Enquête de 2017 sur la production vaches-veaux

En tant que spécialistes de la faculté et de la vulgarisation, notre travail consiste à apporter du soutien aux producteurs dans le secteur qu'ils ont choisi. Nous pouvons les aider notamment à améliorer la santé des animaux, à réduire les coûts, à augmenter la productivité et à assurer leur viabilité sur un marché mondial en constante évolution. Le problème c'est qu'une bonne partie de l'industrie est un mystère. Il peut être difficile de savoir sur quoi centrer les efforts pour avoir le plus d'impact et quels secteurs de l'industrie ont déjà une longueur d'avance sans données concrètes sur ce que font les producteurs. Nous pouvons formuler des hypothèses en nous basant sur nos interactions avec les producteurs et tirer des conclusions à partir des recherches effectuées ailleurs. Cependant, pour avoir une incidence optimale, nous devons avoir les vraies données sur notre industrie.

C'est pourquoi, au printemps 2017, mon groupe de recherche à l'Université de Guelph a réalisé une enquête sur l'industrie vaches-veaux de l'Ontario. La dernière démarche concertée visant à recueillir des données exhaustives sur l'industrie vaches-veaux de l'Ontario remontait à des dizaines d'années. Nous faisions des hypothèses, sans savoir si elles étaient bonnes. Nous avons donc décidé de poser des questions.

Lancée au printemps 2017, l'enquête a été annoncée dans le cadre des réunions de producteurs ainsi que dans les médias sociaux, internet et des publications. On y demandait des données démographiques générales sur l'exploitation agricole et le producteur et des détails sur le nombre de veaux nés en 2016, la réforme et la mortalité, la gestion de la reproduction, les pratiques de pâturage et d'alimentation, la santé animale ainsi que les aspects économiques et la production. L'enquête a généré un peu moins de 400 clics; 192 personnes l'ont commencée et 83 ont répondu à toutes les questions. La plupart des participants qui n'ont pas terminé l'enquête ont arrêté après les questions sur les données démographiques de base, là où ils devaient commencer à fournir des chiffres précis. Des participants ont indiqué qu'il serait plus facile de réunir ces données à l'avance que d'essayer de les fournir après coup.

Les participants ont déclaré un nombre moyen de 61 femelles par troupeau. La majorité des producteurs possèdent des bovins commerciaux (49 % ont des bovins commerciaux seulement et 29 % ont des bovins commerciaux et de race) dans leur exploitation et 20 % ne possèdent que des bovins de race. La plupart des participants sont des hommes âgés entre 45 ans et 60 ans qui comptent en moyenne 26 ans d'expérience avec les bovins de boucherie. Il y a 57 % des producteurs qui travaillent à l'extérieur de la ferme au moins à temps partiel.

Les participants à l'enquête ont une saison de reproduction moyenne de 118 jours. Le taux de sevrage moyen est de 91 % pour les vaches et de 76 % pour les génisses. En outre, 66 % des producteurs effectuent un contrôle de la gestation de leurs animaux et 41 % ont recours à l'insémination artificielle et 29 % au transfert d'embryon. Fait important à signaler, un producteur qui effectue un contrôle de la gestation ou qui a recours à l'insémination artificielle ne le fait pas nécessairement pour toutes les femelles.

En moyenne, 54 % des vaches et 65 % des génisses vêlent au cours des 21 premiers jours de la saison de mise bas. Il y a 90 % des vaches et 95 % des génisses qui vêlent en moins de 63 jours ou 3 cycles œstraux. Selon les participants à l'enquête, 96 % des vaches et 82 % des génisses vêlent sans aide. Le poids moyen à la naissance est de 38 kg (84 lb), mais bon nombre de producteurs indiquent que le poids est la plupart du temps estimatif puisqu'ils n'ont pas de balance. En outre, 8 % des vaches et 7 % des génisses ont perdu leur veau entre la naissance et le sevrage.

Pourcentage de participants qui font une intervention donnée sur les veaux dans les 24 heures suivant la naissance

Figure 1. Pourcentage de participants qui font une intervention donnée sur les veaux dans les 24 heures suivant la naissance

La figure 1 illustre les interventions dont les veaux ont fait l'objet dans les 24 heures suivant leur naissance. Les plus courantes consistent à donner du sélénium ou de la vitamine A, D ou E et à consigner le poids et le sexe. Les producteurs pouvaient choisir toutes les interventions utilisées à la ferme, ce qui fait que le total est supérieur à 100 %.

Causes de mortalité des veaux

Figure 2. Causes de mortalité des veaux

La figure 2 indique les causes de mortalité des veaux à partir de 24 heures après leur naissance jusqu'au sevrage pour les vaches (cercle extérieur) et les génisses (cercle intérieur). La diarrhée et la pneumonie sont les causes de mortalité des veaux les plus courantes après la naissance. Il est important de signaler que, même si le taux de mortalité attribuable à des prédateurs est faible pour la plupart des exploitations agricoles, l'une d'elles a un taux élevé de mortalité lié aux prédateurs, ce qui fait augmenter la moyenne.

La plupart des veaux sont sevrés en octobre et en novembre. Il y a 54 % des producteurs qui ont recours à la séparation traditionnelle, tandis que 22 % utilisent le sevrage le long d'une clôture et 15 %, des dispositifs antisuceurs. Le poids de sevrage moyen (non corrigé) est d'environ 300 kg (663 lb), mais comme 50 % des producteurs font seulement une estimation du poids, ce chiffre n'est peut-être pas exact.

La plupart des veaux sont castrés peu après leur naissance, et 26 % des producteurs emploient une méthode pour soulager la douleur. En moyenne, 86 % des animaux des troupeaux visés par l'enquête n'ont pas de cornes. En ce qui concerne les méthodes d'écornage, environ 26 % des producteurs utilisent un fer chaud ou un écorneur, 23 % de la pâte et 29 % une gouge ou un tuyau. Il y a 36 % des producteurs qui emploient toujours une méthode de soulagement de la douleur et 15 % qui en utilisent une en fonction de l'âge de l'animal et de la méthode d'écornage. Parmi ceux qui ont recours à une méthode de soulagement de la douleur, 35 % utilisent un anesthésique local seulement, 41 % utilisent à la fois un anesthésique local et un analgésique (c.-à-d. méloxicam) et 17% un analgésique seulement.

Le pâturage intensif contrôlé ou en rotation constitue la méthode d'alimentation la plus courante pendant la saison de croissance et le foin en balles est surtout utilisé pendant l'hiver. Il y a 79 % des producteurs qui donnent des suppléments de minéraux à un moment de l'année, mais bon nombre n'en donnent pas pendant une partie de l'année. La majorité des producteurs (66 %) n'analysent jamais les aliments pour en vérifier la qualité.

La plupart des producteurs donnent des traitements contre les poux (87 %) et les parasites internes (64 %) et font vacciner leurs animaux contre la diarrhée virale des bovins et la leptospirose (88 %). Les maladies qui préoccupent le plus les producteurs sont la diarrhée virale des bovins et la maladie de Johne, mais la plupart d'entre eux disent que ni l'une ni l'autre ne leur posent des problèmes à l'heure actuelle.

Tableau 1. Résultats choisis des enquêtes sur la production vaches-veaux de l'Ontario, de l'Atlantique et de l'Ouest. Les valeurs marquées de " - " n'ont pas été mesurées dans le cadre de l'enquête. V = vache, G = génisse.

Pratiques de gestion recommandées

Pratiques de gestion recommandées
Ontario
Atlantique
Ouest
Alimentation complémentaire
66 %
45 %
-
Contrôle de la gestation des femelles
66 % V/ 64 % G
49 % V/ 47 % G
62 % V/ 71 % G
Pourcentage de mise bas au cours des 21 premiers jours
54 % V/ 64 % G
35 % V/ 57 % G
(87 j V/ 57 J G) durée de la saison de mise bas
Vaccination avant la reproduction
52,5 %
45 %
-
Réduction du stress du sevrage
46 %
38 %
47 %
Maîtrise de la douleur lors de l'écornage
36 %
27 %
46 %
Soulagement de la douleur durant la castration
26 %
10 %
28 %
Note d'état corporel (au toucher)
26 %
17 %
77 %
Taureaux atteints de l'encéphalopathie spongiforme bovine
17 %
7 %
72 %
Veaux implantés
2,4 %
0 %
27 %
Aliments analysés en laboratoire
34 %
25 %
60 %
Eau analysée au cours des 5 dernières années
30 %
-
40 %

Mesures de rendement

Mesures de rendement
Ontario
Atlantique
Ouest
Taux de vaches non gestantes
9 % V/ 14,5 % G
~10 % V/ inconnue G
8 % V/ 12 % G
Mortalité des veaux
8,2 % V/ 7,5 % G
17 % V/ inconnue G
5,4 % au total
Durée de la saison de reproduction
118 V / 107 G
136 V / 112 G
91 V / 86 G

La plupart des gens sont curieux de savoir comment ils se comparent à leurs voisins. Même s'il ne s'agit pas de nos voisins immédiats, l'industrie dans les provinces de l'Ouest et de l'Atlantique a fait l'objet d'une enquête à peu près en même temps. Le tableau 1 compare les principaux résultats.

Qu'est-ce que l'enquête nous a appris? Pour le déterminer, nous ne devons pas oublier qu'il s'agit de données fournies par les producteurs et que, parce que nous avons fait l'enquête après coup, il y a des chiffres qui sont fournis de mémoire. Quoi qu'il en soit, nous avons pu obtenir des renseignements utiles sur l'industrie. Il y a des aspects que nous pouvons améliorer (comme les méthodes de sevrage, la durée de la saison de reproduction et le soulagement de la douleur pendant l'écornage) et d'autres où nous faisons du bon travail, mais il y aussi de nombreux aspects pour lesquels nous manquons de données exactes. Nous avons obtenu beaucoup de renseignements sur l'industrie et ce sur quoi nous devons nous concentrer à l'avenir. Cela nous permettra d'aider l'industrie à survivre et à prospérer dans l'avenir.


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