Manuel des Bonnes pratiques agricoles AVANTAGE

4.2 Traitement de l'eau

Si on utilise une eau de mauvaise qualité sans d'abord la traiter ou si la qualité de l'eau n'est pas maintenue durant l'utilisation (comme l'eau dans les bacs de réception des légumes ou des fruits), les contaminants peuvent être transmis au bétail, aux volailles et aux aliments. Des méthodes de traitement incorrectes peuvent aussi être une source de contamination.

Cette bonne pratique agricole concerne:

Les fermes où l'eau n'est pas de bonne qualité.


Documents de référence utiles

Ce qu'il faut faire

Pour protéger la salubrité des aliments, du bétail ou des volailles, traiter l'eau si besoin est pour en maintenir la qualité, ou trouver une autre source d'eau.


Le saviez-vous?

Si vous avez besoin d'établir une fiche de pratique sur la chloration continue de l'eau, vous en trouverez un exemple au chapitre Outils de formation et de soutien (voir l'exemple D).


Comment le faire

Choisir la méthode qui convient pour traiter l'eau

S'assurer que le type de traitement d'eau choisi est celui exigé par la situation particulière de l'exploitation. Se renseigner auprès de spécialistes de la qualité de l'eau sur les options possibles pour traiter l'eau.

Il existe plusieurs méthodes de traitement de l'eau, utilisables seules ou en association.

Traitement physique de l'eau

  • La filtration s'emploie pour traiter une eau qui est contaminée par des substances comme la terre ou la matière organique. Par exemple, la filtration sur lit de sable élimine les grosses particules présentes dans l'eau. Les filtres au charbon actif en grains, appelés communément filtres au charbon de bois, retiennent les infimes particules présentes dans l'eau et, en outre, ils adsorbent (fixent à leur surface) la matière organique et d'autres contaminants. La filtration sur membrane est la méthode la plus efficace quand il s'agit d'éliminer des parasites comme Giardia et Cryptosporidium.
  • La lumière ultraviolette (UV) est un moyen non chimique de tuer les microorganismes comme les bactéries, les virus (mais pas les rétrovirus et les rotavirus), les spores et les kystes.

Traitement chimique de l'eau

Demander à votre fournisseur de produits chimiques ou de matériel de traitement de l'eau de vous indiquer les adjuvants qui sont approuvés pour le traitement de l'eau, ou consulter sur le site Web de l'Agence canadienne de l'inspection des aliments le document intitulé :

« Liste de référence pour les matériaux de construction, les matériaux d'emballage, et les produits chimiques non alimentaires acceptés »

  • La coagulation (aussi appelée floculation) consiste à ajouter dans l'eau des produits chimiques qui provoquent l'agglomération et la décantation (dépôt) des particules qui sont dissoutes ou en suspension dans l'eau. Ce procédé réduit le taux de composés organiques et de phosphore dissous, la coloration de l'eau, le fer et les particules en suspension.
  • La chloration consiste à ajouter du chlore à l'eau. Ce procédé tue les bactéries et les virus, mais non des parasites comme Giardia et Cryptosporidium. Deux types de chloration de l'eau -la chloration choc et la chloration en continu - sont utilisés. Pour réaliser une chloration choc (généralement dans les puits), on fait circuler une solution chlorée concentrée sous pression dans le puits et le réseau qu'il alimente. Avec le procédé de la chloration continue (utilisée pour traiter l'eau des bacs de réception des fruits et légumes), du chlore est ajouté continuellement dans l'eau de manière que celle-ci contienne constamment la teneur en chlore libre voulue.
  • L'ozonation est le procédé qui consiste à ajouter de l'ozone à l'eau pour tuer les bactéries, les virus, les spores de levures et de moisissures. L'ozone se dégrade complètement dans l'eau.
  • Le peroxyde d'hydrogène est un produit chimique ajouté à l'eau pour tuer les bactéries, les virus et les champignons. Il n'est pas aussi efficace que le chlore.

Traitement biologique de l'eau

Le traitement biologique de l'eau est surtout indiqué dans les cas où l'eau à traiter est très colorée et contient beaucoup de carbone organique dissous (COD) et d'éléments nutritifs. L'écosystème naturel qui est mis en œuvre dans ce procédé élimine la couleur et la matière organique dissoute, mais non les microorganismes.

Contrôler et préserver la qualité de l'eau

Il convient d'analyser l'eau à des fréquences prédéterminées pour assurer sa qualité :

  • Traitement par chloration choc (ponctuelle à haute dose)
    De deux à cinq jours après le traitement à haute dose, analyser les coliformes totaux et l'E. coli d'un échantillon d'eau pour confirmer que l'eau est salubre. Continuer de contrôler régulièrement la source d'eau pour s'assurer que sa qualité se maintient.
  • Traitement par chloration continue
    Avec la chloration continue (p. ex. pour assainir l'eau des bacs de lavage des fruits et légumes), le taux de chlore libre et le pH doivent être mesurés à intervalles fixes (p. ex. toutes les heures). Le taux de chlore recommandé dans l'eau d'un bac de réception des légumes et des fruits est de 100 à 150 ppm et le pH recommandé est compris entre 6,0 et 7,5.
  • Une autre méthode pour contrôler régulièrement les taux de chlore fait appel à un système de mesure du potentiel redox (oxydo-réduction) de l'eau.
  • Tous les autres traitements de l'eau
    Analyser un échantillon d'eau pour s'assurer qu'elle ne contient pas de bactéries coliformes et d'E. coli après que le traitement a été appliqué ou qu'un système de traitement a été installé, pour s'assurer de leur efficacité.

Registres à tenir

  • Registre de traitement de l'eau (modèle de registre fourni dans la section Outils de formation et de soutien - Formule 4), ou votre propre registre. Y noter :
    • La date et/ou l'heure du traitement
    • Le produit chimique utilisé, la quantité et la concentration
    • Le résultat du contrôle (p. ex. taux de chlore, pH)
    • Signature ou initiales de la personne qui effectue le traitement/analyse
  • Résultats des analyses de l'eau


Numéros à prendre en note

Centre d'information agricole: 1-877-424-1300

Centre d'information du public du ministère de l'Environnement de l'Ontario: 1-800-565-4923

Ligne INFO du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario: 1-866-532-3161

Le saviez-vous?

Le traitement chimique de l'eau, s'il n'est pas effectué correctement, peut lui-même devenir une source de contamination. Par exemple, s'il laisse dans l'eau traitée des quantités de résidus chimiques dépassant une certaine limite, il peut compromettre la salubrité des aliments.


Si votre ferme doit faire l'objet d'une vérification

Attendez-vous à ce que le vérificateur veuille examiner :

  • Les registres de traitement de l'eau
  • Les résultats des analyses de l'eau

Lois et réglements qui s'appliquent

Les lois sur l'agriculture qui ont une incidence sur la salubrité des aliments contiennent rarement des dispositions exigeant des pratiques de traitement de l'eau précises. En général, les exigences de cette sorte sont énoncées dans les lois sur la transformation des viandes, du poisson et autres produits alimentaires ou sur les postes de classement des œufs; or, ces lois n'entrent pas dans le cadre de ce manuel.

La Loi de 2002 sur la salubrité de l'eau potable et ses règlements, dont les Normes de qualité de l'eau potable de l'Ontario ( Règl. de l'Ont. 169/03), énoncent les exigences en matière de traitement de l'eau. Les méthodes de désinfection approuvées sont expliquées dans le document " Marche à suivre pour désinfecter l'eau potable en Ontario " (2e édition, 14 juin 2006), qui est une norme adoptée par renvoi dans le Règl. de l'Ont. 170/03 de la Loi sur la salubrité de l'eau potable. Renseignez-vous auprès de l'inspecteur de la santé de votre localité sur les procédures de traitement de l'eau qui sont requises ou recommandées.


Le saviez-vous?

À l'automne de 1998, plus de 500 personnes aux États-Unis et au Canada sont tombées malades après avoir mangé du persil haché qui n'avait pas subi de cuisson. On a découvert que la contamination du persil s'était produite chez le producteur, parce qu'aucun traitement n'était fait pour maintenir la qualité de l'eau du bac à refroidissement par eau glacée. Ce bac qui servait à refroidir le persil dès sa récolte était alimenté en eau par le réseau municipal. Mais comme cette eau était recyclée sans qu'aucune mesure ne soit prise pour maintenir sa qualité (ajout d'un assainissant, p. ex. du chlore), les bactéries pathogènes probablement apportées par un lot de persil se sont répandues dans l'eau et y ont survécu. En réutilisant une eau devenue contaminée, le producteur avait contaminé de nombreux autres lots de persil refroidis dans le même bac.


Passez à 5.1 Nettoyage et assainissement


 


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 1 Juin 2009
Dernière révision : 1 Juin 2009