Sondage 2017 sur les pertes hivernales en apiculture en Ontario

Table des matières


Introduction

L'industrie apicole de l'Ontario est l'une des plus diversifiées au Canada. Les apiculteurs ontariens travaillent à la production de miel pour un important marché national, à la production et à la vente de reines et de colonies pour essaimage afin de satisfaire à une demande toujours croissante pour des abeilles mellifères, en plus de fournir des abeilles au secteur des fruits et des légumes à des fins de pollinisation.

Au cours des dernières années, les colonies d'abeilles mellifères d'élevage ont été confrontées à des taux de mortalité variables dans plusieurs collectivités publiques tant au Canada qu'aux États-Unis. Depuis 2010, la mortalité des abeilles mellifères durant l'hiver en Ontario a été estimée à un taux aussi faible que 12 pour cent durant l'hiver 2011-2012 à un seuil historique de 58 pour cent durant l'hiver 2013-2014. Au cours de l'hiver 2015-2016, la mortalité hivernale a été estimée à 18 pour cent et de 27 pour cent cette année.

L'industrie apicole de l'Ontario n'est pas statique. Le nombre de colonies et la quantité de miel produite varient d'une année à l'autre et sont influencés par les conditions climatiques, les pratiques de gestion, les ennemis des cultures, les maladies et les agents stressants environnementaux. Le nombre de colonies exploitées par les apiculteurs fluctue également tout au long de l'année. Après une diminution du nombre de colonies au cours des mois d'hiver, un apiculteur peut augmenter ce nombre durant les mois d'été en séparant des colonies plus grosses et en santé en plus petites colonies pour essaimage. En date de 31 décembre 2016, les apiculteurs de l'Ontario avaient inscrit 97 342 colonies, ce qui représente le nombre de colonies inscrites qui étaient vivantes au début de l'hiver 2016-2017.

Méthodologie

Le comité d'enquête national sur les pertes hivernales de l'Association canadienne des apiculteurs professionnels (ACAP) décide des questions de base qui sont posées chaque année par les provinces afin d'estimer la mortalité de colonies d'abeilles mellifères au cours de l'hiver. L'ACAP coordonne la manière dont les pertes hivernales générales sont déclarées, afin de garantir l'uniformité parmi les provinces et les années de sondage. Aux fins du rapport national de l'ACAP, la mortalité hivernale en Ontario est calculée à l'aide des réponses fournies par les apiculteurs commerciaux, ceux exploitant 50 colonies ou plus. Depuis 2007, l'ACAP a compilé les données fournies par chaque province, a publié un rapport annuel sur les pertes de colonies d'abeilles mellifères à l'échelle nationale et a donné un portrait de la santé générale de l'apiculture au Canada.

Au cours du printemps 2017, le Programme d'apiculture du MAAARO a sondé les apiculteurs de l'Ontario afin d'estimer la mortalité de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver 2016-2017. Le sondage a été distribué à 179 apiculteurs commerciaux inscrits (définis comme exploitant 50 colonies ou plus) et à 400 apiculteurs à petite échelle choisis au hasard (définis comme exploitant un maximum de 49 colonies). Les apiculteurs avaient le choix de répondre par voie électronique grâce à un sondage en ligne, sur un sondage rempli sur papier ou par téléphone. Les réponses au sondage représentent un échantillon de commodité et les renseignements fournis sont autodéclarés et volontaires. Les réponses à ce sondage qui ont été données par les apiculteurs, comme le nombre de colonies mortes durant l'hiver, n'ont pas été vérifiées par le MAAARO ou par un autre organisme indépendant.

Tableau 1. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle, par région, qui ont répondu au sondage 2017 sur les pertes hivernales en apiculture en Ontario.

Régions apicoles Apiculteurs commerciaux Apiculteurs à petite échelle
No de participants % de participants No de participants % de participants
Centre
61 41,8 49 28,2
Est
29 19,9 45 25,7
Nord
4 2,7 21 12,1
Sud
37 25,3 48 27,6
Sud-Ouest
15

10,3

11 6,3
Total
146 100 174 100

Tableau 2. Nombre de colonies d'abeilles mellifères complètes hivernées à l'automne 2016, nombre de colonies viables après l'hiver et nombre de colonies non viables en date du 15 mai 2017, en fonction des réponses des apiculteurs au sondage 2017 sur les pertes hivernales en apiculture.

Type d'apiculteurs Colonies complètes hivernées à l'automne 2016 Colonies viables après l'hiver en date du 15 mai 2017 Colonies non viables en date du 15 mai 2017 Mortalité durant l'hiver (%)
Commerciaux
44 183 32 294 11 889 27
À petite échelle
1 098 777 321 29

À l'aide du nombre de colonies déclarées par les apiculteurs (tableau 2), la mortalité hivernale à l'échelle de la province est calculée grâce à la formule suivante :

Mortalité hivernale (%) = (No total de colonies mortes et non viables au 15 mai 2017 ÷ No total de colonies déclarées vivantes au début de l'hiver 2016) x 100

Aux fins de ce sondage, une colonie d'abeilles mellifères est définie comme une colonie d'abeilles mellifères complète dans une chambre à couvain simple ou double, excluant les colonies pour essaimage (séparées). Une colonie commercialement viable est définie par l'ACAP comme une colonie qui a survécu à l'hiver et qui possède un minimum de quatre cadres couverts d'abeilles à 75 pour cent sur les deux côtés dans une ruche normale de 10 cadres. Les colonies mortes sont incluses dans le compte des colonies non viables.

Le présent rapport comprend les réponses fournies par tous les apiculteurs, tant commerciaux qu'à petite échelle, recueillies dans le cadre du sondage 2017 sur les pertes hivernales en apiculture en Ontario. Les données des apiculteurs commerciaux et des apiculteurs à petite échelle de l'Ontario ont été analysées séparément. Des réponses ont été reçues de 98 apiculteurs commerciaux et de 133 apiculteurs à petite échelle, ce qui représente 40 % des apiculteurs qui avaient reçu le sondage.

Par type d'apiculteur, des réponses ont été reçues de 55 pour cent des apiculteurs commerciaux représentant 44 183 colonies et de 33 pour cent des apiculteurs à petite échelle représentant 1 098 colonies (tableau 1). Combinées, les réponses représentent 46,5 pour cent du nombre total de colonies inscrites en Ontario en date du 31 décembre 2016. Même si elles ne sont pas divulguées à l'ACAP afin d'être incluses dans l'enquête nationale sur les pertes hivernales d'abeilles mellifères, les réponses des exploitations apicoles à petite échelle aideront à fournir des observations sur l'industrie de l'apiculture de l'Ontario.

Résultats

Mortalité hivernale des colonies d'abeilles mellifères

Les renseignements du présent rapport sont un résumé des réponses recueillies auprès de tous les apiculteurs qui ont répondu au sondage sur les pertes hivernales en apiculture. Ces renseignements n'ont pas été vérifiés par le MAAARO ou par tout autre organisme indépendant. Les apiculteurs commerciaux et à petite échelle inscrits en Ontario ont déclaré respectivement un taux de mortalité hivernale d'environ 27 pour cent et 29 pour cent au cours de l'hiver 2016-2017 (tableau 2). Au Canada, l'industrie considère que le taux maximal acceptable et viable de pertes hivernales est de 15 pour cent (Furgala et McCutcheon, 1992; ACAP 2007 à 2016).

L'industrie apicole a été divisée en cinq régions distinctes en fonction de modèles géographiques, climatiques et météorologiques (figure 1). Le sondage a été envoyé à des apiculteurs partout dans la province et des réponses ont été reçues de l'ensemble des cinq régions apicoles. Certaines régions apicoles ont une activité apicole plus importante que d'autres, comme on le voit en comparant le nombre d'apiculteurs dans le Nord au nombre d'apiculteurs dans le Sud de la province. La majorité des apiculteurs commerciaux qui ont répondu au sondage provenaient des régions apicoles du Centre et du Sud. Ces régions sont connues comme ayant l'activité apicole la plus importante. Les réponses reçues des exploitations apicoles à petite échelle provenaient principalement des régions apicoles du Centre, de l'Est et de l'Ouest.Régions apicoles de l'Ontario : Nord (brun), Est (orange), Centre (jaune), Sud (rouge) et Sud-Ouest (vert).

Figure 1. Régions apicoles de l'Ontario : Nord (brun), Est (orange), Centre (jaune), Sud (rouge) et Sud-Ouest (vert).

Texte équivalent à la figure 1

La mortalité hivernale estimée des abeilles mellifères et le nombre de participants variaient selon la région apicole (tableau 3). Les apiculteurs commerciaux ont déclaré les pertes les plus importantes dans la région Sud et les apiculteurs à petite échelle ont déclaré que les pertes les plus élevées provenaient de la région Est. Au total, la différence en matière de mortalité durant l'hiver 2016-2017 entre les apiculteurs commerciaux et à petite échelle était d'environ 2 pour cent.

Tableau 3. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle ayant participé au sondage et mortalité hivernale (en pourcentage) en 2017 pour chaque région apicole en Ontario.

Région apicole Apiculteurs commerciaux Apiculteurs à petite échelle
No de participants Mortalité durant l'hiver (%) No de participants Mortalité durant l'hiver (%)
Centre
38 19 46 29
Est
10 26 37 40
Nord
4 12 12 22
Sud
29 33 29 25
Sud-Ouest
11 20 9 18
Total
92* 27 133 29

*Deux participants de la région du Centre, trois participants de la région Est et un de la région Nord n'ont pas répondu.

Lorsque les apiculteurs étaient regroupés par taille d'exploitation (nombre de colonies gérées), la mortalité des abeilles mellifères durant l'hiver 2016-2017 variait de 15,4 à 35,1 pour cent (tableau 4). Les apiculteurs exploitant de 501 à 1 000 colonies ont déclaré moins de pertes de colonies d'abeilles mellifères que les autres apiculteurs (15,4 pour cent). Cependant, semblablement aux années passées, le nombre de participants dans cette catégorie était faible et cette réduction apparente de la mortalité dans ce groupe pourrait donc être liée à la petite taille de l'échantillon. Le plus grand nombre de participants au sondage possédaient des exploitations apicoles de moins de 10 colonies et, semblablement aux années passées, ces exploitations signalaient la mortalité d'abeilles mellifères la plus importante. Ce groupe peut être composé de nouveaux apiculteurs et de personnes qui gardent les abeilles comme passe-temps. Par conséquent, ce groupe n'a peut-être pas autant d'expérience que les apiculteurs commerciaux qui pourraient contribuer à l'augmentation de la mortalité hivernale.

Tableau 4. Mortalité des abeilles mellifères durant l'hiver 2016-2017 par taille de l'exploitation apicole (nombre de colonies exploitées).

No de participants No de colonies déclarées à l'automne 2016 Mortalité moyenne durant l'hiver (%)
97
<10 35,1
35
10-49 26,8
56
50-200 29,2
19
201-500 22,5
6
501-1000 15,4
9
>1000 29,1

On a demandé aux apiculteurs de déclarer les principaux facteurs qui contribuaient selon eux à la mortalité des abeilles mellifères durant l'hiver. Ces opinions peuvent être basées sur des symptômes observables, l'expérience et le jugement de l'apiculteur ou des spéculations. La mauvaise qualité des reines, la famine et des colonies faibles à l'automne étaient les facteurs les plus souvent déclarés comme influençant la mortalité hivernale par les apiculteurs commerciaux. Les apiculteurs à petite échelle ont cependant signalé que les conditions météorologiques et les colonies faibles à l'automne étaient les principaux facteurs contribuant à la mortalité hivernale (tableau 5).

Tableau 5. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle déclarant des facteurs contributifs à la mortalité de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver 2016-2017.

Cause soupçonnée de perte de colonies No d'apiculteurs commerciaux1 ayant fait une déclaration No d'apiculteurs à petite échelle2 ayant fait une déclaration
Famine
33 21
Mauvaise qualité des reines
40 15
Conditions météorologiques
26 28
Lutte inefficace contre le varroa
30 23
Nosema
9 2
Colonies faibles à l'automne
32 26
Autre
23 25
Ne sais pas
23 20

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2016.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2016.

Pratiques de gestion pour lutter contre les ennemis des cultures et les maladies

Plusieurs théories existent pour expliquer l'observation de la mortalité hivernale accrue des abeilles mellifères au cours des dernières années. La littérature scientifique suggère que la santé des abeilles mellifères est complexe et que plusieurs facteurs peuvent contribuer à la santé d'une colonie d'abeilles mellifères. Par exemple, les colonies peuvent être affaiblies ou tuées par des ennemis des cultures ou des maladies, comme une infestation par l'acarien parasite, Varroa destructor. Les pratiques de gestion, notamment la petite taille du groupe et des magasins à miel inadéquats, peuvent contribuer aux pertes hivernales. D'autres facteurs comme le mauvais temps, la perte d'habitat et l'exposition à des pesticides sont des agents stressants qui peuvent contribuer à la santé d'une colonie.

Même si certains facteurs contribuant à la mortalité des colonies, comme le mauvais temps, ne peuvent pas être contrôlés directement par l'apiculteur, la surveillance des ennemis des cultures et des maladies et le traitement pour y réagir peuvent cependant être contrôlés par l'apiculteur. Pour cette raison, le sondage 2017 sur les pertes hivernales était axé sur la surveillance et la gestion de trois principales menaces pour la santé des colonies : varroa, Nosema et loque américaine.

Varroa (Varroa destructor)

Le varroa est un parasite externe de taille relativement grande qui se nourrit des liquides organiques des abeilles mellifères adultes ou en développement. Il cause des dommages matériels, affaiblit les abeilles et transmet divers pathogènes, en particulier des virus. Dans presque tous les cas, lorsqu'une infestation par le varroa n'est pas bien gérée, toute la colonie d'abeilles finit par mourir. On a demandé aux apiculteurs comment ils surveillaient les infestations par le varroa (figure 2) et les traitements qu'ils avaient utilisés au début (printemps) et à la fin (automne) de la saison apicole 2016 (tableau 6).Type de méthode de surveillance du varroa utilisé par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle en 2016

Figure 2. Type de méthode de surveillance du varroa utilisé par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle en 2016. Les participants au sondage pouvaient donner plus d'une réponse.

Texte équivalent à la figure 2

Parmi les apiculteurs qui ont répondu à cette question, 89 pour cent des apiculteurs commerciaux et 65 pour cent des apiculteurs à petite échelle ont indiqué qu'ils surveillaient la présence d'une infestation par le varroa dans leurs colonies. Un certain nombre de méthodes était utilisé par ces apiculteurs, les plus fréquentes étant le lavage à l'alcool et les plaquettes collantes. Certains apiculteurs utilisaient plus d'une méthode pour surveiller la présence de varroa. Plus fréquemment, lorsque la réponse « Autre » était choisie, l'apiculteur indiquait qu'il faisait l'inspection visuelle de ses colonies pour déceler la présence de varroa, ou qu'il utilisait la méthode du saupoudrage de sucre, qui ne sont pas des méthodes recommandées pour la surveillance du varroa.

Les apiculteurs de l'Ontario utilisent une gamme d'options pour gérer le varroa. Au printemps et à l'automne 2016, la principale méthode pour le traitement du varroa déclarée par les apiculteurs était l'ApivarMD. Les apiculteurs commerciaux ont aussi déclaré utiliser de l'acide formique liquide 65 % (40 ml, épandages multiples), des bandes antimites et de l'ApistanMD. Les apiculteurs à petite échelle ont précisé préférer les bandes antimites à toute autre option de contrôle des parasites. Même si on a documenté des cas de résistance à des produits de contrôle des parasites comme ApistanMD et Checkmite+MC, il n'existe à ce jour aucun cas documenté de varroa résistant à l'ApivarMD.

Les deux traitements les moins fréquemment utilisés par les apiculteurs commerciaux et à petites échelles étaient le Checkmite+ MC et le Thymovar. Afin de ralentir le développement d'une résistance aux traitements chimiques, les apiculteurs ontariens sont avisés d'alterner les traitements contre le varroa dans le cadre d'une stratégie de lutte intégrée contre les ennemis des cultures.

Tableau 6. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler le varroa au printemps et à l'automne 2016. Les participants au sondage pouvaient donner plus d'une réponse.

Traitement contre le varroa Printemps 2016 Automne 2016
Apiculteurs commerciaux (no) Apiculteurs à petite échelle (no) Apiculteurs commerciaux (no) Apiculteurs à petite échelle (no)
ApistanMD (fluvalinate)
7 7 14 15
CheckMite+MD (coumaphos)
1 1 1 2
ApivarMD (amitraz)
23 7 46 19
Thymovar (thymol)
1 3 3 3
Acide formique à 65 % (40 ml, épandage multiple)
16 20 15 20
Acide formique à 65 % (250 ml, épandage unique)
4 6 6 3
Mite Away Quick Strips (acide formique)
13 26 21 36
Acide oxalique
6 5 30 19
Autre
3 7 1 4
Aucun
32 57 7 28

Nosema

Nosema (N. ceranae et N. apis) est le nom d'un pathogène fongique qui infecte le système digestif des abeilles mellifères. La Nosema peut créer un stress supplémentaire pour les colonies, selon le moment de l'année. Une corrélation entre les niveaux d'infestation par Nosema et les pertes hivernales de colonies n'a pas été établie (Guzman et coll. 2010; Emsen et coll. 2016).

La majorité des apiculteurs de l'Ontario n'ont pas appliqué de traitement contre la Nosema au cours de 2016 (tableau 7). Soixante-treize pour cent des apiculteurs (tant commerciaux qu'à petite échelle) qui ont répondu à cette question du sondage ont précisé que le traitement contre la Nosema n'avait pas été appliqué au printemps et 71 pour cent n'avaient pas appliqué de traitement à l'automne 2016.

Tableau 7. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler la Nosema au printemps et à l'automne 2016.

Traitement contre la Nosema Printemps 2016 Automne 2016
Apiculteurs commerciaux (no) Apiculteurs à petite échelle (no) Apiculteurs commerciaux (no) Apiculteurs à petite échelle (no)
Fumagilline
16 35 21 34
Autre
0 3 0 3
Aucun
76 92 72 92

Loque américaine (Paenibacillus larvae)

La loque américaine est causée par des bactéries sporulées, Paenibacillus larvae. Les symptômes cliniques des larves d'abeilles mellifères atteintes peuvent être visuellement observés sur le terrain, alors que les spores ne sont visibles qu'avec un puissant microscope. Les larves d'abeilles mellifères peuvent être infectées en ingérant des spores de P. larvae présentes dans leur nourriture. Ces spores germent dans l'intestin de la larve et peuvent éventuellement tuer les larves infectées.

La majorité des apiculteurs commerciaux (78 pour cent) qui ont répondu à cette question du sondage ont appliqué un traitement contre la loque américaine en 2016 et le traitement le plus souvent déclaré était l'oxytétracycline (tableau 8). Quarante-et-un pour cent des apiculteurs à petite échelle ont déclaré appliquer un traitement contre la loque américaine au printemps et 44 pour cent des apiculteurs à petite échelle utilisaient des traitements contre la loque américaine à l'automne (tableau 8). Même si une loque américaine résistante à l'oxytétracycline a été détectée dans d'autres collectivités publiques comme aux États-Unis, aucun cas documenté n'existe pour des formes présentant une résistance en Ontario.

Tableau 8. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler la loque américaine au printemps et à l'automne 2016.

Traitement contre la loque américaine Printemps 2016 Automne 2016
Apiculteurs commerciaux (no) Apiculteurs à petite échelle (no) Apiculteurs commerciaux (no) Apiculteurs à petite échelle (no)
Oxytétracycline
71 52 70 51
Tylosine
1 0 1 0
Autre
1 1 2 1
Aucun
22 79 23 75

Commentaires généraux et réflexion

Le sondage sur les pertes hivernales en apiculture en Ontario est un outil utile pour recueillir des renseignements sur la mortalité des colonies et le type de pratiques de gestion utilisées par les apiculteurs pour surveiller les maladies et lutter contre elles. La mortalité des colonies d'abeilles mellifères varie d'une année à l'autre, selon les différentes régions apicoles et les exploitations apicoles individuelles. Pris isolément, ce sondage ne peut donner un portrait général de la santé des abeilles mellifères. La santé des abeilles mellifères est complexe et il est difficile d'attribuer les pertes hivernales à une seule cause. Les principaux agents stressants influençant le déclin du nombre de pollinisateurs en Ontario ont été identifiés comme étant les suivants :

  • les conditions météorologiques extrêmes et le changement climatique;
  • les maladies, les ennemis des cultures et la génétique;
  • la réduction de l'habitat et la mauvaise nutrition;
  • l'exposition aux pesticides.

C'est pourquoi le plan d'action pour la santé des pollinisateurs de l'Ontario a été élaboré pour aider à résoudre plusieurs facteurs clés de stress pour la santé des pollinisateurs. La mise en œuvre du plan d'action est en cours et comprend:

  • investir 1 million de dollars dans la recherche innovante en santé des pollinisateurs;
  • travaille à restaurer et à protéger un million d'hectares d'habitat de pollinisateurs dans toute la province;
  • développer et fournir une série d'activités et de programmes visant à améliorer la connaissance des apiculteurs sur les nouveaux enjeux et la recherche, la meilleure gestion et les pratiques intégrées de lutte antiparasitaire

Les apiculteurs commerciaux ont accès à un régime d'assurance-production qui les aidera à gérer les pertes financières liées aux dommages survenant aux colonies d'abeilles durant l'hiver. Le régime d'assurance-production contre la mortalité des abeilles donne aux apiculteurs participants la confiance et la sécurité nécessaire pour réinvestir dans leurs exploitations, encourageant une plus grande innovation, profitabilité et création d'emploi et leur offre le même soutien financier que re-çoivent les apiculteurs des autres provinces.

Le gouvernement travaille à renforcer l'industrie de l'apiculture. Le gouvernement s'est engagé à collaborer avec les agriculteurs, les apiculteurs et les autres intervenants pour mettre en œuvre des initiatives durables à long terme visant à améliorer la santé des abeilles et d'autres pollinisateurs.

L'ACAP compile des données sur la mortalité hivernale fournies par chaque province et publie un rapport annuel sur les pertes de colonies d'abeilles mellifères à l'échelle nationale depuis 2007. Les apiculteurs de l'Ontario ont fréquemment déclaré une mortalité hivernale supérieure à la moyenne nationale (figure 3).

Mortalité hivernale (%) déclarée par les apiculteurs de l'Ontario (bleu) et du Canada (gris) avec les lignes de tendance de 2006-2007 à aujourd'hu

Figure 3. Mortalité hivernale (%) déclarée par les apiculteurs de l'Ontario (bleu) et du Canada (gris) avec les lignes de tendance de 2006-2007 à aujourd'hui.

Texte équivalent à la figure 3

Depuis 2010, les apiculteurs ontariens ont déclaré des pertes annuelles de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver de 15 pour ou plus à toutes les années, à l'exception de 2012 (12 pour cent). Au Canada, l'industrie apicole considère que le taux maximal acceptable et viable de pertes hivernales est de 15 pour cent (Furgala et McCutcheon, 1992; ACAP 2007 à 2016). Durant l'hiver 2013-2014, les apiculteurs ontariens ont déclaré une mortalité hivernale record de 58 pour cent. En 2014-2015 et en 2015-2016, la mortalité hivernale estimée a chuté à 38 pour cent et à 18 pour cent respectivement. Cela a été suivi d'une mortalité hivernale de 27 pour cent en 2016-2017. Même si les apiculteurs ontariens ont déclaré une mortalité hivernale supérieure à la moyenne nationale au cours des dernières années, les pertes de colonies sont inférieures aux pertes déclarées par les apiculteurs américains. Les apiculteurs américains ont déclaré des pertes de 40,5 pour cent en 2015-2016 suivies d'une mortalité hivernale de 33 pour cent en 2016-2017 (Steinhauer et coll. 2017).

Pour plus d'information

Pour en savoir plus sur l'industrie apicole de l'Ontario, ou pour accéder aux ressources et aux services du Programme d'apiculture du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario, notamment des recommandations de traitement et des pratiques de gestion optimales en matière de biosécurité, d'ennemis des cultures présentant un risque élevé, de maladies et d'hivernage, rendez-vous à l'adresse suivante : www.ontario.ca/apiculture.

Pour en découvrir davantage sur l'engagement de l'Ontario envers la santé des pollinisateurs, notamment les mesures de notre gouvernement pour améliorer la santé et réduire la perte des pollinisateurs sauvages et des abeilles d'élevage, rendez-vous à l'adresse suivante : www.ontario.ca/pollinisateurs.

Pour en savoir plus sur le régime d'assurance-production contre la mortalité des abeilles, rendez-vous à l'adresse suivante : www.agricorp.com.

Références

Association Canadienne des apiculteurs professionnels (ACAP). Énoncé sur les pertes d'abeilles mellifères au Canada, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016. www.capabees.com

B. Emsen, E. Guzman-Novoa, M. Hamiduzzaman, L. Eccles, B. Lacey, R. Ruiz-Pérez et M. NASR. 2016. Higher prevalence and levels of Nosema ceranae than Nosema apis infections in Canadian honey bee colonies. Parasitology Research, 115:175-181

B. Furgala, et D.M. McCutcheon. Wintering Productive Colonies; dans GRAHAM, J.M. (éd.), The Hive and the Honey Bee (édition révisée), Dadant and Sons, Hamilton, Illinois, États-Unis, 1992, p. 829 868.

E. Guzman-Novoa, L. Eccles, Y. Calvete, J. McGowan, P. Kelly et A. Correa-Benitez. « Varroa Destructor is the Main Culprit for Death and Reduced Populations of Overwintered Honey Bees in Ontario, Canada », Apidologie, 4 (4), p. 443 450.

A. Steinhauer, K. Rennich, D.M Caron, J.D. Ellis et Coll. 2017. Honey Bee Colony Losses 2016-2017 : Preliminary Results. The Bee Informed Partnership. beeinformed.org


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
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Auteur : Marcia Chiasson- Issues Coordinator/MAAARO
Date de création : 17 août 2017
Dernière révision : 17 août 2017