Sondage 2016 sur les pertes hivernales en apiculture en Ontario

Table des matières


Introduction

Au cours des dernières années, les colonies d'abeilles mellifères d'élevage ont été confrontées à des pertes élevées dans plusieurs collectivités publiques tant au Canada qu'aux États-Unis. Au cours de la période allant de 2005 à 2015, la mortalité des abeilles mellifères durant l'hiver a été en moyenne de 31,5 %. En Ontario, les pertes hivernales ont culminé à 58 pour cent durant l'hiver 2013-2014 et ont été estimées à 38 pour cent durant l'hiver 2014-2015. Récemment, au cours de l'hiver 2015-2016, les pertes d'abeilles mellifères ont été estimées à 18 pour cent.

Il est important de noter que l'industrie apicole en Ontario n'est pas statique. Le nombre de colonies et la quantité de miel produite varient d'une année à l'autre et sont influencés par les conditions météorologiques, les pratiques de gestion, les ravageurs et les maladies ainsi que les agents stressants environnementaux. Le nombre de colonies exploitées par des apiculteurs fluctue aussi pendant l'année. Après une diminution du nombre de colonies pendant les mois d'hiver, un apiculteur peut accroître le nombre de colonies durant les mois d'été en séparant des colonies plus grosses et en santé en plus petits nucléus. En date du 31 décembre 2015, les apiculteurs ontariens avaient inscrit 88 950 colonies pour la saison apicole 2016, comparativement à 100 200 colonies inscrites l'année précédente. Cela représente le nombre de colonies inscrites qui étaient vivantes au début de l'hiver 2015-2016.

Méthodologie

Au cours du printemps 2016, le Programme d'apiculture du MAAARO a sondé les apiculteurs de l'Ontario afin d'estimer les pertes de colonies d'abeilles mellifères survenues durant l'hiver 2015-2016. Le comité d'enquête national de l'Association canadienne des apiculteurs professionnels (ACAP) prépare des questions de base devant être incluses dans chaque sondage provincial afin d'améliorer la cohérence et la comparabilité de la santé des abeilles mellifères à l'échelle du pays. Le Programme d'apiculture de l'Ontario partage ces renseignements normalisés avec l'ACAP dans un format agrégé. Depuis 2007, l'ACAP a compilé les données fournies par chaque province, a publié un rapport annuel sur les pertes de colonies d'abeilles mellifères à l'échelle nationale et a donné un portrait de la santé générale de l'apiculture au Canada.

L'ACAP coordonne la manière dont les pertes hivernales générales sont déclarées, afin de garantir l'uniformité parmi les provinces et les années de sondage. Aux fins du rapport national de l'ACAP, le pourcentage des pertes hivernales de l'Ontario est calculé uniquement à l'aide des réponses fournies par les apiculteurs commerciaux. Cependant, le présent rapport comprend les réponses fournies par tous les apiculteurs, tant commerciaux qu'à petite échelle, recueillies dans le cadre du sondage 2016 sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture en Ontario. Aux fins de ce rapport, les apiculteurs commerciaux et à petite échelle sont considérés comme deux populations différentes. Le sondage cherche à obtenir les pensées, impressions et opinions des apiculteurs ontariens et les renseignements fournis sont volontaires et autodéclarés. Les réponses à ce sondage qui ont été données par les apiculteurs, comme le nombre de colonies mortes durant l'hiver, n'ont pas été vérifiées par le MAAARO ou par un autre organisme indépendant.

À l'aide du nombre de colonies déclarées par les apiculteurs, les pertes hivernales globales à l'échelle de la province sont calculées grâce à la formule suivante :

Pertes hivernales (%)=((nombre total de colonies déclarées mortes et non viables au 15 mai 2016 )/(nombre total de colonies déclarées vivantes au début de l'hiver 2015))x 100

Une colonie morte n'est plus viable commercialement. Une colonie viable sur le plan commercial est définie comme ayant quatre cadres ou plus, couverts d'abeilles à 75 pour cent sur les deux côtés dans une ruche normale de 10 cadres. Cette définition a été harmonisée par l'ACAP en 2015 afin de s'assurer que toutes les provinces déclarent leurs pertes de la même manière. L'Ontario utilise la définition de l'ACAP depuis 2010. Les données des apiculteurs commerciaux et des apiculteurs à petite échelle ont été analysées séparément. Le sondage a été distribué à 203 apiculteurs commerciaux inscrits (définis à cette fin comme possédant 50 colonies ou plus) et à 400 apiculteurs à petite échelle choisis au hasard (définis à cette fin comme possédant un maximum de 49 colonies). Les apiculteurs avaient le choix de répondre par voie électronique grâce à un sondage en ligne, sur un sondage rempli sur papier ou par téléphone. Des réponses ont été reçues de 146 apiculteurs commerciaux et de 174 apiculteurs à petite échelle, ce qui représente 53 % des apiculteurs qui avaient reçu le sondage.

Par type d'apiculteur, des réponses ont été reçues de 72 pour cent des apiculteurs commerciaux représentant 67 250 colonies et de 44 pour cent des apiculteurs à petite échelle représentant 1 884 colonies (tableau 1). Combinées, les réponses représentent 78 pour cent du nombre total de colonies inscrites en Ontario en date du 31 décembre 2015. Même si elles ne sont pas divulguées à l'ACAP afin d'être incluses dans l'enquête nationale sur les pertes hivernales d'abeilles mellifères, les réponses des exploitations apicoles à petite échelle aideront à fournir des observations sur l'industrie de l'apiculture de l'Ontario.

Tableau 1. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle, par région, qui ont répondu au sondage 2016 sur les pertes hivernales en apiculture en Ontario.

Région Apiculteurs commerciaux1 Apiculteurs à petite échelle2
Nombre de participants % de participants Nombre de participants % de participants
Centre
61 41,8 49 28,2
Est
29 19,9 45 25,7
Nord
4 2,7 21 12,1
Sud
37 25,3 48 27,6
Sud-Ouest
15

10,3

11 6,3
Total
146 100 174 100

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015.

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015.

Résultats

Les renseignements du présent rapport sont un résumé des réponses recueillies auprès de tous les apiculteurs qui ont répondu au sondage sur les pertes hivernales en apiculture.

Pertes hivernales de colonies d'abeilles mellifères

Les Les apiculteurs commerciaux de l'Ontario ont déclaré des pertes de colonies d'abeilles mellifères d'environ 18 pour cent au cours de l'hiver 2015-2016 (tableau 2).

Tableau 2. Nombre de colonies d'abeilles mellifères complètes hivernées à l'automne 2015, nombre de colonies viables après l'hiver et nombre de colonies non viables en date du 15 mai 2016, en fonction des réponses des apiculteurs au sondage 2016 sur les pertes hivernales en apiculture.

Type d'apiculteurs Colonies complètes hivernées à l'automne 2015 Colonies viables après l'hiver en date du 15 mai 2016 Colonies non viables en date du 15 mai 2016 Pertes hivernales (%)
Commerciaux1
67 250 55 195 12 055 17,9
À petite échelle2
1 884 1 435 449 23,8

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015.

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015.

Au Canada, l'industrie considère que le taux maximal acceptable et viable de pertes hivernales est de 15 pour cent (Furgala et McCutcheon, 1992; ACAP 2007 à 2015).

L'industrie apicole a été divisée en cinq régions distinctes par comté provincial en fonction de modèles géographiques, climatiques et météorologiques (figure 1).

Régions apicoles de l'Ontario

Figure 1. Régions apicoles de l'Ontario Nord (vert), Est (rouge), Centre (jaune), Sud (bleu) et Sud-Ouest (orange).

Nord : Comtés de Manitoulin, Parry Sound, Nipissing, Sudbury, Algoma, Temiskaming, Cochrane, Thunder Bay, Rainy River, et Kenora.

Est : Comtés de Hastings, Renfrew, Lennox & Addington, Prince Edward, Frontenac, Leeds & Grenville, Lanark, Ottawa, Stormont, Dundas & Glengarry, et Prescott & Russell.

Centre : Comtés de Muskoka, Bruce, Grey, Simcoe, Peel, York, Toronto, Durham, Dufferin, Kawartha Lakes, Haliburton, Peterborough, et Northumberland.

Sud : Comtés de Wellington, Huron, Perth, Oxford, Norfolk, Brant, Waterloo, Hamilton, Halton, Haldimand, et Niagara.

Sud-Ouest : Comtés de Middlesex, Elgin, Lambton, Chatham-Kent, et Essex.

Le sondage a été envoyé à des apiculteurs partout dans la province et des réponses ont été reçues de l'ensemble des cinq régions apicoles. Certaines régions apicoles ont une activité apicole plus importante que d'autres, comme on le voit en comparant le nombre d'apiculteurs dans le Nord au nombre d'apiculteurs dans le Sud de la province. La majorité des apiculteurs commerciaux qui ont répondu au sondage provenaient des régions apicoles du Centre et du Sud. Ces régions sont connues comme ayant l'activité apicole la plus importante. Les exploitations apicoles à petite échelle ont eu un taux de réponse semblable (allant de 45 à 49 participants) pour les régions apicoles du Centre, de l'Est et du Sud.

Les pertes hivernales estimées et le nombre de participants variaient selon la région (tableau 3). Les apiculteurs commerciaux ont déclaré les pertes les plus importantes dans la région de l'Est, alors que les apiculteurs à petite échelle ayant déclaré les pertes les plus élevées provenaient des régions du Sud et de l'Est. Au total, la différence des pertes durant l'hiver 2015-2016 entre les apiculteurs commerciaux et à petite échelle était d'environ 6 pour cent. Le ministère a suivi les pertes hivernales des apiculteurs commerciaux depuis plusieurs années. Nous avons commencé à suivre ceux signalés par les petits apiculteurs en 2014, ce qui a permis de comparer les deux groupes. Depuis 2014, c'est la première fois qu'une différence est constatée entre les pertes hivernales estimées pour les groupes d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle.

Tableau 3. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle ayant participé au sondage et pertes hivernales globales (en pourcentage) pour chaque région apicole en Ontario.

Région apicole Apiculteurs commerciaux1 Apiculteurs à petite échelle2
Nombre de participants Pertes hivernales globales (%) Nombre de participants Pertes hivernales globales (%)
Centre
61 18,3 49 20,3
Est
29 26,3 45 26,2
Nord
4 20,6 21 21,0
Sud
37 15,9 48 27,4
Sud-Ouest
15 16,5 11 20,8
Total
146 17,9 174 23,8

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015.

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015.

Lorsque les apiculteurs étaient regroupés en fonction de la taille de l'exploitation (nombre de colonies gérées), les pertes hivernales de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver 2015-2016 étaient similaires parmi la plupart des groupes (tableau 4), à l'exception des apiculteurs exploitant moins de 10 colonies et ceux exploitant entre 501 à 1 000 colonies. Les apiculteurs exploitant de 501 à 1 000 colonies ont déclaré moins de pertes de colonies d'abeilles mellifères que les autres apiculteurs (9,7 pour cent). Cependant, le nombre de participants dans cette catégorie était faible (la taille de l'échantillon était de 8) et cette réduction apparente de la mortalité dans ce groupe pourrait donc être liée à la petite taille de l'échantillon. Le plus grand nombre de participants au sondage possédaient des exploitations apicoles de moins de 10 colonies (tableau 4) et ces exploitations signalaient les pertes de colonies d'abeilles mellifères les plus importantes.

Tableau 4. Les pertes hivernales globales de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver 2015-2016 par taille de l'exploitation apicole (nombre de colonies exploitées).

Nombre de participants Nombre de colonies déclarées à l'automne 2015 Pertes hivernales moyennes (%)
115
<102 31,1
59
10-492 20,7
85
50-2001 21,2
37
201-5001 20,4
8
501-10001 9,7
16
>10001 17,7

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015.

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015.

On demandait aux apiculteurs de déclarer ce qu'ils considéraient être les principaux facteurs ayant contribué aux pertes de leurs colonies d'abeilles durant l'hiver 2015-2016. Ces opinions peuvent avoir été basées sur des symptômes, l'expérience et le jugement de l'apiculteur ou des spéculations. La famine, la mauvaise qualité des reines et des colonies faibles à l'automne étaient les facteurs les plus souvent déclarés comme influençant les pertes hivernales, tant par les apiculteurs commerciaux qu'à petite échelle (tableau 5).

Tableau 5. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle déclarant des facteurs contributifs aux pertes de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver 2015-2016.

Cause soupçonnée de perte de colonies Nombre d'apiculteurs commerciaux1 ayant fait une déclaration Nombre d'apiculteurs à petite échelle2 ayant fait une déclaration
Famine
57 25
Mauvaise qualité des reines
66 34
Conditions météorologiques extrêmes
20 21
Lutte inefficace contre le varroa
28 15
Nosema
10 6
Colonies faibles à l'automne
56 45
Autre3
31 21
Ne sais pas
37 52

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015.

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015.

3Les facteurs les plus souvent mentionnés par les participants ayant choisi la catégorie << Autre >> étaient une exposition soupçonnée à des pesticides (15 apiculteurs commerciaux et 10 apiculteurs à petite échelle) et des dommages causés par la faune (4 apiculteurs commerciaux et 3 apiculteurs à petite échelle).

Pratiques de gestion pour lutter contre les ravageurs et les maladies

Plusieurs théories tentent d'expliquer l'accroissement de la mortalité des colonies d'abeilles mellifères au cours des dernières années et plusieurs facteurs contribuent à la santé d'une colonie. Les colonies peuvent être affaiblies ou tuées par des ravageurs ou des maladies, comme une infestation par le varroa. Les pratiques de gestion, notamment la petite taille du groupe et des magasins à miel inadéquats, peuvent contribuer aux pertes hivernales. D'autres facteurs comme le mauvais temps, la perte d'habitat et l'exposition à des pesticides sont des agents stressants qui peuvent contribuer à la santé d'une colonie.

Même si certains facteurs contribuant à la mortalité des colonies, comme le mauvais temps, ne peuvent pas être contrôlés par l'apiculteur, la surveillance et le traitement des ravageurs et des maladies peuvent être gérés. Pour cette raison, le sondage 2016 sur les pertes hivernales était axé sur la surveillance et la gestion de trois principales menaces pour la santé des colonies : varroa, Nosema et loque américaine.

Varroa destructor

Le varroa est un parasite externe de taille relativement grande qui se nourrit des liquides organiques des abeilles mellifères adultes ou en développement. Il cause des dommages matériels, affaiblit les abeilles et transmet divers pathogènes, en particulier des virus. Dans presque tous les cas, lorsqu'une infestation par le varroa n'est pas bien gérée, toute la colonie d'abeilles finit par mourir. On a demandé aux apiculteurs comment ils surveillaient les infestations par le varroa (tableau 6) et les traitements qu'ils avaient utilisés au début (printemps) et à la fin (automne) de la saison apicole 2015 (tableau 7).

Tableau 6. Type de méthode de surveillance du varroa utilisé par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle en 2015.

  Apiculteurs commerciaux Apiculteurs à petite échelle
Carton collant
15% 38%
Lavage à l'alcool
40% 12%
Autre
25% 17%
Aucun
20% 33%

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015.

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015.

Parmi les apiculteurs qui ont répondu à cette question, 78 pour cent des apiculteurs commerciaux et 64 pour cent des apiculteurs à petite échelle ont indiqué qu'ils surveillaient la présence d'une infestation par le varroa dans leurs colonies. Un certain nombre de méthodes était utilisé par ces apiculteurs, les plus fréquentes étant le lavage à l'alcool et les cartons collants. Certains apiculteurs utilisaient plus d'une méthode pour surveiller la présence de varroa. Plus fréquemment, lorsque la réponse << Autre >> était choisie, l'apiculteur indiquait qu'il faisait l'inspection visuelle de ses colonies pour déceler la présence de varroa, ou qu'il utilisait la méthode du saupoudrage de sucre. Le Rapport de l'apiculteur provincial pour 2015 contient de plus amples renseignements sur le degré d'infestation par le varroa dans les colonies d'abeilles mellifères de l'Ontario (www.ontario.ca/apiculture).

Tableau 7. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler le varroa au printemps et à l'automne 2015

Traitement contre le varroa Printemps 2015 Automne 2015
Apiculteurs commerciaux1 Apiculteurs à petite échelle2 Apiculteurs commerciaux Apiculteurs à petite échelle
ApistanMD (fluvalinate)
7 14 11 16
CheckMite+MD (coumaphos)
0 0 1 4
ApivarMD (amitraz)
37 14 66 37
Thymovar (thymol)
2 9 6 14
Acide formique à 65 % (40 ml, épandage multiple)
43 16 41 11
Acide formique à 65 % (250 ml, épandage unique)
13 20 13 19
Mite Away Quick Strips (acide formique)
21 30 26 32
Acide oxalique
7 6 40 24
Autre3
7 9 3 7
Aucun
31 61 7 30

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015

3Lorsque les participants choisissaient << Autre >>, les facteurs les plus fréquemment déclarés étaient l'interruption du cycle des couvains et l'enlèvement des alvéoles mâles

Les apiculteurs de l'Ontario utilisent une gamme d'options pour gérer le varroa. Au printemps et à l'automne 2015, les deux principales méthodes pour le traitement du varroa déclarées par les apiculteurs commerciaux étaient l'ApivarMD et l'acide formique liquide à 65 % (40 ml, épandage multiple), ce qui est cohérent avec les résultats du sondage 2014-2015. À ce jour, il n'y a eu aucun cas documenté de varroa résistant à l'ApivarMD en Ontario.

Les deux traitements les moins fréquemment utilisés par les apiculteurs commerciaux et à petites échelles étaient le Checkmite+ MC et le Thymovar. Afin de ralentir le développement d'une résistance aux traitements chimiques, les apiculteurs canadiens sont avisés d'alterner les traitements contre le varroa dans le cadre d'une stratégie de lutte intégrée contre les ennemis des cultures.

Nosema

Nosema (N. ceranae et N. apis) est le nom d'un pathogène fongique qui infecte le système digestif des abeilles mellifères. La Nosema peut créer un stress supplémentaire pour les colonies, selon le moment de l'année. Cependant, de récentes recherches menées en Ontario (Guzman et coll. 2010) n'ont pas permis d'établir une corrélation entre les niveaux d'infestation par Nosema et les pertes hivernales.

La majorité des apiculteurs de l'Ontario n'ont pas appliqué de traitement contre la Nosema au cours de 2015 (tableau 8). Soixante-dix-huit pour cent des apiculteurs qui ont répondu à cette question du sondage ont précisé que le traitement contre la Nosema n'avait pas été appliqué au printemps et 75 pour cent n'avaient pas appliqué de traitement à l'automne 2015.

Tableau 8. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler la Nosema au printemps et à l'automne 2015.

Traitement contre la Nosema Printemps 2015 Automne 2015
Apiculteurs commerciaux1 Apiculteurs à petite échelle2 Apiculteurs commerciaux Apiculteurs à petite échelle
Fumagilline
21 41 31 40
Autre
4 2 4 1
Aucun
116 120 105 121

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015

Loque américaine (Paenibacillus larvae)

La loque américaine est causée par des bactéries sporulées, Paenibacillus larvae. Les symptômes cliniques des larves d'abeilles mellifères atteintes peuvent être visuellement observés sur le terrain, alors que les spores ne sont visibles qu'avec un puissant microscope. Les larves d'abeilles mellifères peuvent être infectées en ingérant des spores de P. larvae présentes dans leur nourriture. Ces spores germent dans l'intestin de la larve et peuvent éventuellement tuer les larves infectées.

La majorité des apiculteurs ontariens qui ont répondu à cette question du sondage ont appliqué un traitement contre la loque américaine en 2015 et le traitement le plus souvent déclaré était l'oxytétracycline (de 57 pour cent au printemps à 55 pour cent à l'automne; tableau 9). Même si une loque américaine résistante à l'oxytétracycline a été détectée dans d'autres collectivités publiques comme aux États-Unis, aucun cas documenté n'existe pour des formes présentant une résistance en Ontario.

Tableau 9. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler la loque américaine au printemps et à l'automne 2015.

Traitement contre la loque américaine Printemps 2015 Automne 2015
Apiculteurs commerciaux1 Apiculteurs à petite échelle2 Apiculteurs commerciaux Apiculteurs à petite échelle
Oxytétracycline
102 64 94 66
Tylosin
2 0 2 1
Autre
3 3 4 1
Aucun
35 97 40 98

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2015

2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2015

Commentaires généraux et réflexion

Le sondage sur les pertes hivernales en apiculture en Ontario est un outil utile pour recueillir des renseignements sur la mortalité des colonies, le type de pratiques de gestion utilisées et les préoccupations des apiculteurs ontariens. Pris isolément, ce sondage ne peut donner un portrait général de la santé des abeilles. Afin d'obtenir une compréhension exhaustive de l'état de la santé des abeilles mellifères en Ontario, les résultats de ce sondage doivent être évalués avec les données recueillies sur le terrain, les rapports d'inspection durant la saison, ainsi que les projets de surveillance. Nous savons que la santé des abeilles est une question complexe et c'est pourquoi le Plan d'action pour la santé des pollinisateurs du gouvernement est axé sur le renforcement de la santé des pollinisateurs afin de garantir des écosystèmes sains, un secteur agricole productif et une économie forte.

Depuis 2010, les apiculteurs ontariens ont déclaré des pertes annuelles de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver de 15 pour ou plus à toutes les années, à l'exception de 2012 (12 pour cent). Au Canada, l'industrie apicole considère que le taux maximal acceptable et viable de pertes hivernales est de 15 pour cent (Furgala et McCutcheon, 1992; ACAP 2007 à 2015). Durant l'hiver 2013-2014, les apiculteurs de l'Ontario ont déclaré les pertes hivernales de colonies d'abeilles mellifères les plus élevées historiquement. Au cours des deux derniers hivers (2014-2015 et 2015-2016), les pertes hivernales de colonies ont été en déclin. Même s'il s'agit d'une bonne nouvelle pour l'industrie, la prudence est requise puisque les pertes hivernales varient d'une année à l'autre et doivent être étudiées sur une plus longue période de temps avant de tirer des conclusions.

Les pertes hivernales sont difficilement attribuables à une seule cause. Les principaux agents stressants influençant la diminution du nombre de pollinisateurs en Ontario ont été identifiés comme étant les suivants :

  • les conditions météorologiques extrêmes et le changement climatique;
  • les maladies, les ravageurs et la génétique;
  • la réduction de l'habitat et la mauvaise nutrition;
  • l'exposition aux pesticides.

La stratégie pour améliorer la santé des abeilles mellifères en Ontario exige une approche exhaustive qui aborde tous les agents stressants énumérés ci-dessus et qui comprend le déploiement continu de pratiques de lutte intégrée contre les ennemis des cultures par les apiculteurs et les producteurs, une augmentation des aires de butinages favorables aux pollinisateurs, ainsi que des recherches supplémentaires sur les la santé des abeilles mellifères.

Depuis 2015, les apiculteurs ontariens ont accès à un régime d'assurance-production qui les aidera à gérer les pertes financières liées aux dommages survenant aux colonies d'abeilles durant l'hiver. Le régime d'assurance-production contre la mortalité des abeilles donne aux apiculteurs participants la confiance et la sécurité nécessaire pour réinvestir dans leurs exploitations, encourageant une plus grande innovation, profitabilité et création d'emploi et leur offre le même soutien financier que reçoivent les apiculteurs des autres provinces. Pour en savoir plus sur le régime d'assurance-production contre la mortalité des abeilles, rendez-vous à l'adresse suivante : www.agricorp.com.

Pour en découvrir davantage sur l'engagement de l'Ontario envers la santé des pollinisateurs, notamment les mesures de notre gouvernement pour améliorer la santé et réduire la perte des pollinisateurs sauvages et des abeilles d'élevage, rendez-vous à l'adresse suivante : www.ontario.ca/pollinisateurs.

Références :

Asssociation Canadienne des apiculteurs professionnels (ACAP). Énoncé sur les pertes d'abeilles mellifères au Canada, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015. www.capabees.com

Currie, R., E. Guzman et S. Pernal. "Honey Bee Colony Losses in Canada", Journal of Apicultural Research, vol. 49, no 1, 2010, p. 104-106.

Furgala, B., et D.M. McCutcheon. Wintering Productive Colonies; dans Graham, J.M. (éd.), The Hive and the Honey Bee (édition révisée), Dadant and Sons, Hamilton, Illinois, États-Unis, 1992, p. 829 868.

Guzman-Novoa, E., L. Eccles, Y. Calvete, J. McGowan, P. Kelly et A. Correa-Benitez. "Varroa Destructor is the Main Culprit for Death and Reduced Populations of Overwintered Honey Bees in Ontario, Canada", Apidologie, vol. 4, no 4, 2010, p. 443 450.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Wael Haddad - Apiary Data Coordinator/MAAARO
Date de création : 26 août 2016
Dernière révision : 13 decembre 2016