Taille des vaches : une pièce du casse-tête de l'efficacité des exploitations vache-veau

Que répondez-vous aux questions suivantes sur la production dans les exploitations vache-veau?

Question 1
" Une vache de boucherie efficace est en mesure de sevrer un veau qui pèse au moins 50 % de son propre poids "

Vrai checkbox

Faux checkbox


Question 2
Quel type de vaches de boucherie est le plus efficace?

  1. les petites vaches sont plus efficaces checkbox
  2. les vaches moyennes sont plus efficaces checkbox
  3. les vaches grasses sont les plus efficaces checkbox
  4. la taille des vaches n'est pas en lien avec l'efficacité checkbox


De nombreux facteurs peuvent influer sur l'efficacité de l'élevage des vaches, comme le taux de reproduction, la production laitière, l'épaisseur du gras dorsal, les aptitudes de maternage, l'apport génétique du taureau au veau et la taille de la vache. Toutefois, dans cet article, nous nous concentrerons seulement sur les effets de la taille de la vache et nous considérons tous les autres facteurs comme étant constants afin que la comparaison effectuée soit significative. De même, en étudiant l'efficacité économique, nous présumons que les différences de prix selon les différents types, races et le reste sont constantes, afin de pouvoir évaluer l'impact du changement dans la taille des vaches sans confondre les enjeux.

Productivité ou efficacité?

L'étude de l'efficacité dans la production des vaches de boucherie est autant importante que fascinante. Il est souhaitable de pouvoir améliorer l'efficacité biologique puisque ainsi moins de ressources sont nécessaires à la production d'une unité de produit. Quand des valeurs économiques sont en jeu avec des intrants biologiques et autres, ainsi que le produit, les éleveurs sont habilités à prendre des décisions avisées relativement à leurs systèmes de production.

Photo d'une vache et d'un veau avec image de casse-tête
Figure 1. Casse-tête d'une vache et d'un veau

La productivité biologique des exploitations vache-veau est définie par le poids de veau sevré produit par vache par année. Cette mesure comprend le taux de reproduction et le taux de survie des veaux, de même que le poids au sevrage. Elle est largement recommandée comme mesure d'évaluation d'un troupeau bovin. Toutefois, même s'il s'agit d'une excellente mesure de productivité, elle ne tient pas compte des intrants (p. ex. aliments pour animaux) nécessaires pour atteindre les objectifs de production. Si nous voulons évaluer l'efficacité biologique, il nous faut tenir compte des aliments, le principal intrant nécessaire aux animaux.


Pour simplifier l'analyse, considérons les vaches de boucherie comme des usines biologiques. Elles " transforment " les aliments en veaux sevrés. On peut évaluer l'efficacité biologique d'une vache comme le rapport de l'énergie tirée des aliments consommés au poids des veaux sevrés produits. Ce rapport intrant/extrant peut s'exprimer, par vache, comme suit :

Kcal d'énergie tirée des aliments consommés
Nbre de lb de veau sevré

Les vaches qui ont besoin d'une quantité d'aliments moindre pour produire une livre de veau sevré sont plus efficaces, tous les autres éléments étant considérés les mêmes, et elles seront plus rentables.

Comment la taille de la vache affecte le volume et la superficie

Comme pour tout objet solide tridimensionnel qui devient plus gros, deux choses changent : le volume de l'objet augmente, l'étendue de sa surface totale est aussi plus grande. Comme le volume d'un objet est directement lié à son poids, on peut dire que son poids augmente à la même vitesse que son volume. L'un des aspects primordial d'une taille plus grande est la manière dont les taux d'augmentation du volume (poids) et de l'étendue de la surface, se compare l'un à l'autre.

Voici un exemple à partir d'une forme très simple, le cube. Ces principes restent vrais pour les autres formes, sphères, cylindres, boîtes rectangulaires, vaches, etc.

Cube avec des flèches indiquant la longueur, la largeur et la profondeur
Figure 2. Diagramme cube

Pour un cube, volume = longueur x largeur x profondeur, ou V = Lo x La x P

étendue de la surface = (longueur d'un côté x largeur d'un côté) x 6, ou ÉS = (Lo x La) x 6

Prenons maintenant deux cubes de dimensions différentes : un petit, avec des côtés de 2 pouces chacun, un grand, dont les côtés sont de 4 pouces chacun.

Petit cube, volume = 2 x 2 x 2 = 8 pouces cubes

Petit cube, étendue de la surface = (2 x 2) x 6 = 24 pouces carrés

Grand cube, volume = 4 x 4 x 4 = 64 pouces cubes

Grand cube, étendue de la surface = (4 x 4) x 6 = 96 pouces carrés


Les résultats sont illustrés au tableau 1. Comme prévu, les deux, volumes et étendues de surface, augmentent quand on passe du petit au grand cube. Cependant, le rapport de l'étendue de la surface au volume est supérieur pour le petit cube comparé au grand cube. Le cube plus petit présente une étendue de surface de 3 po2 pour chaque 1 po3 de volume, alors que le grand cube n'a que 1,5 po2 d'étendue de surface pour chaque 1 po3 de volume.

Tableau 1. Étendue de la surface et volume de deux cubes de tailles différentes
Taille du Cube
Volume
(po3)
Étendue de la surface
(po2)
Rapport de l'étendue de la surface : volume
Petit
(côtés de 2 po)
8
24

3:1

Grand
(côtés de 4 po)
64
96
1,5: 1

Comment la taille corporelle affecte l'efficacité de la vache

Maintenant, de retour aux vaches… nous pouvons appliquer les résultats de cette comparaison des cubes aux vaches de boucherie, et constater que les vaches de plus grande taille ont un rapport de l'étendue de la surface à leur poids plus faible que celles qui sont plus maigres (rappelons que le volume est directement relié au poids).

Pourquoi est-ce une notion importante par rapport aux aliments donnés aux vaches de boucherie? Comme les autres mammifères, les vaches sont des animaux " à sang chaud ". Il leur faut donc maintenir leur température corporelle en deçà d'un intervalle très mince, autour de 38,5 °C. Généralement, dans les zones tempérées les bovins sont maintenus dans un environnement beaucoup plus frais que leur température corporelle, aussi ils perdent constamment de la chaleur à leur environnement. La vitesse à laquelle un animal perd de la chaleur est en lien direct avec l'étendue de sa surface. Toutefois, la quantité de chaleur produite par un animal est directement reliée à la quantité de tissus vivants qu'il possède (c.-à-d. son poids). Comme les animaux plus petits ont un rapport élevé de l'étendue de la surface au poids corporel, ils ont tendance à perdre de la chaleur à l'environnement plus vite en rapport à leur poids corporel. En comparaison, les animaux de plus grande taille ont un rapport plus faible de l'étendue de la surface à la masse corporelle, par conséquent ils perdent leur chaleur moins vite en rapport avec leur poids corporel.

L'un des résultats les plus concluants à tirer de ces relations est que les mammifères plus petits ont des taux métaboliques plus rapides que ceux qui sont plus gras. Ils ont besoin de tirer plus de chaleur de chaque gramme de tissus pour compenser leur plus grande vitesse de perte de chaleur à l'environnement. Les animaux plus petits ont métabolisme de base plus rapide, ils ont donc besoin de consommer plus d'aliments par unité de poids corporel pour obtenir le carburant nécessaire.

Ces mêmes principes s'appliquent aux vaches adultes de tailles différentes. Le tableau 2 illustre les besoins énergétiques des vaches de boucherie dont les poids sont de 1 000 à 1 800 lb. Alors que le total d'énergie provenant des aliments augmente à mesure que les vaches prennent du poids, la quantité d'énergie nécessaire par lb de poids corporel diminue. À mesure qu'elles prennent du poids, les vaches gagnent en efficacité dans l'utilisation des aliments consommés parce qu'elles ont besoin de moins d'aliments pour produire de la chaleur animale. La comparaison par livre de poids corporel de base indique qu'une vache de 1 800 lb est 13,5 % plus efficace dans son utilisation des aliments pour se maintenir qu'une autre dont le poids est de 1 000 lb.

Tableau 2. Besoins énergétiques des bovins de boucherie selon différents poids
Poids de la vache
en lb
ÉM* de la vache
Mcal /jour**

ÉM de la vache,
kcal /lb du poids de la vache
Énergie nécessaire par lb de poids corporel, par rapport à une vache de 1 000 lb (en %)
1000
15,8
15,8
100,0
1200
18,2
15,1
95,5
1400
20,4
14,6
92,0
1600
22,6
14,1
89,1
1800
24,7
13,7
86,5

* Énergie métabolisable (ÉM) dans les aliments pour animaux consommés
** Selon les tables du NRC sur les besoins alimentaires des bovins de boucherie


Comment ce qui précède influe-t-il sur l'efficacité de la production de veaux sevrés? En termes du fonctionnement énergétique des vaches, les vaches grasses possèdent un avantage inhérent sur les vaches maigres quant à la production des veaux. Voir au tableau 3 pour mettre ces différences en perspective. Si on pose l'hypothèse de base qu'une vache de 1 000 lb devrait être en mesure de sevrer un veau de 500 lb (50 % de son poids corporel), nous pouvons calculer quel est le poids du veau nécessaire pour que les vaches de plus grande taille aient la même efficience alimentaire. Par exemple, une vache de 1 400 lb doit sevrer un veau de 644 lb, seulement 46 % de son poids corporel, pour démontrer la même capacité de transformation des aliments que la vache de 1 000 lb. Une vache de 1 800 lb doit sevrer un veau de 779 lb, seulement 43,3 % de son poids corporel, pour montrer la même efficience alimentaire à sevrer le veau que la vache de 1 000 lb (rappelons que l'on présume que les autres facteurs, production laitière, épaisseur du gras dorsal, et le reste, restent les mêmes pour les vaches de différents poids).

Tableau 3. Poids des veaux nécessaires pour une efficacité énergétique équivalente parmi les vaches de poids différents.*
Poids de la vache (en lb)
Poids du veau sevré (en lb)
Poids du veau sevré en % du poids de la vache
1000
500
50,0
1200
573
47,8
1400
644
46,0
1600
713
44,5
1800
779
43,3

* en présumant que les autres facteurs comme la production laitière et l'épaisseur du gras dorsal sont les mêmes pour les vaches de différents poids


Revenons à la définition de l'efficacité biologique dans la production vache-veau :
efficacité biologique = kcal d'énergie tirée des aliments consommés
Nbre de lb de veau sevré

Le poids des veaux en pourcentage du poids des vaches ne constitue pas un bon moyen d'évaluer l'efficacité des vaches. Pour comparer équitablement les vaches de différents poids corporels, il nous faut utiliser une échelle mobile pour établir des cibles concernant le poids des veaux en fonction d'un pourcentage du poids des vaches. C'est à cause du rapport changeant de l'étendue de la surface au poids de la vache à mesure que son poids augmente, ce qui affecte la perte de chaleur animale.

Essentiel à retenir

Tous les autres éléments étant considérés les mêmes, les vaches grasses tendent à présenter l'avantage d'une meilleur capacité de transformation des aliments que les vaches de poids plus faible, les vaches plus grasses n'ayant pas besoin d'autant d'énergie par livre de poids corporel pour maintenir leur température corporelle. Cette caractéristique se reflète dans le poids du veau sevré qui doit être produit par des vaches de différents poids avec une efficience alimentaire équivalente. À mesure que le poids de la vache augmente, le rapport du poids de veau sevré à celui de la vache, qui est nécessaire pour un niveau d'efficacité déterminé, diminue. Par exemple, une vache d'un poids de 1 600 lb qui donne un veau sevré d'un poids qui correspond à 44,5 % du sien, montre la même efficacité que la vache de 1 000 lb avec un veau dont le poids équivaut à 50 % de celui de la mère.

Ces résultats sont importants mais ils ne constituent que l'une des pièces du casse-tête de l'efficacité des vaches dans son ensemble. Il convient de les utiliser en conjonction avec d'autres stratégies, comme les croisements, pour tirer avantage de la vigueur des hybrides chez les vaches et les veaux, l'accouplement avec les reproducteurs pour optimiser la production des veaux et d'assortir les races ou les types aux exigences des marchés.

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