Le petit coléoptère des ruches

S'il vous plaît contacter apiary@ontario.ca pour le rapport en format PDF.

Introduction

Le petit coléoptère des ruches (PCR), Aethina tumida, est un ravageur invasif de l'abeille mellifère européenne. Le PCR peut affecter la santé des colonies et causer des dommages au matériel utilisé en apiculture. Si la présence du petit coléoptère des ruches est détectée ou soupçonnée, les apiculteurs doivent le déclarer au Programme d'apiculture du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.

Propagation du PCR

Le PCR est originaire de l'Afrique subsaharienne et il s'est répandu dans de nombreuses régions du globe au cours des dernières années. En Amérique du Nord, le PCR a été observé pour la première fois en 1998 en Floride et il s'est établi depuis dans la plupart des États américains. Les populations sont particulièrement abondantes dans les États côtiers où les températures sont plus chaudes.

Au Canada, le PCR a été observé pour la première fois en 2002 au Manitoba. Depuis, SHB a également été détecté en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Cycle vital et biologie du PCR

Le PCR est un membre de la famille des nitidules (Nitidulidae). Comme les autres coléoptères, le PCR subit une métamorphose complète, passant successivement du stade de l'œuf à ceux de larve, de pupe et d'adulte. La durée du cycle de vie complet est de 21 à 94 jours, selon les conditions environnementales telles que la température et l'humidité.

Le PCR adulte recherche les colonies d'abeilles mellifères pour s'abriter, se nourrir, se reproduire et y élever sa progéniture. Les œufs blanc perle du PCR sont de petite taille (1,4 x 0,26 mm), et l'insecte les pond en grappe dans les fissures et les fentes des ruches. Les œufs éclosent au bout de trois à six jours.

La pupaison a lieu lorsque les larves atteignent 11 x 1,6 mm. Les larves sont blanc beige et ressemblent à des asticots. Leur tête est brune et rigide et elles ont trois paires de pattes et des épines brunâtres en rangée le long du dos (figure 1). Les larves se regroupent habituellement en grappes dans les alvéoles des rayons et sont souvent immergées dans une pellicule de miel fermenté.

Ce sont les larves qui causent le plus de dommages aux colonies d'abeilles mellifères. Elles se nourrissent de couvain, de pollen, de miel et forment des tunnels dans les rayons de cire pour y ingérer les protéines nécessaires à leur développement. Elles laissent des excréments dans les rayons, ce qui fait fermenter le miel et le rend impropre à la consommation.

Après une moyenne de 16 jours (peut varier de 10 à 28 jours), les larves quittent la colonie, se terrent dans le sol pour la pupaison pour une moyenne de 25 jours (peut varier de 10 à 60 jours). Les larves se terrent dans le sol à environ 10 cm de profondeur et à 30 cm de l'entrée de la colonie. Les sols sableux, plus légers, sont plus favorables à la pupaison des PCR.

Les PCR adultes sont de couleur marron à noire et mesure 4 à 7 mm x 2 à 3,5 mm. Les PCR adultes peut être identifié par sont dotés d'antennes en forme de massue ainsi que de courts élytres qui ne s'étendent pas sur toute la longueur de l'abdomen. Ils possèdent en outre une structure distincte en forme de croissant de lune à l'arrière de la tête (figure 2).

Les adultes peuvent vivre jusqu'à six mois; ils peuvent franchir de grandes distances en volant (10 à 14 km) et sont dotés d'une très grande capacité reproductrice. La dissémination des adultes est favorisée par le déplacement des colonies d'abeilles et du matériel apicole infestés. L'habitat du PCR ne se limite pas aux colonies d'abeilles mellifères; cet insecte est en effet capable de survivre sur les fruits en décomposition et peut se passer de nourriture durant 10 jours au stade adulte. En hiver, le PCR adulte peut loger à l'intérieur des grappes d'hivernation des abeilles.

La larve du PCR

Figure 1. La larve du petit coléoptère des ruches

Le PCR adulte

Figure 2. Le petit coléoptère des ruches adulte

Effet du PCR sur les abeilles

Les colonies d'abeilles mellifères affaiblies sont le plus à risque en ce qui a trait aux dommages causés par le PCR. Les nuclei sains sont également menacés, de même que les ruchettes de fécondation et les reines en stockage. Une colonie d'abeilles mellifères qui ne possède pas une forte population d'ouvrières pour protéger les magasins à miel exposés et le couvain peut être décimée par une hausse rapide du nombre de larves du PCR. Le manque d'ouvrière impose un stress additionnel à la colonie puisque les larves du PCR se nourrissent du couvain, gâtent les magasins à miel et dégradent l'environnement de la colonie.

Dans le cas des infestations graves de PCR, les colonies peuvent périr ou abandonner la ruche. Cependant, même quand les populations d'adultes du PCR sont élevées et vigoureuses, le développement des larves de PCR est souvent compromis par les activités des abeilles ouvrières.

Dans les colonies d'abeilles mellifères décimées ou dans le matériel apicole exposé, les infestations de PCR peuvent s'aggraver radicalement en raison de l'abondance de nourriture pour les larves et de l'absence de protection par des abeilles. Dans les mielleries et les salles d'extraction, les petits coléoptères des ruches peuvent gâter le miel lorsque les rayons sont exposés pendant longtemps.

Dépistage

Les PCR adultes logent souvent dans les fentes sombres et étroites de la ruche. On peut toutefois les trouver n'importe où dans la colonie, surtout lorsque leur densité de population est élevée. Les PCR adultes s'amassent habituellement sur le revers du couvre-cadre, sur les dessus des cadres et sur le plateau. Ils fuient rapidement la lumière, d'où l'importance de faire une inspection rapide dès l'ouverture de la colonie.

Le dépistage des insectes adultes peut aussi s'effectuer à l'aide de divers pièges. On a souvent recours à des tubes en carton ondulé ou en plastique et des pièges contenant de l'huile. Les larves du PCR se tiennent généralement à la surface des rayons non protégés et sur le plateau, lorsqu'elles sont plus nombreuses. Les symptômes observables indiquant la présence de larves PCR comprennent des grappes de larves alimentant le peigne et le miel fermenté à la surface du cadre (figure 3). Cela peut être observé dans les colonies en plein champ et dans les salles d'extraction.

Infestation de PCR sur un cadre à miel

Figure 3. Les symptômes observables indiquant la présence de larve du petites coléoptères des ruches dans le peigne.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 28 septembre 2010
Dernière révision : 3 août 2017