Rapport
annuel de l'apiculteur provincial - 2004
Table de matières
- Statistiques sur l'industrie apicole
- Maladies et ravageurs
- Remarques
A. Statistiques sur l'industrie
apicole
Nombre d'apiculteurs : 2650
Nombre de colonies productrices : 72000
Rendement moyen par colonie (lb/kg) : 92,93/42,15
Production totale estimée (lb/kg x1000)
: 6 690/3 035
Nombre de colonies qui ont hiberné : 71
000
Mortalité hivernale moyenne (%) :
17,9 %
B. Maladies et ravageurs
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Maladie/ravageur
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Nombre de colonies inspectées |
Nombre de ruchers inspectées |
Incidence de la maladie- colonie (%) |
Incidence de la maladie- ruchers (%) |
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Loque américaine
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10783
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1,9%
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Loque européenne
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10783
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1,6%
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Couvain plâtre
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10783
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3,8%
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Couvain sacciforme
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10783
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1,05%
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Acarien de l'abeille
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45%
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Varroa
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98%
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Autres : Trois zones de résistance
à l'Apistan®. Une zone de résistance à Check-Mite.
C. Remarques
Les abeilles ont finalement commencé à produire des
surplus de miel, les deux dernières semaines d'août.
Les récoltes sont excellentes à New Liskard et Kingston
et la récolte sera juste un peu inférieure à
la moyenne dans la plus grande partie de l'Ontario. Ces résultats
sont attribuables aux conditions climatiques de l'été
dernier. Une belle journée permet aux plantes d'accumuler du
nectar qui sera disponible pour les abeilles, le jour suivant. Les
abeilles plus fortes peuvent récolter de 15 à 20 livres
de nectar dans une journée. Lorsqu'elles sont à leur
maximum, les populations d'abeilles en consomment de trois à
cinq livres. Pour pouvoir accumuler des surplus de miel- lesquels
constituent la récolte de l'apiculteur - les abeilles doivent
récolter des quantités de nectar supérieures
à ce qu'elles consomment. Si on examine attentivement ce qui
s'est produit au cours de la dernière saison, on peut comprendre
que les abeilles ont rapporté le miel, l'ont mis en réserve
et l'ont mangé. La situation a été à peu
près la même pour l'ensemble des colonies jusqu'à
la deuxième partie du mois d'août et durant le mois de
septembre. La récolte de miel obtenue démontre bien
la résistance des abeilles.
La plupart des apiculteurs ont connu des problèmes d'essaimage
en raison du peu de journées pendant lesquelles les abeilles
ont pu butiner, au cours de l'été dernier. Il y a 20 %
des abeilles qui travaillent à l'extérieur. Lorsque
ces abeilles plus âgées sont contraintes de rester dans
la ruche pendant longtemps, en raison de la mauvaise température,
les abeilles se sentent entassées et ont tendance à
essaimer. Souvent, lorsque la température change, les abeilles
brisent la cellule d'essaimage qui avait commencé à
se former. Pas de chance cet été : elles ont essaimé!
Les rendements estimés pour 2004 sont de 92,93 livres par
ruche, comparativement à 121,18 livres l'an dernier. La récolte
totale s'élève donc à 6 690 970 livres.
Le prix moyen du miel, en 2003, était de 2,03 $ la livre.
Le prix du miel en vrac continue de chuter et se situe actuellement
autour de 1,15 $ à 1,20 $ la livre. Il est très
intéressant de constater que les apiculteurs ont vendu une
plus grande proportion (45,84 %) de leur récolte 2003
au détail qu'en 2002 (29,21 %).
Les apiculteurs ont cherché à augmenter leurs populations
d'abeilles cette année. Des pertes hivernales de 17,9 %
ont été signalées pour l'ensemble de l'Ontario.
Au moment où ils ont scindé les colonies, les apiculteurs
n'avaient qu'une population légèrement supérieure
à celle de l'an dernier. Le nombre total de colonies dans la
province est évalué à 72 000 en 2004, comparativement
à 71 000 en 2003.
Le déplacement des abeilles pour polliniser les bleuets n'a
pas été une mince affaire cette année, car des
cas de résistance à Check-Mite™ ont été
signalés au Nouveau-Brunswick. Après de longs pourparlers,
il a été convenu de permettre aux abeilles qui étaient
dans un endroit isolé du nord de la province et qui n'avaient
donc pas été en contact avec les abeilles du Nouveau-Brunswick
de revenir en Ontario. Un grand nombre de colonies ont également
été déplacées pour polliniser des bleuets
au Québec et elles sont revenues par la suite en Ontario.
L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a transformé,
le 19 mai 2004, l'embargo sur les reines en provenance de la zone
continentale des États-Unis en système de permis. L'ACIA
avait signalé qu'elle rédigerait un protocole d'entente
avec chacune des provinces afin de leur fournir les noms des apiculteurs
qui se procurent un permis d'importation. Le protocole est maintenant
en vigueur. En vertu de la Loi sur l'apiculture de l'Ontario, tout
apiculteur qui introduit un lot d'abeilles dans la province doit obtenir
un permis d'importation. Un formulaire de demande a été
produit et on peut se le procurer sur le site Internet du MAAO. L'Ontario
accepte de recevoir des reines des États-Unis si leur importation
est autorisée par un permis de l'ACIA.
L'épandage d'antiparasitaires sur le maïs sucré
n'a pas causé trop de problèmes cette année.
Le protocole entre les transformateurs et les apiculteurs a été
retravaillé. Le principal changement porte sur l'obligation
de l'apiculteur de communiquer avec les transformateurs pour les informer
de l'endroit où sont les abeilles et leur signaler qu'ils souhaitent
être mis au courant si le transformateur a l'intention d'arroser
les champs le matin.
Un événement médiatique important s'est produit
cet été à Merlin dans la région de Chatham
au sujet des « Abeilles meurtrières ». Pendant environ
une semaine, tous les essaims observés étaient signalés
comme étant des essaims d'abeilles meurtrières. Un échantillon
d'abeilles, prélevé par l'inspecteur apicole local,
a été envoyé à Tucson, en Arizona, où
il a été soumis à une analyse morphométrique
afin d'évaluer le degré d'africanisation. L'analyse
a démontré que l'origine des abeilles était européenne
selon une probabilité de 99,9 %. La couverture médiatique
a sensibilisé la population ontarienne à la possibilité
que des abeilles africanisées soient introduites par ici.
La loque américaine continue de se manifester dans la province.
Des échantillons de loque américaine sont expédiés
régulièrement par les inspecteurs au laboratoire apicole
du USDA, à Beltsville au Maryland. On y évalue leur
résistance à l'oxytétracycline. La majorité
des échantillons sont évalués comme étant
très sensibles, et quelques-uns sont modérément
sensibles à l'oxytétracycline. Aucun échantillon
n'a révélé de résistance jusqu'à
maintenant. Le docteur Steve Pernal du laboratoire apicole d'Agriculture
Canada à Beaverlodge, en Alberta, soumettra très bientôt
les données qui permettront d'ajouter les abeilles aux étiquettes
de Tylosin et de Lyncomycin pour la lutte contre la loque américaine.
Les acariens de l'abeille continuent de se propager et sont détectés
chaque année dans un nombre croissant d'échantillons.
On ne les retrouve pas encore partout en Ontario. L'acide formique
semble efficace pour lutter contre les acariens de l'abeille. Les
apiculteurs qui s'efforcent d'utiliser des lignées résistantes
à l'acarien ne signalent pas de problème à ce
chapitre. Lorsque des problèmes surviennent, c'est généralement
parce qu'un apiculteur qui a eu des acariens dans ses ruches vient
de déménager dans la région et qu'il n'a pas
utilisé d'acide formique ou introduit de lignées résistantes
dans ses populations d'abeilles.
Les petits scarabées de la ruche n'ont pas encore été
détectés en Ontario. Les inspecteurs apicoles et les
apiculteurs sont aux aguets. Dans le cadre du programme apicole, des
apiculteurs qui font du dépistage ont appelé le coordonnateur
du programme lorsqu'ils ont détecté des coléoptères
dans leurs colonies, mais après vérification il ne s'agissait
pas de petits scarabées de la ruche.
La présence de varroas en Ontario a suscité beaucoup
de pessimisme chez les apiculteurs cet automne. La résistance
à Apistan ® ne semble pas s'être répandue
hors des zones repérées précédemment.
Mais cela pourrait être trompeur, car de nombreux apiculteurs
ont changé pour Check-Mite™. Il a été très
surprenant d'apprendre, cet automne, que Check-Mite™ n'a pas
été efficace dans certains ruchers à proximité
du fleuve Saint-Laurent, dans la région d'Iroquois - Cornwall.
Trois des ruchers où Apistan ® n'a pas été
utilisé pendant cinq saisons ont très bien répondu
au traitement avec Apistan ®. À d'autres endroits, aucun
des deux produits n'a fonctionné. Il semble que l'inefficacité
de Check-Mite™ soit directement liée aux varroas résistants
qui ont traversé le fleuve en provenance des États-Unis,
où sont clairement signalés des cas de résistance
au coumaphos. Dans la même exploitation apicole, les ruchers
dans la partie nord avaient très peu de varroas après
le traitement avec Check-Mite™ . La présence de résistance
démontre qu'il faut trouver des traitements de rechange dès
maintenant.
Les tampons d'acide formique Mite-AwayII sont en voie d'être
homologués par l'Agence de réglementation de la lutte
antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada.
Le Conseil canadien du miel a soumis, à l'ARLA, une demande
d'étiquette générique pour l'acide oxalique.
Cela prendra 15 mois pour que l'étiquette mentionne cette utilisation.
Il semble que ce soit un produit très efficace pour lutter
contre le varroa.
Comme la saison a été difficile et que les populations
d'abeilles n'ont pas augmenté, la production est à la
baisse, le prix n'est plus à son niveau record et des cas de
résistance à Check-Mite™ se sont manifestés :
on comprend que les apiculteurs soient plutôt déprimés.
Mais on peut tout de même se réjouir de l'arrivée
du docteur Ernesto Guzman sur la scène apicole ontarienne,
qui a été engagé comme chercheur en apiculture
au Département de biologie environnementale de l'Université
de Guelph. Nous souhaitons la bienvenue au docteur Guzman ainsi que
beaucoup d'enthousiasme dans ses nouvelles fonctions prometteuses.
Ce sera un plaisir pour nous de travailler avec lui au cours de sa
carrière à Guelph, que nous espérons fort longue.
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Pour plus de renseignements :
Courriel : food.omafra@ontario.ca
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