2011 - Rapport sur le petit coléoptère des ruches en Ontario

Contexte

Le petit coléoptère des ruches (PCR) ou Aethina tumida (figure 1), est un nouveau ravageur de l'abeille mellifère dans de nombreuses régions du monde. Il peut nuire à la santé des colonies mellifères, en particulier celles qui sont stressées ou affaiblies. Les larves (figure 2) se nourrissent de couvain et peuvent faire des dégâts dans les réserves de miel, ce qui affaiblit et endommage la colonie encore davantage. Le PCR peut aussi avarier le miel dans les installations d'extraction, lorsque les hausses récoltées ne sont pas vidées promptement (figure 3).

Figure 1. Petit coléoptère des ruches adulte

Petit coléoptère des ruches adulte

Figure 2. Larves de petit coléoptère des ruches

Larves de petit coléoptère des ruches

Figure 3. Infestation de petits coléoptères des ruches dans un cadre dont le miel n'a pas été extrait promptement

Infestation de petits coléoptères des ruches dans un cadre dont le miel n'a pas été extrait promptement

Originaire de l'Afrique subsaharienne, le PCR s'est d'abord propagé aux États-Unis en 1996. Depuis, sa présence a été signalée dans la majeure partie des États-Unis, en Australie (2002), au Mexique (2007) et dans l'île d'Hawaï (2010). Le petit coléoptère des ruches a été découvert au Manitoba en 2002 dans une installation de cérification, et de nouveau au Manitoba et en Alberta dans des caisses d'abeilles mellifères provenant d'Australie en 2006. Dans les deux cas, le coléoptère n'a établi aucune population résidente lors de son introduction dans les Prairies. En 2008, 2009 et 2010, le PCR a été découvert dans le Sud-Ouest du Québec, près de la frontière de l'État de New York.

Campagne 2010

En septembre 2010, la présence du PCR a été signalée par un apiculteur commercial du comté d'Essex, en Ontario. L'incident est important car c'était la première fois que le PCR était observé en Ontario. Les responsables du Programme d'apiculture du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO) inspectaient régulièrement les colonies mellifères depuis un certain nombre d'années pour détecter le ravageur, en concentrant particulièrement leur attention sur les milliers de colonies qui sont expédiées vers l'Est du Canada chaque printemps.

Peu après la découverte du PCR en 2010, on a entrepris, dans le cadre du Programme d'apiculture, une vaste étude intensive en plusieurs endroits de la province pour déterminer la répartition du coléoptère. Les colonies ont été inspectées visuellement et à l'aide de pièges constitués d'un plateau ondulé et d'une languette de Checkmite+MC (enduite de coumaphos comme ingrédient actif) qui étaient placés sur le plancher de la ruche. Après l'inspection ciblée de 202 ruchers réunissant quelque 5400 colonies mellifères partout dans la province, on a conclu que la répartition du PCR se limitait à la région où il avait été découvert pour la première fois, soit le comté d'Essex. Plusieurs lieux d'infestation (17 ruchers) ont été relevés dans ce comté en 2010, et à la fin de la même année, il en restait 15, suite à la destruction de deux ruchers où l'on avait détecté la loque américaine et trouvé des colonies abandonnées.

Puisque les apiculteurs expérimentés du comté d'Essex n'avaient pas détecté le PCR jusqu'alors et que de nombreux ruchers de la région n'étaient pas encore attaqués, on pense que l'infestation était probablement récente. Il est possible que le PCR soit venu de l'État voisin du Michigan, où il a une population établie. Bien que la circulation des colonies mellifères soit interdite à la frontière américaine, le PCR peut voler sur une distance allant jusqu'à 14 km et pourrait donc avoir traversé la rivière soit seul, soit avec un essaim d'abeilles mellifères. Le fait que le PCR n'ait été découvert que tout récemment en Ontario et qu'il ne l'ait pas été dans d'autres régions frontalières, malgré sa présence aux États-Unis depuis 1996, indique que les restrictions actuelles qui touchent la circulation des abeilles mellifères entre les États-Unis et le Canada ainsi que les obstacles géographiques (lacs et rivières) jouent un certain rôle pour ralentir la propagation du ravageur.

Le MAAARO a consulté l'industrie par l'entremise de l'Ontario Beekeepers' Association (OBA) et déterminé que la meilleure stratégie serait d'établir une zone de quarantaine pour réduire la propagation de ce nouveau ravageur. Délimitée en mars 2011, la zone de quarantaine comprend tout le comté d'Essex et une partie du comté de Chatham-Kent (toute la partie de la municipalité de Chatham-Kent située au sud-ouest de la ligne formée par Town Line Road, Pump Road et Merlin Road, aussi appelée County Road 7) (se reporter aux figures 4 et 5). Il est permis d'introduire des abeilles mellifères et du matériel dans la zone de quarantaine, de sorte que les apiculteurs du comté d'Essex peuvent recevoir les fournitures nécessaires et satisfaire aux besoins des producteurs locaux de fruits et de légumes en matière de pollinisation. Par contre, il est interdit de faire sortir des abeilles mellifères ou du matériel usagé de la zone de quarantaine sans l'obtention d'un permis de circulation. Lorsqu'un tel permis de circulation est délivré, il s'applique uniquement au matériel et celui-ci doit être traité en entrepôt frigorifique sécurisé et validé par un inspecteur apicole.

Figure 4. Zone de quarantaine associée au petit coléoptère des ruches en Ontario

Zone de quarantaine associée au petit coléoptère des ruches en Ontario

Figure 5. Zone de quarantaine associée au petit coléoptère des ruches en Ontario

Zone de quarantaine associée au petit coléoptère des ruches en Ontario

Campagne 2011

Au cours de la campagne 2011, le Programme d'apiculture a permis de surveiller la présence du PCR dans des régions cibles de la province. On a continué d'effectuer la détection visuelle pendant toutes les inspections régulières, en plus d'utiliser des pièges conçus pour détecter et capturer le PCR. Des pièges ont été placés dans des colonies mellifères en certains lieux et la présence du PCR a fait l'objet d'une surveillance. Lorsque la présence du PCR est constatée dans un rucher, l'emplacement est considéré comme entièrement infesté.

Détection visuelle du PCR

La détection visuelle du PCR dans les colonies mellifères a été pratique courante pendant les inspections régulières des colonies tout au long de la campagne apicole. Les inspecteurs apicoles concentraient leur attention sur les points de la colonie où la détection du PCR était la plus probable. Cette méthode a été mise au point d'après l'expérience acquise sur le terrain avec les colonies infestées de la zone de quarantaine et d'après les conseils des autorités compétentes dans d'autres territoires.

L'un des moyens efficaces qui sont employés pour détecter visuellement le PCR consiste à scruter rapidement les traverses supérieures dès l'ouverture de l'entre-couvercle. Le coléoptère adulte fuit rapidement la lumière et se cache pendant l'inspection, ce qui le rend difficile à apercevoir. Il est donc très important de le chercher aussitôt que l'entre-couvercle est enlevé. L'inspecteur dispose généralement de quelques secondes pour observer le PCR immédiatement après que la colonie est exposée. Dans les régions des États-Unis où se trouvent de fortes concentrations de PCR, il est également possible de détecter des populations accumulées sur le plancher de la ruche. L'inspecteur examine aussi la surface des cadres à l'intérieur de la hausse à miel, car le PCR se trouve fréquemment parmi les abeilles. Pendant l'inspection, il importe de chercher d'abord le PCR, puis de poursuivre en évaluant le développement de la colonie mellifère et la présence d'autres ravageurs et de maladies.

Autres renseignements sur la biologie et le comportement du PCR qui peuvent être pertinents au moment de l'identification sur le terrain :

  • Les adultes recherchent la chaleur qui se concentre sous l'entre-couvercle, surtout par temps frais, et se massent le long des traverses supérieures, le plus souvent aux extrémités des traverses.
  • Ils se cachent souvent :
    • dans les alvéoles non fermées;
    • sous les abeilles adultes;
    • dans les interstices des cadres de plastique;
    • dans les plis de la toile ou du plastique de l'entre-couvercle;
    • dans les trappes à pollen.
  • On trouve souvent les larves en train de se nourrir de pâtés de pollen. Elles sont plus susceptibles d'habiter les colonies affaiblies.
  • Les adultes privilégient les hausses à miel ou les chambres d'incubation, de même que les cadres avec ou sans les abeilles.
  • Il y a plus de chances de constater les dégâts causés par le PCR dans les colonies affaiblies et fragiles, mais les adultes ciblent aussi bien les colonies fortes que les faibles.
  • À l'âge adulte, le PCR peut être très difficile à capturer car il est rapide et glisse facilement entre les doigts de l'apiculteur. Pour l'attraper plus facilement, on peut par exemple le prendre avec une surface collante, comme un doigt trempé dans le miel ou un bout de ruban adhésif en toile.

Outre le Programme d'apiculture, le programme de transfert de technologie de l'Ontario Beekeepers' Association mène des recherches appliquées sur le petit coléoptère des ruches à l'intérieur de la zone de quarantaine, dans le but de définir les caractéristiques biologiques du PCR, les pratiques optimales de gestion et les répercussions possibles sur l'Ontario. De plus, les responsables de ce programme travaillent avec des chercheurs de l'Université Laval, à Québec, pour déterminer l'efficacité d'autres méthodes de piégeage. Ces recherches appliquées serviront à élaborer les futures procédures d'inspection sur le terrain et fourniront de l'information supplémentaire aux apiculteurs ontariens concernant les pratiques optimales de gestion relatives à ce ravageur.

Pièges à PCR

Trois types de piège à PCR ont été utilisés dans le cadre du programme : le piège de traverse supérieure (Beetle Blaster®), le seau et le piège de plancher (ce dernier a été le piège à PCR le plus utilisé au cours de la campagne 2011).

Piège de traverse supérieure - Ce piège, qui comporte un petit réservoir rempli d'huile végétale et une ouverture grillagée, est placé sur les traverses supérieures et s'insère entre les cadres (se reporter à la figure 6). Le grillage est trop fin pour que les abeilles adultes se glissent dans les ouvertures, mais assez gros pour laisser passer les PCR adultes. Les coléoptères adultes sont attirés dans le piège et se noient dans l’huile. On peut se procurer ce type de piège auprès des fournisseurs de matériel apicole.

Figure 6. Piège de traverse supérieure pour la capture du petit coléoptère des ruches

Piège de traverse supérieure pour la capture du petit coléoptère des ruches

Seau - La méthode du seau a été mise au point dans le cadre du Programme d'apiculture et consiste en un seau de plastique blanc de 12 litres avec une grille métallique à maille de ¼ pouce insérée à l'intérieur, à la mi-hauteur. Au fond du seau, on verse une mince couche d'huile végétale. On frappe le cadre contre le rebord du seau pour y faire tomber les abeilles et les PCR. Les abeilles sont retenues par la grille et ressortent indemnes, mais les PCR adultes passent à travers et atterrissent au fond du seau, dans l'huile végétale (se reporter aux figures 7 et 8).

Figure 7. Cadre secoué au-dessus d'un piège constitué d'un seau

Cadre secoué au-dessus d'un piège constitué d'un seau

Figure 8. Piège disposé au fond du seau. Remarquez les PCR adultes qui se trouvent sous le grillage

Piège disposé au fond du seau. Remarquez les PCR adultes qui se trouvent sous le grillage

Cette méthode d'échantillonnage ne demande qu'une seule visite au rucher et s'est révélée efficace pour détecter la présence du PCR même en très faible nombre et même lorsque l'inspection visuelle n'avait pas permis de la confirmer. Dans certains cas, après avoir inspecté visuellement la hausse à miel complète, cadre par cadre, et n'avoir observé aucun coléoptère, on a secoué chaque cadre au-dessus du seau à grille et détecté ainsi de nombreux coléoptères qui étaient restés invisibles. Une fiche info sur cette méthode est en cours d'élaboration; voyez l'adresse http://www.omafra.gov.on.ca/french/food/inspection/bees/apicultu.html.

Piège de plancher - Ce piège en plastique noir présente deux éléments, soit un plateau et un grillage amovible qui s'installe par-dessus le plateau (se reporter aux figures 9 et 10). Le piège fonctionne selon le principe voulant que les coléoptères soient attirés par les espaces étroits et descendront donc dans les interstices de la grille. Le plateau placé en dessous est rempli d'huile alimentaire dans laquelle les coléoptères se noieront. La grille est trop fine pour que les abeilles adultes puissent la traverser. Le piège est disposé sous la colonie, sur le plancher de la ruche. Un rebord de bois est posé sous le piège afin de soulever celui-ci par rapport au plancher, ce qui permet aussi de retirer le plateau pour en observer et en ramasser le contenu.

Figure 9. Piège de plancher pour la capture du petit coléoptère des ruches

Piège de plancher pour la capture du petit coléoptère des ruches

Figure 10. Piège de plancher pour la capture du petit coléoptère des ruches

Piège de plancher pour la capture du petit coléoptère des ruches

Piège de plancher de ruche - Remarques supplémentaires

  • Ce piège se révèle très efficace pour détecter le PCR (programme de transfert de technologie, communication personnelle avec des collègues des États-Unis). La grande surface du piège couvre tout le plancher de la ruche, ce qui augmente les chances de capturer les coléoptères.
  • Le piège peut être utilisé pendant toute la campagne apicole et possède l'avantage supplémentaire de ne nécessiter aucun produit chimique.
  • Le piège a aussi l'avantage de tuer les coléoptères adultes, ce qui peut aider à réduire leur propagation à l'échelle du rucher.

On peut se procurer le piège de plancher auprès des fournisseurs de matériel apicole.

Méthodologie d'évaluation de la présence du PCR dans les ruchers

Le Programme d'apiculture a suivi la pratique courante pour surveiller la présence du PCR dans les ruchers à l'aide de pièges posés sur le plancher des ruches. Pour toutes les autres inspections (inspections standards associées aux permis de vente et d'importation, surveillance avec d'autres pièges), les inspecteurs apicoles ont employé un protocole différent.

Deux pièges de plancher ont été utilisés dans deux colonies différentes pour chaque site. Les pièges étaient généralement relevés tous les 10 à 14 jours, selon le calendrier d'inspection et les conditions météorologiques. Tous les pièges de plancher ont été retirés des colonies mellifères à la fin de la campagne apicole. Les inspecteurs ont aussi inspecté visuellement d'autres colonies au sein des mêmes ruchers (traverses supérieures, cadres) à intervalles réguliers.

Pour surveiller les pièges, on retirait le plateau en le faisant glisser et on examinait son contenu pour repérer la présence du PCR (larves ou adultes). Tous les débris recueillis dans le plateau étaient visuellement inspectés ou, au besoin, filtrés et récupérés, puis stockés dans des contenants de plastique avec une étiquette portant la date, le nom de l'apiculteur, le nom de l'inspecteur et le numéro d'identification du rucher. Les échantillons ont été traités par les inspecteurs, qui ont examiné tous les débris au microscope.

Lorsqu'il n'y avait pas de débris dans le plateau ou qu'il y en avait peu, les inspecteurs déterminaient la présence ou l'absence de coléoptères sur le terrain. Les spécimens de PCR découverts dans les nouveaux lieux d'infestation étaient envoyés à l'apiculteur provincial pour vérification et ensuite au laboratoire du Service national d'identification par l'entremise d'Agriculture et Agroalimentaire Canada aux fins de la confirmation définitive.

Autres espèces semblables découvertes à l'inspection

Au cours de l'inspection, on a recueilli de nombreuses espèces d'insecte qui ressemblaient de près au PCR, aux stades larvaire ou adulte. Le laboratoire du Service national d'identification a reconnu officiellement les espèces suivantes :

  • Cynaeus angustus, famille des ténébrionidés (grand coléoptère noir de la farine);
  • Dermestes lardarius, famille des dermestidés (dermeste du lard);
  • Glischrochilus quadrisignathus, famille des nitidulidés (nitidule à quatre points);
  • Cryptarcha ampla, famille des nitid ulidés (nitidule commun);
  • Carpophilus lugubris, famille des nitidulidés (nitidule noir suceur de sève);
  • Larves de Galleria mellonella, famille des pyralidés (fausse-teigne de la cire);
  • Larves de phoridés, espèce non identifiée.

Parmi ces espèces, la seule à être un ravageur commun de l'abeille mellifère est la fausse-teigne de la cire. Il est à noter que même si d'autres espèces de coléoptère de la même famille que le PCR ont été trouvées dans les pièges, toutes sont endémiques en Ontario et aucune n'est un ravageur connu de l'abeille mellifère. On voit souvent dermestes du lard ou anthrènes des tapi sur le matériel apicole entreposé, mais ils ne sont pas considérés comme des ennemis de l'abeille mellifère.

Régions

Une approche fondée sur le risque a été employée pour affecter les ressources nécessaires à la surveillance du PCR à plusieurs endroits en Ontario. Les inspecteurs apicoles ont concentré les inspections dans les zones à risque plus élevé, tout en incluant quelques zones à risque minime pour y confirmer l'absence du PCR.

Voici quelques zones à risque potentiellement élevé :

  • Est de l'Ontario - Des populations résidentes de PCR ont été observées sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, dans l'État de New York.
  • Comté de Niagara - Il est reconnu que le PCR a des populations résidentes sur la rive est de la rivière Niagara, dans l'Ouest de l'État de New York.
  • Comtés de Lambton et de Chatham-Kent - À proximité de la zone de quarantaine et de l'État du Michigan où il existe des populations résidentes de PCR.
  • Les comtés de Dufferin et de Wellington ont été surveillés en priorité lorsque les inspecteurs apicoles ont eu connaissance d'activités apicoles non réglementées dans la région.

Une surveillance réduite a été exercée dans les régions suivantes :

  • The Counties of Grey, Bruce, Simcoe, Parry Sound, Nipissing, Waterloo, Huron, Middlesex, Elgin, Norfolk and Oxford were included in the monitoring program to represent random surveillance as well as areas that are adjacent to the higher risk regions.
  • Essex County was monitored for SHB at lower levels than the surrounding regions because SHB has already been identified within the region and there is a Quarantine Area in place. Essex County was also an important setting to validate the trapping and visual inspection methods for SHB. It is worth noting that the SHB found in Essex County in 2010 survived through the winter and according to field reports from local beekeepers and the Technology Transfer Program were capable of reproducing in the spring of 2011.

En tout, 244 ruchers représentant 123 apiculteurs et 4006 colonies ont été surveillés de l'été à l'automne 2011 à l'aide de pièges disposés sur le plancher des ruches. Se reporter à la tableau 1.

Tableau 1. Colonies, ruchers et apiculteurs visés par le programme de surveillance du PCR

Région Comtés Nombre de ruchers échantillonnés/
Nombre d'apiculteurs représentés
Nombre de colonies échantillonnées/
Nombre de colonies représentées
Durée de l'échantillonnage
Est de l'Ontario, le long du Saint-Laurent Lennox et Addington; Frontenac; Leeds et Grenville; Stormont, Dundas et Glengarry
47 / 17
94/ 1185
Du 8 août au 12 oct. 2011
Péninsule du Niagara Niagara
31 / 27
62 / 225
Du 11 août au 8 oct. 2011
Sud-Ouest de l'Ontario Lambton; Chatham-Kent
48 / 17
96 / 854
Du 5 juillet au 1er oct. 2011
Centre-Nord de l'Ontario Dufferin; Wellington
27 / 9
54 / 370
Du 2 août au 28 oct. 2011
Centre-Nord de l'Ontario Huron; Middlesex; Elgin; Norfolk; Hamilton; Waterloo; Haldimand; Oxford
34 / 30
68 / 687
Du 6 mai au 23 oct. 2011
Nord de l'Ontario Bruce; Grey; Simcoe; Parry Sound; Haliburton; Nipissing
15 / 15
30 / 326
Du 6 mai au 23 oct. 2011
Zone de quarantaine Essex; une partie de Chatham-Kent
11 / 5
22 / 259
Du 6 mai au 23 oct. 2011
Total  
244 / 123
426 / 4006
 

 

Pratiques de biosécurité

Des pratiques de biosécurité ont été couramment employées par les inspecteurs apicoles sur le terrain. Ces pratiques ont été enseignées et recommandées aux apiculteurs.

Résultats

En tout, la présence du PCR a été décelée dans huit nouveaux ruchers en Ontario en 2011. Six de ces ruchers se trouvaient en dehors de la zone de quarantaine et appartiennent à quatre apiculteurs. Tous les ruchers infestés sauf un ont été découverts au cours de la surveillance effectuée par les inspecteurs apicoles. Dans le troisième rucher, l'apiculteur a lui-même déclaré l'infestation, qui a par la suite été vérifiée par un inspecteur apicole. Toutes les détections de PCR et les mesures prises ont été communiquées à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

Tous les lieux d'infestation situés en dehors de la zone de quarantaine ont été mis en quarantaine à l'échelle des ruchers individuels. Par conséquent, il est interdit de faire sortir des colonies mellifères ou du matériel apicole de ces endroits. Les inspecteurs apicoles et l'apiculteur provincial ont renseigné les apiculteurs concernés sur les pratiques de biosécurité permettant de prévenir la propagation du PCR. Le ministère est en consultation avec l'industrie et avec les apiculteurs concernés, et examine un certain nombre de méthodes pour limiter la propagation du ravageur ou éliminer celui-ci dans les ruchers qui sont touchés. À ce jour, aucune ordonnance de destruction n'a encore frappé les colonies infestées.

Renseignements supplémentaires sur les lieux d'infestation :

  • Le premier rucher se trouve dans la zone de quarantaine, dans le comté d'Essex, canton de Leamington. Il compte 44 colonies mellifères, dont deux que les inspecteurs apicoles ont déclaré infestées par le PCR adulte le 11 août 2011.
    • Intervention provinciale : L'apiculteur a été mis au courant de l'infestation, des pratiques optimales de gestion et des conditions qui s'appliquent aux colonies à l'intérieur de la zone de quarantaine.
  • Le deuxième rucher se trouve dans la zone de quarantaine, dans le comté d'Essex, canton d'Essex. Il compte 80 colonies mellifères, dont une que les inspecteurs apicoles ont déclaré infestée par le PCR adulte le 16 août 2011.
    • Intervention provinciale : L'apiculteur a été mis au courant de l'infestation, des pratiques optimales de gestion et des conditions qui s'appliquent aux colonies à l'intérieur de la zone de quarantaine.
  • Le troisième rucher est situé à environ 10 km de la zone de quarantaine, dans le comté de Chatham-Kent, canton de Chatham-Kent. Il compte six colonies mellifères. La source de la colonie mellifère infestée remontait directement à une localité située dans la zone de quarantaine où la présence du PCR avait été constatée. Les colonies originales y avaient été transportées avant la découverte du PCR en Ontario et avaient été inspectées en novembre 2011. Ces renseignements ont été confirmés par les inspecteurs apicoles et par l'apiculteur provincial le 25 août 2011.
    • Intervention provinciale : Les responsables du Programme d'apiculture ont d'abord mis les lieux en quarantaine. Peu après, en septembre, toutes les colonies d'abeilles et le matériel apicole qui étaient sur place ont été transportés dans un rucher situé à l'intérieur de la zone de quarantaine. Un traitement par bassinage (perméthrine) a été appliqué au sol pour tuer les PCR pouvant être présents à diverses étapes de leur cycle de vie. L'ACIA considère maintenant que la pullulation du ravageur a été enrayée à cet endroit.
  • Le quatrième rucher est situé à environ 10 km de la frontière de l'État de New York, le long du fleuve Saint-Laurent, dans les Comtés Unis de Stormont, Dundas et Glengarry, dans l'Est de l'Ontario. Il compte 25 colonies mellifères. Un coléoptère adulte a été repéré dans une colonie sur les lieux. Aucun autre signe du PCR n'a été découvert. On peut considérer que la source de l'infestation a un lien géographique direct avec l'État de New York voisin, où résident des populations de PCR.
    • Intervention provinciale : À la suite de cette découverte, les inspecteurs apicoles ont étendu la surveillance à 30 emplacements additionnels, compte tenu de leur proximité et d'une association possible avec le rucher touché. Aucun autre lieu d'infestation n'a été découvert. Les inspecteurs apicoles et l'apiculteur provincial ont renseigné l'apiculteur concerné sur les pratiques de biosécurité permettant de prévenir la propagation du PCR.
  • Les cinquième et sixième ruchers sont situés près de la ville de Shelburne, dans le comté de Dufferin. Le cinquième rucher compte 23 colonies mellifères et le sixième en compte 17. Un coléoptère adulte a été détecté dans les pièges de chaque rucher. À l'heure actuelle, on considère que l'infestation est de faible intensité aux deux emplacements. Aucun autre signe du PCR n'y a été découvert. Dans les deux ruchers, la source des colonies infestées remonte probablement à une entreprise apicole qui vendait des colonies mellifères et qui a des relations d'affaires dans la zone de quarantaine. Du point de vue épidémiologique, cette constatation est importante car elle permet de remonter directement jusqu'à un autre lieu d'infestation.
    • Intervention provinciale : À la suite de cette découverte, les inspecteurs apicoles ont étendu la surveillance à d'autres emplacements, compte tenu de leur proximité et d'une association possible avec les ruchers touchés. Aucun autre lieu d'infestation n'a été découvert. Les inspecteurs apicoles et l'apiculteur provincial ont renseigné l'apiculteur concerné sur les pratiques de biosécurité permettant de prévenir la propagation du PCR.
  • Les septième et huitième ruchers se trouvent près de la ville de Sarnia, dans le comté de Lambton. Le septième rucher compte 25 colonies mellifères et le huitième en compte 35. Un coléoptère adulte a été détecté dans les pièges de chaque rucher. À l'heure actuelle, on considère que l'infestation est de faible intensité aux deux emplacements. Aucun autre signe du PCR n'y a été découvert. Dans les deux ruchers, la source des colonies mellifères infestées a probablement un lien géographique avec l'État du Michigan adjacent, où résident des populations de PCR.
    • Intervention provinciale : Les inspecteurs apicoles n'ont pas trouvé d'infestation aux 46 autres emplacements de la région. Les inspecteurs apicoles et l'apiculteur provincial ont renseigné l'apiculteur concerné sur les pratiques de biosécurité permettant de prévenir la propagation du PCR.

Inspection des installations d'extraction

Des inspections ont eu lieu dans trois mielleries, aux entreprises apicoles associées avec les lieux infestés par le PCR, afin d'évaluer le risque d'infestation dans ces installations. Des pièges ont été appâtés avec du pollen et de l'huile végétale, et les inspecteurs ont examiné les cadres de façon aléatoire. Bien qu'ils aient décelé d'autres espèces d'insecte, ils n'ont trouvé aucun PCR. Les inspecteurs ont aussi examiné les fissures et les anfractuosités à l'intérieur des mielleries et pris note des pratiques employées pour extraire le miel, du matériel entreposé et des températures qui régnaient en hiver dans chaque salle d'extraction. Dans tous les cas, ils ont conclu qu'il était improbable que le PCR ait établi une présence dans ces salles.

Mesures particulières concernant les reines-abeilles hawaïennes

En 2011, aucun permis n'a été délivré relativement à l'importation de chargements importants de reines-abeilles hawaïennes en Ontario. La situation est préoccupante en Ontario et dans d'autres territoires du Canada, car la présence du PCR a été constatée à Hawaï et les importations provenant de cet État posent des risques. Des protocoles particuliers ont été mis en œuvre par l'entremise de l'ACIA et de l'Animal and Plant Health Inspection Service, au département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), pour réduire au minimum les risques d'introduction du PCR avec les importations de reines hawaïennes.

Lorsque des reines hawaïennes ont été importées au Canada, les autres provinces canadiennes ont collaboré avec les importateurs et les apiculteurs provinciaux pour inspecter les reines et les caisses d'expédition afin de détecter la présence du PCR à n'importe quelle étape de son cycle de vie avant que les abeilles soient remises aux apiculteurs destinataires.

Information destinée aux apiculteurs

Des avis et de la documentation ont été distribués à tous les apiculteurs enregistrés par courrier recommandé et publiés sur la page Web du Programme d'apiculture du MAAARO. En outre, lors des réunions régionales des associations d'apiculteurs, l'apiculteur provincial a diffusé de l'information concernant la biologie et l'identification du PCR, les pratiques optimales de gestion et les moyens d'éviter la propagation du ravageur.

Les inspecteurs apicoles ont rencontré les apiculteurs sur le terrain et ont répondu à de nombreuses questions. Le programme de transfert de la technologie de l'OBA a également assuré des services de vulgarisation et de sensibilisation en organisant des ateliers et des rencontres avec les associations régionales d'apiculteurs. Le Programme d'apiculture et le programme de transfert de la technologie produiront d'autres documents consultatifs en 2012.

Français

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Paul Kozak, Apiculteur provincial
Date de création : 22 février 2012
Dernière révision : 22 février 2012