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Conduite et alimentation des génisses de boucherie de remplacement
Table des matières
IntroductionPour de nombreux producteurs de bovins de boucherie, l'élevage des génisses de relève est une des tâches les plus délicates à mener. Les recherches ont montré que l'on peut accroître la productivité globale des vaches d'élevage de boucherie en les faisant vêler dès l'âge de deux ans. C'est un objectif que peut atteindre l'éleveur disposé à donner à ses génisses de relève l'alimentation et les soins nécessaires. | Haut de la page | Âge au premier vêlageL'éleveur doit faire en sorte que ses génisses de remplacement donnent leur premier veau à l'âge de deux ans. Il améliore ainsi la rentabilité de son exploitation en contrebalançant les coûts élevés des aliments, de la main-d'oeuvre et des investissements que nécessite l'élevage des sujets de remplacement. Pour qu'une vache produise une quantité maximale de livres de veaux dans sa vie, il faut qu'elle donne un veau par an dès l'âge de deux ans. Des recherches faites en Oklahoma l'ont très bien montré - les génisses qui vêlent à deux ans produisent dans toute leur vie 330 livres de veaux de plus que les génisses qui ont leur premier veau à trois ans. | Haut de la page | Alimentation et développement des génisses de remplacementLes résultats optimaux en matière de reproduction et de productivité totale de la vache dépendent nettement de l'alimentation qu'elle reçoit pendant sa croissance, la formation de son ossature et le développement de sa fonction reproductrice. Pour qu'elles atteignent la puberté à l'âge de 14 ou 15 mois, il faut que les génisses soient suffisamment développées, mais sans être grasses. Trois facteurs conditionnent la puberté chez la génisse de remplacement : le poids, l'âge et la race. Le poids est considéré comme le facteur prépondérant du déclenchement de la puberté chez les génisses à l'âge de 14 à 15 mois. La puberté est plus tardive chez les races de grande taille, qui sont moins précoces. Comme le gain de poids des bovins est le facteur qu'ils maîtrisent le mieux, les éleveurs doivent se fixer des poids cibles à atteindre par leurs génisses à l'époque des saillies, et établir un programme alimentaire qui permettra aux bêtes d'atteindre cette cible en bonne condition. Le poids cible varie selon la race. Les génisses d'élevage de boucherie doivent avoir atteint 65 à 70 % de leur poids adulte possible au moment de la première saillie, à l'âge de 14 ou 15 mois. Il faut donc qu'elles prennent en moyenne de 1,25 à 1,75 lb par jour entre le sevrage et la première saillie, soit de 250 à 350 lb pendant le premier hiver (selon la race). Pour la plupart des races et des croisements, les génisses devraient peser entre 650 et 850 lb au moment de la première saillie.
Les taux de fécondation varient chez les génisses en fonction de leur état de développement. Pour qu'elles produisent bien toute leur vie, il faut faire vêler les génisses à un âge jeune. Pour cela, elles doivent entrer en chaleurs et être fécondées au tout début de la saison de reproduction.
Une mauvaise conduite d'élevage, que ce soit la sous-alimentation
ou la suralimentation au cours des phases critiques, sera préjudiciable
à la productivité de la vache tout au long de sa vie.
Une consommation d'énergie supérieure aux besoins d'entretien
et de croissance des muscles risque de diminuer l'aptitude à
la lactation; l'alimentation à la dérobée peut
entraîner un tel problème. Dans un même ordre d'idées,
les recherches ont confirmé qu'il existe une relation négative
entre la capacité productive maximale probable des mères
et la production de lait. Figure 1 Génisses d'un an bien développées entrant en chaleurs à quatorze ou quinze mois
Rations quotidiennes possibles pour une génisse en croissance
de 500 lb
Remarque : Surveiller l'état de chair, en particulier chez les bêtes de taille moyenne, et modifier le programme d'alimentation au besoin (p.ex. donner moins de céréales). Rations quotidiennes possibles pour une génisse en croissance
de 500 lb
| Haut de la page | Analyse des aliments et formulation des rationsEn faisant analyser les aliments récoltés sur sa ferme, l'éleveur dispose des données nécessaires pour formuler convenablement les rations et ainsi pourvoir aux besoins nutritionnels des génisses en croissance. Dans ce domaine, il peut obtenir de l'aide dans tous les bureaux régionaux du MAAARO, chez les fabricants d'aliments du bétail, etc. | Haut de la page | Besoins en minéraux et en vitaminesGrâce à l'analyse précise des aliments et à l'emploi d'un programme de formulation des rations, l'éleveur est en mesure de repérer les excès et les carences en matière de vitamines et de minéraux. Il peut prendre des décisions plus justes concernant la supplémentation appropriée en minéraux. Les besoins en minéraux et en vitamines doivent être satisfaits pour que soient assurées une croissance et une fertilité suffisantes. L'éleveur peut laisser les génisses accéder librement aux mélanges de minéraux du commerce ou mélanger ceux-ci avec la ration. | Haut de la page | Contrôle de la croissanceLe contrôle de la croissance par pesées périodiques indiquera le rythme auquel les génisses se développent avec les rations données. Il faut éviter que les génisses soient maigres ou grasses. L'appréciation visuelle de l'état de chair de la génisse peut aussi entrer en ligne de compte pour ce qui est d'apporter des corrections au régime alimentaire. Comme on le signalait plus haut, des recherches ont montré que la suralimentation des génisses de remplacement peut compromettre leur aptitude future à la lactation et, si elle est prolongée, d'aggraver en outre les difficultés de vêlage. Tableau 5. Performance des génisses d'un an, dans le cadre du PATBB
| Haut de la page | Mise à la reproduction des génisses de remplacementLes génisses de remplacement doivent être saillies trois semaines avant les vaches adultes du troupeau parce qu'elles mettent plus longtemps à revenir en chaleurs après le vêlage. Les génisses saillies avant le reste du troupeau adulte mettent bas plus tôt dans la saison et, l'année suivante, reviennent normalement en chaleurs au moment où l'on procède aux saillies du reste du troupeau, à condition toutefois qu'elles aient reçu l'alimentation et les soins appropriés. Si l'on veut que les génisses aient une bonne productivité tout au long de leur carrière de reproductrice, il faut qu'elles entrent en chaleurs et soient fécondées tôt dans la saison de reproduction. Une saison de reproduction de 45 jours devrait suffire lorsque les génisses sont bien développées. Vérifier que les génisses sont effectivement gestantes et réformer celles qui ne le sont pas. | Haut de la page | La génisse d'un an en gestationLa génisse d'un an en gestation doit continuer à gagner
du poids au cours du deuxième hiver, jusqu'au vêlage, au
rythme d'environ une livre par jour. Durant cette période, la
génisse doit bénéficier d'un surcroît d'éléments
nutritifs pour couvrir ses besoins d'entretien, continuer à se
développer et assurer la gestation. Il faut soigner à
part les génisses gestantes.
| Haut de la page | Conduite du vêlageLes éleveurs-naisseurs qui font vêler leurs génisses de remplacement à l'âge de deux ans affrontent deux principaux problèmes : les vêlages difficiles et un taux de conception ultérieur médiocre. Les génisses de deux ans ont plus souvent besoin d'aide à leur premier vêlage que les génisses de trois ans. Dans la plupart des cas, lors de leur premier vêlage, de 20 à 30 % des génisses de deux ans ont besoin d'aide. Dans une étude de référence récente, le Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario a montré qu'en moyenne 22 % des génisses de deux ans avaient besoin d'aide. Il est donc important de soigner et de nourrir séparément ces génisses en première gestation de manière qu'elles soient correctement alimentées, sans manque ni excès; il faut aussi surveiller les vêlages attentivement de façon à pouvoir intervenir le cas échéant. Rationner les génisses pendant les dernières phases de leur première gestation n'est pas une bonne méthode. D'après des recherches, le fait de les nourrir au-dessous du niveau recommandé entraîne seulement une diminution légère du poids du veau à la naissance, sauf si la restriction énergétique est draconienne. Cette méthode ne réduit pas nécessairement la difficulté du vêlage puisqu'une ration pauvre en énergie réduit le développement de la génisse elle-même. En particulier, chez les génisses sous-alimentées, l'ouverture de la ceinture pelvienne est moins large et l'on n'observe pas de diminution des difficultés de vêlage. La sous-alimentation des génisses a pour effet de les affaiblir au moment du vêlage, d'abaisser le taux de survie des veaux, de diminuer la production de lait pour l'allaitement du veau et de rendre plus difficile la remise à la production. Il faut aussi se garder de suralimenter les génisses en fin de gestation, un engraissement excessif étant associé avec des difficultés de vêlage accrues. | Haut de la page | Prévention des difficultés de vêlage (dystocies)Chez les génisses de deux ans, les difficultés de vêlage sont causées par un développement insuffisant de la mère ou un veau trop volumineux. Ces facteurs sont à dissocier. Le poids du veau à la naissance, principalement déterminé par la génétique, est considéré comme la première cause des dystocies. C'est un caractère à forte héritabilité qui est nettement corrélé avec la difficulté de vêlage, d'où la nécessité de prendre note du poids exact à la naissance des animaux reproducteurs de façon à réduire l'incidence des dystocies. Le bon développement et la croissance adéquate des génisses de relève dépendent, quant à eux, des soins donnés par l'éleveur. Règles à suivre pour minimiser les difficultés de vêlage :
Les problèmes de vêlage sont très courants chez les génisses de deux ans. La résolution permanente de ce problème repose sur la sélection génétique et la poursuite d'objectifs d'élevage à long terme pour l'avenir du troupeau reproducteur. La facilité de vêlage doit être la priorité pour tous. | Haut de la page | Alimentation des génisses en première lactationLe deuxième grand problème posé par le vêlage
à deux ans est la non-fécondation ultérieure. La
lactation est beaucoup plus éprouvante pour la jeune reproductrice
que la gestation. Elle retarde le développement normal de son
corps, du moins temporairement, et chez certaines génisses, le
retard de développement risque d'être permanent faute d'une
bonne alimentation.
Figure 2. Génisses allaitantes de deux ans en bon état de chair Rations possibles pour des génisses allaitantes de deux ans (900 lb) (10 lb de lait/jour, GMQ 0,75, état de chair : cote 3)
Avant la mise à l'herbe, il faut donner aux génises du fourrage de première qualité avec un complément énergétique suffisant (grain) pour maintenir la croissance et la lactation à un niveau satisfaisant et pour hâter la conception. Si les rations dont il dispose ne suffisent pas à garder les génisses en bon état physique, l'éleveur peut opter pour un sevrage précoce des veaux afin de permettre à la taure gestante de son deuxième veau de se préparer pour l'hiver. Ces taures ont encore besoin d'un traitement préférentiel en ce qui concerne les éléments nutritifs pour assurer la croissance et la gestation. Il faut les nourrir et les garder à part des vaches adultes. Les producteurs qui ne tiennent pas à consacrer aux génisses de remplacement une qualité supérieure d'alimentation et de soins en vue du vêlage à deux ans peuvent envisager d'autres solutions : faire vêler leurs génisses vers l'âge de trois ans, ou acheter des génisses de remplacement ou des vaches jeunes. Chaque producteur a besoin d'un système qui fonctionne et qui optimise son élevage. Mener à bien la gestion et l'alimentation des génisses de boucherie n'est pas une mince tâche pour la plupart des éleveurs-naisseurs. Un programme d'alimentation des génisses permettant de répondre à leurs besoins pour la croissance, la gestation, la production de lait et la remise à la reproduction est l'élément déterminant de la conduite d'une exploitation de naissage.
Références (communiquer avec l'auteur) :1) Calving Your Heifers at Two Years, Lusby, K.S. 1986 | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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