Pollinisation et prévention de l'intoxication des abeilles

Table de matières

  1. Exigences de pollinisation des cultures fruitières
  2. Pour une utilisation judicieuse des abeilles mellifères
  3. Publications recommandées
  4. L'intoxication des abeilles

Exigences de pollinisation des cultures fruitières

La pollinisation est utile ou nécessaire à la plupart des cultures fruitières.

Pommes

Les cultivars de pommiers cultivés en Ontario ne sont généralement pas fécondés par leur propre pollen. La pollinisation par du pollen provenant de plus d'un cultivar donne normalement des fruits plus gros que si une seule source de pollen est en cause. La floraison exige de 8 à 24 visites des pollinisateurs. Un bon aménagement du verger réduit le nombre nécessaire de visites par les abeilles. L'obtention d'un fruit contenant un nombre élevé de semences demande une bonne circulation de pollen. Dans les vergers densément peuplés, le pollen ne se transporte que sur trois ou quatre rangées. Par ailleurs, à l'intérieur de la rangée, le mouvement du pollen se limite à quelques arbres. Il est donc nécessaire de planter ensemble deux cultivars compatibles ou plus afin de faciliter la pollinisation croisée et la nouaison. L'emplacement des ruches n'a normalement pas beaucoup d'effet sur la dispersion du pollen dans le verger.

Abricots

La majorité des variétés sont autofécondes et peuvent être plantées en groupes. Les abricotiers fleurissent tôt en saison, lorsque la température est incertaine. Il est donc nécessaire d'avoir recours aux abeilles pour faciliter le transfert de pollen.

Bleuets

Les plants de bleuets sont autoféconds et peuvent être plantés en massif. Toutefois, la pollinisation croisée des plants de bleuets donne des fruits plus gros, des rendements plus élevés et une maturité plus hâtive. Il est conseillé de planter plus d'une variété de bleuets. Les abeilles sont utiles à leur pollinisation.

Cerises acides

Les cerises acides sont autofécondes et il n'est pas nécessaire de planter des variétés pollinisatrices dans les plantations commerciales. Pour maximiser la production de cerises, installer deux grosses ruches d'abeilles mellifères à l'hectare. Les cerises acides et les cerises douces sont des espèces différentes et ne se polliniseront pas l'une l'autre.

Cerises douces

Les cerises douces ne sont pas pollinisées par le vent. Les abeilles, mises en place avec une densité de deux ruches à l'hectare, sont les seuls insectes pollinisateurs efficaces connus pour cette culture. Plusieurs cultivars de cerises douces sont autostériles et ne doivent pas être plantés en massif. Certains groupes de cultivars ne se polliniseront pas l'un l'autre. L'agencement de la plantation doit se faire avec soin. Quelques nouveaux cultivars de cerises douces introduits dans le cadre du programme de sélection Vineland sont autocompatibles.

Gadelles et groseilles

Les plants de gadelles et de groseilles sont autoféconds, mais les insectes aident à transporter le pollen. La présence d'abeilles mellifères améliore les rendements.

Raisins

Toutes les variétés commerciales de raisins sont autofécondes et sont pollinisées par le vent. Il n'est pas nécessaire d'installer de ruches pour leur pollinisation.

Pêches et nectarines

Toutes les variétés commerciales cultivées en Ontario sont autofécondes et peuvent être plantées en massif. Les abeilles sont très attirées par les fleurs du pêcher, ce qui cause souvent une abondante nouaison et entraîne des frais de taille additionnels. On doit donc éviter d'installer des ruches dans les plantations de pêchers.

Poires

Toutes les variétés de poires cultivées en Ontario sont autofécondes. Il est nécessaire de faire des plantations mixtes. La pollinisation croisée exige l'intervention des insectes. L'installation des ruches dans les plantations de poiriers doit se faire en temps opportun. Placer huit grosses ruches à l'hectare lorsque 25 % du verger est en fleur. Utiliser des distributeurs de pollen pour faciliter la pollinisation.

Prunes

La prune européenne et la prune japonaise doivent être considérées comme des espèces autostériles. Il est absolument nécessaire de faire des plantations mixtes et d'introduire des insectes pollinisateurs. Les abeilles mellifères sont naturellement attirées par les fleurs des pruniers.

Framboises et mûres

Les framboisiers sont autoféconds et les abeilles sont très attirées par leurs fleurs.

Fraises

Les plants de fraises sont autoféconds et sont pollinisés par gravité, par le vent et par les insectes. La pollinisation par des abeilles mellifères ou d'autres insectes pollinisateurs augmente la taille des fruits et améliore leur forme.

Noisetiers

Les noisetiers exigent une pollinisation croisée qui s'effectue surtout par l'action du vent.

Pour une utilisation judicieuse des abeilles mellifères

L'abeille mellifère est le principal insecte pollinisateur domestique des cultures. Bon nombre d'agriculteurs facilitent le processus de pollinisation en prenant des ententes avec les apiculteurs afin que ces derniers déplacent leurs colonies d'abeilles durant la floraison. Voici quelques conseils pour maximiser l'utilisation des abeilles mellifères.

  • Se procurer des abeilles auprès d'un apiculteur fiable qui est en mesure de fournir des colonies vigoureuses et saines. Les colonies fragiles sont peu utiles pour la pollinisation printanière, au moment où les températures sont souvent fraîches.
  • Deux à trois colonies d'abeilles mellifères par hectare suffisent pour la pollinisation. La quantité de ruches nécessaire dépend du type de fruits, du cultivar et de sa densité de peuplement. Dans les vergers récents, les colonies peuvent être moins nombreuses puisqu'il y a généralement moins de fleurs à polliniser. Par contre, pour les cultures à floraison hâtive comme l'abricotier, le cerisier et le prunier, il est préférable d'utiliser plus de colonies que la quantité recommandée à l'hectare. Cela permet de compenser les effets négatifs des températures fraîches, qui surviennent souvent à la période de pollinisation de ces cultures.
  • Un distributeur de pollen est un dispositif qui oblige les abeilles, à leur sortie de la ruche, à pénétrer dans un cabaret peu profond contenant du pollen provenant de la plante ciblée. Le pollen adhère ainsi aux pattes et au corps de chaque butineuse, ce qui facilite la pollinisation croisée des fleurs visitées par les abeilles.
  • Si on utilise un distributeur de pollen, on doit placer les ruches dans les champs après l'ouverture partielle des fleurs ouvertes (plus tôt pour les cerises douces, plus tard pour les poires). Ce procédé incite les abeilles à butiner les fleurs dans le voisinage immédiat, plutôt que de s'éloigner. Cette recommandation est très importante pour assurer l'efficacité des distributeurs de pollen. En présence de distributeurs, placer cinq colonies à l'hectare.
  • Les températures sont souvent fraîches durant la période de pollinisation des cultures à floraison hâtive. Afin de favoriser les visites des abeilles lorsqu'il fait frais, protéger les colonies des vents froids printaniers. Les placer en groupes dans des endroits ensoleillés et protégés. En l'absence de brise-vent naturels, ériger un abri temporaire avec des balles de foin, par exemple. Placer les ruches de manière à ce que l'entrée soit éclairée par le soleil du matin.
  • En cas de sécheresse exceptionnelle, mettre de l'eau à la disposition des abeilles durant les périodes de floraison, sinon les abeilles délaisseront la collecte de pollen pour approvisionner la colonie en eau. Un petit tube d'eau avec des bâtonnets flottants permettra aux abeilles de se poser sans risquer de se noyer.
  • Les abeilles préfèrent le pollen de fleurs de pommiers au pollen de pissenlit. Bien que les abeilles butinent les pissenlits pour y puiser des protéines, la majorité d'entre elles se dirigeront rapidement vers les fleurs de pommiers dès qu'elles le pourront. Les pomiculteurs n'ont pas craindre que les fleurs de pissenlit attirent les abeilles à l'écart des fleurs de pommiers. Il n'est plus recommandé aux pomiculteurs de l'Ontario de mettre en place un programme rigoureux de tonte de pissenlit.
  • Pour plus d'informations, communiquer avec le spécialiste en apiculture du MAAARO au 1-888-466-2372, poste 63595 ou par courriel à paul.kozak@ontario.ca.

Publications recommandées

Pour plus d'informations sur les exigences de pollinisation des cultures fruitières, consulter la publication 430F du MAAARO, Les Cultivars de fruits.

L'intoxication des abeilles

Les abeilles sont essentielles à la pollinisation de la plupart des arbres et des petits fruits. Mais les insecticides, dont plusieurs sont mortels pour les abeilles, sont nécessaires pour combattre les ravageurs. Une gestion attentive permet de réussir à la fois la pollinisation et la lutte antiparasitaire. Voici quelques conseils pour protéger les abeilles.
  • Ne pas appliquer d'insecticide durant la floraison, car cela contrevient à la Loi sur l'apiculture. Lire les directives de l'étiquette.
  • La période du traitement insecticide est importante. En général, les traitements durant le jour lorsque les abeilles butinent sont très risqués. Il est plus sécuritaire d'appliquer les insecticides le soir ou à défaut, le matin à l'aube.
  • Retirer les colonies d'abeilles mellifères aussitôt que la pollinisation est terminée et avant l'application des insecticides en postfloraison.
  • Pour éviter les risques d'intoxication pour les abeilles, choisir un insecticide qui n'est pas trop toxique pour les abeilles.
  • Les abeilles mellifères s'intoxiquent souvent en butinant les plantes de couverture, comme le pissenlit ou le trèfle, qui sont en fleurs dans le verger. La tonte ou la taille de ces plantes avant la pulvérisation d'insecticides protégera les abeilles.

On retrouvera au Tableau 6-1 intitulé « Toxicité relative des pesticides pour les abeilles mellifères » (produits utilisés sur les cultures fruitières), la liste des produits antiparasitaires classés selon leur toxicité relative envers les abeilles mellifères, telle qu'établie par des essais en laboratoire et en champs.

Tableau 6-1. Toxicité relative des pesticides pour les abeilles mellifères
Groupe I - Pesticides hautement toxiques pour les abeilles Groupe II - Pesticides modérément toxiques pour les abeilles Groupe III - Pesticides relativement non toxiques pour les abeilles

L'utilisation des produits suivants risque de causer des pertes importantes si les abeilles sont présentes au moment du traitement ou quelques jours après ce dernier.

Admire
Agri-Mek 1.9EC
APM 50W Instapak
Cygon 480
Cymbush 250 EC
Decis 5EC
Diazinon 500 E
DiazinonI 50W
DZN 600 WDG
Furadan 480F
Guthion Solupak
Imidan 50 WP
Lorsban 4E
Malathion 25W
Matador 120EC
Parathion 15W
Pounce
Pyramite
Ripcord 400EC
Sevin XLR Plus
Success 480 SC
Sniper
Sniper 240 E
Vydate

Les produits suivants peuvent être appliqués dans l'entourage des abeilles si les doses, le moment du traitement et les méthodes d'application sont appropriés. Ne pas les appliquer directement sur les abeilles qui butinent ou qui sont dans les ruches.

Carzol SP
Dikar
Endosulfan 50W
Lannate T-N-G
Metasystox R 240EC
Nustar
Pirimor 50DF
Thiodan 4EC
Thiodan 50WP
Zolone

Aliette WDG
Apollo SC
Benlate T-N-G
Bioprotec CAF
Botran 75W
Bravo 500
Captain 80 WDG
Confirm 240F
Copper 53W
Dipel 2X DF
Dithane DG
Dithane M45
Elevate 50 WDG
Equal 65 WP
Ferbam 76 WDG
Folpan 50WP
Foray 48BA
Funginex 190 EC
Gavel 75 DF
Kelthane 50W
Kumulus DF
Manzate 200 DF
Manzate 200 WP
Maestro 80 DF
Mitac W
Nova 40W
Penncozeb 75DF
Polyram DF
Ridomil Gold 480 EC
Ridomil Gold MZ
Ridomil Copper
Ronilan EG
Rovral
Senator 70WP
Streptomycin 17
Topas 250E
Vangard 75EG
Zineb 80W

Produit extrêmement toxique pour les abeilles

FURADAN 480F

Cet insecticide a causé plus de pertes (cas confirmés d'intoxication) aux abeilles, en Ontario, que tout autre produit mentionné dans le présent document. Les producteurs de fruits et les apiculteurs doivent communiquer entre eux pour s'entendre sur les dates et les lieux d'utilisation de Furadan.

Consulter l'étiquette des produits pour plus d'informations sur la toxicité de certains pesticides pour les abeilles.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Doug McRory - spécialiste de l'apiculture/MAAARO
Date de création : Non disponible
Dernière révision : 05 août 2003