Loque américaine - prévention et gestion

Introduction

La loque américaine est la maladie du couvain la plus grave et la plus dévastatrice chez les abeilles mellifères. Elle est causée par une bactérie sporulée appelée Paenibacillus larvae qui est propre aux abeilles mellifères (figure 1). Cette maladie très contagieuse a pour effet d'affaiblir et, dans la plupart des cas, de tuer une colonie d'abeilles mellifères. De plus, la loque américaine contamine le matériel apicole, qu'on doit ensuite détruire afin d'éviter que d'autres colonies ne soient touchées par la maladie. Il est impossible d'éliminer la loque américaine. Les apiculteurs doivent se contenter de prendre les mesures nécessaires pour prévenir une infection dans leur exploitation apicole.

Remarque : Par le passé, la loque américaine était connue sous le nom de l'espèce bactérienne, c. à-d. Bacillus larvae.

Écaille de loque américaine au fond de l'alvéole.

Figure 1. Écaille de loque américaine au fond de l'alvéole.

Gestion de la loque américaine

La prévention constitue le meilleur moyen d'éviter une épidémie généralisée de loque américaine dans une exploitation apicole. Il est primordial de dépister dès que possible une infection à la loque américaine et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la propagation.

Familiarisez-vous avec les symptômes de la loque américaine (figure 2) et d'autres pathogènes des abeilles mellifères. Surveillez la santé de vos colonies. Inspectez le nid à couvain au moins deux fois par année, soit au printemps et à l'automne, et avant d'appliquer un traitement (oxytétracycline) qui peut masquer des symptômes de la maladie (figure 3).

Essai (Ropey test) montrant des larves d'abeilles pourries.

Figure 2. Essai (Ropey test) montrant des larves d'abeilles pourries.

Cadre à couvain.

Figure 3. Cadre à couvain.

Intégrez des pratiques de biosécurité à vos méthodes de gestion apicole. Cela consiste notamment à stériliser régulièrement le matériel apicole lorsque vous passez d'un rucher à l'autre et à prendre des précautions à l'égard du matériel qui est le plus susceptible d'entrer en contact avec de la cire et des abeilles pouvant contenir des spores de la loque américaine.

Lève-cadres

Il faut gratter les lève-cadres pour enlever la cire et la propolis et chauffer à haute température les parties des lève-cadres qui ont été en contact avec des colonies d'abeilles mellifères. Pour le chauffage, on peut utiliser un chalumeau au propane ou placer les lève-cadres dans un enfumoir et actionner vigoureusement le soufflet. Cette procédure doit être effectuée au moins entre chaque visite au rucher. Si une colonie présente des symptômes de la loque américaine, les lève-cadres doivent être stérilisés à la chaleur avant d'être utilisés pour une autre colonie (figures 4 et 5).

La loque américaine peut facilement infecter le matériel apicole.

Figure 4. La loque américaine peut facilement infecter le matériel apicole.

Il est important de stériliser les lève-cadres.

Figure 5. Il est important de stériliser les lève-cadres.

Gants

La cire et la propolis adhèrent aux gants de cuir, et il est parfois très difficile de les déloger complètement. Il faut frotter l'extérieur des gants avec une eau savonneuse à laquelle de l'eau de Javel a été ajoutée (250 millilitres pour 5 litres d'eau). Le savon ne détruit pas les spores présentes sur les gants, mais il aide à déloger les matières comme la cire qui, elles, peuvent contenir des spores. L'apiculteur qui choisit de porter des gants peut également utiliser des gants jetables ou faciles à nettoyer (comme des gants à vaisselle).

Lavage des mains

Même si un lavage vigoureux des mains avec de l'eau et du savon ne tuera pas les spores de la loque américaine, cela permettra à l'apiculteur de déloger presque toutes les spores qui se trouvent sur ses mains.

Enfumoir

La principale source de préoccupation est la partie supérieure du soufflet qui permet de tenir et d'actionner l'enfumoir. Si le dessus du soufflet est en bois, l'apiculteur peut le stériliser en le chauffant légèrement à l'aide d'un chalumeau. Si le dessus est en plastique (ou en bois), l'apiculteur peut le couvrir de ruban adhésif en toile. Au moment d'utiliser le soufflet, il pourra retirer le ruban pour obtenir une surface propre. Par ailleurs, on peut frotter le soufflet, qu'il soit en bois ou en plastique, avec de l'eau savonneuse afin de déloger les spores.

Brosse à abeilles

La brosse à abeilles peut transférer un nombre limité de spores d'un cadre à l'autre. Dans la mesure du possible, il faut retirer les abeilles du cadre en le secouant ou déplacer doucement les abeilles à l'aide de longues herbes qui se trouvent dans le rucher. Les herbes sont jetables et gratuites.

Habit et voile d'apiculteur

Le risque que ces articles transmettent des spores entre les colonies va de limité à négligeable. Cependant, il est d'usage de nettoyer régulièrement les habits.

Tenue de registres

La consignation de renseignements sur la gestion et l'état des colonies peut s'avérer un outil efficace pour déterminer la source d'une infection.

Même s'il est impossible d'éliminer la loque américaine, les apiculteurs doivent envisager d'employer des antibiotiques prophylactiques (oxytétracycline). Il faut s'assurer que l'étiquette mentionne que le médicament peut être administré à des abeilles mellifères, suivre le mode d'emploi figurant sur l'étiquette et éviter d'utiliser des antibiotiques pendant une miellée. L'oxytétracycline est le seul antibiotique dont l'utilisation est homologuée pour les abeilles mellifères en Ontario. L'emploi d'autres antibiotiques est illégal et peut présenter un danger. Fait important à signaler, les antibiotiques ne constituent pas un remède ni un traitement contre les infections à la loque américaine. Ils permettent uniquement de prévenir le développement d'une infection puisqu'ils agissent au stade végétatif de la loque américaine et empêchent la maladie de se développer dans l'intestin de la larve. Cela peut toutefois empêcher la loque américaine de se propager rapidement dans une colonie. Les antibiotiques n'ont aucune incidence sur les spores de la loque américaine. Par conséquent, une fois qu'une colonie est infectée par une importante quantité de spores, il est trop tard. Les apiculteurs qui n'emploient pas d'antibiotiques doivent prendre des précautions supplémentaires pour surveiller la santé des colonies.

Même si les antibiotiques sont efficaces pour prévenir les infections, ils peuvent également faire disparaître les symptômes visibles de la loque américaine et ainsi masquer une infection. Les apiculteurs doivent inspecter les colonies avant de procéder à un traitement. En outre, il est à noter qu'une infection à la loque américaine peut se produire même si des antibiotiques ont été utilisés.

Les essaims peuvent être contaminés par des spores de la loque américaine. En pareil cas, il faut placer de nouveaux essaims dans une ruche dotée d'une nouvelle fondation, appliquer un traitement à l'aide d'antibiotiques prophylactiques et maintenir la colonie dans un rucher distinct jusqu'à ce que son bon état de santé soit confirmé et qu'une série complète de médicaments ait été administrée. Rappelons que la loque américaine fait partie des nombreux organismes nuisibles et maladies pouvant être présents dans un essaim. Il est important d'inspecter les essaims afin de détecter d'autres organismes nuisibles et maladies, surtout avant d'introduire une colonie dans un rucher établi.

Les apiculteurs doivent prendre soin de ne pas favoriser le pillage dans les ruchers. Pour ce faire, ils doivent notamment éviter de faire produire du miel par les colonies durant une pénurie de nectar, voir à ce que les colonies aient suffisamment de nourriture en période de pénurie, sortir du rucher le miel et les rayons qui ont été retirés des ruches, veiller à ce que toutes les colonies soient en santé et très peuplées et limiter les entrées dans les colonies durant une grave pénurie de nectar.

Il faut éviter que les colonies d'abeilles mortes et les rayons exposés puissent être pillés par des abeilles. Les colonies mortes sont souvent une source de loque américaine. Le contenu des colonies mortes doit être entreposé dans un endroit sûr qui n'est pas accessible aux abeilles.

Lorsqu'une colonie d'abeilles mellifères meurt, il faut vérifier la présence d'écailles dans les alvéoles et s'assurer que le décès n'est pas attribuable à la loque américaine.

Il est important que les apiculteurs se tiennent au courant des activités apicoles exercées dans la région où se trouvent leurs colonies. Pour ce faire, ils peuvent notamment adhérer à une association apicole locale et nouer des liens avec des apiculteurs des environs. Avant d'utiliser le matériel d'un autre apiculteur, p. ex. un extracteur, il faut bien connaître ses pratiques apicoles et l'état de santé de ses abeilles.

L'apiculteur qui constate des signes de la loque américaine dans son exploitation doit immédiatement aviser l'inspecteur apicole de sa région (consultez les coordonnées). En vertu de la Loi sur l'apiculture de l'Ontario, les apiculteurs sont tenus de signaler cette maladie et de se conformer à l'ordre donné dans le cadre du Programme d'apiculture. Les inspecteurs apicoles peuvent répondre aux questions et formuler un diagnostic sur place. Si l'apiculteur est sûr qu'il s'agit de la loque américaine, il doit détruire rapidement la colonie infectée.

Il est important de dépister rapidement la maladie et de détruire la ou les colonies visées. Il vaut mieux détruire une seule colonie ou quelques-unes que de voir la loque américaine se propager et d'être obligé de détruire un grand nombre de colonies. La présence de maladies chez les abeilles d'un apiculteur peut avoir une incidence sur le moyen de subsistance de quelqu'un d'autre. Par ailleurs, la Loi sur l'apiculture exige qu'un apiculteur qui vend des abeilles mellifères ou du matériel apicole usagé possède un permis attestant que le matériel a été inspecté et jugé sain par un tiers.

L'apiculteur qui envisage de vendre des abeilles ou du matériel doit détenir un permis signé de vente de reines et de nucléus délivré par l'apiculteur provincial ou un permis de vente délivré par un inspecteur apicole. Il communique avec l'inspecteur apicole de sa région ou avec le personnel du Programme d'apiculture afin de fixer une date pour l'inspection. Il n'y a pas de frais pour les inspections et les permis. La vente d'abeilles ou de matériel sans un permis en règle constitue une infraction provinciale.

Même les apiculteurs les plus diligents peuvent être aux prises avec la loque américaine. C'est le cas notamment dans les régions de l'Ontario où les exploitations apicoles sont proches les unes des autres. Les colonies d'abeilles mellifères sont exposées aux maladies présentes dans d'autres colonies dans un rayon de 3 à 8 km. Par conséquent, il est important pour les apiculteurs nouvellement touchés d'éliminer immédiatement les spores de la loque américaine qui se trouvent sur les habits et d'éviter de déplacer le matériel susceptible d'être infecté.

En cas de dépistage de la loque américaine

  1. Il faut informer sans délai l'inspecteur apicole régional si des signes de la loque américaine sont constatés ou si la présence de la maladie est soupçonnée. Consultez : http://www.omafra.gov.on.ca/french/food/inspection/bees/info_beeinspectors.htm.
  2. Lorsque des colonies sont touchées par la loque américaine, leur destruction sera ordonnée. Un apiculteur ne doit pas essayer de préserver une colonie ou un rayon infecté. Cela prolongerait l'infection et finirait probablement par infecter d'autres colonies. Une destruction et une intervention rapides sont essentielles. Toutes les abeilles mellifères doivent être tuées et tous les rayons de cire et les cadres qui les accompagnent dans la colonie, y compris tous les cadres de couvain, la fondation, les rayons de miel et les planchers, doivent être détruits par le feu. Seuls certains articles en bois peuvent être préservés s'ils sont bien stérilisés par chauffage. Il s'agit notamment des hausses, des couvre-cadres, des toits emboîtants et des grilles à reine. Reportez-vous au Protocole de destruction en cas de détection de la loque américaine dans les colonies d'abeilles, à l'adresse ci-dessous :
    http://www.omafra.gov.on.ca/french/food/inspection/bees/destructionprotocol.htm.
  3. L'ordre de traiter de façon préventive au moyen d'antibiotiques d'autres colonies d'abeilles mellifères dans le rucher infecté peut être donné. Tout dépend de la saison et des conditions sur le terrain.
  4. Lorsqu'un rucher est infecté par la loque américaine, un ordre de mise en quarantaine pour une durée de deux ans est donné. Pendant la période de mise en quarantaine, aucune colonie et aucun matériel apicole ne peuvent quitter les lieux. Cela réduit le risque de propagation de la loque américaine à d'autres exploitations apicoles ou à d'autres ruchers d'une même exploitation. Les hausses de rucher des colonies qui ne sont pas visées par l'ordre de destruction peuvent être retirées des lieux, mais il faut les rapporter au rucher d'origine et recueillir le miel séparément des autres ruchers non infectés ou mis en quarantaine.
  5. Après deux ans, la quarantaine est levée et le rucher peut subir une nouvelle inspection durant laquelle un inspecteur apicole évaluera l'état de la maladie.

Stérilisation du matériel contaminé

Les apiculteurs ont aussi la possibilité de stériliser par irradiation le matériel contaminé qui est exempt d'abeilles mellifères. Cela leur permet de préserver les rayons de cire infectés par des spores de la loque américaine. En Ontario, il n'y a qu'une seule entreprise qui se spécialise dans l'irradiation du matériel. On peut s'adresser au personnel du Programme d'apiculture pour connaître les ressources existantes et obtenir les coordonnées (reportez-vous aux renseignements ci-dessous).

  1. Avant l'irradiation du matériel apicole, il faut extraire tout le miel à l'aide d'un petit extracteur spécial qui est différent des extracteurs habituellement utilisés dans une exploitation apicole.
  2. Les contenants employés pour l'extraction du miel doivent porter une étiquette contenant la mention " loque américaine présente dans ce miel ".
  3. Les cadres contaminés par la loque américaine, les cadres sans miel, les boîtes, les couvre-cadres et les couvercles de ruche de même que les enfumoirs, les combinaisons et les gants peuvent être irradiés.
  4. L'apiculteur doit conserver un exemplaire du certificat d'irradiation et le présenter sur demande à l'inspecteur apicole.
  5. Avant de réutiliser du matériel irradié, il faut indiquer clairement que le matériel en question a subi une irradiation.

Remarque : C'est le seul moyen de stériliser les rayons de cire.

Autre matériel

Le risque de propagation de la loque américaine que présentent les extracteurs de miel, le matériel de transformation du miel et les véhicules servant au transport des hausses va de limité à faible. Toutes les surfaces doivent être nettoyées à fond et rincées avec de l'eau potable propre.

Emploi approprié d'antibiotiques

Il existe ailleurs des souches de loque américaine qui sont résistantes aux antibiotiques homologués (oxytétracycline). Cela signifie que les mesures préventives ne sont pas efficaces. Les apiculteurs doivent empêcher ou retarder le développement de ces souches de loque américaine.

  • Les apiculteurs ne doivent jamais administrer à leurs colonies d'abeilles mellifères de l'oxytétracycline sous forme de galettes préparées avec de la graisse végétale, du sucre et le médicament. Comme les antibiotiques demeurent présents dans les colonies pendant de longues périodes, cette méthode risque d'entraîner la contamination du miel et de favoriser le développement d'une souche de loque américaine résistante aux antibiotiques. Cette pratique constitue un emploi non conforme d'un médicament et est interdite. L'oxytétracycline ne doit pas être ajoutée à de la nourriture sucrée. Elle doit plutôt être mélangée avec du sucre à glacer. Il faut suivre le mode d'emploi figurant sur l'étiquette et se reporter aux traitements recommandés pour connaître la dose appropriée et le moment qui convient pour administrer le médicament.
  • Les apiculteurs qui importent du matériel génétique d'abeilles, des abeilles mellifères ou du matériel usagé en Ontario doivent respecter le protocole établi. Un permis d'importation est exigé. Le permis peut être délivré à la suite d'une inspection du matériel provenant de l'extérieur de la province qui vise à confirmer que le matériel est exempt de maladie.

Races d'abeilles résistantes

Même si des chercheurs ont identifié des souches d'abeilles mellifères qui présentent une certaine tolérance à la loque américaine grâce à des caractéristiques génétiques héréditaires, ces caractéristiques ne sont pas suffisantes pour gérer une épidémie de loque américaine et ne protègent aucunement les colonies d'abeilles mellifères (ni le matériel) sans la présence de races résistantes. De même, le matériel infecté peut demeurer fortement contaminé par un nombre important de spores de la loque américaine. L'utilisation de races résistantes n'est pas une pratique reconnue ni acceptée en Ontario pour lutter contre la loque américaine.

Si vous avez d'autres questions sur la façon de gérer efficacement une épidémie de loque américaine, adressez-vous à l'inspecteur apicole de votre région ou au personnel du Programme d'apiculture.

Ressources

Pour obtenir d'autres renseignements sur la loque américaine : Loque américaine - biologie et diagnostic

Pour en savoir plus long sur le traitement de la loque américaine : Traitements recommandés
Inspecteurs apicoles régionaux (ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario)
Programme d'apiculture (ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario)

Technology Transfer Program (Ontario Beekeepers Association) (en anglais seulement)
Orchard Park Office Centre, West Door C
Suite B47, 5420 Highway 6 North
Guelph (Ontario) N1H 6J2
Lutte contre les maladies des abeilles mellifères (en anglais seulement)
Téléphone : 519 836-3609
obatechtransfer@rogers.com

Ateliers sur la lutte intégrée contre les ennemis des abeilles
http://techtransfer.ontariobee.com/ (en anglais seulement)

Ouvrages recommandés

  • Autres fiches d'information (le lien)
  • MAAARO - Traitements recommandés contre les maladies et les acariens chez les abeilles domestiques en Ontario, 2012
  • Ontario Beekeepers Association - Ontario Beekeeping Manual with an Emphasis on Integrated Pest Management (en anglais seulement)
  • Association canadienne des apiculteurs professionnels - Maladies et nuisances de l'abeille mellifère

Paul Kozak
Apiculteur provincial
Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario
Aliments d'origine végétale
Direction de l'inspection des aliments
1 Stone Road West, 5th Floor NW
Guelph (Ontario) N1G 4Y2
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Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 13 avril 2012
Dernière révision : 23 octobre 2015