Le petit coléoptère des ruchesFormats alternatifs: info.shb.pdf [350 KB] IntroductionLe petit coléoptère des ruches (PCR), Aethina tumida Murray, est un nouveau ravageur invasif de l'abeille mellifère européenne. Le PCR peut affecter la santé des colonies et causer des dommages au matériel utilisé en apiculture. Propagation du PCRLe PCR est originaire de l'Afrique subsaharienne et il s'est répandu dans de nombreuses régions du globe au cours des dernières années. Aux États-Unis, le PCR a été observé pour la première fois en 1998 (en Floride) et il s'est établi depuis dans la plupart des États américains. Les populations sont particulièrement abondantes dans les États côtiers où les températures sont plus chaudes. En Australie, le PCR a été découvert en 2002 (New South Wales), et il est maintenant bien établi après s'être répandu le long de la côte est. Au Canada, le PCR a été observé au Manitoba (2002 et 2006), en Alberta (2006) et au Québec (2008, 2009). Dans les provinces des Prairies, des mesures de lutte ont été prises et le PCR n'a pas réussi à s'y établir. On ne sait pas encore si le PCR a réussi à former une population résidente dans une région du sud du Québec. En septembre 2010, le PCR a été détecté dans le sud de l'Ontario. Pour le moment, on ne sait pas si le PCR réussira à former une population résidente en Ontario. Cycle vital et biologie du PCRLe PCR est un membre de la famille des nitidules (Nitidulidae). Comme tous les autres coléoptères, le PCR subit une métamorphose complète, passant successivement du stade de l'uf à ceux de larve, de pupe et d'adulte. La durée du cycle de vie complet est de 21 à 94 jours, selon la température et l'humidité. Le PCR adulte recherche les colonies d'abeilles mellifères pour s'abriter, se nourrir, se reproduire et y élever sa progéniture. Les ufs blanc perle du PCR sont de petite taille (1,4 x 0,26 mm), et l'insecte les pond en grappe dans les fissures et les fentes des ruches. Les ufs éclosent au bout de trois à six jours. La pupaison a lieu lorsque les larves atteignent 11 x 1,6 mm. Les larves sont blanc beige et ressemblent à des asticots. Leur tête est brune et rigide et elles ont trois paires de pattes et des épines brunâtres en rangée le long du dos (figure 1). Les larves se regroupent habituellement en grappes dans les alvéoles des rayons et sont souvent immergées dans une pellicule de miel fermenté. Ce sont les larves qui causent le plus de dommages aux colonies d'abeilles mellifères. Elles se nourrissent de couvain, de pollen, de miel et forment des tunnels dans les rayons de cire pour y ingérer les protéines nécessaires à leur développement. Elles laissent des excréments dans les rayons, ce qui fait fermenter le miel et le rend impropre à la consommation. Comme les autres nitidules, le PCR est associé étroitement à une souche particulière de levure (Kodamaea ohmeri) qui facilite peut-être son alimentation. Après 10 à 28 jours (16 jours en moyenne), les larves quittent la colonie, se terrent dans le sol (à environ 10 cm de profondeur et à 30 cm de l'entrée de la colonie) pour la pupaison qui a lieu dans le sol (10 à 60 jours, pour une moyenne de 25 jours). Les sols sableux, plus légers, sont plus favorables à la pupaison des PCR. Les adultes sont de couleur marron à noire (4 à 7 mm x 2 à 3,5 mm) et sont dotés d'antennes en forme de massue ainsi que de courts élytres qui ne s'étendent pas sur toute la longueur de l'abdomen. Ils possèdent en outre une structure distincte en forme de croissant de lune à l'arrière de la tête (figure 2). Les adultes peuvent vivre relativement longtemps (jusqu'à six mois); ils peuvent franchir de grandes distances en volant (10 à 14 km) et sont dotés d'une très grande capacité reproductrice. La dissémination des adultes est favorisée par le déplacement des colonies d'abeilles et du matériel apicole infestés. De plus, l'habitat du PCR ne se limite pas aux colonies d'abeilles mellifères; cet insecte est en effet capable de survivre sur les fruits en décomposition et peut se passer de nourriture durant 10 jours au stade adulte. Cette caractéristique contribue vraisemblablement à sa dissémination. En hiver, le PCR adulte peut loger à l'intérieur des grappes d'hivernation des abeilles.
Figure 1
Figure 2 Effet du PCR sur les abeillesLes colonies d'abeilles mellifères affaiblies sont le plus à risque en ce qui a trait aux dommages causés par le PCR. Les nuclei sains sont également menacés, de même que les ruchettes de fécondation et les reines en stockage. Une colonie d'abeilles mellifères qui ne possède pas une forte population d'ouvrières pour protéger les magasins à miel exposés et le couvain peut être décimée par une hausse rapide du nombre de larves du PCR. Le manque d'ouvrière impose un stress additionnel à la colonie puisque les larves du PCR se nourrissent du couvain, gâtent les magasins à miel et dégradent l'environnement de la colonie. Dans le cas des infestations graves de PCR, les colonies peuvent périr ou abandonner la ruche. Cependant, même quand les populations d'adultes du PCR sont élevées et vigoureuses, le développement des larves de PCR est souvent compromis par les activités des abeilles ouvrières. Dans les colonies d'abeilles mellifères décimées ou dans le matériel apicole exposé, les infestations de PCR peuvent s'aggraver radicalement en raison de l'abondance de nourriture pour les larves et de l'absence de protection. De même, dans les mielleries et les salles d'extraction, les petits coléoptères des ruches peuvent gâter le miel lorsque les rayons sont exposés pendant longtemps. On recommande aux apiculteurs d'extraire rapidement les rayons de miel exposés et de nettoyer les lieux immédiatement après l'extraction. Les opercules doivent aussi être entreposés dans des contenants à l'abri des insectes et éliminés le plus tôt possible. DépistageLes PCR adultes logent souvent dans les fentes sombres et étroites de la ruche. On peut toutefois les trouver n'importe où dans la colonie, surtout lorsque leur densité de population est élevée. Les PCR adultes s'amassent habituellement sur le revers du couvre-cadre, sur les dessus des cadres et sur le plateau. Ils fuient rapidement la lumière, d'où l'importance de faire une inspection rapide dès l'ouverture de la colonie. Le dépistage des insectes adultes peut aussi s'effectuer à l'aide de divers pièges dotés de fentes étroites susceptibles de les attirer. On a souvent recours à des tubes en carton ondulé ou en plastique et des pièges contenant de l'huile. Les larves du PCR se tiennent généralement à la surface des rayons non protégés et sur le plateau, lorsqu'elles sont plus nombreuses. Elles se massent en grappes pour s'alimenter sur les rayons. Des suintements de miel fermenté le long de la surface des cadres (formant une sorte de masse visqueuse) (figure 3), que l'on peut observer dans les colonies en plein champ et dans les salles d'extraction, trahissent aussi leur présence.
Figure 3 Méthodes de lutteAu Canada, seul CheckMite+ est homologué contre le PCR (voir les informations concernant le PCR sur l'étiquette et suivre toutes les directives mentionnées). Conseils à l'intention des apiculteurs :
Paul Kozak
Recommandations en matière de traitement : Trousse d'information sur l'apiculture et la production du miel :
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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