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Utilisation des aiguillons électriques sur les bovins

Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 400/30
Date de publication : Août 2001
Commande no. 01-050
Dernière révision : Août 2001
Situation : Nouveau
Rédacteur : Craig Richardson - spécialiste des soins aux animaux/MAAARO

Table de matières

Les aiguillons électriques sont couramment utilisés pour faire avancer les bovins à travers les installations de mani­pu­la­tion et jusque dans les camions. L'aiguillon élec­trique est un instrument conçu pour aider les travail­leurs à guider les bovins. L'information qui suit se veut un guide pour une utilisation appropriée de cet instrument.

Mode d'utilisation

Les fabricants offrent des aiguillons pourvus d'un commutateur‑sélecteur qui permet de choisir deux intensi­tés de décharge. Pour les animaux de plus petite taille, toujours utiliser le réglage le plus bas.

Les points de contact de l'aiguillon sont placés sur le flanc arrière ou la partie haute de la patte arrière de l'ani­mal. Pour éviter une décharge de trop forte intensité, appuyer sur le bouton de mise en marche et le relâcher aussitôt.

Les fabricants font des mises en garde concernant l'application de décharges alors que les animaux sont mouil­lés, car l'intensité de la décharge risque alors d'être plus grande. Le Code de pratiques recommandées pour le soin et la manipulation des bovins de boucherie précise que l'utilisation des aiguillons électriques est inacceptable sur les régions génitales et anales, sur la tête et sur le pis des bovins.

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 Surutilisation des aiguillons électriques

Selon Tim O'Byrne, un éleveur de l'Alberta qui a éla­bo­ré un cours de formation à l'intention des transpor­teurs et mani­pu­lateurs de bétail, il est inutile d'appliquer une dé­char­­ge électrique à un animal qui est déjà en mouvement ou qui n'a nulle part où aller. Dans son cours, intitulé « Cattle Handling and Hauling Training Course », il dit que l'utilisation systématique de l'aiguillon électrique n'est rien de plus qu'une mauvaise habitude, qui soumet l'animal à un stress et à des douleurs inutiles. Le secteur de l'élevage aimerait voir davantage de personnes se départir de cette mau­vaise habitude en apprenant comment utiliser un aiguil­lon électrique d'une manière qui soit acceptable pour les humains et les animaux, et en faisant l'effort de se dominer jusqu'à ce que la mauvaise habitude soit perdue.

L'aiguillon électrique doit être utilisé modérément. Si l'utilisateur ou l'animal devient agité, il vaut mieux prendre ses distances et attendre que le calme revienne. Un animal met entre 20 et 30 minutes pour se détendre après avoir été excité. On peut profiter de cette période pour analyser ce qui a pu rebuter l'animal avant d'essayer à nouveau de le diriger vers les installations de manipulation.

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Situations où l'utilisation de l'aiguil-lon électrique est inacceptable

Le Code de pratiques recommandées pour le soin et la manipulation des bovins de boucherie décourage l'utilisa­tion des aiguillons électriques. Le DTemple Grandin, spécialiste du comportement animal, étudie la circulation des animaux et dessine des installations de manipulation adaptées aux élevages et aux abattoirs. Elle recommande de ne pas utiliser d'aiguillons sur les fermes où sont élevés des animaux de reproduction. Le stress occasionné par l'utili­sation de cet instrument peut affaiblir le système immu­nitaire des animaux, réduire le gain de poids, nuire à la fonction du rumen et réduire la capacité de reproduction. Les animaux qui sont manipulés brusquement et qui deviennent énervés ou apeurés se rappelleront de leur expérience et seront encore plus difficiles à manipuler une prochaine fois. Leur niveau d'anxiété ou de stress au mo­ment d'entrer dans l'installation de manipulation se trouve­ra accru du fait de leur souvenir des expériences passées.

Le D Grandin a étudié les sons émis par les bovins et utilisé ces sons comme mesure du niveau de stress dans les enclos de rassemblement, les couloirs d'amenée individuels et les aires d'étourdissement des usines de transformation. Ses travaux révèlent que les décharges électriques sont responsables de plus de 50 % des sons émis. Elle souligne que dans les établissements où l'on recourt de manière abusive à l'aiguillon électrique, les sons émis ont diminué considérablement après qu'on ait demandé aux employés de donner d'abord une tape sur le derrière de l'animal avant d'utiliser l'aiguillon électrique.

Le DGrandin a aussi découvert que le fait de hâter les animaux durant le déchargement est une cause importante de meurtrissures. Les meurtrissures sur les longes sont souvent attribuables à la collision de deux bovins qui restent coincés à la sortie du camion parce qu'ils se précipitent au dehors. Pour éviter ces blessures inutiles, il faut utiliser le moins possible les aiguillons durant le déchargement. Une étude menée en 1994 à l'Université Purdue a établi que le fait de crier après les animaux était tout aussi inefficace.

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 Solutions de rechange à l'utilisation des aiguillons électriques

Au cours d'une étude que le DGrandin a menée en 1998 à plusieurs gros abattoirs, on a réduit de 83 à 17 % l'utilisa­tion des aiguillons électriques sur les bovins de boucherie. La chercheuse a expliqué au personnel de l'établissement comment tirer parti de la distance de fuite et autres principes qui régissent naturellement le déplacement des bovins. L'erreur la plus courante que font les gens quand ils veulent déplacer des bovins consiste à essayer de faire entrer trop d'animaux dans l'enclos de rassemblement. Il vaut mieux ne remplir l'enclos de rassemblement qu'à moitié et éviter d'avoir à comprimer les animaux au moment de refermer la barrière. Selon le DGrandin, les animaux devraient sortir de l'enclos de rassemblement et s'engager d'eux-mêmes dans un couloir d'amenée individuel. Toutefois, s'ils refusent de le faire, il faut en chercher la cause et apporter les correctifs nécessaires avant d'utiliser l'aiguillon.

De nombreuses études portent sur les façons de tirer parti des principes inhérents aux déplacements des bovins au cours des déplacements et du chargement du bétail. Le MAAARO offre de la documentation sur les moyens de rendre la manipulation des bovins plus facile à la fois pour le travailleur et pour les animaux. Cette information est acces­sible à l'adresse Internet www.gov.on.ca/OMAFRA/french/livestock/beef/ handling.htm.

Bud Williams enseigne à une école d'élevage qui insiste sur la nécessité de changer notre attitude fondamentale envers le bétail. Il estime qu'en essayant de maîtriser les animaux en les brusquant, nous perdons toute chance d'obtenir la maîtrise recherchée. Il prône le bon position­nement de l'éleveur qui peut ainsi appliquer suffisamment de pression sur les animaux pour les faire avancer dans la direction où ils sont physiquement en mesure d'aller. Pour M. Williams, il est clair que l'utilisation de la peur et de la force pour faire avancer le bétail impose un stress considé­rable aux animaux. Il prend en considération le compor­tement naturel de l'animal et demande à ses étudiants de modifier plutôt leur comportement à eux. Selon lui, les animaux qui se trouvent dans un « état d'esprit normal » cherchent :

  • à aller dans la direction vers laquelle on les dirige;
  • à suivre les autres animaux; et
  • à voir ce qui les pousse à avancer. 

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Conclusion

Par un examen attentif de ses installations et méthodes de manipulation, un éleveur peut gagner du temps et réduire le stress occasionné tant aux travailleurs qu'aux animaux.

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Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca