Comment étirer la saison de pâturage jusqu'en automne

Table des matières

  1. L'idée générale
  2. La neige en ligne de compte
  3. Les inconvénients
  4. Résultats des recherches
  5. Conclusion

Les agriculteurs qui élèvent des animaux qui broutent, tels que vaches, moutons et chèvres, découvrent comment utiliser plus longtemps leurs pâturages. Ils se servent d'herbe laissée sur pied pour étirer la saison de pâturage jusque bien après les premières neiges! Pourriez-vous faire de même?

L'idée générale

Choisissez une terre actuellement utilisée pour le pâturage. Elle doit comporter un brise-vent naturel, par exemple un boisé de ferme, ou une simple clôture en planches ou en plastique. Grosso modo, la mise en réserve d'un acre d'herbage fournit 10 semaines de pâturage pour une vache de race à viande, en octobre, novembre et décembre.

L'accès des animaux à l'eau est crucial après le gel. On recommande une source d'eau située non loin dans une étable ou d'un abreuvoir à l'épreuve du gel installé dans le pâturage (certains ne nécessitent pas d'électricité) et alimenté par un tuyau enfoui dans la terre. Les étangs, les ruisseaux et les autres cours d'eau ne sont pas une bonne solution, ni pour le bétail ni pour l'environnement.

N'utilisez pas ce pâturage au printemps. Laissez l'herbe pousser et récoltez-la à la mi-juillet, avec le bétail ou la machinerie. L'épandage d'un engrais azoté et de bonnes pluies favorisent une repousse vigoureuse. Laissez l'herbe repousser jusqu'au premier gel meurtrier de l'automne. Votre herbage laissé sur pied est maintenant prêt à être brouté. Il est important d'attendre le premier gel meurtrier pour éviter les repousses. Les repousses épuisent les réserves d'énergie des racines et la culture est affaiblie au printemps.

Laissez entrer votre troupeau dans le pâturage et faites comme en été. Vous pouvez opter pour le pâturage rationné ou en rotation, ou laisser le troupeau paître dans un vaste champ. Comme l'herbe ne repousse pas beaucoup, le problème du broutage des repousses ne se pose pas. Néanmoins, une clôture électrique à fils synthétiques posée dans le champ est une façon simple de limiter l'accès au pâturage et de réduire le gaspillage. Par contre, une fois la neige arrivée, il y aura beaucoup de dommages causés par le piétinement et de gaspillage de fourrage si l'accès des animaux aux « nouveaux terrains » n'est pas limité d'une certaine façon. Une couche de neige molle et fraîche, si elle est piétinée, forme une croûte glacée sur l'herbe qui empêche le bétail d'y avoir accès. Dès qu'il neige, il est donc fortement recommandé d'installer une clôture amovible devant les animaux ou d'aménager de petits enclos.

La neige en ligne de compte

Les vaches et les moutons sont très doués pour aller chercher l'herbe ensevelie sous la neige. D'après des essais réalisés à la station de recherche agricole de New Liskeard (NLARS), les vaches de race à viande peuvent trouver leur nourriture efficacement sous 25 cm de neige. Une accumulation de neige de plus de 30 cm limite la quantité ingérée.

La présence d'une herbe haute mûre comme la timothe dans le fourrage aide les animaux à localiser celui-ci. Les tiges hautes agissent comme des drapeaux qui incitent les bêtes à creuser sous la neige, où est préservée la majeure partie du fourrage en phase végétative de qualité.

Les inconvénients

Le pâturage automnal a aussi ses inconvénients, notamment l'arrachage de mottes de terre lors des automnes pluvieux et une production de fourrage pouvant être légèrement inférieure l'été suivant. Il vaut mieux ne pas mettre en pâturage la même terre plus de trois années de suite. Enfin, vu de la route, on pourrait penser que vos bêtes n'ont que de la neige à se mettre sous la dent, alors vous risquez de recevoir un coup de fil d'un voisin curieux.

Résultats des recherches

Des vaches taries gravides ont pâturé jusqu'à la mi-décembre au NLARS sans aucune incidence défavorable et des vaches en lactation ayant vêlé en juillet ont pâturé sans problème jusqu'à la fin de novembre. Tous les animaux ont été en bonne santé et sont demeurés plus propres que leurs congénères gardés dans les étables.

Conclusion

Le pâturage automnal abaisse le coût de production en nécessitant moins de fourrage conservé et de litière, et en abaissant les coûts de manutention du fumier. Rien de vraiment révolutionnaire là-dedans, tout simplement une nouvelle façon d'utiliser ce dont vous disposez déjà.

 


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca