Manuel des Bonnes pratiques agricoles AVANTAGE

4.1 Qualité de l'eau

Une eau de mauvaise qualité peut transmettre des contaminants aux animaux d'élevage, aux volailles et aux aliments.

Cette bonne pratique agricole concerne :

Toutes les fermes.


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Ce qu'il faut faire

Réduire les dangers pour la salubrité des aliments qui sont associés à l'eau contaminée en s'assurant que l'eau est de la qualité qui convient à l'usage que l'on veut en faire.

Comment le faire

Évaluer la source d'eau

La qualité de l'eau utilisée en production agricole varie selon la source :

Type de la source d'eau
Variabilité de la qualité
Cours d'eau
Très élevée
Étang alimenté par
un cours d'eau, un fossé ou
des ruissellements
Élevée
Lac
Moyenne
Étang alimenté par une nappe
souterraine, une source ou un puits

Plutôt moyenne
Puits raccordé directement
au réseau d'irrigation ou
d'abreuvement des animaux
Faible
Réseau d'eau municipal
Très faible

Tableau adapté du fascicule intitulé Gestion de l'irrigation, de la série des Pratiques de gestion optimales (édition révisée, 2004).

Évaluer l'emploi prévu

Nettoyage et assainissement

Utiliser de l'eau potable pour nettoyer et assainir les lavabos et les surfaces de contact alimentaire.

Productions végétales

Pour effectuer le dernier lavage des fruits et légumes, pour les refroidir, ou pour fabriquer de la glace, utiliser de l'eau potable (conforme aux Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada).

Normes canadiennes de qualité de l'eau :

  • E. coli : non détecté dans 100 mL d'eau
  • Coliformes totaux : non détectés dans 100 mL d'eau
    Source : Santé Canada, mars 2007, Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada - Tableau sommaire.

Pour l'irrigation, utiliser de l'eau qui est conforme aux Recommandations pour la qualité de l'eau : protection des utilisations à des fins agricoles.

Normes canadiennes applicables à l'eau d'irrigation :

  • Coliformes fécaux (E. coli) : <100 bactéries par 100 mL d'eau
  • Coliformes totaux : <1 000 bactéries par 100 mL d'eau
    Source : Environnement Canada, 2005. Recommandations pour la qualité de l'eau : protection des utilisations à des fins agricoles.

Productions animales

Il n'existe pas de recommandations précises quant à la présence de microbes dans les sources d'eau d'abreuvement du bétail. Certains seuils sont cependant proposés :

  • Bactéries totales : <10 000 par 100 mL; selon certaines études, l'eau potable devrait contenir moins de 5 000 coliformes totaux par 100 mL.
    Source : Agriculture et Agroalimentaire, Administration du rétablissement agricole des Prairies.

Les Recommandations pour la qualité de l'eau au Canada établissent les teneurs limites en métaux lourds et en pesticides dans l'eau d'abreuvement du bétail.

Analyses de la qualité de l'eau

Prélever les échantillons d'eau au point de consommation (p. ex. au robinet, au tuyau d'irrigation), non à la source, parce que la contamination de l'eau peut se produire entre ces deux points.

Pour dépister les coliformes totaux et les E. coli dans de l'eau de puits, s'adresser au bureau de santé publique local. Pour savoir où celui-ci se trouve, appeler la ligne INFO du ministère de la Santé et des Soins de longue durée au 1 866 532 3161.

Pour dépister dans l'eau d'autres composantes ou faire analyser l'eau de sources autres qu'un puits, communiquer avec un laboratoire privé agréé. Pour obtenir la liste de ces laboratoires, appeler sans frais le Centre d'information publique au 1 800 565 4923.

L'eau devrait être analysée au moins une fois par an. La fréquence des analyses d'eau dépend de la source d'eau et de l'emploi prévu.

Interpréter les résultats

Si nécessaire, demander de l'aide technique à des spécialistes de l'eau, de la santé et de l'agriculture.

Si les résultats laissent craindre un danger pour la salubrité des aliments, cesser d'utiliser l'eau immédiatement. Il est déconseillé d'utiliser cette source d'eau tant que les traitements requis n'ont pas été appliqués et que les analyses de contrôle n'ont pas confirmé la disparition du danger.

Si l'eau n'est pas de la qualité exigée pour l'emploi prévu, il faut soit traiter l'eau (voir la section 4.2 Traitement de l'eau dans ce manuel), soit s'approvisionner à une autre source.

Protéger les sources d'eau

être conscient de l'existence de sources potentielles de contamination de l'eau, comme les élevages situés en amont, les ruissellements sur les terres ou les débordements d'égouts pluviaux. Pour protéger les sources d'eau et préserver la qualité de l'eau, on peut trouver des conseils utiles dans le manuel du plan agro-environnemental (PAE) de l'Ontario et les fascicules de la série des Pratiques de gestion optimales du MAAARO. Voir les références dans « Documentation utile du MAAARO » pour plus de détails.


Avez-vous dressé un PAE?

Le plan agro-environnemental (PAE) est l'outil par excellence pour évaluer la situation d'une ferme du point de vue de la protection des sources d'eau et de la gestion des éléments nutritifs; le manuel du plan agro-environnemental contient aussi de l'information utile sur la qualité de l'eau. À ce sujet, s'adresser à l'Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario au 1 800 265-9751.


Réduire le risque

La micro-irrigation ou irrigation goutte-à-goutte réduit les risques, parce qu'elle réduit de beaucoup le contact entre la partie comestible de la culture et l'eau d'irrigation.


Termes utilisés dans cette bonne pratique agricole

Eau potable: Eau qui peut être consommée sans risque par l'être humain, ou eau répondant à la définition d'un règlement donné.

Qualité de l'eau: Expression désignant les caractéristiques chimiques, physiques et biologiques de l'eau, habituellement en fonction de l'emploi que l'on veut en faire.

Registres à tenir

Résultats des analyses de l'eau

Si votre ferme doit faire l'objet d'une vérification

Attendez-vous à ce que le vérificateur demande :

  • à examiner les résultats des analyses de l'eau
  • à examiner la fréquence établie pour les analyses de l'eau

Numéros à prendre en note

Centre d'information agricole (MAAARO) : 1-877-424-1300

Centre d'information du public du ministère de l'Environnement de l'Ontario : 1-800-565-4923

Ligne INFO du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario : 1-866-532-3161


Le saviez-vous?

En 1996, la contamination de framboises du Guatemala par le parasite Cyclospora a touché presque 1 500 personnes aux États-Unis et au Canada. Les enquêteurs ont conjecturé que les framboises avaient probablement été contaminées parce qu'elles avaient été traitées, peu de temps avant la cueillette, par des insecticides et des fongicides mélangés dans une eau agricole insalubre. Après la première éclosion de maladies en 1996, d'autres éclosions se sont succédé et le nombre de producteurs de framboises du Guatemala a chuté de 85 à 3 en 2002. Le Canada, à ce jour, continue d'imposer des restrictions sur l'importation de framboises du Guatemala à cause des risques associés à la qualité de l'eau.


Lois et réglements qui s'appliquent

Les lois qui traitent expressément de la qualité de l'eau utilisée en production agricole sous l'angle de la salubrité des aliments sont peu nombreuses. En général, dans les réseaux d'eau privés appartenant à des particuliers, la qualité de l'eau n'est réglementée ni par le gouvernement provincial ni par le gouvernement fédéral; c'est donc à leur propriétaire que revient l'obligation de voir à ce que l'eau soit de bonne qualité. Par contre, des dispositions qui exigent le respect de normes de qualité de l'eau très précises se trouvent dans les lois sur la transformation de la viande, du poisson et d'autres produits alimentaires, y compris les lois sur les postes de classement des œufs et d'autres services ayant trait au public; or, ces lois n'entrent pas dans le cadre du présent document. Les paragraphes suivants traitent des lois qui visent à protéger la qualité de l'eau.

Les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada (établies par Santé Canada) et les Normes de qualité de l'eau potable de l'Ontario énoncent, relativement à l'eau destinée à la consommation humaine, les exigences en matière d'analyses et les teneurs maximales permises en microbes ou en produits chimiques.

La recommandation portant sur la qualité de l'eau utilisée en agriculture fixe les teneurs maximales en microbes ou en produits chimiques que peuvent contenir l'eau d'irrigation et l'eau destinée aux animaux d'élevage. Ces teneurs sontfonction de la sensibilité des cultures irriguées et/ou des risques potentiels pour la salubrité des aliments, par exemple, la présence dans l'eau de coliformes ou de certains produits chimiques qui ont la faculté de s'accumuler dans la viande des animaux qui boivent l'eau. Voir les Recommandations pour la qualité des eaux : « Protection des utilisations de l'eau à des fins agricoles : Tableau sommaire,» dont la version à jour, datant d'octobre 2005, est disponible sur le site du Conseil canadien des ministres de l'environnement à www.ccme.ca/publications/ceqg_rcqe.fr.html. À noter qu'il s'agit de recommandations et non de normes obligatoires. Adressez-vous à l'inspecteur de l'eau de votre localité pour connaître les normes de qualité de l'eau qui sont applicables à votre exploitation agricole.

L'alinéa 12 (3) (m) du Règlement 761 de la Loi sur le lait (L.R.O. 1990) exige que la laiterie de ferme soit alimentée en eau potable chaude et froide en quantités et à une pression suffisamment élevées. Chaque commission de commercialisation peut avoir un programme d'assurance de la qualité qui spécifie les autres normes de qualité de l'eau qui doivent être respectées. Renseignez-vous auprès des groupements de producteurs auxquels vous appartenez pour déterminer s'ils imposent des normes spécifiques de qualité de l'eau que vous utilisez pour produire leurs produits.

La Loi de 2002 sur la salubrité de l'eau potable (L.O. 2002, chap. 32) et ses règlements, telles les Normes de qualité de l'eau potable de l'Ontario (Règl. de l'Ont. 169/03), énoncent les exigences à respecter par les réseaux d'eau de l'Ontario. Aux termes de l'article 10 du Règlement sur les réseaux non résidentiels et les réseaux résidentiels saisonniers non municipaux qui ne desservent pas des établissements désignés (Règl. de l'Ont. 252/05), le propriétaire d'un réseau d'eau potable ayant un puits comme source d'eau brute est tenu de voir à ce que le puits soit construit et entretenu de manière à empêcher la contamination par les eaux de surface et la pénétration de matières étrangères. À noter qu'une exploitation agricole qui puise de l'eau à raison de 2,9 litres à la seconde ou moins est réputée être, pour l'application du Règlement 252/05, un petit réseau municipal non résidentiel; cependant, elle n'est pas assujettie à ce règlement si elle ne dessert aucune installation ouverte au public.

Les propriétaires fonciers sont légalement responsables des puits situés sur des terres dont ils sont propriétaires. Les normes régissant la construction et l'entretien des puits privés, ainsi que leur désaffectation, sont énoncées dans la Loi sur les ressources en eau de l'Ontario (L.R.O. 1990, chap. O. 40). Le paragraphe 20 (3) du Règlement sur les puits (Règl. de l'Ont. 903) fait obligation au propriétaire d'un puits d'entretenir celui-ci de manière que les eaux de surface ouautres matières étrangères ne puissent s'y infiltrer.

Les producteurs agricoles qui utilisent des eaux de surface ou souterraines pour irriguer leurs cultures, abreuver leurs animaux, laver ou refroidir leurs produits ou accomplir d'autres activités, doivent s'assurer que leurs pratiques agricoles sont conformes aux dispositions de la Loi sur la protection de l'environnement, de la Loi sur les pesticides, de la Loi sur les ressources en eau de l'Ontario, de la Loi de 2002 sur la salubrité de l'eau potable, de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs, ainsi que de leurs règlements respectifs, pour prévenir la contamination des ressources en eau par les pesticides, le ruissellement de fumier, les eaux de lavage ou d'autres sources de danger chimiques ou biologiques. À noter qu'en application du paragraphe 30 (1) de la Loi sur les ressources en eau de l'Ontario, la personne qui rejette, fait rejeter ou autorise que soit rejetée dans l'eau une matière susceptible d'en altérer la qualité se rend coupable d'une infraction.

L'alinéa 3.1 (4) (b) de la partie I.1 du Règlement sur les fruits et les légumes frais (C.R.C., chap. 285) de la Loi sur les produits agricoles au Canada exige que le dernier rinçage des fruits et des légumes soit fait avec de l'eau potable, ceci afin de débarrasser leur surface de toute substance contaminante avant l'emballage. Conformément à l'alinéa 3.1 (4) (c) de ce même règlement, la dernière eau de rinçage, s'il s'agit d'eau réutilisée, ne doit servir qu'au premier lavage ou au convoyage initial des légumes ou des fruits.


Autres textes législatifs pertinents

L'article 57 du Règlement sur la gestion des éléments nutritifs (Règl. de l'Ont. 267/03) de la Loi de 2002 sur la gestion des éléments nutritifs (L.O., chap. 4) exige que le producteur empêche les animaux d'élevage d'avoir accès aux eaux de surface dans certaines circonstances.

Le paragraphe 25 (1) du Règlement 914 (R.R.O. 1990) de la Loi sur les pesticides (L.R.O. 1990), chap. P. 11, interdit de puiser de l'eau dans un puits, un lac, un cours d'eau ou autre plan d'eau de surface à l'aide du matériel servant à pulvériser des pesticides, sauf si celui-ci est équipé d'un dispositif anti-retour efficace (empêchant l'eau qui est dans le matériel de retourner à sa source). En outre, le paragraphe 25 (2) interdit que ce type de matériel soit lavé à l'intérieur ou à proximité d'un puits, d'un lac, d'un cours d'eau ou autre plan d'eau de surface d'une manière qui puisse laisser le pesticide s'y déverser directement ou indirectement.


Passez à 4.2 Traitement de l’eau


 


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 1 Juin 2009
Dernière révision : 1 Juin 2009