Varroa - Biologie et Diagnostic

Le varroa, Varroa destructor, représente la plus importante menace pour les abeilles mellifères. Par le passé, il était connu sous le mon de l'espèce bactérienne, c.-à-d. Varroa jacobsoni. Le varroa est un parasite externe de taille relativement grande qui se nourrit des liquides organiques des abeilles mellifères adultes ou en développement. Il cause des dommages matériels, affaiblit les abeilles et transmet divers pathogènes, en particulier des virus. Dans presque tous les cas, lorsqu'une infestation au varroa n'est pas bien gérée, toute la colonie d'abeilles finit par mourir. Il est primordial que les apiculteurs s'occupent de la santé de leurs abeilles mellifères en éliminant la population de varroas dans toutes les colonies durant la saison apicole.

Varroa adult femelle (roughe) et varroas femelles en voie de devenir adults.

Figure 1. Varroa adulte femelle (rouge) et varroas femelles en voie de devenir adults.

Infestation de varroas facile à voir par un point foncé sur l'abdomen.

Figure 2. Infestation de varroas facile à voir par un point foncé sur l'abdomen.

Prevalence

Le varroa s'est d'abord développé en Asie sur une espèce différente d'abeilles mellifères, les abeilles asiatiques (Apis cerana), et s'est ensuite étendu pour atteindre les abeilles occidentales (Apis mellifera) dans la majeure partie du monde.

Le varroa est maintenant présent dans la plupart des colonies d'abeilles mellifères et, à défaut d'un traitement, l'intensité des infestations ne fait qu'augmenter. Si vous avez des abeilles mellifères, vous avez des varroas. Les colonies sauvages présentes en Ontario sont également infestées par le varroa. À l'heure actuelle, il n'y aurait pas de varroa dans la région de Thunder Bay, qui se trouve dans le Nord-Ouest de l'Ontario. Cela vient probablement du fait que la région est depuis longtemps isolée des autres populations d'abeilles mellifères.

Différentes populations de varroas sont devenues résistantes à de nombreux types de traitements chimiques (le fluvalinate, le coumaphos et l'amitraz). Certains traitements qui étaient auparavant efficaces pour combattre le varroa peuvent avoir une efficacité limitée. Même s'il y a des cas prouvés de résistance à l'amitraz dans d'autres pays, on n'en comptait aucun au Canada au moment de la publication du présent document. Cependant, la résistance au fluvalinate et au coumaphos est courante chez les populations de varroas du Canada et notamment de l'Ontario.

Cycle de vie et biologie

Le varroa est un arachnide qui appartient à la même catégorie que l'araignée, la tique et d'autres acariens. Les populations de varroas se composent principalement des femelles matures. Sauf indication contraire dans le présent document, tous les varroas sont des femelles matures.

Le varroa est un parasite relativement grand par rapport à son hôte. C'est comme si une tique de la taille d'une petite assiette se nourrissait sur votre corps. Le varroa est rouge foncé, a une forme ovale et mesure environ 1 mm x 1,5 mm. La surface de son corps est couverte de poils fins, et il a huit pattes situées sur la partie avant du corps (figure 4). De plus, le varroa possède des chélicères (mâchoires) bien développées qu'il utilise pour perforer le corps de son hôte et s'y fixer. Même s'il n'a pas d'yeux, le varroa détecte les abeilles mellifères grâce à son odorat et aux mouvements. Il est très rapide et peut facilement se déplacer d'une abeille à l'autre.

Varroas adultes femelles.

Figure 3. Varroas adultes femelles.

La survie et la reproduction du varroa reposent entièrement sur les colonies d'abeilles mellifères. Le varroa ne peut vivre séparément des abeilles mellifères pendant plus de quelques jours. Il se nourrit de l'hémolymphe (sang) des abeilles adultes après avoir percé leurs membranes souples situées entre les parties de l'exosquelette, en général entre les segments abdominaux inférieurs.

Pour se reproduire, le varroa adulte pénètre dans l'alvéole de l'abeille mellifère juste avant qu'elle soit operculée. Il pond ensuite des œufs et transperce le couvain en développement en y laissant une plaie ouverte. Une fois les œufs éclos, les petits s'accouplent entre eux et, avec le parent, se nourrissent du couvain en développement (figure 4).

Alvéole ouverte montrant le couvain infesté.

Figure 4. Alvéole ouverte montrant le couvain infesté.

Le nombre de petits produits dans une alvéole dépend de la période durant laquelle l'alvéole demeure operculée. C'est pourquoi le varroa peut produire plus de petits dans un couvain de faux-bourdons (2 à 2,5 petits dans une alvéole operculée pendant 14 à 15 jours) que dans un couvain d'ouvrières (1,5 petit dans une alvéole operculée pendant 12 jours). Par conséquent, le varroa est adapté à la recherche de couvains de faux-bourdons. Lorsque les nouvelles abeilles adultes sortent de l'alvéole, le parent et les petits acariens sont libérés. Le couvain parasité se trouve affaibli, et sa durée de vie est raccourcie.

La croissance de la population de varroas suit celle de la colonie d'abeilles mellifères. Lorsque le couvain est présent, la population de varroas augmente et une grande proportion (les deux tiers) est protégée contre les traitements chimiques (environ 12 jours pour les ouvrières et 14 à 15 jours pour les faux-bourdons) à l'intérieur des alvéoles. Si on ne prend aucune mesure, la population de varroas présente dans une colonie d'abeilles augmentera à compter du printemps et sera extrêmement élevée vers la fin de l'été, soit au moment où la population d'abeilles d'hiver se développe. Une fois que la colonie d'abeilles a cessé d'élever des couvains à la fin de l'automne, toute la population de varroas se concentre sur le corps des abeilles adultes.

Incidence

Dans presque toutes les situations, le varroa est très virulent et finit par tuer la colonie d'abeilles. Selon des études, les mesures insuffisantes de lutte contre le varroa constituent la principale cause de mortalité des colonies d'abeilles en Ontario (Guzman, et autres 2010).

Le varroa affaiblit les abeilles en endommageant leurs tissus et en réduisant leurs liquides organiques pendant leur développement et une fois qu'elles ont atteint l'âge adulte. En outre, il transmet des pathogènes, tels que des virus, à des abeilles (figure 6). Le varroa est toujours présent dans les colonies d'abeilles. Des traitements chimiques ou des mesures de lutte culturale sont presque toujours nécessaires pour gérer les infestations afin qu'elles ne causent pas trop de dommages. Cependant, même lorsqu'on applique des traitements chimiques pour réduire les infestations, il reste toujours des varroas. La population de varroas dans une colonie peut augmenter au point où celle-ci devient sérieusement affaiblie et meurt.

Abeille ouvière adult infectée par le virus des ailes déformées (à gauche).

Figure 5. Abeille ouvière adult infectée par le virus des ailes déformées (à gauche).

Il est important que les apiculteurs connaissent le niveau d'infestation par le varroa dans une colonie d'abeilles mellifères avant qu'il devienne trop élevé. Par conséquent, ils doivent surveiller constamment les niveaux d'infestation dans leurs colonies et appliquer régulièrement des traitements afin de limiter les dommages causés par les infestations (figure 6).

Les colonies qui sont affaiblies en raison d'une forte infestation par le varroa peuvent se faire piller leurs réserves de miel par les butineuses des colonies fortes et saines. En pareil cas, le varroa peut se retrouver sur les abeilles pilleuses et infester une colonie saine. Par conséquent, il est également important de limiter les niveaux d'infestation par le varroa dans les colonies avoisinantes du rucher.

Colonie d'abeilles très infestée de varroas à la surface des abeilles adultes.

Figure 6. Colonie d'abeilles très infestée de varroas à la surface des abeilles adultes.

Les apiculteurs doivent veiller à ne pas retarder l'application de traitements contre le varroa à la fin de l'été ou au début de l'automne, car les abeilles d'hiver qui sont produites durant cette période doivent être en santé puisqu'elles constitueront la population d'hiver (grappe).

Pour obtenir des instructions détaillées: http://www.omafra.gov.on.ca/french/food/inspection/bees/varroa-sampling.htm

et

http://www.omafra.gov.on.ca/french/food/inspection/bees/2012-treatment.htm

Ressource & ouvranges reommandés

Bibliographie

Guzman-Novoa, E., L. Eccles, Y. Calvete, J. McGowan, P. Kelly and A. Correa-Benitez. "Varroa destructor is the main culprit for death and reduced populations of overwintered honey bees in Ontario, Canada", Apidologie, 41(4), p. 443-451, 2010.


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Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 13 avril 2012
Dernière révision : 22 décembre 2015