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Le sevrage des veaux de boucherie

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 421/23
Date de publication : 12/03
Commande no. 03-116
Dernière révision : 12/03
Situation : Nouveau
Rédacteur : Barry Potter - Spécialiste des productions animales du Nord/MAAARO

Table des matières

  1. Sevrage

Le sevrage est une période très éprouvante pour le veau et pour sa mère. En Ontario, certains exploitants de troupeau de naissage bovin (« élevage vache-veau ») ont coutume de sevrer les veaux le jour où ceux-ci quittent la ferme; ils évitent ainsi d'avoir à dispenser aux veaux les soins critiques nécessaires pour préserver leur santé et maintenir leur développement. Par contre, chez d'autres éleveurs, les veaux sont sevrés à la ferme dans le cadre d'un programme complet de mise en condition pour la vente ou le parc d'engraissement. Pour diminuer l'impact du sevrage sur la santé des veaux et sur leur rythme de croissance, l'éleveur peut préparer les veaux au sevrage et choisir une méthode de sevrage qui en atténuera le choc.

Préparation au sevrage

Au moins 4 semaines avant le sevrage, vaccinez et décornez les veaux, et offrez-leur une ration complémentaire et de l'eau. En outre, castrez tous les mâles. Surveillez l'état de santé des veaux et soignez l'alimentation et l'abreuvement pour les aider à traverser cette période de transition.

Vaccinations et soins vétérinaires

Planifiez votre programme de vaccination en consultation avec votre vétérinaire traitant. En règle générale, il est conseillé de vacciner les veaux contre les maladies suivantes :

  • Les maladies respiratoires (rhinotrachéite infectieuse bovine, diarrhée virale bovine, virus respiratoire syncytial bovin, para-influenza-trivalent) - Le vaccin « IBR-BVD-BRSV-PI3 » est un vaccin associé (quadrivalent) qui im­munise contre ces quatre maladies respiratoires. On peut opter pour un vaccin à virus vivants atténués ou un vaccin à virus tués. Une vaccination de rappel s'impose 2 à 4 semaines après le vaccin initial, surtout quand on a utilisé un vaccin à virus tués.

  • HS (Haemophilus sommnus) - Le vaccin contre l'HS prévient la fièvre des transports.

  • Les maladies à Clostridium - Plusieurs espèces de bactéries Clostridium peuvent causer des maladies chez les bovins, comme la diarrhée et le charbon bactérien. Le vaccin associé utilisé pour protéger contre ce groupe de maladies est un vaccin à 7 ou à 8 souches.

Vous jugerez peut-être utile d'administrer aux veaux des traitements contre les vers, les poux, les varrons et autres parasites, car les recherches ont démontré que les veaux débarrassés de ces parasites profitent mieux.

Pendant le sevrage, observez de près les veaux au moins deux fois par jour pour détecter tout signe de maladie. Marquez les veaux malades et soignez-les au plus vite. Consultez votre vétérinaire pour établir des protocoles de traitement.

Alimentation

Il faut être attentif à la composition nutritive et à l'appétibilité des fourrages et des rations complémentaires que l'on donne aux veaux en période de sevrage. Avec une ration complé­mentaire très nutritive, le veau pourra couvrir ses besoins quotidiens en éléments nutritifs jusqu'à ce que son rumen soit fonctionnel. On incite plus rapidement un veau à s'alimenter avec une ration qui flatte son palais.

La règle générale est de distribuer un foin de deuxième coupe fait d'un mélange de graminées et de légumineuses et de le compléter par une ration de grain. Le mélange de grain idéal en période de sevrage est composé en majeure partie d'avoine et d'une petite quantité de grain très énergétique comme l'orge et le maïs. Faites analyser les fourrages et les mélanges de grains pour être en mesure d'équilibrer la ration.

Il est essentiel que les veaux puissent facilement accéder à l'aliment. La formule idéale est l'alimentation à la dérobée, c'est-à-dire la distribution du fourrage dans une aire qui n'est accessible qu'aux veaux et non à leurs mères. L'utilisation d'un distributeur d'aliments complémentaires est idéale pour donner les mélanges de grains. Pour ces deux éléments de la ration, prévoyez un « espace à l'auge » suffisant pour que tous les veaux soient capables de s'alimenter en même temps.

Les veaux consomment chaque jour une quantité d'aliments secs qui correspond à 2,5-3,0 % de leur poids corporel. Commencez à donner la ration complémentaire au moins 3 semaines avant le sevrage pour réduire le stress du sevrage et laisser aux veaux le temps de s'adapter à une alimentation solide.

Abreuvement

Un accès illimité à une eau de bonne qualité est crucial pour les veaux pendant le sevrage. Les veaux doivent pouvoir absorber beaucoup d'eau propre pour remplacer le lait de leur mère. Au moment de la séparation d'avec leurs mères, ils ont d'autant plus besoin d'eau qu'ils en perdent beaucoup pendant qu'ils courent inlassablement le long de la clôture en beuglant. Installez plusieurs buvettes pour permettre aux veaux d'accéder facilement à l'eau. Des abreuvoirs devraient être placés en divers endroits de l'enclos.

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Sevrage

Le sevrage peut être conduit selon plusieurs méthodes. En général, moins le sevrage est brutal, mieux les veaux le sup­portent et moins leur croissance ralentira pendant le sevrage et immédiatement après.

Séparation par une clôture

On a constaté que la méthode qui consiste à séparer les veaux et des vaches par une clôture rend le sevrage moins pénible que la séparation complète. Pour que les veaux aient moins de difficulté à trouver l'eau et les aliments, arrangez-vous pour qu'ils restent du côté de la clôture où ils vivaient avant le sevra­ge. Veillez à ce que la clôture soit assez solide pour empêcher les vaches et les veaux de la franchir pour se retrouver.

Séparation complète

Si vous ne pouvez pas appliquer la méthode de la clôture, conduisez les vaches à un endroit suffisamment éloigné de l'enclos des veaux pour qu'elles ne puissent plus les entendre et réciproquement. Là encore, idéalement, ce sont les veaux qui devraient rester dans l'enclos où ils se trouvaient avant le sevrage et les vaches qu'on devrait mener ailleurs.

Si vous devez conduire les veaux dans un nouvel enclos, passez en revue l'aménagement de ce nouvel environnement. Placez l'aliment à un endroit que les veaux trouveront facilement et auquel ils s'adapteront aisément. Équipez l'enclos d'abreuvoirs en plusieurs endroits.

Quelle que soit la méthode de séparation choisie, il est crucial que les veaux trouvent dans leur environnement des aires où ils peuvent rester au sec et à l'abri des intempéries. N'enfermez jamais les veaux dans un bâtiment qui manque de lumière naturelle et d'air frais. Les lieux obscurs où l'air stagne offrent les conditions idéales pour la propagation des maladies.

Méthode en deux étapes

Avec la méthode de sevrage en deux étapes, on laisse les vaches et leurs veaux ensemble durant le sevrage pour adoucir le choc de la séparation.

Étape 1

Accrochez au nez du veau un anneau antisuccion en plastique réutilisable, qui reste en place par pincement mais ne perce pas la cloison nasale. Ce dispositif indolore empêchera l'animal d'attraper les trayons de sa mère et de téter, tout en lui permettant de rester au contact de sa mère. Le veau garde l'anneau pendant 4 à 7 jours.

Étape 2

Séparez les veaux des vaches et enlevez les anneaux antisuccion.

Pour de plus amples détails sur cette méthode, consultez la fiche intitulée Sevrage des veaux de boucherie en deux étapes, que l'on peut trouver au bureau local du MAAARO ainsi que sur le site Web du ministère.

Sevrage précoce

Si dans votre ferme, les fourrages sont un facteur limitant, la méthode du sevrage précoce peut être une solution à envisager. De nombreuses études montrent que, par livre de gain réalisé par le veau, cela revient moins cher de nourrir le veau avec des aliments solides que d'augmenter la ration de la vache afin de soutenir la production de lait dont le veau a besoin pour réaliser le même gain de poids. La ration de sevrage peut coû­ter plus cher, à la tonne, que la ration servie à la vache, mais puisque le veau réalise un gain de 0,9-1,4 kg/jour (2-3 lb par jour) en consommant 4,5-6,8 kg d'aliment par jour (10-15 lb par jour), on constate que l'on peut obtenir un croît à meilleur coût avec le sevrage précoce.

Avec une bonne mise en condition et une bonne méthode de sevrage, les veaux s'adaptent plus facilement à ce changement d'alimentation et souffrent moins du stress qui caractérise cette période de transition. Intégrez à votre programme de gestion des pratiques efficaces de préparation au sevrage pour limiter le stress et ses répercussions défavorables sur la santé du veau et son développement.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.

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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca