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Gestion des animaux morts

Auteur : Ben Hawkins - Ingénieur/MAAARO
Date de création : 4 février 2009
Dernière révision : 4 février 2009

Si vous pouviez adopter une seule des Pratiques de gestion optimales (PGO) face à la mortalité du bétail, ce serait d'éliminer complètement les cadavres. Les producteurs de bétail sont appelés à souvent revoir leurs pratiques de manutention et de production pour réduire l'incidence de la mortalité des animaux.

Quoi qu'il en soit, la mortalité est inévitable et les producteurs de bétail doivent acquérir des connaissances et la technologie nécessaire pour éliminer les cadavres d'animaux et bien planifier ces manoeuvres.

À l'heure actuelle en vertu de la Loi sur les cadavres d'animaux, les choix se limitent aux services de ramassage, à l'ensevelissement et au compostage, mais avec la proposition de cadre de réglementation sur les animaux morts, de nouveaux choix deviendraient possibles.

" Le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO) et le ministère de l'Environnement de l'Ontario (MEO) proposent que le gouvernement adopte de nouveaux règlements pour remplacer le cadre réglementaire qui régit actuellement l'élimination des animaux morts. La LCA et son règlement seraient abrogés et remplacés par deux nouveaux règlements, le nouveau règlement de la Loi de 2001 sur la qualité et la salubrité des aliments (LQSA), qui régirait l'élimination des cadavres d'animaux hors de la ferme, et celui de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs (LGEN), qui viserait leur élimination à la ferme. " (Numéro d'enregistrement CDE 010-4842)

Quelles sont les répercussions pour les producteurs qui choisissent d'éliminer les cadavres d'animaux à la ferme?

Le règlement proposé définirait les exigences relatives à l'élimination non seulement des bovins, chèvres, moutons, chevaux et porcs conformément à la LCA, mais également des cerfs, wapitis, alpacas, lamas, bisons, yacks, ânes, poneys, lapins, volailles, ratites et animaux à fourrure. Autrement dit, les nouveaux règlements proposés comportent une liste plus complète de bétail. L'adoption de standard et de règlements pour l'élimination des cadavres d'animaux à la ferme vise à protéger l'environnement d'un excès d'éléments nutritifs, des agents pathogènes, des odeurs et des insectes. On y établit aussi des distances minimales entre les zones d'élimination, les voisins et les autres animaux. Le règlement viserait l'ensemble des exploitations agricoles, qu'elles soient tenues ou non d'être couvertes par une stratégie ou un plan de gestion des éléments nutritifs.

Le nouveau règlement proposé de la LGEN permettrait une plus grande souplesse en matière d'élimination, toutefois peu importe le mode qui sera choisi, l'exploitant de la ferme serait tenu d'éliminer l'animal en question dans un délai de 48 heures après sa mort, ou plus tôt si la carcasse commence à se putréfier. La carcasse peut être mise en entreposage temporaire au froid pour une durée de 14 jours ou en chambre d'entreposage pour produits congelés pour 240 jours avant l'élimination finale.

Entre autres modes d'élimination, notons :

  • collecte par un ramasseur;
  • compostage;
  • incinération;
  • récipients pour élimination;
  • ensevelissement;
  • acheminement à un lieu de digestion anaérobie;
  • acheminement à un lieu d'élimination des déchets approuvé;
  • acheminement à une installation d'élimination approuvée selon la définition de la LQSA;
  • remise à un vétérinaire autorisé en vue d'une autopsie.

Pour chacun des modes d'élimination sur la ferme le règlement proposé définit certaines exigences en vertu de la LGEN concernant une série de distances de séparation minimales. En outre, chaque mode est soumis à des règles spécifiques.

Transport des animaux morts

  • Ils peuvent être ramassés à la ferme ou livrés à un ramasseur d'animaux.
  • La zone de collecte doit être libre de toute matière animale après la collecte.
  • Les cadavres d'animaux doivent être entreposés de façon à :
    • éviter que des liquides ne s'écoulent sur le sol;
    • être protégés des prédateurs;
    • être cachés à la vue du public.

Figure 1 : Le ramassage peut être effectué à partir de la ferme
Figure 1 : Le ramassage peut être effectué à partir de la ferme

 

Compostage

  • Un seul ou plusieurs des matériaux suivants peuvent être utilisés :
    • Sciure de bois, rabotures ou copeaux de bois propre, non contaminé et non traité.
    • Paille de céréales, de maïs ou de haricots.
    • Litière pour animaux avec au moins 30 % de matière sèche et ne contenant que les matières à composter permises.
    • Foin ou ensilage
  • Le mélange ne doit pas comporter plus de 25 % de cadavres d'animaux et pas moins de 75 % de substrat par volume.
  • ll faut recouvrir les piles d'au moins 0,6 mètres de substrat ou d'un revêtement rétractable non compostable, qui minimise les odeurs et protège contre les charognards.
  • Le compostage doit se poursuivre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune parcelle de matière animale de plus de 25 mm et aucune odeur répugnante.
  • Il faut au plus 600 mètres cubes de compost ou de matière compostée par site d'élimination.
  • Il ne faut pas plus de 600 mètres carrés par site d'élimination.
  • Aucun compostage ne peut être effectué sur des sols organiques ou des sols hydrologiques de groupe AA ou A.
  • Ne peuvent être placés dans une plaine inondable.

Figure 2 : Pile de compost
Figure 2 : Pile de compost

 

Incinération

  • L'incinérateur doit avoir un certificat du programme de vérification des technologies environnementales attestant qu'il comporte une chambre secondaire en mesure de maintenir les températures des gaz qui y pénètrent au moins une seconde à 1000 °C, ou deux secondes à 850 °C.
  • Il ne doit plus rester de parcelle de matière animale de plus de 25 mm à la fin de l'incinération.
  • On doit incinérer au maximum 1000 kg par période de 24 heures.
  • L'incinérateur ne doit pas servir à éliminer toute autre matière.

Figure 3 : Incinérateur
Figure 3 : Incinérateur

 

Récipients pour élimination

  • Ils ne peuvent excéder 10 mètres cubes.
  • Ils doivent être protégés contre les charognards.
  • Ils doivent être imperméables et à l'épreuve des fuites, à l'exception d'au moins un évent.
  • Ils peuvent être à la surface du sol, être partiellement ou entièrement enterrés.


Figure 4 : Récipient pour élimination
Figure 4 : Récipient pour élimination

 

Ensevelissement

  • Aucun ensevelissement dans des sols organiques ou des sols hydrologiques de groupe AA ou A.
  • Le poids maximal par fosse d'enfouissement est de 2500 kg.
  • Conserver les animaux morts recouverts d'au moins 0,6 mètres de sol en tout temps.
  • Refermer la fosse d'enfouissement en remblayant au-dessus du sol, à une hauteur qui équivaut à la moitié de la profondeur de la fosse ou à 0,6 mètres, selon la hauteur la plus élevée.
  • Surveiller régulièrement la fosse pendant un an en cas de signe de dépression ou de présence de charognards.


Figure 5 : Fosse d'enfouissement
Figure 5 : Fosse d'enfouissement


Une exploitation agricole peut employer une seule méthode d'élimination et sur une autre, on peut choisir de multiples solutions.

Il est primordial d'éliminer adéquatement les carcasses d'animaux sur la ferme. L'élimination inappropriée des carcasse d'animaux comporte des risques pour la qualité de l'environnement, la santé animale (souci face aux maladies contagieuses ou à la biosécurité) et la santé publique, y compris celles des familles agricoles. De plus, l'élimination inappropriée des carcasses d'animaux de boucherie et les mortalités chez les volailles sont des sujets de nature délicate pour le public.

Pour plus de renseignements sur les règlements proposés, voir :


Elimination des cadavres d'animaux

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca