Le blé dans l’alimentation animale

Table des matières

  1. Introduction
  2. L’usage selon l’espèce
  3. Le blé comme liant dans les aliments en granules
  4. Le triticale
  5. Résumé

Introduction

Selon les fluctuation du prix des matières premières, il peut s’avérer intéressant d’utiliser le blé dans le régime des ruminants, en remplacement partiel du maïs et de l’orge.

Traditionnellement, la mouture du blé produit de la farine pour consommation humaine ainsi qu’une quantité appréciable de sous-produits pour l’alimentation animale. Les blés hard winter sont généralement riches en protéines, d’une teneur moyenne de 13 à 15%, tandis que les blés tendres blancs de printemps tendent à en contenir moins, en moyenne de 11 à 12%. L’Ontario produit de plus en plus de blé dur de printemps qui, cultivé selon les méthodes appropriées, peut remplacer le blé hard winter.

Le blé « de l’ouest » communément utilisé dans les rations en Ontario est un mélange de diverses variétés dont la teneur en protéines atteint généralement de 13 à 14 %. Le blé « de l’Ontario » est un blé blanc, tendre. L’équilibre des acides aminés du blé est habituellement meilleur que celui de la plupart des autres céréales (tableau 2). C’est un aliment très appétent et très digeste, dont la valeur relative pour la plupart des animaux en fait l’équivalent du maïs. Cependant, le prix du blé à la tonne en Ontario est souvent plus élevé, ce qui en limite l’utilisation dans les rations animales.

Comme dans le cas de bien d’autres céréales, le blé fournit principalement de l’énergie, sous forme d’hydrates de carbone. L’énergie disponible du blé, exprimée en énergie digestible (ED) ou en énergie métabolisable (EM) est supérieure par unité de matière sèche (MS), relativement au maïs, que celle de la plupart des principales céréales.

Le blé jugé de piètre qualité et conséquemment impropre à la mouture, à cause d’avaries par la maladie, les insectes et le gel, peut servir d’aliment pour les animaux domestiques. Sa valeur sera évidemment moindre que celle d’un blé de bonne qualité, sa valeur exacte étant fonction de l’importance de l’avarie. Ce blé peut être moins appétent que le blé de bonne qualité et sa valeur nutritive inférieure : il convient donc de l’associer à d’autres céréales dans le régime. Il faut se méfier du blé hors spécifications de l’Ontario, qui peut être contaminé par des toxines de fusarium, notamment la zéaralenone et la vomitoxine.

Certains des sous-produits du blé sont :

  • Le son qui se compose presque entièrement de l’enveloppe extérieure du grain de blé.
  • Le gru rouge composé du son, du germe, de la farine et des otons. Il contient une quantité plus importante de farine que les remoulages et a l’apparence d’une moulée fine contenant relativement moins de particules brunes que les remoulages.
  • Les remoulages ou gru blanc composés de fines particules de son et de germe, et de très peu de farine basse.
  • La farine basse, un produit de fin de mouture composé essentiellement de la couche protéique et de petites particules de son, de germe et de farine.
  • Le germe composé du germe du blé, extrait durant le broyage.
  • La farine qui sert habituellement à l’alimentation humaine.

 

L'usage selon l’espèce

I) Les bovins de boucherie: l’utilisation du blé chez les ruminants nécessite certaines précautions parce que le blé est plus susceptible que d’autres céréales de causer une indigestion aiguë chez les animaux qui n’y sont pas adaptés. Le principal problème semble être attribuable à la forte teneur en gluten du blé qui peut rendre « pâteux » le contenu du rumen au point d’en entraver la motilité. Les bovins peuvent utiliser efficacement le blé complet mais le conditionnement permet d’en améliorer la valeur bromatologique. On admet généralement que l’applatissage, le concassage ou le floconnage permet d’obtenir le maximum de valeur alimentaire. En général une mouture fine réduit la consommation d’aliments et peut causer l’acidose ou le ballonnement. Toutefois, s’il est disponible pour l’alimentation animale, le blé fin peut être substitué au maïs, sur la base des UNT, jusqu’à un maximum de 25% de la ration de matière sèche chez les bovins.

ii) Ovins: il n’est pas nécessaire de broyer ou de conditionner le blé complet destiné à l’alimentation des ovins adultes avant de l’incorporer à la ration puisque ces espèces mastiquent mieux leurs aliments. Chez les agneaux sevrés tôt ou alimentés artificiellement, la granulation améliore l’appétibilité du blé complet.

Le blé comme liant dans les granules

La nature glutineuse du blé en fait un excellent adjuvant pour la granulation. L’ajout de 10 % de blé dans une formule permettra généralement d’améliorer la durabilité des granules, surtout dans les rations qui contiennent peu de liants naturels. Les sous-produits tel que les aliments de gluten de maïs et les drêches de distillerie sont faibles en glucides qui servent de liant dans les granules. C’est le blé dur qui convient à cet usage.

Le triticale

Le triticale est une céréale relativement nouvelle qui s’est révélée prometteuse dans les rations pour porcins et pour volaille. Le triticale est issu d’un croisement entre le blé (Triticum duriem) et le seigle (Secale cereale). Sa valeur alimentaire, comme source d’énergie, est comparable à celle du maïs et des autres céréales. Pour les éléments nutritifs mesurés, la digestibilité du triticale est comparable ou supérieure à celle du blé. La teneur totale en protéines est supérieure à celle du maïs et semblable à celle du blé. À forte concentration, il est possible que l’on éprouve des problèmes d’appétibilité (associés au seigle).

 

Résumé

Lorsque le blé est disponible pour l’alimentation animale, il peut être substitué directement au maïs dans la ration sur la base de l’ED et des UNT. Toutefois, il faut être prudent dans l’alimentation des ruminants parce que le blé est plus susceptible que toute autre céréale de causer une indigestion aiguë chez les animaux qui n’y sont pas adaptés. Chez certaines espèces, un conditionnement additionnel permet une utilisation maximum. Le tableau 1 résume les recommandations pour l’alimentation.


Tableau 1. Recommandations pour l’alimentation du bétail
Espèce
Niveau d’alimentation ou de substitution du blé
Bovins jusqu’à 25 % de l’apport de MS
Ovins jusqu’à 35 à 40 % de la ration de céréales

 

Tableau 2. Composition du blé et des principales céréales
Élément nutritif Blé de l’Ouest Blé de l’Ontario Maïs Orge de l’Ontario Avoine de l’Ontario
E.M. volaille kcal/kg
3063
3080
3400
2640
2550
E.M. porcins kcal/kg
3258
3300
3380
2860
2660
UNT (%)
76
76
79
75
68
Protéine brute (%)
15,1
14,3

8,8

12
11,6
Méthionine
0,24
0,23
0,20
0,18
0,18
Méthionine et cystine (%)
0,58
0,56
0,40
0,45
0,56
Lysine (%)
0,45
0,44
0,27
0,40
0,40
Tryptophane (%)
0,15
0,14
0,05
0,11
0,12
Arginine (%)
0,69
0,65
0,41
0,55
0,74
Isoleucine (%)
0,72
0,68
0,29
0,39
0,42
Leucine (%)
1,34
1,26
1,10
0,82
0,80
Phénylalanine (%)
0,91
0,86
0,44
-
-
Thréonine(%)
0,49
0,47
0,32
0,40
0,37
Valine (%)
0,84
0,80
0,42
0,60
0,57
Cellulose brute (%)
1,50
1,50
3,80
1,90
4,00
Graisse brute (%)
2,50
2,20
2,50
6,00
11,00
Sodium (%)
0,03
0,01
0,02
0,02
0,01
Calcium (%)
0,04
0,05
0,03
0,07
0,10
Phosphore disponible (%)
0,12
0,12
0,08
0,16
0,14
Magnésium (%)
0,36
0,15
0,12
0,36
0,36
Potassium (%)
0,40
0,40
0,33
0,46
0,41
Soufre (%)
0,18
0,18
0,12
0,14
0,21
Sélénium (mg/kg)
0,38
-
0,03
0,15
0,21
Zinc (mg/kg)
40
-
23,0
30,0
28,0
Manganèse (mg/kg)
39
-
6,0
14,0
35,0
Fer (mg/kg)
46
-
38,0
55,0
63,0
Cuivre (mg/kg)
6
-
4,0
4,0
4,0
Cobalt (mg/kg)
0,12
-
0,05
0,09
0,06
Vitamine A (kIU/kg)
-
-
3,0
3,0
-
Choline (mg/kg)
880
790
511
1030
1034

Réferences: Foreman, Robert, 1989

 

 


Auteur : Brian Bell - Spécialiste en nutrition des bovins de boucherie et des ovins/MAAARO
Date de création : 22 août 1997
Dernière révision : 6 juillet 2011

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