Dans cette section |
Stress dû au froid chez les vaches
Table des matièresQu'est-ce que le froid pour une vache?Quand arrive l'hiver et que les températures commencent à se rapprocher de 0 °C (32 °F), il est temps de réfléchir à l'effet que le froid peut avoir sur la productivité et le rendement des vaches. Comme tous les mammifères, les vaches sont des animaux à sang chaud et ont besoin de maintenir une température corporelle constante. La température rectale normale d'une vache se situe autour de 38 °C (101 °F). À l'intérieur d'une fourchette de températures ambiantes appelée « zone thermoneutre », les animaux n'ont pas besoin de dépenser d'énergie supplémentaire pour maintenir leur température corporelle. À la température la plus basse de cette fourchette, les processus métaboliques normaux fournissent suffisamment de chaleur pour maintenir la température corporelle. À l'intérieur de leur zone thermoneutre, les animaux peuvent modifier leur comportement, par exemple en cherchant à se protéger du vent et, à long terme, en développant un pelage épais, sans que cela ne modifie leurs besoins nutritionnels. Toutefois, en deçà de la limite inférieure de la zone thermoneutre, en deçà de la « température critique inférieure », l'animal subit un stress dû au froid. Pour combattre ce stress, il doit augmenter son rythme métabolique afin de produire davantage de chaleur corporelle. Ce faisant, il augmente ses besoins nutritionnels, particulièrement en énergie. En général, dans le cas des bovins de boucherie, la température critique inférieure est liée à un certain nombre de facteurs. Ainsi, le tableau 1 montre l'influence que l'épaisseur du pelage peut avoir sur la température critique inférieure. Les bovins, comme les humains, ressentent la « température effective », c.-à-d. la température qui tient compte à la fois de la température de l'air et de l'effet du refroidissement éolien. Par temps froid, à température égale, l'animal perd sa chaleur beaucoup plus rapidement s'il vente que si l'air est stagnant. Le tableau 2 présente les effets du refroidissement éolien sur les bovins, dans l'hypothèse où la robe est propre et sèche. Si les animaux sont mouillés ou sales, l'effet du vent est encore plus grand. Si les vaches sont exposées au vent ou à des courants d'air,
il est important de tenir compte de la température effective et de
faire le nécessaire pour s'assurer qu'elles pourront conserver leur
température corporelle et leur poids.
Tableau 2. Effets du refroidissement éolien sur les bovins ayant une robe hivernale (valeurs correspondant à des températures effectives)1, 2
1Dans l'hypothèse d'une robe propre et sèche. 2Par exemple, quand la température de l'air est de -18 °C et que la vitesse du vent est de 24 km/h, la température effective ressentie par l'animal équivaut à une température de -26 °C quand l'air est calme. | Haut de la page |
Facteurs influençant l'aptitude d'un animal à supporter le froid
L'hypothermie survient quand la température corporelle tombe bien en deçà du niveau normal. En général, chez les bovins, l'hypothermie est légère à des températures corporelles de 30-32 °C (86-89 °F), moyenne à 22-29 °C (71-85 °F) et sévère sous les 20 °C (68 °F). Quand la température rectale tombe sous les 28 °C (82 °F), les vaches ne parviennent plus à rétablir leur température normale sans aide extérieure pour les réchauffer ou sans l'administration de liquides chauds. Au fur et à mesure que l'hypothermie progresse, les procédés métaboliques et physiologiques ralentissent et le sang est détourné des extrémités et redirigé vers les organes vitaux. Les mamelles, les oreilles et les testicules sont vulnérables aux engelures. Dans les cas extrêmes, la respiration et le pouls ralentissent, les animaux perdent conscience et finissent par mourir. Le plus souvent, toutefois, l'hypothermie se manifeste par un problème plus insidieux et plus coûteux encore. Cette situation se produit quand les vaches sont soumises à une température environnementale plus froide que la température critique inférieure. Bien que les vaches ne présentent alors pas de signes évidents d'hypothermie, leurs besoins énergétiques d'entretien augmentent, car elles doivent lutter contre le froid et dépenser plus d'énergie pour maintenir leur température corporelle. Deux choses peuvent alors se produire :
Les vaches essaieront de compenser la dépense d'énergie et de combler leurs besoins énergétiques par une consommation accrue, dans la mesure où elles en auront la possibilité et où leur système digestif le leur permettra. Les producteurs leur servent alors souvent du grain, pour des raisons pratiques. Le grain fait grimper les coûts de l'alimentation et augmente les coûts d'entretien des vaches, mais il permet en principe de maintenir le poids corporel des vaches! On reconnaît en général que pour chaque degré Celsius en deçà de la température critique inférieure, il y aura une augmentation d'environ 2 % des besoins énergétiques. Il est possible de calculer le surplus d'aliments dont une vache aura besoin si elle est soumise à un stress dû au froid, mais on peut aussi, sans calcul, lui servir le surplus d'aliments indiqué au tableau 3. Les valeurs indiquées reposent sur l'hypothèse que la vache a un pelage d'hiver sec. Tableau 3. Empérature effective et surplus d'aliments nécessaire pour combler les besoins énergétiques des vaches.
1Il se peut que les vaches ne parviennent pas à consommer le surplus de foin nécessaire au maintien de leur poids corporel et qu'il faille leur servir le surplus de grain indiqué en remplacement du surplus de foin.
À défaut d'un surplus d'aliments ou d'aliments de meilleure qualité, les besoins en énergie des vaches ne seront pas comblés et celles-ci puiseront dans leur masse corporelle le carburant nécessaire à la production de chaleur. Ces vaches perdront du poids étant donné que les aliments qu'elles consommeront et que leurs réserves de graisse serviront alors à maintenir leur température corporelle et à entretenir leurs organes vitaux. À partir du moment où elles commencent à perdre du poids, un cercle vicieux s'installe : plus les vaches perdent de poids (de gras), moins elles sont protégées par la couche de gras qui les recouvre et plus elles sont vulnérables au stress dû au froid et à une accélération de la perte de poids. Les vaches et particulièrement les génisses qui ont perdu du poids ne sont pas en aussi bonne forme quand vient le temps de vêler. Il s'ensuit des difficultés accrues au vêlage, une augmentation du nombre de veaux légers et faibles, et un taux de mortalité plus élevé chez les veaux. Ces mères produisent moins de colostrum (et un colostrum de moins bonne qualité) et moins de lait. On leur attribue des taux de mortalité néonatale plus élevés et des taux de croissance plus lents chez les veaux survivants. Habituellement, chez ces vaches, le retour de l'œstrus et l'intervalle vêlage-conception sont plus longs et les taux de reproduction sont plus faibles. | Haut de la page | Facteurs de gestion clés permettant de limiter le stress dû au froid
Même si nous n'avons pas de prise sur la température, nous pouvons quand même intervenir pour atténuer les conséquences que le froid peut avoir sur les vaches. Ces interventions contribuent à réduire les coûts et à améliorer l'efficacité de la production. | Haut de la page | Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Ce site est mis à jour
par le gouvernement de l'Ontario, Canada
© Imprimeur
de la Reine pour l'Ontario,
Dernière mise à jour :