Sondage 2015 sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture en Ontario

Table des matières


Introduction

L'industrie apicole de l'Ontario est l'une des plus diversifiées au Canada. Les apiculteurs de l'Ontario sont engagés dans la production de miel pour un marché intérieur important, la production et la vente de reines, de nucléus et de colonies d'abeilles mellifères afin de répondre à une demande toujours croissante pour des abeilles mellifères. Ils offrent également des services de pollinisation pour le secteur des fruits et des légumes.

La gestion des abeilles mellifères et de l'apiculture en Ontario est réglementée par la Loi sur l'apiculture. L'objectif principal de la loi est de protéger la santé des abeilles mellifères, particulièrement contre les ravageurs et les maladies. Toute personne qui est propriétaire ou qui est en possession d'abeilles mellifères doit s'inscrire annuellement auprès du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales (MAAARO). Dans le cadre du processus d'inscription, les apiculteurs ont l'obligation de préciser l'emplacement des ruchers et le nombre de colonies d'abeilles mellifères qu'ils gèrent. L'apiculteur provincial et les inspecteurs apicoles nommés aux termes de la loi mènent des inspections relatives à la présence de maladies et de ravageurs chez les abeilles mellifères, les pertes anormales d'abeilles, en plus d'émettre des permis aux apiculteurs.

L'industrie apicole n'est pas statique. Le nombre de colonies et la quantité de miel produite varient d'une année à l'autre et sont influencés par les conditions météorologiques, les pratiques de gestion, les ravageurs et les maladies ainsi que les facteurs de stress environnementaux. Le nombre de colonies exploitées par des apiculteurs fluctue aussi pendant l'année. Après une diminution du nombre de colonies pendant les mois d'hiver, un apiculteur peut accroître le nombre de colonies durant les mois d'été en séparant des colonies plus grosses et en santé en plus petits nucléus. En 2014, le Programme d'apiculture du MAAARO a déclaré à Statistique Canada que les apiculteurs de l'Ontario avaient inscrit 112 800 colonies. En date du 31 décembre 2014, les apiculteurs de l'Ontario avaient inscrit 100 200 colonies pour 2015. Cela représente le nombre de colonies qui étaient vivantes au début de l'hiver 2014-2015.

Au cours des dernières années, les colonies d'abeilles mellifères gérées ont été confrontées à des pertes élevées dans plusieurs collectivités publiques tant au Canada qu'aux États-Unis. En Ontario, les pertes hivernales ont atteint un seuil record de 58 % durant l'hiver 2013-2014. En réaction aux pertes hivernales élevées, le gouvernement de l'Ontario a créé le Programme d'aide financière aux apiculteurs. Le programme continue en 2015, aidant les apiculteurs qui ont subi des pertes élevées de colonies d'abeilles mellifères au cours de l'hiver à remplacer et à reconstruire des colonies en santé. Les apiculteurs ontariens ont désormais accès à un nouveau régime d'Assurance-production qui va les aider à gérer les pertes financières causées par les dommages que subissent les colonies d'abeilles en hiver.

En plus d'estimer les pertes de colonies d'abeilles mellifères durant les mois d'hiver, le sondage 2015 sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture en Ontario a recueilli des renseignements concernant la santé de l'industrie des abeilles mellifères et les pratiques de gestion utilisées par les apiculteurs ontariens. Ces renseignements seront utilisés pour offrir une meilleure compréhension des facteurs qui affectent la santé des abeilles mellifères et orienter les stratégies futures en matière de recherche et d'atténuation.

Méthodologie

Au cours du printemps 2015, le Programme d'apiculture du MAAARO a sondé les apiculteurs de l'Ontario afin d'estimer les pertes de colonies d'abeilles mellifères survenues durant l'hiver 2014-2015. Le comité de sondage national de l'Association canadienne des apiculteurs professionnels (ACAP) prépare des questions de base devant être incluses dans chaque sondage provincial afin d'améliorer la cohérence et la comparabilité de la santé des abeilles mellifères à l'échelle du pays. Le Programme d'apiculture partage ces renseignements normalisés avec l'ACAP dans un format agrégé. Depuis 2007, l'ACAP a compilé les données fournies par chaque province et a publié un rapport annuel sur les pertes de colonies d'abeilles mellifères à l'échelle nationale qui donne un portrait de la santé générale de l'apiculture au Canada.

En plus des questions de base du sondage établies par l'ACAP, les provinces peuvent poser des questions supplémentaires dans leur propre sondage provincial annuel qui revêtent une importance particulière pour les conditions, problèmes et pratiques de gestion de leur région.

L'ACAP coordonne la manière dont les pertes hivernales générales sont déclarées, afin de garantir l'uniformité parmi les provinces et les années de sondage. Aux fins du rapport national de l'ACAP, le pourcentage des pertes hivernales de l'Ontario est calculé à l'aide des réponses fournies par les apiculteurs commerciaux. Cependant, le présent rapport est basé sur les réponses fournies par tous les apiculteurs recueillies dans le cadre du sondage 2015 sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture en Ontario. Le sondage cherche à obtenir les pensées, impressions et opinions des apiculteurs ontariens et les renseignements fournis sont volontaires et autodéclarés.

Afin de s'aligner avec d'autres collectivités publiques canadiennes (Alberta, Manitoba, Québec et Saskatchewan) le sondage de l'Ontario pour 2014-2015 n'a pas été anonyme comme c'était le cas les années précédentes. Un sondage désigné permet au personnel du Programme d'apiculture de faire un suivi si des écarts ou des préoccupations sont décelés, en plus de permettre un meilleur suivi des tendances dans le secteur apicole. Les réponses à ce sondage qui ont été données par les apiculteurs, comme le nombre de colonies mortes durant l'hiver, n'ont pas été vérifiées par le MAAARO ou par un autre organisme indépendant.

À l'aide du nombre de colonies déclarées par les apiculteurs, les pertes hivernales globales à l'échelle de la province sont calculées grâce à la formule suivante :

Pertes hivernales (%) = ((nombre total de colonies déclarées mortes et non viables au 15 mai 2015)/(nombre total de colonies déclarées vivantes au début de l'hiver 2014))x 100

Une colonie morte n'est plus viable commercialement. Une colonie viable sur le plan commercial est définie comme ayant quatre cadres ou plus, couverts d'abeilles à 75 % sur les deux côtés dans une ruche normale de 10 cadres. Cette définition a été harmonisée par l'ACAP en 2015, afin de s'assurer que toutes les provinces déclarent leurs pertes de la même manière. L'Ontario utilise la définition de l'ACAP depuis 2010.

Les données des apiculteurs commerciaux et des apiculteurs à petite échelle ont été analysées séparément. Le sondage a été distribué à 199 apiculteurs commerciaux inscrits (définis à cette fin comme possédant 50 colonies ou plus) et à 368 apiculteurs à petite échelle choisis au hasard (définis à cette fin comme possédant un maximum de 49 colonies). Les apiculteurs avaient le choix de répondre par voie électronique grâce à un sondage en ligne, sur un sondage rempli sur papier ou par téléphone. Des réponses ont été reçues de 109 apiculteurs commerciaux et de 96 apiculteurs à petite échelle, ce qui représente 36 % des apiculteurs qui avaient reçu le sondage.

Par type d'apiculteur, des réponses ont été reçues de 55 pour cent des apiculteurs commerciaux représentant 38 667 colonies et de 26 pour cent des apiculteurs à petite échelle représentant 1 720 colonies (tableau 1). Combinées, les réponses représentent 40 pour cent du nombre total de colonies inscrites en Ontario en date du 31 décembre 2014. Même si elles ne sont pas divulguées à l'ACAP, les réponses des exploitations apicoles à petite échelle aideront à fournir des observations sur l'industrie de l'apiculture de l'Ontario.

Tableau 1. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle, par région, qui ont répondu au sondage 2015 sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture en Ontario.

Apiculteurs commerciaux1

Région
Nombre de participants
% de participants
Centre
37
34,3
Est
22
20,4
Nord
3
2,8
Sud
36
33,3
Sud-Ouest
11
10,2
Total
109
100

Apiculteurs à petite échelle2

Région
Nombre de participants
% de participants
Centre
21
21,9
Est
21
21,9
Nord
11
11,5
Sud
35
36,5
Sud-Ouest
8
8,3
Total
96
100

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.

Résultats

Les renseignements du présent rapport sont un résumé des réponses recueillies auprès de tous les apiculteurs qui ont répondu au sondage sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture.

Pertes hivernales de colonies d'abeilles mellifères

Les apiculteurs commerciaux de l'Ontario ont déclaré des pertes de colonies d'abeilles mellifères d'environ 38 % au cours de l'hiver 2014-2015 (tableau 2).

Tableau 2. Nombre de colonies d'abeilles mellifères complètes hivernées à l'automne 2014, nombre de colonies viables après l'hiver et nombre de colonies non viables en date du 15 mai 2015, en fonction des réponses des apiculteurs au sondage 2015 sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture.

Type d'apiculteurs
Colonies complètes hivernées à l'automne 2014
Colonies viables après l'hiver en date du 15 mai 2015
Colonies non viables en date du 15 mai 2015
Pertes hivernales (%)
Commerciaux1
38 667
24 041
14 626
38
À petite échelle2
1 720
1 079
641
37

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.

Le taux de 38 pour cent de pertes hivernales globales estimé par le Programme d'apiculture est substantiellement inférieur aux 58 pour cent de pertes hivernales globales déclarés en 2014. Même si cette diminution des pertes hivernales est positive pour la santé de l'industrie apicole, il est encore deux fois supérieur à ce que les apiculteurs considèrent comme viable. Au Canada, un taux de 15 pour cent est considéré comme le taux maximal de pertes hivernales acceptables et durable par les apiculteurs (Furgala et McCutcheon, 1992; ACAP, 2007 à 2014).

L'industrie de l'apiculture a été divisée en cinq régions distinctes par comté provincial en fonction de modèles géographiques, climatiques et météorologiques (figure 1).

Régions apicoles de l'Ontario

Figure 1. Régions apicoles de l'Ontario : Nord (vert), Est (rouge), Centre (jaune), Sud (bleu) et Sud-Ouest (orange).

Nord : Comtés de Manitoulin, Parry Sound, Nipissing, Sudbury, Algoma, Temiskaming, Cochrane, Thunder Bay, Rainy River, et Kenora.
Est : Comtés de Hastings, Renfrew, Lennox & Addington, Prince Edward, Frontenac, Leeds & Grenville, Lanark, Ottawa, Stormont, Dundas & Glengarry, et Prescott & Russell.
Centre : Comtés de Muskoka, Bruce, Grey, Simcoe, Peel, York, Toronto, Durham, Dufferin, Kawartha Lakes, Haliburton, Peterborough, et Northumberland.
Sud : Comtés de Wellington, Huron, Perth, Oxford, Norfolk, Brant, Waterloo, Hamilton, Halton, Haldimand, et Niagara.
Sud-Ouest : Comtés de Middlesex, Elgin, Lambton, Chatham-Kent, et Essex.


Le sondage a été envoyé à des apiculteurs partout dans la province et les participants représentent toutes les régions apicoles. Certaines régions apicoles ont une activité apicole plus importante que d'autres, comme on le voit en comparant le nombre d'apiculteurs dans le Nord au nombre d'apiculteurs dans le Sud de la province. La majorité des participants au sondage, tant les apiculteurs commerciaux que ceux à petite échelle, provenaient de la région du Centre et du Sud, puisque ces régions présentent l'activité apicole la plus importante. Les pertes hivernales estimées et le nombre de participants variaient selon la région (tableau 3). Globalement, les pertes de colonies durant l'hiver 2014-2015 étaient semblables pour les apiculteurs commerciaux et à petite échelle.

Tableau 3. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle ayant participé au sondage et pertes hivernales globales (en pourcentage) pour chaque région apicole en Ontario.

Apiculteurs commerciaux1

Région
Nombre de participants
Pertes hivernales globales (%)
Centre
42
34,6
Est
22
25,3
Nord
3
63,3
Sud
27
44,0
Sud-Ouest
11
23,0
Total3
105
37,8

Apiculteurs à petite échelle2

Région
Nombre de participants
Pertes hivernales globales (%)
Centre
24
40,2
Est
19
34,1
Nord
11
32,3
Sud
32
39,9
Sud-Ouest
8
32,7
Total3
94
37,3

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.
3Six apiculteurs (4 commerciaux et 2 à petite échelle) n'ont pas été inclus dans ce tableau puisque les renseignements sur le comté n'avaient pas été fournis.

Lorsque les apiculteurs étaient regroupés en fonction de la taille de l'exploitation (nombre de colonies gérées), les pertes hivernales de colonies d'abeilles mellifères durant 2014-2015 ne différaient pas pour la plupart des groupes (tableau 4). Les apiculteurs exploitant de 200 à 1 000 colonies ont déclaré moins de pertes de colonies d'abeilles mellifères que les autres apiculteurs. Le taux de participation des apiculteurs gérant de 201 à 500 et de 501 à 1 000 colonies est relativement faible comparativement au nombre de participants pour les catégories de 10 à 49 et de 50 à 200 colonies.

Tableau 4. Les pertes hivernales globales de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver 2014-2015 par taille de l'exploitation apicole (nombre de colonies exploitées).

Nombre de participants Nombre de colonies déclarées à l'automne 2014 Pertes hivernales moyennes (%)
35
<101
37,5
59
10-491
38,3
67
50-2002
41,6
24
201-5002
27,4
8
501-10002
25,0
6
>10002
37,6

1Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.
2Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.

On demandait aux apiculteurs de déclarer ce qu'ils considéraient être les principaux facteurs ayant contribué aux pertes de colonies d'abeilles durant l'hiver 2014-2015. Ces opinions peuvent avoir été basées sur des symptômes, l'expérience et le jugement de l'apiculteur ou des spéculations. La famine et les colonies faibles à l'automne étaient les facteurs les plus souvent déclarés comme influençant les pertes hivernales, tant par les apiculteurs commerciaux qu'à petite échelle (tableau 5).

Tableau 5. Nombre d'apiculteurs commerciaux et à petite échelle déclarant des facteurs contributifs aux pertes de colonies d'abeilles mellifères durant l'hiver 2014-2015.

Cause soupçonnée de perte de colonies Nombre d'apiculateurs commerciaux1 ayant fait des déclarations Nombre d'apiculteurs à petite échelle2 ayant fait des déclarations
Famine
46
33
Mauvaise qualité des reines
36
19
Exposition aiguë à des pesticides
15
6
Exposition chroniques à des pesticides
21
8
Lutte inefficace contre le varroa
15
8
Nosema
18
12
Colonies faibles à l'automne
37
35
Autre
25
22
Ne sais pas
26
25

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.

Pratiques de gestion pour lutter contre les ravageurs et les maladies

Plusieurs théories concurrentes tentent d'expliquer l'accroissement de la mortalité des colonies d'abeilles mellifères au cours des dernières années et plusieurs facteurs contribuent à la santé d'une colonie. Les colonies peuvent être affaiblies ou tuées par des ravageurs ou des maladies, comme une infestation par le varroa. Les pratiques de gestion comme la petite taille du groupe et des magasins à miel inadéquats peuvent contribuer aux pertes hivernales. De plus, des agents de stress environnementaux comme le mauvais temps, la perte d'habitat et l'exposition chronique à des pesticides peuvent aussi contribuer à une réduction de la santé d'une colonie.

Même si certains facteurs contribuant à la mortalité des colonies, comme le mauvais temps, ne peuvent pas être contrôlés par l'apiculteur, la surveillance et le traitement des ravageurs et des maladies peuvent être gérés. Pour cette raison, le sondage 2015 sur les pertes hivernales était axé sur la surveillance et la gestion de trois principales menaces pour la santé des colonies : varroa, Nosema et loque américaine.

Varroa destructor

Le varroa est un parasite externe de taille relativement grande qui se nourrit des liquides organiques des abeilles mellifères adultes ou en développement. Il cause des dommages matériels, affaiblit les abeilles et transmet divers pathogènes, en particulier des virus. Dans presque tous les cas, lorsqu'une infestation par le varroa n'est pas bien gérée, toute la colonie d'abeilles finit par mourir. On a demandé aux apiculteurs comment ils surveillaient les infestations par le varroa et les traitements qu'ils avaient utilisés au début (printemps) et à la fin (automne) de la saison apicole 2014 (tableau 6).

Tableau 6. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler le varroa au printemps et à l'automne 2014.

Printemps 2014

Traitement contre le varroa
Apiculteurs commerciaux1
Apiculteurs à petite échelle2
ApistanMD(fluvalinate)
8
6
CheckMite+MC (coumaphos)
0
3
ApivarMD(amitraz)
26
6
Thymovar (thymol)
1
4
Acide formique à 65 %
(40 ml, épandage multiple)
33
16
Acide formique à 65 %
(250 ml, épandage unique)
11
12
Mite Away Quick Strips (acide formique)
17
19
Acide oxalique
5
7
Autre
9
7
Aucun
21
12

Automne 2014

Traitement contre le varroa
Apiculteurs commerciaux1
Apiculteurs à petite échelle2
ApistanMD(fluvalinate)
12
10
CheckMite+MC (coumaphos)
1
2
ApivarMD(amitraz)
48
18
Thymovar (thymol)
4
4
Acide formique à 65 %
(40 ml, épandage multiple)
25
15
Acide formique à 65 %
(250 ml, épandage unique)
8
11
Mite Away Quick Strips (acide formique)
17
17
Acide oxalique
30
10
Autre
9
6
Aucun
3
13

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.

Les apiculteurs de l'Ontario utilisent une gamme d'options pour gérer le varroa. Au printemps et à l'automne 2014, les deux principales méthodes pour le traitement du varroa déclarées par les apiculteurs étaient l'ApivarMD et l'acide formique à 65 % (40 ml, épandage multiple). À ce jour, il n'y a eu aucun cas documenté de varroa résistant à ApivarMD en Ontario.

Les deux traitements les moins fréquemment utilisés par les apiculteurs commerciaux et à petites échelles étaient le Checkmite+ MC et le Thymovar. Afin de ralentir le développement d'une résistance aux traitements chimiques, les apiculteurs canadiens sont avisés d'alterner les traitements contre le varroa dans le cadre d'une stratégie de lutte intégrée contre les ennemis des cultures.

Nosema

Nosema (N. ceranae et N. apis) est le nom d'un pathogène fongique qui infecte le système digestif des abeilles mellifères. La Nosema peut créer un stress supplémentaire pour les colonies, selon le moment de l'année. Cependant, de récentes recherches menées en Ontario (Guzman et autres 2010) n'ont pas permis d'établir une corrélation entre les niveaux d'infestation par Nosema et les pertes hivernales.

La majorité des apiculteurs de l'Ontario n'ont pas appliqué de traitement contre la Nosema au cours de 2014 (tableau 7). Soixante-huit pour cent des participants au sondage ont précisé que le traitement contre la Nosema n'avait pas été appliqué au printemps et 60 pour cent n'avaient pas appliqué de traitement à l'automne 2014.

Tableau 7. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler la Nosema au printemps et à l'automne 2014.

Printemps 2014

Traitement contre la Nosema
Apiculteurs commerciaux1
Apiculteurs à petite échelle2
Fumagilline
24
20
Autre
1
3
Aucun
75
64

Automne 2014

Traitement contre la Nosema
Apiculteurs commerciaux1
Apiculteurs à petite échelle2
Fumagilline
32
30
Autre
2
6
Aucun
70
52

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.

Loque américaine (Paenibacillus larvae)

La loque américaine est causée par le Paenibacillus, qui est visible seulement avec un puissant microscope. Les larves d'abeilles mellifères peuvent être infectées en ingérant des spores de Paenibacillus présentes dans leur nourriture. Ces spores germent dans l'intestin de la larve et peuvent éventuellement tuer les larves infectées.

La majorité des apiculteurs ontariens ont appliqué un traitement contre la loque américaine en 2014 et le traitement le plus souvent déclaré était l'oxytétracycline (tableau 8). Soixante-deux pour cent des participants commerciaux au sondage et 50 pour cent des apiculteurs à petite échelle participants ont précisé que l'oxytétracycline était le traitement le plus fréquemment utilisé contre la loque américaine. Même si une loque américaine résistante à l'oxytétracycline a été détectée dans d'autres collectivités publiques comme aux États-Unis, aucun cas documenté n'existe pour des formes présentant une résistance en Ontario.

Tableau 8. Traitements déclarés par les apiculteurs commerciaux et à petite échelle utilisés pour contrôler la loque américaine au printemps et à l'automne 2014.

Spring 2014

Traitement contre la loque américaine
Apiculteurs commerciaux1
Apiculteurs à petite échelle2
Oxytétracycline
68
48
Tylosin
1
0
Brûlage des matières infectées
7
3
Autre
6
3
Aucun
27
37

Fall 2014

Traitement contre la loque américaine
Apiculteurs commerciaux1
Apiculteurs à petite échelle2
Oxytétracycline
67
45
Tylosin
1
0
Brûlage des matières infectées
3
2
Autre
3
1
Aucun
27
40

1Apiculteurs commerciaux déclarant 50 colonies ou plus à l'automne 2014.
2Apiculteurs à petite échelle déclarant 49 colonies ou moins à l'automne 2014.

Commentaires généraux et réflexion

Le sondage 2015 sur les pertes hivernales et la gestion en matière d'apiculture en Ontario est un outil utile pour recueillir des renseignements sur la mortalité des colonies, le type de pratiques de gestion utilisées et les préoccupations des apiculteurs ontariens. Pris isolément, ce sondage ne peut donner un portrait général de la santé des abeilles. Afin d'obtenir une compréhension exhaustive de l'état de la santé des abeilles mellifères en Ontario, les résultats de ce sondage doivent être évalués avec les données recueillies sur le terrain, les rapports d'inspection de mi-saison, ainsi que les projets de recherche et de surveillance.

Durant l'hiver 2013-2014, les apiculteurs de l'Ontario ont déclaré les pertes hivernales de colonies d'abeilles mellifères les plus élevées historiquement. En comparaison, cette saison, les pertes de colonies d'abeilles mellifères étaient inférieures de 20 pour cent. Même si cela constitue une bonne nouvelle pour l'industrie, c'est encore deux fois plus que le taux considéré comme viable par les apiculteurs. Au Canada, on considère que le taux maximal acceptable et durable de pertes hivernales est de 15 pour cent (Furgala et McCutcheon, 1992; ACAP 2007 à 2014).

La tendance de l'augmentation des pertes de colonies d'abeilles mellifères au cours des dernières années est particulièrement préoccupante puisque la demande pour des services de pollinisation d'abeilles mellifères ontariennes augmente. Lorsque les pertes élevées de colonies entraînent l'incapacité de satisfaire à la demande pour des services de pollinisation, cela se répercute sur les profits commerciaux des apiculteurs et des secteurs agricoles qui comptent sur les abeilles mellifères pour des services de pollinisation.

Voici les principaux facteurs de stress influençant la diminution du nombre de pollinisateurs en Ontario :

  • le changement climatique et les conditions météorologiques extrêmes;
  • les maladies, les ravageurs et les faiblesses génétiques;
  • réduction de l'habitat et la mauvaise nutrition;
  • l'exposition à des pesticides ou les produits agrochimiques.

La stratégie pour améliorer la santé des abeilles mellifères de l'Ontario exige une approche exhaustive qui aborde tous les facteurs de stress énumérés ci-dessus et qui comprend la mise en œuvre de pratiques de lutte intégrée contre les ennemis des cultures par les apiculteurs et les producteurs, une augmentation des aires de butinages respectueuses des pollinisateurs, des recherches supplémentaires sur les la santé des abeilles mellifères, et la consignation cohérente des incidents concernant les abeilles sur le terrain. Alors que l'élaboration du Plan d'action de l'Ontario pour la santé des pollinisateurs progresse, l'accent sera mis sur la compréhension accrue des principaux agents de stress qui influencent la santé des pollinisateurs et sur les efforts collaboratifs visant la protection à long terme de la santé des abeilles mellifères.

Références

Association canadienne des apiculteurs professionnels (ACAP). Statement on Honey Bee Losses in Canada, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014. www.capabees.com

Currie, R., E. Guzman et S. Pernal. "Honey Bee Colony Losses in Canada", Journal of Apicultural Research, vol. 49, no 1, 2010, p. 104-106.

Furgala, B., et D.M. McCutcheon. Wintering Productive Colonies; dans Graham, J.M. (éd.), The Hive and the Honey Bee (édition révisée), Dadant and Sons, Hamilton, Illinois, États-Unis, 1992, p. 829 868.

Guzman-Novoa, E., L. Eccles, Y. Calvete, J. McGowan, P. Kelly et A. Correa-Benitez. "Varroa Destructor is the Main Culprit for Death and Reduced Populations of Overwintered Honey Bees in Ontario, Canada", Apidologie, vol. 41, no 4, 2010, p. 443 450.


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Auteur : Wael Haddad - ASR / OMAFRA
Date de création : 21 octobre 2015
Dernière révision : 21 octobre 2015