reconnu pour sa qualité supérieure, sa salubrité, sa valeur, son innovation et ses méthodes de production durables qui protègent le bien-être des animaux et l'environnement, est conforme aux exigences alimentaires des consommateurs européens et à la politique publique de l'UE. Ce fait présente une sérieuse possibilité pour les éleveurs de bovins de boucherie de l'Ontario d'utiliser leur avantage concurrentiel pour trouver un écho auprès des consommateurs européens et capitaliser sur les exigences des consommateurs sur ce marché de viande bovine à prix élevé.

Pour pouvoir fournir de la viande bovine à l'UE, les exploitations agricoles et les parcs d'engraissement doivent être enregistrés dans le cadre du Programme canadien de certification de l'absence de produits stimulants de croissance (PSC) pour l'exportation de viande bovine à l'Union Européenne et les bovins doivent rester inscrits au programme de la naissance à l'abattage. Cela signifie que les éleveurs de vache-veau (le troupeau d'origine), les parcs d'engraissement et les abattoirs doivent être enregistrés dans le cadre du programme pour maintenir la chaîne d'inscription. Les bovins qui sont transférés d'une exploitation à une autre ne peuvent être transférés que de l'exploitation d'origine enregistrée vers un parc d'engraissement enregistré et être abattus dans un abattoir fédéral enregistré dans le programme de l'UE. Afin de développer le potentiel d'exportation de l'Ontario vers l'UE, il est essentiel qu'un plus grand nombre d'éleveurs de vache-veau et de parcs d'engraissement s'enregistrent auprès du programme afin de produire une quantité de viande bovine suffisante pour rendre économiquement viable l'exportation de cette viande vers l'UE par un abattoir enregistré. Il existe une demande en viande bovine canadienne dans l'UE. Il s'agit maintenant de développer la chaîne d'approvisionnement.

Le programme est composé de 10 éléments obligatoires. Toutefois, les éleveurs de vache-veau se conforment déjà à de nombreux éléments du programme. Le programme peut être résumé en quatre piliers de base : a) l'inscription au programme, b) l'identification et la traçabilité des animaux, c) l'interdiction d'administrer des produits stimulants de croissance (PSC) pendant toute la vie des animaux et d) la tenue de registres.

Inscription :

Pour la plupart des éleveurs, l'inscription au programme est simple. Pour s'inscrire au programme, le premier contact est un vétérinaire agréé par l'ACIA qui remplira le formulaire d'inscription. Dans le cadre du processus d'inscription, le vétérinaire évaluera s'il y a présence ou non de PSC sur l'exploitation et, si tout va bien, délivrera un certificat de conformité. Ce certificat de conformité est requis lorsque les bovins sont transférés vers un parc d'engraissement ou vers un abattoir enregistrés. Un examen annuel par un vétérinaire agréé par l'ACIA est nécessaire pour maintenir l'inscription. Une identification des locaux est également requise pour l'inscription.

Les éleveurs de vache-veau doivent être enregistrés au programme avant de déplacer les animaux hors de l'exploitation, et les parcs d'engraissement ou les abattoirs doivent aussi être enregistrés au programme avant de recevoir des animaux inscrits.

Identification et traçabilité des animaux :

Tous les animaux visés par le programme doivent être identifiés avec une étiquette approuvée par l'Agence canadienne d'identification du bétail (ACIB) avant de quitter l'exploitation d'origine. De plus, s'il y a dans une exploitation des bovins qui ne sont pas inscrits au programme d'exportation vers l'UE, les bovins admissibles à une exportation vers l'UE doivent être identifiés à l'aide d'un identificateur visuel supplémentaire qui est facilement discernable pendant une inspection sommaire. Le marquage doit être effectué avant toute activité de transformation qui pourrait conduire à l'administration de produits stimulants de croissance.

Un certificat de transfert énumérant les animaux admissibles à l'exportation vers l'UE doit être fourni lorsque les animaux sont transférés vers un parc d'engraissement ou un abattoir enregistré. Le certificat de conformité valide doit accompagner le certificat de transfert.

Si des bovins sont transférés grâce à un marché aux enchères enregistré dans le cadre du programme d'exportation vers l'UE, les bovins du programme d'exportation vers l'UE ne peuvent pas être mélangés avec des bovins non enregistrés au programme d'exportation vers l'UE. Chaque lot de bovins du programme qui doivent être vendus doit provenir de l'exploitation de naissance. Une fois vendus, les bovins admissibles au programme peuvent être mélangés avec d'autres bovins admissibles au programme d'exportation vers l'UE provenant d'un autre troupeau enregistré.

Gestion des produits stimulants de croissance (PSC)

L'élément le plus important du programme est que les animaux du programme ne doivent jamais recevoir de produits stimulants de croissance au cours de leur vie.

Les produits qui ne peuvent pas être administrés aux bovins du programme comprennent les médicaments à action estrogène ou androgène tels que la trenbolone et le zéranol (deux composants des implants hormonaux), les médicaments à action gestagène (c'est-à-dire les médicaments qui suppriment le cycle normal chez les génisses, comme l'acétate de mélengestrol, bien connu sous le nom de prémélange MGA), les médicaments contenant des substances naturelles comme l'œstradiol, la testostérone et la progestérone (tous des composants des implants hormonaux) et les médicaments définis comme des bêta-agonistes tels que la ractopamine et le zilpatérol.

Dans les exploitations mixtes où des PSC sont achetés et utilisés pour nourrir des animaux non admissibles au programme d'exportation vers l'UE, les éleveurs doivent consigner la date d'achat, l'utilisation et l'élimination de ces produits. Les éleveurs de vache-veau doivent savoir que la progestérone est un composant des produits de contrôle/synchronisation de l'œstrus qui sont souvent utilisés dans les exploitations des éleveurs de vache-veau pour gérer la saison de reproduction des vaches et des génisses de boucherie. Il est essentiel que ces produits ne soient jamais utilisés sur des animaux du programme. Lorsque ces produits sont utilisés dans des exploitations enregistrées, il est important de consigner l'achat, l'utilisation et l'élimination de ces produits.

Tenue de registres :

La tenue de registres est le pilier central du programme. Les éleveurs doivent tenir un inventaire annuel de tous les animaux admissibles de l'exploitation. Un inventaire élaboré par l'éleveur est également acceptable, à condition qu'il contienne tous les renseignements requis à l'annexe 5 du programme.

Des copies des formulaires d'inscription, des rapports d'évaluation des PSC, des certificats de conformité, des certificats de transfert, des rapports de remplacement des étiquettes et des rapports d'administration des PSC doivent également être conservées.

Lorsque des PSC sont utilisés, un manuel de procédures doit être élaboré et indiquer les PSC à utiliser, le calendrier d'utilisation ainsi que les procédures d'utilisation et d'élimination.

Lorsque des aliments mélangés ou des compléments sont donnés à des animaux admissibles, les éleveurs doivent tenir un registre des ingrédients utilisés et de la source des ingrédients. Cela est nécessaire pour démontrer au vétérinaire de l'ACIA qui doit délivrer les autorisations que l'alimentation des animaux admissibles au programme d'exportation vers l'UE est exempte de tout PSC. Lorsque les aliments mélangés ou les compléments à donner aux bovins du programme proviennent d'une fabrique d'aliments commerciaux, l'éleveur doit obtenir une lettre de garantie de la fabrique qui garantit que les aliments fournis sont exempts de tout PSC.

Dans les exploitations mixtes où des aliments ou des compléments sont également donnés à des animaux non admissibles au programme d'exportation vers l'UE, les éleveurs doivent rédiger un plan écrit qui démontre de quelle façon les aliments contenant des PSC seront séparés des aliments sans PSC et comment les animaux admissibles au programme d'exportation vers l'UE seront gérés pour empêcher l'accès aux aliments contenant des PSC.

Bien que l'élaboration de plans et de manuels de procédures puisse sembler onéreuse, tout ce qui est nécessaire, c'est un simple plan écrit des activités de l'éleveur.

Des renseignements complets sur les exigences du programme sont disponibles sur la page Web de l'ACIA intitulée : Annexe R : Programme canadien de certification de l'absence de produits stimulants de croissance (PSC) pour l'exportation de viande bovine vers l'Union Européenne (UE).

Des vidéos de formation pour les éleveurs de bovins de boucherie sont disponibles sur le site web de la Canadian Cattlemen's Association.

*Remarque : Selon certains programmes de viande bovine «exempte de» et «naturelle», les éleveurs ne doivent pas non plus utiliser d'antibiotiques, ce qui n'est pas une exigence du programme d'exportation vers l'UE.

**Contingent Hilton renvoie au contingent tarifaire pour l'importation de viande bovine de haute qualité dans l'UE qui a été convenu lors du Tokyo Round à l'hôtel Hilton de Tokyo ou dans le cadre des négociations de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce en 1979.

Références :

  • Agence canadienne d'inspection des aliments. 2011. Annexe R : Programme canadien de certification de l'absence de produits stimulants de croissance (PSC) pour l'exportation de viande bovine à l'Union Européenne (UE).
  • Canadian Cattlemen's Association. 2014. Summary of the European Union Protocol Requirements for Cow-Calf Operations.
  • Canadian Cattlemen's Association. Raising Cattle to be used for Exports of Beef to the EU, consulté le 30 janvier 2019.
  • Canadian Beef Advisors. 2015. Stratégie nationale du bœuf au Canada 2015-19.
  • CE (2018), EU agricultural outlook for markets and income, 2018-2030. Commission européenne, DG de l'Agriculture et du Développement rural, Bruxelles.
  • Commission européenne. 2016. Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada, d'une part, et l'Union européenne (et ses États membres), d'autre part.
  • Van Schaik, M., Chaffe, E. 2019. Les avantages de la vente spéciale de veaux, Le bœuf virtuel, Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.

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Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca