Le sevrage des veaux de boucherie


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 421/23
Date de publication : février 2010
Commande no. 10-016
Dernière révision : 9 juin 2010
Situation : En remplacement de la fiche technique no 03-116, qui porte le même titre
Rédacteur : Barry Potter - spécialiste de l'élevage du bétail/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Préparation
  3. Vaccinations et soins vétérinaires
  4. Alimentation
  5. Abreuvement
  6. Sevrage
  7. Conclusion

Introduction

Le sevrage est très éprouvant pour le veau et pour sa mère. En Ontario, certains exploitants de troupeau de naissage bovin (« élevage vache-veau ») ont coutume de sevrer les veaux le jour où ceux-ci quittent la ferme; ils évitent ainsi d'avoir à dispenser aux veaux les soins critiques nécessaires pour préserver leur santé et maintenir leur développement. Par contre, chez d'autres éleveurs, les veaux sont sevrés à la ferme dans le cadre d'un programme complet de mise en condition pour la vente ou la dernière étape du cycle de vie avant l'abattage.

Généralement, les veaux peuvent parcourir jusqu'à 40 km les deux premiers jours suivant le sevrage. De plus, il faut souvent beaucoup de temps aux veaux vendus après le sevrage pour s'adapter aux conditions d'un parc d'engraissement. Le choc du sevrage peut être associé à des problèmes pour les veaux à leur arrivée au parc d'engraissement. Les veaux récemment sevrés au parc d'engraissement montrent souvent les signes suivants :

  • agitation,
  • beuglement constant,
  • déplacement continu le long de la clôture,
  • réduction considérable de la prise alimentaire
  • maladie.

Pour diminuer les répercussions du sevrage sur la santé des veaux et sur leur rythme de croissance, l'éleveur peut préparer les veaux au sevrage et choisir une méthode de sevrage qui en atténuera le choc.

Préparation

L'éleveur peut commencer à préparer les veaux au sevrage dès la naissance.

  • Il faut envisager de décorner et de castrer tous les mâles dans les exploitations commerciales dans les deux semaines suivant la naissance.
  • Si les veaux ne sont pas sevrés à la naissance, il faut atténuer le choc sur les veaux et l'exploitant au moins quatre semaines avant le sevrage :
    • en vaccinant et en décornant les veaux pendant qu'ils sont encore avec leur mère. Pensez à utiliser un anesthésique pour les veaux avant le décornage;
    • en offrant aux veaux une ration complémentaire et en veillant à les habituer à boire du type de source d'eau à laquelle ils auront accès après le sevrage;
    • en castrant tous les mâles toujours intacts. Les veaux castrés se vendent à un prix considérablement plus élevé que les veaux intacts.
  • Surveillez l'état de santé des veaux et soignez l'alimentation et l'abreuvement pour les aider à traverser cette période de transition.

Vaccinations et soins vétérinaires

L'éleveur doit consulter son vétérinaire traitant pour créer un programme de vaccination. En règle générale, il faut vacciner les veaux comme suit :

  • Les maladies respiratoires (rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), diarrhée virale bovine (BVD), virus respiratoire syncytial bovin (BRSV), para-influenza trivalent (IP3)) - Le vaccin « IBR-BVD-BRSV-PI3 » est un vaccin associé (quadrivalent) qui immunise contre ces quatre maladies respiratoires. On peut opter pour un vaccin à virus vivants atténués ou un vaccin à virus tués. Une vaccination de rappel s'impose 2 à 4 semaines après le vaccin initial, surtout quand on a utilisé un vaccin à virus tués.
  • HS (Haemophilus sommnus) - Le vaccin contre l'HS prévient la fièvre des transports.
  • Les maladies à Clostridium - Plusieurs espèces de bactéries Clostridium peuvent causer des maladies chez les bovins, comme la diarrhée et le charbon bactérien. Le vaccin associé utilisé pour protéger contre ce groupe de maladies est un vaccin à 7 ou 8 souches.

Les recherches ont démontré que les traitements contre les vers, les poux, les varrons et autres parasites améliorent le rendement des veaux.

Pendant le sevrage, observez de près les veaux au moins deux fois par jour pour détecter tout signe de maladie. Marquez les veaux malades et soignez-les au plus vite. Consultez un vétérinaire pour établir des protocoles de traitement.

Alimentation

Il faut être attentif à la composition nutritive et à l'appétibilité des fourrages et des rations complémentaires que l'on donne aux veaux en période de sevrage. Avec une ration complémentaire très nutritive, le veau pourra couvrir ses besoins quotidiens en éléments nutritifs jusqu'à ce que son rumen soit fonctionnel. On incite plus rapidement un veau à s'alimenter avec une ration qui flatte son palais.

La règle générale est de distribuer un foin de deuxième coupe fait d'un mélange de graminées et de légumineuses et de le compléter par une ration de grain. Le mélange de grain idéal en période de sevrage est composé en majeure partie d'avoine et d'une petite quantité de grain très énergétique comme l'orge et le maïs. Faites analyser les fourrages et les mélanges de grains pour être en mesure d'équilibrer la ration.

Il est essentiel que les veaux puissent facilement accéder à l'aliment. Envisagez de donner accès aux veaux à un pâturage de qualité supérieure auquel leur mère n'a pas accès en même temps. L'utilisation d'un distributeur d'aliments complémentaires est idéale pour donner les mélanges de grains. Pour ces deux éléments de la ration, prévoyez un « espace à l'auge » suffisant pour que tous les veaux soient capables de s'alimenter en même temps. Ainsi, les veaux devraient être habitués aux aliments secs après leur sevrage.

Les veaux consomment chaque jour une quantité d'aliments secs qui correspond à 2,5-3,0 % de leur poids corporel. Commencez à donner la ration complémentaire au moins quatre semaines avant le sevrage pour réduire le stress du sevrage et laisser aux veaux le temps de s'adapter à une alimentation solide.

Abreuvement

Un accès illimité à une eau de bonne qualité est crucial pour les veaux pendant le sevrage. Les veaux doivent pouvoir absorber beaucoup d'eau propre pour remplacer le lait de leur mère. Au moment de la séparation d'avec leur mère, ils ont d'autant plus besoin d'eau qu'ils en perdent beaucoup pendant qu'ils courent inlassablement le long de la clôture en beuglant. Installez plusieurs buvettes pour permettre aux veaux d'accéder facilement à l'eau. Placez des abreuvoirs en divers endroits de l'enclos. Si les veaux n'ont pas l'habitude de boire dans une auge, laissez l'eau déborder légèrement afin d'attirer les veaux vers les buvettes par le bruit de ruissellement.

Sevrage

Le sevrage peut être conduit selon plusieurs méthodes. En général, moins le sevrage est brutal, mieux les veaux le supportent et moins leur croissance ralentira pendant le sevrage et immédiatement après.

Séparation par une clôture

On a constaté que la méthode qui consiste à séparer les veaux et les vaches par une clôture rend le sevrage moins pénible que la séparation complète. Laissez les veaux du côté de la clôture où ils vivaient avant le sevrage pour qu'ils aient moins de difficulté à trouver l'eau et les aliments. Veillez à ce que la clôture soit assez solide pour empêcher les vaches et les veaux de la franchir pour se retrouver. On pourra observer un certain contact museau à museau entre les animaux, mais ceux-ci ne s'attaqueront pas à la clôture. Ils passeront la majeure partie de leur temps à brouter loin de la clôture et viendront à marcher de moins en moins souvent le long de celle-ci. La période de sevrage dure moins d'une semaine. Les veaux sevrés de cette façon ont tendance à beugler moins et à prendre plus de poids que les veaux sevrés par la méthode de séparation complète.

Séparation complète

Si vous ne pouvez pas appliquer la méthode de la clôture, conduisez les vaches à un endroit suffisamment éloigné de l'enclos des veaux pour qu'elles ne puissent plus les entendre et réciproquement. Là encore, idéalement, ce sont les veaux qui devraient rester dans l'enclos où ils se trouvaient avant le sevrage et les vaches qu'on devrait mener ailleurs.

Si vous devez conduire les veaux dans un nouvel enclos, assurez-vous de préparer ce dernier de façon adéquate. Placez l'aliment à un endroit que les veaux trouveront facilement et auquel ils s'adapteront aisément. Équipez l'enclos d'abreuvoirs en plusieurs endroits.

Quelle que soit la méthode de séparation choisie, il est crucial que les veaux trouvent des aires où ils peuvent rester au sec et à l'abri des intempéries. N'enfermez jamais les veaux dans un bâtiment qui manque de lumière naturelle et d'air frais. Les lieux obscurs où l'air stagne offrent les conditions idéales pour la propagation des maladies.

Méthode en deux étapes

Avec la méthode de sevrage en deux étapes, on laisse les vaches et leurs veaux ensemble durant le sevrage pour adoucir le choc de la séparation.

Étape 1

Accrochez au nez du veau un anneau antisuccion en plastique réutilisable, qui reste en place par pincement, mais ne perce pas la cloison nasale. Ce dispositif indolore empêchera l'animal d'attraper les trayons de sa mère et de téter, tout en lui permettant de rester au contact de sa mère. Le veau garde l'anneau pendant 4 à 7 jours.

Étape 2

Séparez les veaux des vaches et enlevez les anneaux antisuccion.

Les recherches sur le sevrage des veaux au moyen de la méthode en deux étapes ont révélé que les veaux adaptés progressivement parcourent le tiers de la distance que les veaux sevrés normalement parcourent dans les deux premiers jours suivant le sevrage.

Sevrage précoce

Si dans votre ferme, les fourrages sont un facteur limitant, la méthode du sevrage précoce peut être une solution à envisager. De nombreuses études montrent que, par livre de gain réalisé par le veau, il revient moins cher de nourrir le veau avec des aliments solides que d'augmenter la ration de la vache afin de soutenir la production de lait dont le veau a besoin pour réaliser le même gain de poids. La ration de sevrage peut coûter plus cher, à la tonne, que la ration servie à la vache, mais puisque le veau réalise un gain de 0,9-1,4 kg/jour (2-3 lb par jour) en consommant 4,5-6,8 kg d'aliment par jour (10-15 lb par jour), on constate que l'on peut obtenir un croît à meilleur coût avec le sevrage précoce.

Conclusion

Avec une bonne mise en condition et une bonne méthode de sevrage, les veaux s'adaptent plus facilement à ce changement d'alimentation et souffrent moins du stress qui caractérise cette période de transition. Intégrez à votre programme de gestion des pratiques efficaces de préparation au sevrage pour limiter le stress et ses répercussions défavorables sur la santé du veau et son développement.


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